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Administration Pays France RĂ©gion Centre-Val de Loire DĂ©partement Indre Arrondissement Issoudun IntercommunalitĂ© CommunautĂ© de communes Chabris - Pays de Bazelle Maire Mandat Philippe Jourdain 2020-2026 Code postal 36210 Code commune 36229 DĂ©mographie Populationmunicipale 957 hab. 2019 DensitĂ© 20 hab./km2 GĂ©ographie CoordonnĂ©es 47° 12â€Č 50″ nord, 1° 36â€Č 24″ est Altitude Min. 77 mMax. 132 m Superficie 46,90 km2 Type Commune rurale Aire d'attraction Commune hors attraction des villes Élections DĂ©partementales Canton de Valençay LĂ©gislatives DeuxiĂšme circonscription Localisation GĂ©olocalisation sur la carte France Val-Fouzon GĂ©olocalisation sur la carte France Val-Fouzon GĂ©olocalisation sur la carte Indre Val-Fouzon GĂ©olocalisation sur la carte Centre-Val de Loire Val-Fouzon modifier Val-Fouzon est une commune nouvelle française situĂ©e dans le dĂ©partement de l'Indre, en rĂ©gion Centre-Val de Loire. La commune fut créée le 1er janvier 2016[1] par regroupement des trois anciennes communes de Parpecay, Sainte-CĂ©cile et Varennes-sur-Fouzon. GĂ©ographie[modifier modifier le code] Localisation[modifier modifier le code] La commune est situĂ©e dans le nord[2] du dĂ©partement, dans la rĂ©gion naturelle du Boischaut Nord. Les communes limitrophes[2] sont Menetou-sur-Nahon 3 km, Fontguenand 5 km, Sembleçay 6 km, La Vernelle 6 km, Chabris 6 km, Valençay 7 km, Poulaines 8 km et Saint-Christophe-en-Bazelle 8 km. Les communes chefs-lieux[2] et prĂ©fectorales sont Valençay 7 km, Issoudun 41 km, ChĂąteauroux 45 km, La ChĂątre 76 km et Le Blanc 76 km. Localisation de la commune de Val-Fouzon Hameaux et lieux-dits[modifier modifier le code] Les hameaux et lieux-dits de la commune sont Malakoff, la Borde, les Barres, Montry, les Effes, l'Épinat, Gatinette, Ray, PrĂ©blame, les Gouards, Bois GachĂ©, Bois Bernier, Crevant, Villetray, Le Grand Riau, Le Petit Riau, Beauvais, les QuenĂȘts, la RacaudiĂšre et les Riaux[3]. GĂ©ologie et hydrographie[modifier modifier le code] La commune est classĂ©e en zone de sismicitĂ© 2, correspondant Ă  une sismicitĂ© faible[4]. Le territoire communal est arrosĂ© par les riviĂšres Fouzon[3], Nahon[3] et Renon[3]. Les confluents de ces trois cours d'eau sont sur le territoire de la commune Ă  proximitĂ© de Parpeçay. Climat[modifier modifier le code] Normales et records pour la pĂ©riode 1981-2010 Ă  la station mĂ©tĂ©orologique de ChĂąteauroux - DĂ©ols Mois jan. fĂ©v. mars avril mai juin jui. aoĂ»t sep. oct. nov. dĂ©c. annĂ©e TempĂ©rature minimale moyenne °C 1,3 1,3 3,5 5,3 9,2 12,4 14,4 14,3 11,2 8,5 4,1 1,8 7,3 TempĂ©rature moyenne °C 4,2 4,9 8 10,4 14,4 17,8 20,2 20 16,6 12,8 7,5 4,7 11,8 TempĂ©rature maximale moyenne °C 7,1 8,6 12,6 15,5 19,6 23,1 26 25,6 21,9 17,1 11 7,6 16,3 Record de froid °Cdate du record −22,816-01-1985 −22,814-02-1929 −10,801-03-2005 −4,207-04-1929 −1,411-05-1928 1,201-06-1936 410-07-1948 4,506-08-1967 030-09-1936 −5,230-10-1997 −8,724-11-1998 −1710-12-1967 −22,816-01-1985 TempĂ©rature maximale la plus basse °Cdate du record −14,916-01-1985 −10,802-03-1956 −1,905-04-1971 1,506-04-1911 6,904-05-1977 11,109-06-1956 12,819-07-1966 13,931-08-2007 9,529-09-1919 2,827-10-1931 −2,922-11-1993 −10,220-12-1938 −14,916-01-1985 TempĂ©rature minimale la plus haute °Cdate du record 1202-01-1916 12,127-02-1960 14,911-03-1981 14,528-04-1913 1812-05-1912 22,328-06-2005 2321-07-1995 23,306-08-2018 20,505-09-2017 18,901-10-2001 15,107-11-1954 13,404-12-1961 23,306-08-2018 Record de chaleur °Cdate du record 18,505-01-1999 2427-02-2019 2825-03-1955 31,522-04-1893 34,529-05-1944 37,726-06-1947 40,228-07-1947 40,502-08-1906 3801-09-1906 30,307-10-2009 24,502-11-1899 20,516-12-1989 40,502-08-1906 Ensoleillement h 72,1 91,9 155,6 178,5 208,6 210,4 231,7 235,5 189,5 128,3 79,6 59 1 840,7 ETp Penman mm 13,8 23,2 56,1 82,1 112,9 132,8 147,8 131,5 79,5 41,3 15,9 10,2 847,1 Record de vent km/hdate du record 105,4NC 132,123-02-2009 126NC 104,4NC 94,5NC 109,813-06-2002 104,4NC 115,2NC 104,4NC 97,2NC 100,8NC 126NC 132,1NC Record de la pression la plus basse hPadate du record 973,1NC 965NC 983,7NC 981,8NC 989,6NC 991,6NC 978,2NC 996,9NC 989,9NC 980,1NC 973NC 967,9NC 965NC Record de la pression la plus haute hPadate du record 1 045,1NC 1 043,4NC 1 046,7NC 1 035,7NC 1 033,5NC 1 047,5NC 1 030,6NC 1 030,6NC 1 034,9NC 1 035,6NC 1 040,2NC 1 045,6NC 1 047,5NC PrĂ©cipitations mm 59,2 48,8 52,1 65,8 73,3 54,9 56,6 56,1 64,3 73,8 64,9 67,3 737,1 Record de pluie en 24 h mmdate du record 48,720-01-1910 29,705-02-1955 32,429-03-1978 42,618-04-1964 54,112-05-1910 67,604-06-2002 60,408-07-1919 66,129-08-1945 58,617-09-1975 4329-10-1981 35,205-11-1962 51,624-12-1995 67,604-06-2002 dont nombre de jours avec prĂ©cipitations ≄ 1 mm 4,9 5,3 5 5,8 6,2 7,5 7,4 7,2 8,3 6,4 5,7 5,9 6,3 Diagramme climatique JFMAMJJASOND7,11,359,28,61,348,812,63,552,115,55,365,819,69,273,323,112,454,92614,456,625,614,356,121,911,264,317,18,573,8114,164,97,61,867,3 Moyennes ‱ Temp. maxi et mini °C ‱ PrĂ©cipitation mm Voies de communication et transports[modifier modifier le code] Le territoire communal est desservi par les routes dĂ©partementales 4, 4A, 13, 15, 25, 25B, 52, 57, 57A, 57B et 127[5]. La ligne de Salbris au Blanc passe par le territoire communal, une gare[5] dessert la commune. L'autre gare ferroviaire la plus proche est la gare de GiĂšvres[5] 9 km, sur les lignes de Salbris au Blanc et de Vierzon Ă  Saint-Pierre-des-Corps. Val-Fouzon est desservie par la ligne B du RĂ©seau de mobilitĂ© interurbaine[6]. L'aĂ©roport le plus proche est l'aĂ©roport de ChĂąteauroux-Centre[5], Ă  46 km. Le territoire communal est traversĂ© par le sentier de grande randonnĂ©e de pays de Valençay[3]. Cliquez sur une vignette pour l’agrandir. Urbanisme[modifier modifier le code] Typologie[modifier modifier le code] Val-Fouzon est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou trĂšs peu denses, au sens de la grille communale de densitĂ© de l'Insee[Note 1],[7],[8],[9]. La commune est en outre hors attraction des villes[10],[11]. Logement[modifier modifier le code] Le tableau ci-dessous prĂ©sente le dĂ©tail du secteur des logements de la commune Date du relevĂ© 2013 Nombre total de logements 687 RĂ©sidences principales 62,5 % RĂ©sidences secondaires 28,1 % Logements vacants 9,4 % Part des mĂ©nages propriĂ©taires de leur rĂ©sidence principale 77,1 % Toponymie[modifier modifier le code] Histoire[modifier modifier le code] Créée par un arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral du 1er dĂ©cembre 2015, elle est issue du regroupement des trois communes de Parpeçay, Sainte-CĂ©cile et Varennes-sur-Fouzon, qui sont devenues des communes dĂ©lĂ©guĂ©es[1]. Son chef-lieu est fixĂ© Ă  Varennes-sur-Fouzon. Politique et administration[modifier modifier le code] La commune dĂ©pend de l'arrondissement d'Issoudun, du canton de Valençay, de la deuxiĂšme circonscription de l'Indre et de la communautĂ© de communes Chabris - Pays de Bazelle[12]. En plus de la communautĂ© de communes Chabris - Pays de Bazelle, Val-Fouzon participe aux Établissements publics de coopĂ©ration intercommunale EPCI suivants le syndicat dĂ©partemental des Énergies de l'Indre un syndicat mixte ouvert SMO ; SIVU des eaux de Bazelles ; SIVU d'assainissement du Nahon et de la CĂ©phons ; SIVU d'assainissement de la vallĂ©e du Renon ; SIVU d'assainissement de la vallĂ©e du Fouzon ; Syndicat mixte de gestion et assainissement autonome de l'Indre ; Syndicat mixte du pays de Valençay[1]. Elle dispose d'une agence postale communale[13] et d'un centre de premiĂšre intervention. Jusqu'aux prochaines Ă©lections municipales de 2020, le conseil municipal de la nouvelle commune est constituĂ© de l'ensemble des conseillers municipaux des anciennes communes[1]. Liste des maires successifs PĂ©riode IdentitĂ© Étiquette QualitĂ© janvier 2016 En cours Philippe Jourdain[14] LR Agent et Promoteur Immobilier, PrĂ©sident de la CommunautĂ© de communes Liste des communes dĂ©lĂ©guĂ©es Nom CodeInsee IntercommunalitĂ© Superficiekm2 PopulationderniĂšre pop. lĂ©gale DensitĂ©hab./km2 Varennes-sur-FouzonsiĂšge 36229 CC Chabris - Pays de Bazelle 22,85 709 2013 31 Parpeçay 36151 CC Chabris - Pays de Bazelle 14,55 224 2013 15 Sainte-CĂ©cile 36183 CC Chabris - Pays de Bazelle 9,50 96 2013 10 Population et sociĂ©tĂ©[modifier modifier le code] DĂ©mographie[modifier modifier le code] L'Ă©volution du nombre d'habitants est connue Ă  travers les recensements de la population effectuĂ©s dans la commune depuis sa crĂ©ation. En 2019, la commune comptait 957 habitants[Note 2]. Évolution de la population [ modifier ] 2014 2019 1 016957 Sources Insee Ă  partir de 2014[15]. Enseignement[modifier modifier le code] La commune dĂ©pend de la circonscription acadĂ©mique d'Issoudun. Manifestations culturelles et festivitĂ©s[modifier modifier le code] Équipement culturel[modifier modifier le code] SantĂ©[modifier modifier le code] Sports[modifier modifier le code] MĂ©dias[modifier modifier le code] La commune est couverte par les mĂ©dias suivants La Nouvelle RĂ©publique du Centre-Ouest, Le Berry rĂ©publicain, L'Écho - La Marseillaise, La Bouinotte, Le Petit Berrichon, France 3 Centre-Val de Loire, Berry Issoudun PremiĂšre, Vibration, Forum, France Bleu Berry et RCF en Berry. Cultes[modifier modifier le code] Économie[modifier modifier le code] La commune se situe dans la zone d’emploi de Romorantin-Lanthenay et dans le bassin de vie de Chabris[12]. La commune se trouve dans l'aire gĂ©ographique et dans la zone de production du lait, de fabrication et d'affinage du fromage Valençay[18]. La laiterie de Varennes groupe Laiterie de Saint-Denis-de-l'HĂŽtel, joue un rĂŽle important dans l'Ă©conomie de la commune. La viticulture est l'une des activitĂ©s de la commune, qui se trouve dans la zone couverte par l'AOC valençay. Culture locale et patrimoine[modifier modifier le code] ChĂąteau de Campoix Ă  Parpeçay ChĂąteau de l’Épinat Église et monument aux morts de Parpeçay Église et monument aux morts de Sainte-CĂ©cile Église et monument aux morts de Varennes-sur-Fouzon Lien externe[modifier modifier le code] Val-Fouzon sur le site de l'Institut gĂ©ographique national Voir aussi[modifier modifier le code] Liste des communes de l'Indre Liste des anciennes communes de l'Indre Notes et rĂ©fĂ©rences[modifier modifier le code] Notes[modifier modifier le code] ↑ Selon le zonage des communes rurales et urbaines publiĂ© en novembre 2020, en application de la nouvelle dĂ©finition de la ruralitĂ© validĂ©e le 14 novembre 2020 en comitĂ© interministĂ©riel des ruralitĂ©s. ↑ Population municipale lĂ©gale en vigueur au 1er janvier 2022, millĂ©simĂ©e 2019, dĂ©finie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2021, date de rĂ©fĂ©rence statistique 1er janvier 2019. RĂ©fĂ©rences[modifier modifier le code] ↑ a b c et d [PDF] Site de la prĂ©fecture de l'Indre ArrĂȘtĂ© de crĂ©ation, consultĂ© le 11 dĂ©cembre 2015. ↑ a b et c Indre », sur le site de Lion 1906, consultĂ© le 3 septembre 2018. ↑ a b c d et e Val-Fouzon » sur GĂ©oportail., consultĂ© le 17 septembre 2018. ↑ Didacticiel de la rĂšglementation parasismique Indre », sur le site de la PrĂ©vention du risque sismique, consultĂ© le 3 septembre 2018. ↑ a b c et d Val-Fouzon », sur le site de ViaMichelin, consultĂ© le 3 septembre 2018. ↑ Indre 36 - Fiches horaires », sur le site du RĂ©seau de mobilitĂ© interurbaine, consultĂ© le 2 septembre 2018. ↑ Typologie urbain / rural », sur consultĂ© le 27 mars 2021. ↑ Commune rurale - dĂ©finition », sur le site de l’Insee consultĂ© le 27 mars 2021. ↑ Comprendre la grille de densitĂ© », sur consultĂ© le 27 mars 2021. ↑ Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur 21 octobre 2020 consultĂ© le 27 mars 2021. ↑ Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier PĂ©gaz-Blanc et Raymond Warnod Insee, En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur 21 octobre 2020 consultĂ© le 27 mars 2021. ↑ a et b Commune de Val-Fouzon 36229 », sur le site de l'Insee, consultĂ© le 28 octobre 2018. ↑ Site de La Poste Un bureau de poste, consultĂ© le 22 aoĂ»t 2012. ↑ Philippe Jourdain, nouveau maire », La Nouvelle RĂ©publique du Centre-Ouest, Indre,‎ 14 janvier 2016 lire en ligne. ↑ Fiches Insee - Populations lĂ©gales de la commune pour les annĂ©es 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019. ↑ Liste des Ă©tablissements scolaires de l'Indre - AnnĂ©e scolaire 2018/2019 » [PDF], sur le site de l'AcadĂ©mie d'OrlĂ©ans-Tours consultĂ© le 9 juin 2019. ↑ Regroupements pĂ©dagogiques intercommunaux » [PDF], sur le site de l'AcadĂ©mie d'OrlĂ©ans-Tours consultĂ© le 9 juin 2019. ↑ Site de l'Institut national de l'origine et de la qualitĂ© Valençay, consultĂ© le 15 aoĂ»t 2014. Ressource relative Ă  la gĂ©ographie Insee communes Mis Ă  jour le 9 octobre 2020Sologne, Touraine et Berry dĂ©part en Sologne du chĂąteau de Selles sur cher vers Valençay chĂąteau de Selles sur Cher construit par šPhilippe de BĂ©thuneVous partez pour une balade autour de Valençay de 80 km au dĂ©part du chĂąteau de Selles sur Cher avec ses trĂ©sors de fresques datant de 1640 son vin de Touraine et la spĂ©cialitĂ© mondiale de Selles sur Cher le fromage de chĂšvre. A la sortie de Selles sur Cher, on franchit Ă  la fois la frontiĂšre entre le Loir et Cher et l’Indre et on pĂ©nĂštre dans le Berry, direction le chĂąteau de Valençay bijou du tourisme Ă  Valençay, achetĂ© par Talleyrand et prison dorĂ©e, intĂ©rieur magnifique Ă  visiter. Entre Touraine et Berry Veuil, un des plus beaux villages fleuris de France jeu de piste Comment s’appelle ce ruisseau dans Veuil ?Puisque vous faites une excursion autour de Valençay, poussez donc jusqu’à Veuil, un des plus beaux villages fleuris de France. Outre une floraison extraordinaire, vous y aimerez l’accueil des habitants et l’original chĂąteau de Veuil dont le propriĂ©taire, amateur de peinture anglaise du XIXe siĂšcle, organise des banquets mĂ©diĂ©vaux. Ici vous ĂȘtes dans la partie du Berry, nommĂ©e le haut Fourchaud mĂ©lange de collines, de bocages et de forĂȘts. Ici, chaque village est Ă  dĂ©couvrir, reflet charmant de notre douce France, au sortir d’une futaie digne de la Belle au bois dormant. Bouges le ChĂąteau, luxe en Berry parc de Bouges le ChĂąteauDe l’autre cotĂ© de la route de ChĂąteauroux, ne manquez pas ce petit bijou surprenant qu’est le chĂąteau de Bouges dont le dernier propriĂ©taire Ă©tait le fondateur du magasin BHV. Sa femme une hĂ©ritiĂšre de la famille Normand des filatures de Romorantin, devenues Matra vous suivez ?, a passĂ© sa vie Ă  meubler le chĂąteau d’un gout exquis et surtout planter le magnifique parc qui jouxte la demeure. A Valençay, Talleyrand un peu de la grande histoire chĂąteau de ValencayVotre circuit touristique autour de valençay vous ramĂšne dans cette ville. Savez-vous oĂč est enterrĂ© Talleyrand. Il repose dans une chapelle situĂ©e juste Ă  cotĂ© de la mairie. De lĂ  filez sur Varennes sur Fouzon en passant devant l’église de Valençay au donjon style Disney composĂ© de 4 petites tourelles et théùtre de concert d’orgue. A Varennes, vous attend une autre surprise que vous ne soupçonniez pas. Le chĂąteau de la Borde malheureusement, propriĂ©tĂ© privĂ©e, on ne peut que l’entrevoir mais il est trĂšs beau. Ce fut en son temps le centre national d’insĂ©mination bovine. Bonne journĂ©e pour une visite autour de Valençay, vous ne trouvez pas, surtout si le temps est de la partie. Remontez de Varennes sur Fouzon vers la Sologne, direction Champcol, en passant par la petite route Ă  cotĂ© de la Grande laiterie. A votre droite, en principe, des cochons en libertĂ©, c’est assez rare pour le signaler mais la cerise sur le gĂąteau vous attend au sommet lorsque d’un seul regard vous balayez toute la vallĂ©e. Juste Ă  la croisĂ©e du Berry, de la Touraine et de la Sologne. Petite route merveilleuse qui sent bon le sapin, d’oĂč dĂ©bouchent parfois des chevreuils voir l’article comment observer les animaux sauvages. Se succĂšdent pinĂšde, vignes, champs, un dĂ©lice pour bien terminer une balade. Reminder of your requestDownloading format TextView 1 to 820 on 820Number of pages 820Full noticeTitle GĂ©ographie illustrĂ©e de la France et de ses colonies / par Jules Verne. prĂ©cĂ©dĂ©e d'une Etude sur la gĂ©ographie gĂ©nĂ©rale de la France / par ThĂ©ophile LavallĂ©e ; illustrations par Clerget et Riou ; cartes par Constans ; gravĂ©es par SedilleAuthor Verne, Jules 1828-1905. Auteur du texteAuthor LavallĂ©e, ThĂ©ophile 1804-1867. Auteur du textePublisher J. Hetzel ParisPublication date 18..Contributor Clerget, Hubert 1818-1899. IllustrateurContributor Riou, Édouard 1833-1900. IllustrateurRelationship textType monographie imprimĂ©eLanguage frenchLanguage FrenchFormat 1 vol. XXXII-768 p. fig., cartes, couv. ill. ; gr. in-8Format Nombre total de vues 820Format application/epub+zipDescription Collection BibliothĂšque d'Ă©ducation et de rĂ©crĂ©ationDescription Comprend Étude sur la gĂ©ographie gĂ©nĂ©rale de la FranceDescription Contient une table des matiĂšresDescription Avec mode texteRights Consultable en ligneRights Public domainIdentifier ark/12148/bpt6k6567060hSource Ville de Paris / Fonds Heure joyeuse, 2013-376450Provenance BibliothĂšque nationale de FranceOnline date 16/12/2013The text displayed may contain some errors. The text of this document has been generated automatically by an optical character recognition OCR program. The estimated recognition rate for this document is 100%.GÉOGRAPHIE DE LA FRANCE — LA FRANCE ILLUSTRÉE - — SITES — MONUMENTS — CARTES — GÉOGRAPHIE ILLUSTRÉE DE LA FRANCE ET DE SES COLONIES PAR JULES VERNE PRÉCÉDÉE D'UNE ÉTUDE SUR LA GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE DE LA FRANCE PAR THÉOPHILE LAVALLÉE ILLUSTRATIONS PAR CLERGET ET RIOU CAPTES PAR CONSTANS, GRAVEES PAR SEDILLE BIBLIOTHÈQUE D'ÉDUCATION J. HETZEL, 18, RUE JACOB, PARIS AU LECTEUR. Je fus, il y a plusieurs annĂ©es dĂ©jĂ , trĂšs-vive- ment impressionnĂ© par la lecture d'un travail que publiait l'IndĂ©pendance belge sur le grand atlas Dufour Ă©ditĂ© par le Chevallier. Quellebonne et belle prĂ©face, me dis-je alors, ferait un tel article en tĂȘte d'une GĂ©ographie de la France! Et le mettant Ă  part, je me promis de l'utiliser le jour oĂč j'aurais Ă  offrir au public une gĂ©ographie de la France vraiment digne de son sujet et cependant, par son prix et ses dimensions, accessible Ă  tous. Ce jour Est venu. J'ose dire que le livre de M. Jules Verne, et le travail si remarquable de M. ThĂ©ophile LavallĂ©e qui le prĂ©cĂšde, sont une bonne fortune pour un public oĂč, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, tous commencent Ă  comprendre que l'ignorance est le plus cruel ennemi des sociĂ©tĂ©s modernes. Le jour est venu aussi, par consĂ©quent, d'emprunter au travail qui m'avait frappĂ©, les passages qui conviennent Ă  notre Ɠuvre. Certes, jamais plus justes pensĂ©es sur ce grand sujet n'ont Ă©tĂ© exprimĂ©es en meilleur langage. AprĂšs l'astronomie, dit l'Ă©crivain anonyme, rien ne donne une plus grande idĂ©e de la puissance de l'homme que la gĂ©ographie. Ce globe en regard duquel il n'est qu'un atome, il en a reconnu, constatĂ© la forme, mesurĂ© la superficie, Ă©valuĂ© la masse. Il sait les espaces occupĂ©s, ici et lĂ , par les terres, par les eaux liquides, par les eaux Ă©ternellement congelĂ©es; il sait la hauteur des montagnes, la profondeur des mers. La gĂ©ographie, maintenant, est une science dont la base et l'ensemble n'ont plus rien de conjectural, et sont fixĂ©s avec une prĂ©cision gĂ©omĂ©trique. Sur une boule de quelques pouces de diamĂštre, sur une feuille de papier, Ă  l'aide de quelques signes conventionnels, de quelques instruments, crĂ©ation de son esprit, l'homme peut reprĂ©senter, dĂ©crire avec une suprĂȘme exactitude, le monde, dont il est l'Ă©phĂ©mĂšre habitant. L'apparition de l'espĂšce humaine sur la terre date d'une Ă©poque inconnue, mais Ă  coup sĂ»r immensĂ©ment reculĂ©e. Cependant, c'est hier seulement, pour ainsi dire, que la gĂ©ographie est devenue une science exacte et qu'elle a embrassĂ© tout notre globe. Il y a quatre siĂšcles, elle ne possĂ©dait que des mĂ©thodes excessivement imparfaites, des instruments trĂšs-dĂ©fectueux pour mesurer, reconnaĂźtre, constater, reprĂ©senter la partie connuedu globe, et elle ne soupçonnait mĂȘme pas que cette partie, si grande qu'elle fĂ»t, n'Ă©tait qu'une fraction du domaine donnĂ© Ă  l'homme par la nature. Pour saisir d'un coup d'Ɠil, pour apprĂ©cier les merveilleux progrĂšs accomplis depuis cette Ă©poque dans la science et dans l'art de la gĂ©ographie, il suffit de comparer une mappemonde d'aujourd'hui. Cette, comparaison, je la faisais, un jour, en visitant le MusĂ©e Britannique. J'y voyais une trĂšs-belle copie de la mappemonde exĂ©cutĂ©e, de 1457 Ă  1459, par Fra Mauro. Un des premiers, sinon le premier gĂ©ographe de son temps, renommĂ© comme savant en physique et en mathĂ©matiques, Fra Mauro a donnĂ©, dans cette Ɠuvre, l'exposĂ© le plus complet des connaissances gĂ©ographiques contemporaines. Or, il y manque un hĂ©misphĂšre, cela va sans dire Colomb n'est pas encore venu, et dans l'hĂ©misphĂšre qui y est reprĂ©sentĂ©, les inexactitudes sont Ă©videntes, infiniment multipliĂ©es les lacunes Ă©normes. Fra Mauro ne connaĂźt pas toute l'Europe; il en dĂ©coupe le littoral par Ă  peu prĂšs, et place les chaĂźnes de montagnes, les fleuves, les villes principales d'aprĂšs les itinĂ©raires, d'aprĂšs les observations de latitude plus ou moins anciennes, plus ou moins imparfaites. Son Asie est bien plus incomplĂšte, bien moins reconnaissable que son Europe, quoiqu'il ait largement mis Ă  profit les rĂ©cits des plus rĂ©cents voyageurs et notamment ceux du cĂ©lĂšbre Marco Polo. Quant Ă  l'Afrique, il en reprĂ©sente le littoral nord avec une sorte d'exactitude qui s'Ă©tend mĂȘme, sur le cĂŽtĂ© ouest, jusqu'au cap Vert, jusqu'au golfe de GuinĂ©e, que viennent de dĂ©couvrir les Portugais; mais, en revanche, il charge ce continent de pays imaginaires, et le termine, au sud, en face dĂ© l'Ăźle de Madagascar, qu'il appelle Sofalo, du nom d'une ville dĂ©jĂ  connue des Arabes et dont la position a Ă©tĂ© reconnue plus tard Ă  quatre cents lieues de lĂ , sur la cĂŽte est. VoilĂ  oĂč en est la science du gĂ©ographe vers le milieu du quinziĂšme siĂšcle. Non-seulement elle ignore la plus grande partie du globe, mais encore elle est impuissante Ă  se rendre un compte fidĂšle de la partie qu'elle n'ignore pas, impuissante aussi Ă  reprĂ©senter aux yeux avec quelque exactitude les terres mĂȘmes, les mers que parcourent journellement ses adeptes les plus justement renommĂ©s. Quarante annĂ©es, ou Ă  peu prĂšs, s'Ă©coulent sans lui apporter aucun progrĂšs sensible. Mais, au bout de ce temps, quelle sĂ©rie rapide, prodigieuse, de dĂ©couvertes ! Quelle marche incessante vers la mĂ©thode, vers la prĂ©cision! C'est Christophe Colomb qui dĂ©couvre tout un monde; c'est Vasco de Gama qui double l'extrĂ©mitĂ© mĂ©ridionale de l'Afrique et va naviguer jusque dans les eaux de la Cafrerie. DĂšs ce moment, tous les systĂšmes, si pĂ©niblement construits par les anciens, sont ruinĂ©s par la base; Magellan achĂšve de dĂ©montrer, mĂȘme au vulgaire, la sphĂ©ricitĂ© de la terre; sous le souffle de Copernic, de Tycho-BrahĂ©, de GalilĂ©e, l'astronomie grandit subitement; l'invention du tĂ©lescope vient lui fournir une aide puissante; les Ă©toiles se rapprochent de l'Ɠil de l'observateur, et, dĂ©sormais, elles serviront Ă  fixer avec une prĂ©cision mathĂ©matique un point quelconque du globe terrestre. MalgrĂ© les tributs immenses apportĂ©s Ă  la science gĂ©ographique par tant d'hommes de gĂ©nie, par tant d'intrĂ©pides navigateurs, les mappemondes du seiziĂšme siĂšcle sont encore bien incomplĂštes il reste une cinquiĂšme partie du monde Ă  connaĂźtre, et les continents im menses, les Ăźles nombreuses qu'on vient de dĂ©couvrir, attendent encore des explorateurs; mais, dĂ©jĂ , on voit la prĂ©cision se manifester dans la dĂ©termination, dans la reprĂ©sentation de certaines parties du globe. Mercator est venu, et de lui date la vĂ©ritable gĂ©ographie. Les recherches continuent; Portugais, Es pagnols, Français, Anglais, Hollandais courent avec une fiĂ©vreuse ardeur Ă  la conquĂȘte des pays inconnus. La mĂ©thode se crĂ©e peu Ă  peu ; l'Ă©difice de la science gĂ©ographique se construit sur la triple base de la gĂ©omĂ©trie mathĂ©matique, de l'astronomie et de la physique. Cent ans plus tard, le gĂ©ographe ne peut encore indiquer que d'une maniĂšre incertaine le continent de la Nouvelle-Hollande ; il ignore une multitude d'Ăźles de l'OcĂ©anie; mais il a connaissance complĂšte de l'Europe civilisĂ©e ; il la reprĂ©sente avec fidĂ©litĂ© ; il a rapportĂ© sur ses cartes, ici avec une scrupuleuse exactitude, lĂ  avec une certaine approximation de la rĂ©alitĂ©, les contours de l'Afrique, de l'Asie, de l'AmĂ©rique; il a dĂ©terminĂ© une foule de points, de distances sur ces continents, la position, la forme de bien des Ăźles sur toutes les mers. En deux siĂšcles, l'homme a donc reconnu, constatĂ©, Ă  peu prĂšs, l'Ă©tendue de son domaine en deux siĂšcles, c'est-Ă -dire en un instant, relativement Ă  l'anciennetĂ© de sa race, il a presque accompli l'Ɠuvre Ă  peine Ă©bauchĂ©e par ses ancĂȘtres en des milliers d'annĂ©es. Pendant le dix-huitiĂšme siĂšcle, Carteret, Wallis, Byron, Bougainville, Cook, la PĂ©rouse, Behring, Vancouver, bien d'autres encore moins illustres viennent augmenter la masse des connaissances acquises. Ils reconnaissent de longues Ă©tendues de cĂŽtes, en dĂ©terminent la position, ajoutent une multitude d'Ăźles aux archipels dĂ©jĂ  dĂ©couverts et ne laissent plus Ă  leurs successeurs qu'Ă  glaner sur l'immensitĂ© des mers. Le globe est connu dans ses masses principales. Ce qu'il faut dĂ©sormais, c'est l'Ă©tude des dĂ©tails, l'Ă©tude attentive, minutieuse. La tĂąche est moins glorieuse qu'elle ne l'a Ă©tĂ© jusque-lĂ , mais elle est utile, indispensable; les navigateurs de notre siĂšcle se sont attachĂ©s, s'attachent journellement Ă  la remplir. A la synthĂšse, pour ainsi dire, ils ont fait succĂ©der l'analyse, et la dĂ©veloppent sans relĂąche, aidĂ©s par les immenses progrĂšs des sciences, par le perfectionnement croissant des constructions navales, par la prĂ©cision croissante aussi des instruments nautiques, disposant de la vapeur pour manƓuvrer Ă  leur grĂ© leurs navires, mĂȘme en dĂ©pit des vents et des courants ; c'est merveille que la multiplicitĂ©, l'activitĂ©, l'extrĂȘme exactitude de leurs travaux; on peut l'affirmer, en toute assurance, peu de gĂ©nĂ©rations passeront avant que le littoral le plus lointain des continents et des Ăźles soit connu aussi complĂ©tement, reprĂ©sentĂ© avec autant de fidĂ©litĂ© que les rives d'un fleuve de la vieille Europe. Pas un Ăźlot, pas un Ă©cueil qui ne figurent bientĂŽt sur les cartes oĂč le marin lit sa route. Depuis le commencement de la grande pĂ©riode ouverte par Colomb, les armĂ©es de l'Europe, les aventuriers, les marchands, les missionnaires des diverses sectes chrĂ©tiennes, les politiques, les savants, les pionniers, les colons n'ont cessĂ© d'avancer dans l'intĂ©rieur de ces continents, de ces Ăźles dont les explorateurs des mers leur ont successivement signalĂ© les cĂŽtes ; et la gĂ©ographie marchant Ă  leur suite a fixĂ© sur la mappemonde les pays dont ils ont pris possession et ceux qu'ils ont seulement visitĂ©s. Mais la terre est Ă  l'homme un obstacle plus difficile que la mer. Montagnes, fleuves, marais, sables, dĂ©serts, retardent, arrĂȘtent ses pas, et souvent il s'y heurte Ă  son semblable dĂ©fendant par tous moyens l'accĂšs de la contrĂ©e oĂč il a construit sa hutte, oĂč il a posĂ© sa tente. C'est lĂ  ce qui explique pourquoi d'immen- ses Ă©tendues de pays, comme le centre de l'Afrique, sont restĂ©es jusqu'ici absolument inconnues ou mal connues, comme de si grandes parties de l'AmĂ©rique, de l'Asie, tandis que la surface des mers a Ă©tĂ© parcourue en tout sens ; pourquoi, en un mot, le champ des dĂ©couvertes, si vaste encore pour la gĂ©ographie pro- prement dite, est relativement si restreint aujourd'hui pour l'hydrographie. Mais notre civilisation est douĂ©e d'une force si expansive, est armĂ©e de moyens si puissants, et de puissance si rapidement croissante, qu'aucun pays, si retirĂ© qu'il soit, ne saurait Ă©chapper Ă  ses investigations, se soustraire Ă  sa domination. Le jour n'est plus bien Ă©loignĂ© oĂč elle aura fouillĂ©, jusque dans leurs derniĂšres profondeurs, les mystĂšres des pays encore inaccessibles. Ce n'est pas lĂ  une vaine hypothĂšse, c'est une certitude. Pour s'en convaincre, il suffit de mesurer, le compas Ă  la main, la rapiditĂ© et l'ampleur de sa marche vers ce but suprĂȘme , surtout depuis le commencement de ce siĂšcle. L'imagination en est confondue. LĂ  oĂč naguĂšre la mappemonde ne portait que des indications vagues, en une multitude de points oĂč elle n'en portait au- cune, le gĂ©ographe a inscrit, reprĂ©sentĂ© de vastes superficies conquises par des armĂ©es, occupĂ©es par des colonies, reconnues par d'intrĂ©pides voyageurs qui ont enfoncĂ© dans le sol d'indestructibles jalons. En mĂȘme temps qu'a progressĂ© ce qu'on pourrait appeler la gĂ©ographie gĂ©nĂ©rale, la gĂ©ographie de dĂ©tail ou topographie a pris le plus grand dĂ©veloppement. Une des bases essentielles de l'administration, en prenant ce mot avec son acception la plus large, c'est la connaissance exacte de l'Ă©tendue, de la configuration du pays Ă  administrer, de la position de ses villes, villages, hameaux, des eaux qui le baignent, des bois, des forĂȘts qui l'ombragent, etc., etc. Ce sont lĂ , en effet, tout autant d'Ă©lĂ©ments indispensables Ă  possĂ©der pour Ă©tablir, dĂ©limiter les districts administratifs, judiciaires, militaires, et leurs subdivisions, pour organiser la dĂ©fense matĂ©rielle, pour dĂ©terminer le tracĂ© des routes, des chemins, des canaux. Jamais cette nĂ©cessitĂ© des Ă©tudes gĂ©ographiques n'a Ă©tĂ© plus impĂ©rieuse que de notre temps, car jamais les affaires d'une nation n'ont Ă©tĂ© ce qu'elles sont Ă  prĂ©sent, les affaires du monde entier. L'attention du savant, de l'Ă©conomiste, du commerçant, de l'homme de guerre, de l'homme d'État, son intervention sont appelĂ©es, Ă  chaque instant, d'un point Ă  l'autre du globe., et il est littĂ©ralement vrai de dire qu'ils sont obligĂ©s d'avoir sous les yeux, tantĂŽt la carte de leur propre pays, tantĂŽt celle d'un pays voisin ou lointain. » S'il est un pays oĂč ces lignes soient utiles Ă  mĂ©diter, c'est en France, en France oĂč il faut que nous soyons en guerre avec un peuple pour que l'envie nous prenne de savoir dans quel coin du monde il va falloir l'aller chercher et le combattre, en France oĂč l'on ne se dĂ©cide examen tardif! Ă  jeter les yeux sur une carte, Ă  y planter des Ă©pingles et de petits drapeaux, qu'au bruit lointain du canon, et oĂč l'on croit enfin qu'on en sait assez en matiĂšre de gĂ©ographie quand on a appris par le rĂ©cit d'une bataille le nom d'une terre, jusque-lĂ  inconnue, oĂč le sang français a coulĂ©. Cette ignorance est une des plaies vives de notre pays. Mais, si ignorer le monde entier est une sottise Ă©norme qui peut conduire une nation Ă  sa perte comme y marcherait un aveugle, ignorer le pays oĂč l'on vit et ses ressources et ses besoins est une de ces fautes sans excuse, qui peuvent plus sĂ»rement encore conduire l'individu Ă  sa ruine. Ce que l'Ă©crivain que nous venons de citer a dit de l'utilitĂ© de la connaissance gĂ©nĂ©rale du globe est donc mille fois plus vrai et plus pressant encore, si on l'applique Ă  l'obligation oĂč nous sommes tous, de bien savoir ce que vaut et ce qu'exige la terre oĂč nous sommes nĂ©s. Ne pas connaĂźtre son pays, on ne saurait trop le faire entendre, c'est ne pas connaĂźtre la maison qu'on habite, le lieu de son travail et celui de son repos, c'est ignorer l'indispensable, car c'est s'ignorer soi-mĂȘme. C'est Ă  la fois l'oubli de l'intĂ©rĂȘt individuel et l'oubli de ce grand intĂ©rĂȘt collectif, qui se rĂ©sume dans le mot Patrie. Si cette ignorance tient en partie Ă  ce que jamais des Ă©ditions vraiment populaires d'ouvrages gĂ©ographiques n'ont Ă©tĂ© mises, chez nous, Ă  la disposition du public, la gĂ©ographie illustrĂ©e que nous publions aujourd'hui dans des conditions extrĂȘmes de bon marchĂ©, rĂ©pondra Ă  un besoin sĂ©rieux. L'auteur cĂ©lĂšbre de l'Histoire des Français, des FrontiĂšres de la France et de la GĂ©ographie physique et militaire, — un livre qui a inaugurĂ© une voie nouvelle dans les sciences gĂ©ographiques et qui est restĂ© classique, — M. ThĂ©ophile LavallĂ©e, a rĂ©sumĂ© dans l'Intro- duction de cet ouvrage tous les Ă©lĂ©ments gĂ©ologiques, historiques, gĂ©ographiques, administratifs et statistiques de la France. M. Jules Verne qui s'est fait un renom de gĂ©ographe dans ses excellents livres de voyages, abandonnant cette fois les domaines d'imagination, oĂč il a si rapidement passĂ© maĂźtre, pour celui de la rĂ©alitĂ© la plus stricte, s'est chargĂ© de la description de chaque dĂ©partement. Situation, limites, aspect gĂ©nĂ©ral, orographie, hydrographie, climat, superficie, population, agriculture, mines, carriĂšres, industrie, com- merce, routes, canaux, chemins de fer, his- toire, hommes cĂ©lĂšbres, divisions administratives, description des chefs-lieux de dĂ©partement, d'arrondissement, de canton et des principales communes, telle sera la sĂ©rie des Ă©tudes que comprendra chaque dĂ©partement. M. Jules Verne, il serait superflu de le dire, a puisĂ© aux sources les plus rĂ©centes, aux statistiques les plus nouvelles, au recensement de 1866 imprimĂ© au Bulletin des Lois, pour faire de cette publication un ouvrage essentiellement moderne d'une certitude et d'une prĂ©cision qui ne laisseront rien Ă  regretter. J. HETZEL. PARIS NOUVEAU. — Buttes Chaumont. — Boulevard de l'Empereur. — Pavillon des Tuileries. Campanile de l'HĂŽtel de Ville. INTRODUCTION. Situation. — Limites. — Aspect gĂ©nĂ©ral. — Le pays que nous habitons et qui forme aujourd'hui la FRANCE, s'appelait autrefois la GAULE ; c'Ă©tait une rĂ©gion distincte dont la nature avait tracĂ© les limites au nord la mer Germanique et la Manche, au couchant l'ocĂ©an Atlantique, au midi les PyrĂ©nĂ©es et la MĂ©diterranĂ©e, au levant les Alpes et le Rhin. La Gaule garda ce cadre si simple et si parfait pendant tant de siĂšcles qu'il est impossible de les Ă©numĂ©rer ; puis des rĂ©volutions diverses le lui firent perdre, en mĂȘme temps qu'elle prenait le nom de France, et aujourd'hui ce nom glorieux est donnĂ© Ă  un empire, qui ne comprend que les sept huitiĂšmes du territoire de la Gaule, limitĂ©s maintenant suivant les conventions politiques, principes et traitĂ©s de 1815. La France est bornĂ©e au N. par la mer Germanique et la Manche, depuis Dunkerque jusqu'au cap Saint-Mathieu ; Ă  l'O. par le golfe de Gascogne jusqu'Ă  l'embouchure de la Bidassoa ; au S. O. par une ligne qui, partant de l'embouchure de la Bidassoa, irait en suivant Ă  peu prĂšs la crĂȘte des PyrĂ©nĂ©es jusqu'au cap Cerbera; au S. E. par la MĂ©diterranĂ©e, depuis le cap Cerbera jusqu'Ă  l'embouchure de la Roya ; Ă  l'E. par une ligne de convention qui va joindre les Alpes-Maritimes au col de Tende; par la crĂȘte des Alpes-Maritimes, Cottiennes, GraĂŻes et Pennines jusqu'au Grand Saint-Bernard ; par le contre-fort des Alpes de SaintMaurice ; par le bord mĂ©ridional du lac de GenĂšve; par une ligne de convention qui entoure le canton de GenĂšve; puis, aprĂšs avoir coupĂ© le RhĂŽne, par une limite tortueuse qui court sur le revers occidental du Jura jusqu'au col des Rousses ; par la crĂȘte du Jura jusqu'Ă  Jougne, et le cours du Doubs que la limite coupe deux fois; par une ligne de convention entre DĂŽle et Porentruy, entre les cours de l'Ill et de la Birse jusqu'Ă  Huningue ; par le cours du Rhin depuis Huningue jusqu'au confluent de la Lauter. Enfin au N. E. la France est bornĂ©e par une ligne de convention qui suit en partie la Lauter et coupe successivement les Vosges au N. de Bitche, la Sarre au N. de Sarreguemines, la Moselle au N. de Sierck, la Meuse au N. de Givet, la Sambre au N. de Mau- beuge, l'Escaut au N. de CondĂ©, la Lys au S. de Menin, l'Yser au S. de Rousbrugge, enfin le canal de Bergues et la grande Moer pour atteindre la mer au N. de Zuytcoot. On verra dans la description les dĂ©partements frontiĂšres, combien ces limites de convention brisĂ©es, morcelĂ©es, absurdes, ont nui Ă  la grandeur et Ă  la prospĂ©ritĂ© de la France. La forme de la France ainsi limitĂ©e est un hexagone irrĂ©gulier dont le cĂŽtĂ© N. s'appuie sur la Manche et la mer Germanique dans une longueur de 900 kilomĂštres, le cĂŽtĂ© O. sur le golfe de Gascogne dans une longueur de 1000 kilomĂštres, le cĂŽtĂ© S. O. sur les PyrĂ©nĂ©es dans une longueur de 600 kilomĂštres, le cĂŽtĂ© S. sur la MĂ©diterranĂ©e dans une longueur de 600 kilomĂštres, le cĂŽtĂ© E. sur les Alpes, le Jura et le Rhin dans une longueur de 930 kilomĂštres, le cĂŽtĂ© N. E. sur l'Allemagne et la Belgique dans une longueur de 700 kilomĂštres. La rĂ©gion française dans son ensemble ne prĂ©sente pas un aspect grandiose, exceptĂ© au S. 0. et au S. E., oĂč elle est ceinte par les plus hautes sommitĂ©s des PyrĂ©nĂ©es et des Alpes. Le systĂšme de ses montagnes intĂ©rieures est peu considĂ©rable jonction de deux grands massifs, il ne se montre ni en longues chaĂźnes ni en vastes groupes, et n'offre en aucune de ses parties des pics qui conservent une neige Ă©ternelle; mais il s'Ă©tend et se ramifie de toutes parts, soit en montagnes Ă  formes douces et mamelonnĂ©es, soit en larges et fertiles coteaux enceignant des vallĂ©es riches, mollement accidentĂ©es oĂč les eaux coulent abondamment et sans obstacles dans des lits peu profonds et facilement navigables. Une rĂ©gion aussi vaste avoisinĂ©e par des mers, bordĂ©e par de hautes montagnes, traversĂ©e par de grands fleuves, doit prĂ©senter une tempĂ©rature trĂšs-variĂ©e, mais qui est gĂ©nĂ©ralement la plus modĂ©rĂ©e de l'Europe, et des produits trĂšs-divers, dont les plus renommĂ©s sont les vins, les cĂ©rĂ©ales, les huiles, le bois, les mĂ©taux, les eaux thermales, etc. Un sol si favorable Ă  l'agriculture, Ă  l'industrie, au commerce, non-seulement par l'abondance et la multitude des productions, mais encore par le grana nombre et la facilitĂ© des communications, un climat doux et salubre, une longue Ă©tendue de cĂŽtes, une ligne de contact avec le continent dans toute sa largeur, une position admirable entre deux mers, au centre de la vĂ©ritable Europe, de l'Europe mĂ©ridionale et civilisĂ©e, enfin le gĂ©nie de ses habitants, qui ont par-dessus tous les peuples modernes l'esprit de sociabilitĂ©, et qui semblent chargĂ©s providentiellement depuis quinze siĂšcles de la mission du progrĂšs, ont fait de la France le cƓur du globe. Il semble, dit Strabon, qu'une divinitĂ© tutĂ©laire Ă©leva ces chaĂźnes de montagnes, rapprocha ces mers, traça et dir igea le cours de tant de fleuves, pour faire un jour de la Gaule le lieu le plus florissant de la terre. » C'est d'elle que partent le mouvement et la vie; en elle se rĂ©sument et se fondent les divers modes de civilisation des autre s peuples ; agricole et industrielle, guerriĂšre et maritime, artiste et savante, elle n'est point exclusive et spĂ©ciale, mais universelle comme sa langue, le plus logique des idiomes modernes, et par lequel il semble que les idĂ©es doivent passer pour avoir droit de citĂ©. Enfin ce n'est pas seulement par la pensĂ©e qu'elle rĂ©gente l'Europe, elle la domine souvent aussi par les armes, et sa centralitĂ© la rend Ă©minemment propre Ă  la guerre offensive. Au S. elle tient les pĂ©ninsules Hispanique et Italique comme deux satellites attachĂ©s naturellement Ă  suivre ses mouvements; par la MĂ© diterranĂ©e elle confine Ă  l'Afrique et s'immisce dans les affaires d Orient; Ă  l'O. l'ocĂ©an Atlantique ouvre carriĂšre Ă  ses vaisseaux pour donner la main au nouveau continent ; au N. elle touche Ă  l'Angleterre, protĂ©gĂ©e contre elle par le Pas-deCalais ; enfin Ă  l'E. elle n'est sĂ©parĂ©e du pays germanique que par ce fossĂ© du Rhin tant do fois franchi par ses armĂ©es victorieuses1. » 1. LavallĂ©e, GĂ©ographie physique, historique et militaire, 7e Ă©dit., p. 99. Superficie. — La superficie de la France est de 54 305 141 hectares, soit 543 051 kilomĂštres carrĂ©s avec la Corse et les Ăźles voisines de la cĂŽte. Cette Ă©tendue n'est que la dix-huitiĂšme partie de celle de l'Europe. En dehors de son territoire europĂ©en, la France comprend les possessions suivantes 1° En Asie, dans l'Indoustan PondichĂ©ry, Karikal, Yanaon, Chandernagor, MahĂ© et le Cam- bodge Annamite; 2° En Afrique l'AlgĂ©rie, les Ăźles Saint-Louis et GorĂ©e, avec les Ă©tablissements du SĂ©nĂ©gal et de la SĂ©nĂ©gambie, les comptoirs de GuinĂ©e, les Ăźles Bourbon, Sainte-Marie, Mayotte et Nossi-bĂ© ; 3° En AmĂ©rique la Martinique, la Guade- loupe, Marie-Galante, les Saintes, la DĂ©sirade, la Guyane française, Saint-Pierre et Miquelon ; 4° En OcĂ©anie les Ăźles Marquises, la NouvelleCalĂ©donie, TaĂŻti, etc. La superficie totale de ces colonies est Ă©valuĂ©e Ă  36 400 000 hectares, soit 364 000 kilomĂštres carrĂ©s. Constitution gĂ©ologique1. — La France se divise gĂ©ologiquement en un certain nombre de rĂ©gions naturelles qui diffĂšrent des grands bassins hydrographiques, et qui sont parfiitement distinguĂ©es les unes des autres par des caractĂšres particuliers et par le terrain qui les constitue. Voici quelles sont ces rĂ©gions P / ramtIques P 'nĂ©es et Vosges. I S schisteuses. Monts des Maures. Jura. El a calTes. Provence. 1 /Granitiques t Plateau d'Auvergne. W 1 b l et Ardennes. M I Bretagne. oj2 ] schisteuses. Bretagne. JK Causses. 1 Languedoc. r Ualeaires. Haut Piitou. I [ Bourgogne. [ V Lorraine. Champagne. de Paris. Neustrie bassin de Paris d l, Aquitaine bassin de Bordeaux. Aquitaine bassin de Bordeaux J Limagne. s Bresse. Alsace. Ces diverses rĂ©gions naturelles exercent, en raison du caractĂšre physique de chacune d'elles, des influences directes sur les populations qui les habitent, lors mĂȘme qu'elles emploient la mĂȘme langue et sont soumises aux mĂȘmes lois. 11 en sera reparlĂ© avec plus de dĂ©- 1. Extrait des explications sur la carte gĂ©ologique de la France, par MM. Dufrenoy et Élie de Beaumont. tails dans la description de chaque dĂ©partement. La France possĂšde Ă  trĂšs-peu prĂšs la succession complĂšte, mais dans une Ă©tendue fort variable, de tous les terrains stratifiĂ©s ou non stratifiĂ©s; voici, en allant de la circonfĂ©rence au centre de la terre, l'ordre dans lequel les ont Ă©tablis les rĂ©volutions du globe, et leur rĂ©partition Ă  la surface de notre sol 1° Terrains d'alluvions alluvions, sables, graviers, vases calcaires 520000 hect . Ils se trouvent dans toutes les vallĂ©es et surtout en Alsace, dans la Flandre maritime, la VendĂ©e, et le littoral entre Marseille et Port-Vendres. 2° Terrains tertiaires sables, grĂšs, meuliĂšre, calcaire grossier, molasse, faluns, argile, gypse, marne, etc. 15 800 000 hect . Ils occupent envit on le tiers de la France, savoir tout le bassin de Paris, moins la bande orientale; la Limagne, l'Aquitaine, moins le N., la B esse, partie du Languedoc et de la Provence, quelques parcelles Ă©parses en VendĂ©e, en Alsace, dans la Bretagne ; en un mot, ils forment presque toutes les plaines de la France. 3° Terrains crĂ©tacĂ©s craie, craie-tufau, calcaires, marnes, grĂšs, sables, argile 6 340 000 hect.. Ils couvrent la Champagne, le bassin de Paris bande circulaire intĂ©rieure au 8 jurassique, le N. de l'Aquitaine, les deux revers des PyrĂ©nĂ©es, la partie du Languedoc qui touche au plateau central; la Provence au N. E. des Maures, et quelques parties des Alpes et du Jura. 4° Terrains jurassiques divers calcaires, marnes, grĂšs, argile 10 600 000 hect.. Ils dessinent un 8, ouvert au N. et au S., autour du plateau central et du bassin de Paris. Appendice au N. vers Boulogne, et Ă  l'E. par le Jura qui envoie un rameau en Alsace. 5° Terrains triasiques argile, marnes, grĂšs, sel gemme, calcaire coquillier 2 700 000 hect., en y comprenant les terrains permiens. On les rencontre dans l'E. de la Lorraine; Ă  l'E. des Vosges ; au N. et au S. O. du plateau central; dans les PyrĂ©nĂ©es occidentales et sur le revers N. O. des Maures. 6° Terrains permiens ou pĂ©nĂ©ens grĂšs, cal- caire magnĂ©sien et calcaire argileux. Daus les Vosges. 7° Terrains carbonifĂšres grĂšs, schistes, houilles, carbonate de fer, calcaire 520 000 hect.. Dans les CorbiĂšres, le plateau central, la Bretagne, les Vosges et les Maures, en petite quantitĂ©. Bande importante au N. des Ardennes, surtout en Belgique. 8° Terrains de transition schistes, ardoises, phylades, grĂšs, grauwacke, anagĂ©nite 5400000 hect.. Ils se trouvent dans toute la longueur des PyrĂ©nĂ©es ; le centre de la Bretagne, du Cotentin et de l'Ardenne ; les Vosges, et dans les parties E. et S. du plateau central. 9° Terrains primitifs gneiss, micachistes, talcshistes 10 600 000 hect. On les rencontre au N. E. du plateau central et dans les Maures; ils apparaissent en outre sur une foule de points Ă  travers les terrains de transition. 10° Terrains volcaniques ou d'Ă©ruption porphyres, serpentine, trachite, basalte, laves actuelles, granit 520 000 hect.. Sur le plateau central; dans la Lorraine, la Provence, les Maures, le Languedoc et les Causses. Les terrains les plus abondants de la France sont donc les terrains tertiaires, ensuite les terrains primitifs et les terrains jurassiques. Les premiers constituent le bassin de Paris, tandis que les deuxiĂšmes forment le massif du plateau central. Autour de ces deux grandes rĂ©gions, les assises du terrain jurassique dĂ©cri- vent une espĂšce de 8 dont les deux boucles offrent un aspect complĂštement opposĂ©. La boucle infĂ©rieure renferme un massif montagneux qui domine toute la rĂ©gion mĂ©ridionale c'est le plateau central de la France, que couronnent les volcans de l'Auvergne; la boucle septentrionale, au contraire, limite un bassin dĂ©primĂ©, vĂ©ritable amphithéùtre composĂ© de roches calcaires, dont Paris occupe le milieu; l'un est en relief et rĂ©pulsif, tandis que l'autre est creux et attractif, ce qui explique le rĂŽle politique et l'influence de la rĂ©gion du N., dans l'histoire de notre pays. Cette diffĂ©rence dans la structure des deux parties de la France influe trĂšs-heureusement sur son climat; grĂące, en effet, Ă  l'Ă©lĂ©vation des terres du midi, la tempĂ©rature y est plus froide proportionnellement Ă  sa latitude, que dans le bassin du N. ; d'oĂč rĂ©sulte une moyenne Ă  peu prĂšs constante de tempĂ©rature pour toute la France, abstraction faite de la Gascogne et du littoral de la MĂ©diterranĂ©e. De chaque cĂŽtĂ© du grand 8 jurassique s'Ă©tendent, du N. au S., deux grandes dĂ©pressions qui rattachent naturellement le bassin de Paris et les plaines du N. avec le bassin de la MĂ©di- terranĂ©e. L'une est formĂ©e par la vallĂ©e de la SaĂŽne qui se prolonge jusqu'Ă  la mer par celle du RhĂŽne infĂ©rieur ; l'autre, moins bien dĂ©terminĂ©e, se compose d'une sĂ©rie de plaines basses comprises, d'une part entre les collines du Perche et celles du Limousin, d'autre part entre les collines boisĂ©es de la Mayenne et de la VendĂ©e. Ces deux grandes dĂ©pressions, qui sont devenues des communications importantes entre le N. et le S., se relient au S. du plateau central par les contrĂ©es basses et fertiles de la MĂ©diterranĂ©e, de maniĂšre qu'elles forment un U qui reprĂ©sente la direction gĂ©nĂ©rale du courant social et de l'activitĂ© intĂ©rieure de la France. La France a presque partout des limites formĂ©es par la nature l'OcĂ©an, les PyrĂ©nĂ©es, la MĂ©diterranĂ©e, les Alpes et le Jura ; mais, chose remarquable, ses meilleures frontiĂšres la sĂ©parent des populations qui ont avec elle une communautĂ© d'origine celtique ou latine, les Espagnols et les Italiens; tandis qu'elle se trouve immĂ©diatement en contact avec l'Ă©lĂ©ment germanique, lĂ  oĂč les barriĂšres naturelles lui font dĂ©faut, c'est-Ă -dire entre le Jura et la mer du Nord. PossĂ©dĂąt-elle le Rhin, objet si passionnĂ© des convoitises nationales, cette ligne n'aurait que l'apparence d'une limite naturelle, car c'est bien plus une artĂšre commerciale servant Ă  rĂ©unir les populations des deux rives, qu'un obstacle destinĂ© Ă  les sĂ©parer; c'est prĂ©cisĂ©ment, d'ailleurs, Ă  cette absence de frontiĂšres naturelles de ce cĂŽtĂ©, que la France a dĂ» la facile expansion de ses idĂ©es dans le reste de l'Europe, et l'influence qu'elle a exercĂ©e de tout temps sur les destinĂ©es politiques de la rĂ©gion germanique. Orographie gĂ©nĂ©rale. — La ligne de partage des eaux de la France est celle de l'Europe depuis le col de Goritty jusqu'au massif du SaintGothard. Elle se compose, tantĂŽt de montagnes du premier ordre, tantĂŽt de fortes collines, tantĂŽt de plateaux ou terrains montueux, et divise ce pays en deux versants gĂ©nĂ©raux versant de l'ocĂ©an Atlantique et versant de la MĂ©diterranĂ©e. Ces versants se subdivisent au moyen des contre-forts dĂ©tachĂ©s du faĂźte gĂ©nĂ©ral de partage en quatre versants secondaires, ceux du golfe de Gascogne, de la Manche, de Ja mer du Nord, de la MĂ©diterranĂ©e infĂ©rieure, et en cinq bassins de fleuves principaux, ceux de la Garonne, de la Loire, de la Seine, du Rhin rive gauche, du RhĂŽne. Ce chapitre n'Ă©tant qu'un exposĂ© de l'anatomie gĂ©nĂ©rale de la France, nous donnerons simplement la nomenclature et la disposition des diffĂ©rentes portions de la ligne de partage des eaux, ainsi que celles des contre-forts qui s'en dĂ©tachent, en renvoyant leur description dĂ©taillĂ©e aux dĂ©partements dont elles forment la charpente orographique. Le faĂźte gĂ©nĂ©ral de partage des eaux de la France comprend 1° Les PyrĂ©nĂ©es occidentales et les PyrĂ©nĂ©es cen- trales, du col de Goritty au pic de Corlette; leur Ă©tendue est de 350 kilomĂštres et leur Ă©lĂ©vation moyenne de 800 Ă  2800 mĂštres. 2° Les CorbiĂšres occidentales, du pic de Corlette au col de Naurouze 189 mĂšt., seuil de passage du canal du Midi. Leur Ă©tendue est de 320 kilomĂštres et leur Ă©lĂ©vation de 300 Ă  400 mĂštres. 3° Les CĂ©vennes, du col de Naurouse au mont Pila. Leur Ă©tendue est de 320 kilomĂštres , et leur Ă©lĂ©vation de 1000 Ă  1200 mĂštres. On les subdivise en Montagnes noires 500 mĂšt., monts Espinous, de l'Orb, Garrigues, du GĂ©vaudan 1400 mĂšt. et du Vivarais. 4° Les monts entre Loire et SaĂŽne, appelĂ©s improprement CĂ©vennes septentrionales, depuis le mont Pila jusqu'au mont Tasselot, aux sources de la Seine ; leur Ă©tendue est de 220 kilomĂštres et leur hauteur de 600 Ă  900 mĂštres. On les subdivise en Monts du Lyonnais, du Beaujolais, du Charolais et de la CĂŽte-d'Or. 5° Les plateaux entre Seine, Rhin et RhĂŽne, du mont Tasselot jusqu'aux environs de BĂąle; leur ensemble figure un demi-cercle dont la longueur est de 280 kilomĂštres , et leur Ă©lĂ©vation moyenne de 400 Ă  600 mĂštres. Ils se subdivisent ainsi plateau de Langres jusqu'aux sources de la Meuse, monts Faucilles jusqu'aux sources de la Moselle, front mĂ©ridional des Vosges et collines de Valdieu. 6° Le Jura septentrional, jusque vers le col des Rousses, avec une Ă©tendue de 150 kilomĂštres et une hauteur de 500 Ă  1400 mĂštres. 7° Le mont Jorat, jusqu'aux monts Diablerets, avec une Ă©tendue de 110 kilomĂštres et une hauteur de 600 Ă  1400 mĂštres. 8° Les Alpes bernoises, jusqu'au Saint-Gothard, avec une Ă©tendue de 120 kilomĂštres et une Ă©lĂ©vation moyenne de 3500 mĂštres. De cette longue et tortueuse chaĂźne de partage des eaux se dĂ©tachent de nombreux contre-forts dans les deux versants; les uns sĂ©parent les versants de mers secondaires, les autres les bassins de fleuves, d'autres enfin divisent seulement des affluents ou des bassins de cours d'eau cĂŽtiers. Voici la nomenclature et la disposition des principaux de ces contre-forts dans l'ordre oĂč on les rencontre en allant du S. au N. CONTRE-FORTS DU VERSANT DE L'ATLANTIQUE. 1° Les monts de Haya, petit rameau dĂ©tachĂ© des PyrĂ©nĂ©es au col de Goritty; il finit Ă  la pointe du Figuier et sĂ©pare les deux rĂ©gions hispanique et française. 2° Les monts de Basse-Navarre qui finissent prĂšs de la montagne de Rhune. 3° Les hauteurs entre Adour et Garonne qui commencent au mont Cylindre, oĂč se joignent les PyrĂ©nĂ©es centrales et les PyrĂ©nĂ©es occidentales ; elles comprennent le mont du Bigorre, les collines de l'Armagnac, les Landes de Bor- deaux et finissent Ă  la pointe de Grave. Leur Ă©tendue est de 320 kilomĂštres et leur Ă©lĂ©vation de 2000 Ă  25 mĂštres. De la partie la plus Ă©levĂ©e des CĂ©vennes, entre le mont LozĂšre et le mont Gerbier des Joncs se dĂ©tache un triple contre-fort qui compose la partie la plus montagneuse de l'intĂ©rieur de la France; ces trois branches sont en remontant du S. au N. 4° Le plateau des Causses qui se dĂ©tache du mont LozĂšre, court entre le Lot et le Tarn, et se sĂ©pare en deux parties aux sources de l'Aveyron plateau de Levezon, entre Tarn et Aveyron ; monts du Rouergue, entre Aveyron et Lot. Son Ă©lĂ©vation est de 500 Ă  1000 mĂštres. 5° Les monts entre Loire et Garonne. Ils comprennent les monts de la Margeride, d'Auvergne, du Limousin, et se bifurquent pour enceindre le bassin de la Charente; la branche N., sous le nom de collines du Poitou et plateau de Gatine, va finir Ă  la pointe de Saint-Gildas Ă  l'embou chure de la Loire; celle du S., sous le nom de collines du PĂ©rigord, d'Aunis et de Saintonge, va atteindre la pointe de Coubre Ă  l'embouchure de la Garonne. La plus grande hauteur de cette chaĂźne est de 1800 mĂštres dans les monts d'Auvergne. Ce vaste contre-fort jette de nombreux rameaux sur ses deux versants ; ceux du S. n'ont qu'une faible Ă©lĂ©vation ; ceux du N., au contraire, sont trĂšs-remarquables ; ce sont la chaĂźne des monts DĂŽmes, qui s'Ă©lĂšve jusqu'Ă  1400 mĂštres, les monts du Cher 600 mĂšt. et les monts de la Marche 800 mĂšt.. 6° Les monts du Velay et du Forez qui sĂ©parent la Loire de l'Allier, et se terminent sous le nom de monts de la Madeleine ; leur Ă©tendue est de 200 kilomĂštres et leur Ă©lĂ©vation moyenne de 1000 mĂštres. 7° Les hauteurs entre Loire et Seine qui se dĂ©tachent de la CĂŽte-d'Or au mont Moresol ; elles commencent par les monts du Morvan et du Ni- vernais, se continuent par le plateau d'OrlĂ©ans, les collines du Perche et de Normandie, enfin les monts de Bretagne jusqu'Ă  la pointe Saint-Mathieu. L'Ă©tendue de ce long contre-fort est de plus de 600 kilomĂštres, mais sa hauteur ne dĂ©passe pas 800 mĂštres dans les monts du Morvan, et descend jusqu'Ă  150 mĂštres dans le plateau d'OrlĂ©ans. C'est le faĂźte de partage des eaux entre le golfe de Gascogne et la Manche. Il s'en dĂ©tache au S. des contre-forts sans importance ; au N. il faut citer une sĂ©rie de collines qui, partant des sources de la Vire, va former la charpente de la presqu'Ăźle du Cotentin. 8° Les hauteurs entre Seine et Rhin; elles se dĂ©tachent du plateau de Langres, comprennent l'Argonne occidentale, les Ardennes occidentales, et se partagent en trois branches au plateau de Saint-Quentin entre les sources de l'Escaut et de Somme ; la branche S. O. ou collines de Picardie sĂ©pare le bassin de la Somme de celui de la Seine ; la branche du N. 0 ou collines de l'Artois sĂ©pare les deux bassins de la Somme et de l'Escaut, et se termine par le cap Gris-Nez ; la branche N. ou collines de Belgique sĂ©pare le bassin de l'Escaut de celui de la Meuse. L'Ă©tendue de cette sĂ©rie de hauteurs est d'environ 450 kilomĂštres; sa hauteur varie en dĂ©croissant de 400 Ă  100 mĂštres. C'est le faĂźte de partage des eaux de la Manche et de la mer du Nord. 9° Les hauteurs entre Meuse et Moselle se dĂ©tachent des monts Faucilles sous le nom d'Argonne orientale, Ardennes orientales; elles s'Ă©lĂšvent de 300 Ă  500 mĂštres et vont finir hors de France entre la Meuse et le Rhin. 10° Les Vosges, dont l'Ă©tendue est de 220 kilomĂštres et la hauteur de 500 Ă  1400 mĂštres; elles se terminent hors de France entre la Mo- selle et le Rhin. CONTRE-FORTS DU VERSANT DE LA MÉDITERRANÉE. — 1° Les PyrĂ©nĂ©es orientales, du pic de Corlitte au cap Creus; leur Ă©tendue est de 80 kilomĂštres et leur Ă©lĂ©vation de 800 Ă  2800 mĂštres. Il s'en dĂ©tache d'importants contre-forts 1° les CorbiĂšres orientales 1500 mĂšt.; 2° les Aspres oĂč culmine le Canigou 2780 mĂšt.. 2° Les monts BouttiĂšres, dĂ©tachĂ©s des CĂ©vennes entre l'ArdĂšche et l'Eyrieux 1000 mĂšt.. 3° Le Jura mĂ©ridional, qui part du col des Rousses et prolonge au S. le Jura septentrional entre le RhĂŽne et l'Ain. Son Ă©tendue est de 100 kilomĂštres et sa hauteur de 1200 mĂštres. 4° Les Alpes occidentales, du Saint-Gothard au col de Cadihone. Elles sĂ©parent le bassin du RhĂŽne de celui du PĂŽ, ou les deux rĂ©gions française et italique. Elles se composent des plus hautes montagnes de l'Europe 3000 mĂštres d'Ă©lĂ©vation moyenne et figurent dans leur ensemble un demi-cercle de 600 kilomĂštres de dĂ©veloppement. On les subdivise en Alpes Pennines, du Saint-Gothard au mont Blanc; Alpes GraĂŻes jusqu'au mont Cenis ; Alpes Cottiennes jusqu'au mont Viso; Alpes Maritimes jusqu'au col de Cadibone. De cette chaĂźne se dĂ©tachent trois contre-forts importants Les Alpes de Savoie qui courent entre l'Arve et l'IsĂšre et vont se terminer sur le RhĂŽne audessous de GenĂšve ; elles jettent Ă  l'O un rameau trĂšs-considĂ©rable qui sĂ©pare les eaux du RhĂŽne de celles de l'IsĂšre. Les Alpes du DauphinĂ©, qui se dĂ©tachent du mont Thabor, sĂ©parent les deux bassins de l'IsĂšre et de la Durance, et se divisent en plusieurs branches entre les divers affluents du RhĂŽne. Leur hauteur est de 3000 mĂštres. Les Alpes de Provence qui se dĂ©tachent au mont CamĂ©lĂ©one, et sĂ©parent la Durance des bassins cĂŽtiers de la MĂ© diterranĂ©e; leur Ă©lĂ©vation est de 1500 mĂštres; elles se rattachent par de faibles collines aux monts des Maures 600 Ă  700 mĂšt. qui longent le littoral. De ce qui prĂ©cĂšde, il rĂ©sulte que la France est divisĂ©e par la ligne de partage des eaux en deux grandes parties l'une orientale, Ă©troite au N., large au S., comprenant les plus hautes montagnes et ne formant qu'un seul bassin principal, celui du RhĂŽne qui se jette dans la MĂ©diterranĂ©e; l'autre occidentale, large au N , Ă©troite au S.,composĂ©e gĂ©nĂ©ralement de plaines ou de plateaux, et subdivisĂ©e par les deux grands contre-forts qui se terminent Ă  lapointe Saint-Mathieu et au cap Gris-Nez, en trois versants secondaires; ces versants sont ceux du golfe de Gascogne, de la Manche et de la mer du Nord, qui renferment quatre grands fleuves, la Garonne, la Loire, la Seine et le Rhin. La France se trouve ainsi dĂ©finitivement partagĂ©e en 4 versants 1° de l'ocĂ©an Atlantique ou du golfe de Gascogne; 2° de la Manche; 3° de la mer Germanique ou du Nord; 4° de la MĂ©diterranĂ©e. Hydrographie gĂ©nĂ©rale. — AprĂšs avoir dĂ©crit sommairement les collines et les montagnes qui forment pour ainsi dire la partie osseuse de la France, nous allons donner la nomenclature et la disposition gĂ©nĂ©rale des cours d'eau qui en constituent ce qu'on pourra t appeler la partie artĂ©rielle. On connaĂźt dĂ©jĂ  la division de notre pays en quatre versants secondaires; nous allons les examiner dans l'ordre qu'ils occupent naturellement. I. VERSANT DU GOLFE DE GASCOGNE.— Il s'Ă©tend sur la cĂŽte, de la pointe du Figuier Ă  la pointe Saint-Mathieu; il est formĂ© par le revers oriental des monts de Haya, le revers septentrional des PyrĂ©nĂ©es occidentales et centrales, par la pente occidentale des hauteurs qui composent la ligne de partage des eaux de la France depuis le pic de Corlitte jusqu'au mont Moresol, enfin par le revers mĂ©ridional de la chaĂźne entre Seine et Loire qui se termine au cap Saint-Mathieu. Il comprend 1° les bassins de la Bidassoa, de la Nivelle, de l'Adour et de la Leyre; — 2° le bassin de la Garonne; — 3° les bassins de la Seudre, de la Charente, de la SĂšvre Nior- taise et du Lay; — 4° le bassin de la Loire; — 5° les bassins de la Vilaine, de l'Auray, du Blavet, du Scorf, de l'EllĂ©, de l'Odet, de l'Aulne et de l'Elorn. COURS D'EAU AU S. DE LA GARONNE. — Ils ont pour ceinture les monts de Haya, les PyrĂ©nĂ©es occidentales, les monts de Bigorre, les collines de l'Armagnac et les Landes de Bor- deaux. Les bassins sont ceux — 1° de la Bi- dassoa qui sert en partie de limite entre la France et l'Espagne et arrose Irun et Fonta- rabie; — 2° de la Nivelle qui finit au petit port de Saint-Jean-de-Luz;— 2° de l'Adour qui arrose Tarbes, Dax, et se jette dans la mer audessous de Bayonne; il reçoit Ă  droite la Mi- douze, Ă  gauche les deux Leuy, le Gave de Pau qui arrose Pau et Orthez et se grossit de plusieurs affluents, la Bidouze, la Joyeuse et la Nive qui passe Ă  Saint-Jean-Pied-de-Port; — 4° de la Leyre qui finit dans le bassin d'Arcachon Ă  la Teste de Buch. BASSIN DE LA GARONNE. — Sa ceinture est formĂ©e par les Landes du Bordelais, les collines de l'Armagnac, les monts de Bigorre, les PyrĂ©nĂ©es centrales, la chaĂźne de partage des eaux depuis le pic de Corlitte jusqu'au mont LozĂšre, et la chaĂźne entre Loire et Garonne jusqu'Ă  la pointe de Coubre. La Garonne prend sa source dans le val d'Aran en Espagne, arrose Saint-BĂ©at, SaintGaudens, CazĂšres oĂč elle est navigable, Toulouse, Agen, Marmande et Bordeaux. A 20 kilomĂštres au-dessous, elle reçoit la Dordogne au bec d'Ambez, prend alors le nom de Gironde, forme un canal de 3 Ă  4 kilomĂštres de large et se jette dans la mer entre les pointes de Coubre et de Grave aprĂšs un cours de 580 kilomĂštres. La marĂ©e remonte le fleuve jusqu'Ă  120 kilomĂštres dans l'intĂ©rieur. Les affluents de gauche n'ont qu'une importance mĂ©diocre ; les principaux sont la Save, le Gimone, le Gers, la Bayse, etc. Ceux de droite, nombreux et difficilement navigables, sont 1° Le Salat qui passe Ă  SaintGirons; — 2° l'AriĂšge qui descend du col de Puy-Morens, arrose Tarascon, Foix, Pamiers, et reçoit Ă  droite le Lers;— 3° le Tarn qui arrose Millau, Alby, Montauban; il reçoit Ă  droite l'Aveyron qui passe Ă  Rhodez et Villefranche, Ă  gauche l'Agout grossi par plusieurs ruisseaux; son cours est de 360 kilomĂštres ; — 4° le Lot qui descend comme le Tarn du massif du mont LozĂšre; il arrose Cahors et Villeneuve d'Agen; il reçoit Ă  droite la TruyĂšre et finit prĂšs d'Aiguillon, aprĂšs un cours de 440 kilomĂštres; — 5° la Dordogne qui descend du Mont-Dore en Auvergne, devient navigable Ă  Souillac, arrose Bergerac, Castillon et se rĂ©unit Ă  la Gironde; le flux y produit le mascaret ou barre d'eau quelquefois trĂšs-dangereuse; elle reçoit Ă  droite la VĂ©zĂšre, grossie Ă  gauche de la CorrĂšze qui passe Ă  Tulle, l'Isle qui arrose PĂ©rigueux et se grossit Ă  droite de la Dronne, Ă  gauche de la Haute-VĂ©zĂšre. Le bassin de la Garonne comprend quatorze dĂ©partements faisant partie des anciennes provinces de Guyenne, Gascogne et Languedoc. COURS D'EAU AU N. DE LA GARONNE. — Ils ont pour ceinture les collines de la Saintonge et du PĂ©rigord, les collines du Poitou, le plateau de Gatine et les collines du Bocage; les cĂŽtes sont couvertes d'Ă©tangs et de marais salants. Les principaux de ces bassins sont 1° la Seudre qui finit-prĂšs de Marennes; — 2° la Charente qui descend des monts du Limousin, arrose AngoulĂȘme, Cognac, et finit Ă  15 kilomĂštres au-dessous de Rochefort; elle a pour affluents, Ă  droite la Boutonne, et Ă  gauche la Touvre formĂ© de deux riviĂšres; — 3° la SĂšvre Niortaise qui sort des monts du Poitou, arrose Niort, et reçoit Ă  droite la VendĂ©e; — 4° le Lay qui sort du plateau de Gatine et reçoit Ă  droite l'Yon; — 5° la Vie et 7° le Falleron qui descendent du Bocage. BASSIN DE LA LOIRE. — Sa ceinture est formĂ©e par la pente septentrionale de la chaĂźne entre Loire et Garonne, par la pente occidentale de la ligne de partage des eaux depuis le mont LozĂšre jusqu'au mont Moresol, entin par la pente mĂ©ridionale de la chaĂźne d'entre Loire et Seine jusqu'au plateau d'ErnĂ©e d'oĂč se dĂ©tachent les collines du Maine qui vont finir Ă  la pointe du Croisic. C'est le bassin le plus vaste de la France; il comprend le cinquiĂšme de son territoire, le quart de sa population et vingt-quatre de ses dĂ©partements. La Loire descend du mont Gerbier-de-Joncs, passe prĂšs du Puy, devient navigable Ă  SaintRambert, arrose Nevers, la CharitĂ©, Cosne, Gien, OrlĂ©ans, Blois, Tours, Saumur, Nantes, passe entre Saint-Nazaire et PaimbƓuf, et finit dans la mer entre les pointes du Croisic et de Saint-Gildas. Ce fleuve est difficilement navigable Ă  cause de son peu de profondeur, et ses inondations sont frĂ©quentes. Ses affluents de droite sont d'abord peu nombreux et sans importance Ă  cause du voisinage des montagnes; ce n'est que dans la partie infĂ©rieure du fleuve qu'ils deviennent considĂ©rables; ce sont 1° le Furens ou Furand qui descend du mont Pila et arrose SaintÉtienne; ses eaux sont excellentes pour la trempe de l'acier, et il renferme dans son bassin des mines de fer et de houille; — 2° l'Arroux qui descend du mont Moresol et passe Ă  Autun; — 3° la NiĂšvre qui finit Ă  Nevers;—4° la Mayenne qui arrose Mayenne et Laval; elle reçoit Ă  droite l'Oudon, Ă  gauche la Sarthe qui passe Ă  Alençon et au Mans; la Mayenne et la Sarthe rĂ©unies deviennent la Maine qui passe Ă  Angers; la Sarthe reçoit Ă  gauche l'Huisne qui passe Ă  Nogent-leRotrou, et le Loir qui arrose ChĂąteaudun, VendĂŽme et la FlĂšche; — 5° l'Erdre qui finit Ă  Nantes. Ses affluents de gauche sont plus nombreux et plus considĂ©rables; ce sont 1° L'Allier qui descend du massif du mont LozĂšre, arrose Vichy et Moulins ; il est sujet Ă  de grands dĂ©bordements ; les affluents sont, Ă  gauche, l'Ala- gnon, sort du Cantal, la Sioule qui descend du Mont-Dore, et Ă  droite, la Dore; — 2° le Loiret, le Cosson, le Beuvron qui sortent du plateau de Sologne; — 3° le Cher qui descend des monts d'Auvergne, arrose Montluçon et devient navigable Ă  Vierzon ; c'est une riviĂšre dange- reuse par ses dĂ©bordements; elle reçoit Ă  droite l'Auron qui passe Ă  Bourges, et la Sauldre; Ă  gauche, la Tarde et l'Arnon;— 4° l'Indre qui arrose ChĂąteauroux, ChĂątillon, oĂč il est navigable, Loches et Montbazon; — 5° la Vienne qui sort du plateau de Mille-Vaches, arrose Limoges, ChĂątellerault oĂč elle devient navigable, et Chinon; elle reçoit Ă  droite, le Taurion et la Creuse grossie Ă  droite de la Gartempe qui passe Ă  GuĂ©ret; Ă  gauche, le Clain qui passe Ă  Poitiers ; — 6° le Thouet qui descend du plaeau de GĂątine, et reçoit Ă  droite la Dives;— 7° la SĂšvre Nantaise, qui descend aussi du plateau de GĂątine, et traverse le pays le plus sauvage de la VendĂ©e ; elle reçoit Ă  droite la Moine, et Ă  gauche la Maine; la Boulogne naĂźt dans le Bocage et traverse le lac de Grandlieu qui doit prochainement disparaĂźtre. COURS D'EAU AU N. DE LA LOIRE. — Leur ceinture est formĂ©e par les collines du Maine, les monts de Bretagne et les monts d'ArĂšs jusqu'Ă  la pointe Saint-Mathieu. Ces riviĂšres sont 1° La Vilaine qui descend du plateau de FougĂšres et passe Ă  Rennes; elle reçoit Ă  droite l'Ille et l'Ouet, Ă  gauche la Seiche et l'Isac; — 2° l'Auray; — 3° le Blavet qui finit entre Lorient et Port-Louis; il reçoit vers son embouchure le Scorf; — 4° l'EllĂ© grossi de l'Isole; — 5° l'Odet qui passe Ă  Quimper; — 6° l'Aulne et — 7° l'Élorn qui finissent dans la rade de Brest. II. VERSANT DE LA MANCHE. — Ce versant s'Ă©tend sur la cĂŽte, entre la pointe Saint-Mathieu et le cap Gris Nez; il est formĂ© par le revers septentrional de la chaĂźne entre Loire et Seine; par le revers occidental des monts de la CĂŽted'Or et du plateau de Langres; par la pente occidentale des monts de la Meuse, de l'Argonne occidentale, des Ardennes occidentales et des collines de l'Artois jusqu'au cap GrisNez. Il comprend le bassin de la Seine et plusieurs petits cours d'eau Ă  l'O. et au N. de l'embouchure de ce fleuve. Les hauteurs de la ceinture de ce versant sont si faibles qu'il est ouvert de toutes parts et n'offre dans son intĂ©rieur que de molles ondulations; c'est la con- trĂ©e la plus civilisĂ©e du globe, le centre du mouvement europĂ©en , l'une des plus riches et des plus fertiles de la France COURS D'EAU A L'O. DE LA SEINE. — Leur ceinture est formĂ©e par les monts d'ArĂšs, de Bretagne, les collines de Normandie et un petit contre-fort qui se dĂ©tache du plateau de Montagne pour finir Ă  l'embouchure de la Seine. Ces cours d'eau qui ont Ă  peine 30 Ă  40 kilomĂštres de longueur ne sont navigables que vers leur embouchure; ce sont, le TrĂ©guier, le Gouet qui passe Ă  Saint-Brieuc, la Rance qui passe Ă  Saint-Servan et Ă  Saint-Malo, le Couesnon, la SĂ©e, la SĂ©lune, la Divette qui finit Ă  Cherbourg, la Douve grossie de la Taule, la Vire, l'Orne le plus important de tous, qui a 120 kilomĂštres de cours et passe Ă  Caen, enfin la Toucques. BASSIN DE LA SEINE. — La Seine descend du mont Tasselot, Ă  une hauteur de 446 mĂštres; elle arrose Bar, Troyes, MĂ©ry oĂč elle est navigable, Montereau, Melun, Charenton oĂč elle reçoit la Marne, Paris, Saint-Denis, Saint-Germain, Vernon, Elbeuf, Rouen, et finit entre Harfleur et le Havre, aprĂšs un cours de 640 kilomĂštres. Ses affluents de droite sont 1° L'Aube qui sort du plateau de Langres, et arrose Arcis; — 2° la Marne qui sort Ă©galement du plateau de Langres, arrose Chaumont, Vitry, ChĂą- lons, ChĂąteau-Thierry et Meaux dans un cours de 420 kilomĂštres; elle reçoit Ă  droite l'Ornain qui passe Ă  Bar-le-Duc, l'Ourcq dont les eaux dĂ©rivĂ©es forment un canal jusqu'Ă  Paris; Ă  gauche, le Petit et le Grand-Morin qui coulent dans des pays de plaines; — 3° l'Oise qui a sa source en Belgique dans les Ardennes occidentales; elle arrose Guise, la FĂšre et CompiĂšgne; elle reçoit Ă  droite le ThĂ©rain qui passe Ă  Beauvais ; Ă  gauche l'Aisne grossi de l'Aire qui naĂźt dans l'Argonne occidentale, arrose Sainte-Menehould, Vouziers, Rethel, Soissons, et reçoit Ă  gauche la Vesle qui passe Ă  Reims ; l'Oise Ă©tablit la communication de la Seine avec le bassin de l'Escaut et tous les canaux du Nord, ce qui rend sa navigation trĂšsimportante; son cours est de 260 kilomĂš- tres. Les affluents de gauche de la Seine sont beaucoup moins considĂ©rables que les prĂ©cĂ©dents; ce sont 1° L'Yonne qui descend des monts du Morvan, passe Ă  Auxerre, Ă  Joigny, Ă  Sens, et finit Ă  Monterea elle reçoit Ă  droite la Cure, le Serein et l'Armançon qui passe Ă  Tonnerre; — 2° le Loing qui sort du plateau d'OrlĂ©ans, arrose Montargis et fait communiquer la Seine avec la Loire par les canaux de Montargis, de Briare et d'OrlĂ©ans; — 3° l'Essonne qui finit Ă  Corbeil; — 4° l'Eure qui sort des collines du Perche, arrose Chartres et Louviers; elle reçoit Ă  gauche la Blaise, l'Avre et l'Iton qui passe Ă  Évreux; — 5° la Rille qui descend du plateau de Mortagne. COURS D'EAU AU N. DE LA SEINE. — Leur ceinture est formĂ©e par les collines de Caux, de Picardie et par celles de l'Artois, entre la pointe de HĂšve et le cap Gris-Nez. Les principaux sont 1° La BĂ©thune grossie de l'Arques, qui finit Ă  Dieppe; — 2° la Bresle; — 3° la Somme qui arrose Saint-Quentin, Amiens et Abbeville; — 4° l'Authie; — 5° la Canche; — 6° la Liane qui finit Ă  Boulogne. La description de ces cours d'eau se trouvera dans les dĂ©partements auxquels ils appartiennent. III. VERSANT DE LA MER DU NORD.—Ce versant est formĂ© depuis le cap Gris-Nez, par le revers septentrional et oriental des collines de l'Artois, des Ardennes occidentales, de l'Argonne occidentale, des monts Faucilles et des Vosges mĂ©ridionales, du Jura septentrional, des monts Jorat, des Alpes Bernoises et des Alpes centrales. Une partie seulement de la rive gauche de ce bassin appartient Ă  la France; le reste est occupĂ© par la Belgique et la Prusse; quant Ă  la rive droite, elle appartient tout entiĂšre Ă  la rĂ©gion Germanique. Nous n'aurons donc Ă  nous occuper que de la partie occidentale et française. Cette partie ne renferme que le grand bassin du Rhin rive gauche avec le bassin secondaire de l'Escaut et quelques petits ruisseaux. COURS D'EAU A L'O. Du RHIN. — Leur ceinture est formĂ©e depuis le cap Gris-Nez par les collines de l'Artois jusqu'au plateau de Saint-Quentin, et ensuite par les collines de Belgique qui vont s'effacer dans des marais entre l'Escaut et la Meuse. Ces cours d'eau sont 1° L'Aa qui passe Ă  Saint-Omer et finit Ă  Gravelines ; — 2° l'Yser, nĂ© en France, qui est coupĂ© par la frontiĂšre au-dessus de Rousbrugge et finit Ă  Nieuport en Belgique; — 3° l'Escaut dont le bassin est entiĂšrement ouvert, abondamment arrosĂ© de riviĂšres et de canaux, trĂšs-peuplĂ©, trĂšs-riche, fertile et couvert de villes et de villages ; la partie supĂ©rieure seulement, la moins considĂ©rable, appartient Ă  la France; ce fleuve descend du plateau de Saint-Quentin, arrose Cambrai, Valenciennes, CondĂ©, et va finir Ă  Anvers aprĂšs un cours de 340 kilomĂštres; il reçoit Ă  droite, en France, la Rhonelle et la Haisne; Ă  gauche, la SensĂ©e, la Scarpe qui passe Ă  Arras et Ă  Douai, et la Lys grossie Ă  droite de la Lawe et de la Deule qui-arrose Lille. BASSIN DU RHIN. — Ce fleuve dont le cours est de 1280 kilomĂštres depuis le Saint-Gothard jusqu'Ă  la mer, n'appartient Ă  la France que sur une Ă©tendue de 200 kilomĂštres entre BĂąle et l'embouchure de la Lauter. La partie supĂ©rieure seulement de ses grands affluents est comprise dans notre pays. Le Rhin sort du Saint-Gothard, enveloppe en partie la Suisse dans son cours supĂ©rieur et entre en France au-dessous de BĂąle; il arrose alors NeufBrisach et quitte dĂ©finitivement la frontiĂšre au confluent de la Lauter pour aller finir en Hollande Ă  travers la Prusse rhĂ©nane. Ses principaux affluents sont 1° L'Ill, qui arrose Mulhouse, et se grossit Ă  gauche du Fecht et de la Bruche; — 2° la Moder qui passe Ă  Haguenau, et reçoit Ă  droite la Zorn; — 3° la Lauter qui arrose Weissembourg et Lauterbourg, et sert de limite entre la France et la BaviĂšre rhĂ©nane ; — 4° la Moselle, qui descend des monts Faucilles, arrose Épinal, Toul, Metz, Thionville, et sort de France au-dessous de Sierck pour aller finir dans le Rhin Ă  Coblentz ; ses affluents sont, Ă  droite, la Meurthe qui passe Ă  Nancy, la Seille qui finit Ă  Metz, la Sarre qui passe Ă  Sarreguemines et entre en Prusse Ă  Sarrebruck ; son seul affluent de gauche est l'Orne; — 5° la Meuse qui sort du plateau de Langres, arrose Commercy, Verdun, Sedan, MĂ©ziĂšres et quitte la France au-dessous de Givet; elle reçoit Ă  droite le Chiers qui passe Ă  Longwy et MontmĂ©dy, la Semoy qui prend naissance dans le grand duchĂ© de Luxembourg et finit au-dessous de MĂ©ziĂšres ; Ă  gauche, la Vaire dont une source passe Ă  Rocroi, la Sambre qui sort des Ardennes occidentales, arrose Landrecies, coupe la frontiĂšre au-dĂšssous de Maubeuge, reçoit Ă  droite la Grande-Helpe, et va finir Ă  Namur. IV. VERSANT DE LA MÉDITERRANÉE.— Ce versant s'Ă©tend sur la mer depuis le cap Creus jusqu'Ă  Savone; il est formĂ© par la pente septentrionale des PyrĂ©nĂ©es orientales, par la ligne de partage des eaux de la France tout entiĂšre, du pic de Corlitte au Saint-Gothard, et par la chaĂźne des Alpes occidentales depuis le Saint-Gothard jusqu'au col de Cadebone. Il comprend le grand bassin du RhĂŽne, et quelques petits bassins cĂŽtiers Ă  l'O. et Ă  l'E. de ce fleuve. COURS D'EAU A L'O. DU RHÔNE. — Ce sont le Tech, la TĂ©t qui passe Ă  Perpignan, et l'Aude qui descendent des PyrĂ©nĂ©es, n'ont aucune importance ; l'Orb et l'HĂ©rault qui sortent des CĂ©vennes; le Lez, qui arrose Montpellier; la Vidourle et la Vistre, qui ont leur source dans les collines du Gard. BASSIN DU RHÔNE. — Le bassin oriental, ou du RhĂŽne supĂ©rieur, n'appartient pas Ă  la France. Le RhĂŽne sort du massif du Saint-Gothard, traverse une partie de la Suisse et entre en France aprĂšs sa sortie du lac de GenĂšve. Il arrose Fort-l'Écluse, Seyssel, oĂč il est navigable, Lyon, oĂč il tourne droit vers le S., Tournon, Valence, MontĂ©limart, Avignon, Beaucaire, Tarascon et Arles. Au-dessous de cette ville, il se divise en deux branches qui embrassent un vaste delta marĂ©cageux formĂ© par les atterrissements du fleuve et qu'on appelle la Camargue. Son cours est de 850 kilomĂštres dont 250 seulement sont navigables; c'est le fleuve le plus impĂ©tueux de l'Europe. Ses affluents de droite sont 1° Le London, la Valserine qui descendent du Jura mĂ©ridional; — 2° l'Ain grossi de la Bienne, laquelle arrose Saint-Claude; — 3° la SaĂŽne qui sort des monts Faucilles, devient navigable Ă  Gray, arrose Auxonne, ChĂąlon, MĂącon, et finit dans le RhĂŽne Ă  Lyon ; elle reçoit Ă  droite, la Tille, l'Ouche qui passe Ă  Dijon, l'Azergues; Ă  gauche, le Durgeon, l'Ognon, le Doubs, qui arrose Pontarlier, Besançon, et se grossit Ă  droite de la Savoureuse qui passe Ă  BĂ©fort, et Ă  gauche de la Loue qui reçoit la Furieuse; la Seille; la Reyssouze qui descendent des pentes occidentales du Jura; — 4° le Gier qui sort du Mont-Pila; — 5° l'Érieux, l'OuvĂšze, l'ArdĂšche, torrents qui ont leur source dans les monts du Vivarais, le Gard, redoutable par ses inondations, et formĂ© de deux ruisseaux qui sortent des monts du GĂ©vaudan. Le RhĂŽne reçoit Ă  gauche 1° La Dranse savoyarde, qui finit dans le lac de GenĂšve; — 2° l'Arve qui descend du mont Blanc et finit Ă  GenĂšve; — 3° le Fier qui passe Ă  deux lieues de la ville d'Annecy; — 4° le Guiers formĂ© de deux sources, qui descend du massif de la Grande-Chartreuse, et arrose les Échelles; — 5° l'IsĂšre qui descend du mont SĂ©ran et coule Ă  travers un pays trĂšs-tourmentĂ©, en arrosant MontmĂ©lian et Grenoble ; il reçoit Ă  gauche l'Arc qui a sa source au mĂȘme point, passe Ă  Saint-Jean de Maurienne et ouvre la route du mont Cenis, et le Romanche-Drac, formĂ© de deux torrents redou- tables par leurs dĂ©bordements; — 6° la DrĂŽme qui passe Ă  Die, le Roubion, l'Aygue, la Sorgues, grossie Ă  droite de la Nesque et de l'OuvĂšze, qui descendent des Alpes du DauphinĂ© ou de leurs contre-forts; — 7° la Durance, formĂ©e de la rĂ©union de plusieurs sources qui descendent du mont Thabor et du mont GenĂšvre; elle passe Ă  Briançon, Embrun et Sisteron ; ses affluents de droite sont la Luye qui arrose Gap et le Buech; elle reçoit Ă  gauche le Cuil, l'Ubaye qui forme la vallĂ©e de Barcelonnette et descend des Alpes, la Blanche, la BlĂ©onne et le Verdon qui ont leur source dans les montagnes Blanches. COURS D'EAU A L'E. DU RHÔNE. — Ce sont 1° l'Arc qui finit dans l'Ă©tang de Berre; — 2° l'Argens dont les sources sont opposĂ©es Ă  celles de l'Arc; il reçoit la Nartuby qui passe Ă  Draguignan et finit prĂšs de FrĂ©jus;— 3° le Var qui descend du mont Cameleone, reçoit Ă  gauche la Vesubie et la TinĂ©a, et Ă  droite l'Es- teron; — 4° la Roya, la Taggia, l'Arascia qui descendent des Alpes maritimes et se jettent dans le golfe de GĂȘnes. En rĂ©sumĂ©, tous les cours d'eau que nous venons de dĂ©crire sommairement forment 5 grands fleuves, 90 fleuves secondaires, 5000 riviĂšres ou ruisseaux; 113 de ces cours d'eau sont navigables sur une Ă©tendue d'environ 9600 kilomĂštres; 212 sont flottables; 5000 appartiennent au nord de la France, et 4600 au midi. Lacs. — Étangs. — Marais. — La France ne possĂšde qu'un petit nombre de lacs; le plus considĂ©rable est celui du Bourget en Savoie, qui a environ 20 kilomĂštres de longueur sur 4 kilomĂštres de large, et dont la profondeur atteint parfois 200 mĂštres. Vient ensuite le lac de Grandlieu dans la VendĂ©e; mais il cessera bientĂŽt d'exister pour ĂȘtre livrĂ© Ă  l'agriculture. On peut encore citer le lac de Saint-Point Jura qui a 600 hectares de superficie, celui de Palladru IsĂšre qui a 400 hectares, celui de Nantua Ain qui en a 268, le lac d'Annecy Haute-Savoie, etc. Les Ă©tangs se rencontrent en grand nombre sur les cĂŽtes de la Gascogne, du Roussillon et du Languedoc; on en trouvera la description dans la gĂ©ographie des dĂ©partements auxquels ils appartiennent. Les marais, considĂ©rablement amoindris par les travaux de dessĂšchement, sont nĂ©anmoins encore assez nombreux dans notre pays. Les contrĂ©es qui en renferment le plus sont les bassins de la Somme, de l'Escaut, de l'Aisne, de la SĂšvre niortaise, les Landes de Gascogne, une partie de la rive gauche du bassin de la Loire et les Bouches-du-RhĂŽne. Description des cĂŽtes. — L'Ă©tendue totale des cĂŽtes de la France est d'environ 2840 kilomĂštres, dont 2100 pour l'ocĂ©an atlantique et 740 pour la MĂ©diterranĂ©e. VERSANT DU GOLFE DE GASCOGNE. — Depuis la pointe du Figuier jusqu'Ă  l'Adour, la cĂŽte est gĂ©nĂ©ralement Ă©levĂ©e, escarpĂ©e, ouverte seulement par la petite rade de St-Jean-de-Luz et le port de Biarritz. De l'Adour Ă  la Gironde, elle est droite, sablonneuse, formĂ©e de dunes envahissantes, ouverte seulement par des Ă©tangs marĂ©cageux. On y trouve le port de Bayonne, celui de la Teste de Buch dans le bassin sans profondeur d'Arcachon, Royan, Bordeaux, etc. De la Gironde Ă  la Loire, la cĂŽte est encore basse et couverte de sables ou de marais; quelques parties sont formĂ©es de falaises calcaires rongĂ©es par la mer ; on y trouve quelques baies peu profondes et difficiles, et des Ăźles qui semblent les dĂ©bris de l'ancien rivage. Ces Ăźles sont celles d'OlĂ©ron, de RĂ©, d'Aix, d'Yeu et de Noirmoutiers. Les ports accessibles seulement aux petits bĂątiments, sont Brouage, La Rochelle, les Sables d'Olonne, puis Rochefort. De la Loire Ă la pointe Saint-Mathieu, la cĂŽte d'abord basse et marĂ©cageuse se redresse ensuite en hautes falaises, en masses de granit, fortement dĂ©chirĂ©es et sans cesse battues par les tempĂȘtes ; elle est bordĂ©e d'une redoutable ceinture d'Ă©cueils, de rĂ©cifs et d'Ăźles rocheuses. Les saillies les plus remarquables sont la presqu'Ăźle de Quiberon, les pointes de Penmark, du Raz, de la ChĂšvre, la presqu'Ăźle de Quelern et la pointe Saint-Mathieu. Les baies sont celles de Bourgneuf, du Morbihan, d'Audierne, de Douarnenez et de Brest. Les Ăźles sont celles de BelleIle avec Houat et HƓdic, Dumet, de Groix, de Glenans, de Sein, d'Ouessant. Les ports nombreux, profonds et gĂ©nĂ©ralement faciles, sont PaimbƓuf, Saint-Nazaire, Vannes, Port-Louis, Lo- rient et Brest. VERSANT DE LA MANCHE ET DE LA MER DU NORD. — Du cap Saint-Mathieu Ă  la Seine, la Manche forme deux golfes que sĂ©pare la presqu'Ăźle du Cotentin celui de Saint-Malo et celui de la Seine. Dans la presqu'Ăźle de Bretagne, la cĂŽte est formĂ©e de roches granitiques trĂšs-Ă©levĂ©es, trĂšsdĂ©coupĂ©es , et bordĂ©es d'Ăźle et d'Ă©cueils ; elle renferme de bons ports. Les baies principales sont celles de Saint-Brieuc et de Cancale; ses Ăźles sont celles de Batz, les Sept-Ăźles et BrĂ©hat. Les ports sont ceux de Morlaix, Perros, TrĂ©guier, Saint-Brieuc, Saint-Malo et Saint-Servan. Dans la presqu'Ăźle du Cotentin, la cĂŽte est formĂ©e de hautes falaises qui se prolongent jusqu'Ă  la Seine, et a devant elle entre la Vire et l'Orne, la ceinture d'Ă©cueils appelĂ©s Rochers du Calvados. Les Ăźles sont l'archipel Normand Jersey, Guernesey et Aurigny appartenant Ă  l'Angleterre, et les Ăźles Saint-Marcouf. Les ports sont ceux de Granville, Cherbourg, Saint-Waast-la-Hougue et Caen. De la pointe de HĂšve, embouchure de la Seine, Ă  l'embouchure de la Somme, la cĂŽte est formĂ©e de hautes falaises que la mer ronge sans cesse et rĂ©duit en galets ; on n'y trouve, Ă  l'exception du Havre, que cinq petits ports Ronfleur, Étretat, FĂ©camp, Dieppe et le TrĂ©port. De la Somme Ă  l'Escaut, la cĂŽte est basse, sablonneuse, bordĂ©e de dunes et embarrassĂ©e de bancs de sable; les ports difficilement accessibles, sont en France ceux de Saint-Valery, Étaples, Boulogne, Gravelines, Mardick et Dun- kerque. VERSANT DE LA MÉDITERRANÉE. — Le littoral de la MĂ©diterranĂ©e se partage en deux parties trĂšs-distinctes la premiĂšre, du cap Creus au delta du RhĂŽne, forme un arc de cercle concave, favorable aux invasions de la mer; la deuxiĂšme, du delta du RhĂŽne au golfe de GĂȘnes forme un arc convexe sur lequel la mer vient se briser en formant des ouvertures et des Ăźles. Du cap Creus Ă  l'embouchure du Tech, la cĂŽte est montueuse, escarpĂ©e, ouverte par les ports de Collioure et de Port-Vendres; au delĂ , jusqu'au RhĂŽne, elle est basse, sablonneuse, coupĂ©e d'Ă©tangs maritimes, parmi lesquels ceux de Leucate, Sigean, Thau et Aigues-Mortes. Les ports sont ceux de la Nouvelle, Agde, Cette et Aigues-Mortes. Du RhĂŽne Ă  la Roya, la cĂŽte est trĂšs-escarpĂ©e, trĂšs-dĂ©coupĂ©e et bordĂ©e d'Ăźles. On y trouve les golfes de Berre, Grimaud, Napoule et Juan; les caps Couronne, Cicie, CĂ©pet, etc. ; les Ăźles PomĂšgue et Ratonneau, d'HyĂšres, de LĂ©rins; les ports de Berre, Martigues, Bouc, Marseille, la Ciotat, la Seyne, Toulon, Saint-Tropez, FrĂ©jus, Cannes, Antibes, Nice et Villefranche. En rĂ©sumĂ©, le nombre des ports grands ou petits, baies, anses, criques, est de 216 pour le golfe de Gascogne, 101 pour la Manche et la mer du Nord, 83 pour la MĂ©diterranĂ©e; total 400. Il nous reste, pour complĂ©ter ce chapitre, Ă  dĂ©crire les cĂŽtes de la Corse. Leur dĂ©veloppement est de plus de 450 kilomĂštres; elles sont Ă©levĂ©es et trĂšs-dĂ©coupĂ©es Ă  l'O.; elles y forment les golfes de Saint-Florent, de Calvi, d'Ajaccio, et d'excellentes rades ; Ă  l'E., au contraire, elles sont basses et marĂ©cageuses surtout vers le centre; nĂ©anmoins, on y trouve au S. le PortoVecchio qui est rĂ©putĂ© l'une des meilleures rades de la MĂ©diterranĂ©e. Formation territoriale. — Depuis les temps les plus reculĂ©s, le pays compris entre l'OcĂ©an, les PyrĂ©nĂ©es, la MĂ©diterranĂ©e, les Alpes et le Rhin, portait le nom de Gaule. Il Ă©tait habitĂ© par trois peuples de races distinctes, divisĂ©s en nombreuses tribus indĂ©pendantes, fĂ©dĂ©rĂ©es ou ennemies au S. entre les PyrĂ©nĂ©es et la Ga- ronne, les Aquitains, de race IbĂ©rique; au N. entre la Seine, le Rhin et la mer, les Belges, d'origine germanique; au milieu, les Galls ou Celtes, les plus anciens habitants du pays; enfin quelques colonies phĂ©niciennes et grecques avaient fondĂ© NĂźmes, Alais, Marseille, la plus florissante et la plus cĂ©lĂšbre, Avignon, Arles, etc. sur le littoral de la MĂ©diterranĂ©e. Marseille ayant appelĂ© les Romains en Gaule, ceux-ci s'emparĂšrent de toute la partie infĂ©rieure du RhĂŽne dont ils firent leur province Provence, s'immiscĂšrent dans les querelles des peuplades gauloises, et finirent par soumettre tout le pays, environ 50 ans avant J. C. AprĂšs la conquĂȘte, la Gaule du midi fut dĂ©signĂ©e Ă  Rome sous le nom de Gaule Transalpine, par opposition Ă  la Gaule Cisalpine situĂ©e- au S. des Alpes, pays devenu romain depuis plusieurs siĂšcles; on lui donnait aussi le nom de Gaule aux braies ou aux bragues du vĂȘtement national de ses habitants, tandis que la Gaule romaine Ă©tait appelĂ©e la Gaule en toge. Quant Ă  la Gaule du N., elle Ă©tait surnommĂ©e Gaule chevelue Ă  cause de la longue chevelure que portaient ses populations; c'Ă©tait un reste des anciennes coutumes de la Germanie. La Gaule comprit donc alors quatre provinces la Provence proprement dite, l'Aquitaine, la Belgique et la Celtique. Auguste la rĂ©organisa en Narbonnaise, Aquitaine, Lyonnaise et Belgique 23 ans avant J. C.. Sous Adrien, elle s'accrut de la soumission de nouvelles peuplades, et fut divisĂ©e en Belgique, Germanique, Lyonnaise, Viennoise et Aquitaine. Probus en fit sept provinces ; DioclĂ©tien douze ; enfin Gratien la partagea en neuf provinces subdivisĂ©es en dix-sept gouvernements secondaires qui comptaient cent quinze citĂ©s avec leurs territoires ; cette organisation fut la derniĂšre que reçut la Gaule 379 aprĂšs J. C.. La grande invasion des barbares, Ă  la fin du cinquiĂšme siĂšcle, dĂ©truisit l'empire romain et amĂ©na en Gaule l'Ă©tablissement de trois nouveaux peuples d'origine germanique les Francs qui s'avancĂšrent jusqu'Ă  la Somme; les Bourguignons qui occupĂšrent le bassin du RhĂŽne et celui de la SaĂŽne ; les Visigoths qui se rendirent maĂźtres de tout le pays au S. de la Loire. Le royaume des Francs s'Ă©tendit sur les deux anciennes provinces de Germanie et de Belgique avec une partie de la Lyonnaise ; celui des Burgundes comprit le reste de la Lyonnaise, la grande SĂ©quanaise, la Viennoise, et les pays alpins, celui des Visigoths occupa la Narbonnaise, l'Aquitaine et la Novernpopulanie. Sous le rĂšgne de Clovis, les Francs battirent les lĂ©gions de Syagrius Ă  Soissons, et firent disparaĂźtre les derniers dĂ©bris de la domination romaine; la victoire de VouillĂ©, remportĂ©e sur les Visigoths, les rendit maĂźtres du midi, et les Burgundes, Ă  leur tour, furent soumis Ă  un tribut. Avant de songer Ă  s'Ă©tendre vers les PyrĂ©nĂ©es et la MĂ©diterranĂ©e, Clovis avait dĂ©finitivement arrĂȘtĂ© les invasions barbares sur les bords du Rhin par la bataille de Tolbiac; en sorte qu'Ă  la fin de son rĂšgne, les Francs dominaient toute la Gaule. Le pays fut alors trĂšs-confusĂ©ment divisĂ© en quatre parties principales 1° la Neustrie, entre la Loire, la Meuse, l'Escaut et l'OcĂ©an ; 2° l'Austrasie, de la Meuse Ă  l'Escaut, jusqu'au delĂ  du Rhin ; 3° la Bourgogne, dans les bassins du RhĂŽne et du Haut-Rhin, tour Ă  tour possĂ©dĂ©e par les rois de Neustrie et ceux d'Austrasie; 4° l'Aquitaine, de la Loire aux PyrĂ©nĂ©es, occupĂ©e au S. O. par les Vascons indĂ©pendants, et au S. E. par les Visigoths qui appelĂšrent leur contrĂ©e Septimanie. A la suite de la bataille de Testry en 687, les Francs Austrasiens renversĂšrent la domination des Neustriens, conquirent toute la Gaule, et sous le rĂšgne de Charlemagne, ils Ă©tendirent leur puissance jusqu'Ă  l'Elbe et au Danube. Ce vaste empire ne subsista que quarante-trois ans et fut dĂ©membrĂ© en 843 par le traitĂ© de Verdun. 11 forma alors trois grands États distincts 1° La France, entre l'OcĂ©an, les PyrĂ©nĂ©es, la MĂ©diterranĂ©e, le RhĂŽne, la SaĂŽne, la Meuse et l'Escaut ; 2° la Germanie, sur la rive droite du Rhin ; 3° la Lotharingie, longue bande de territoire irrĂ©guliĂšre, situĂ©e entre les deux pays prĂ©cĂ©dents. Nous n'avons pas Ă  nous occuper de la Germanie, qui eut ses destinĂ©es particuliĂšres; quant Ă  la Lotharingie, pays dĂ©tachĂ© du cadre naturel de l'ancienne Gaule, il fut perpĂ©tuellement disputĂ© par la France et la Germanie, et reconquis incomplĂ©tement par la premiĂšre aprĂšs huit siĂšcles de lutte persĂ©vĂ©rante. GrĂące aux querelles des successeurs de Charlemagne, Ă  leur faiblesse, au dĂ©membrement de son empire, et aux attaques des Normands, une foule de seigneurs s'Ă©taient rendus complĂ©tement indĂ©pendants dans le nouveau royaume de France fondĂ© par le traitĂ© de Verdun; il s'Ă©tait formĂ© au S. des comtĂ©s de Toulouse, de Foix, de Gascogne, d'Aquitaine, etc., se subdivisant en une multitude d'autres petits États infĂ©rieurs, seigneuries, vicomtĂ©s, etc. Dans le N. se trouvaient les comtĂ©s de Flandre, de Vermandois, de Bretagne, et dans le mĂȘme temps, les rois de France se trouvaient rĂ©duits Ă  la possession de la seule ville de Laon. En 987, un des grands vassaux de la couronne, Hugues Capet, duc de France, fut proclamĂ© roi ; son petit État qui comprenait seulement l'Ile de France, la Picardie et l'OrlĂ©anais-devint le domaine royal, et le nom de France qu'il portait exclusivement fut substituĂ© Ă  celui de Gaule pour dĂ©signer tous les pays soumis au nouveau roi. Avec Hugues Capet commence le grand travail de l'unification territoriale de la France; ce prince et ses successeurs s'efforcĂšrent de rĂ©unir Ă  leur domaine, non-seulement les États fĂ©odaux indĂ©pendants depuis le traitĂ© de Verdun, mais encore ceux de l'ancienne Gaule sĂ©parĂ©s par le mĂȘme traitĂ©; la rĂ©union des premiers forme toute l'histoire intĂ©rieure de notre pays celle des seconds l'histoire de sa politique extĂ©rieure, et cette revendication s'est poursuivie sans relĂąche depuis huit siĂšcles jusqu'Ă  nos jours. On trouvera dans chaque dĂ©partement l'historique de sa rĂ©union Ă  la couronne; voici, sommairement, Ă  quelle Ă©poque furent rĂ©unies les principales provinces En 1183, Philippe Auguste obtint par acquisition une partie de la Picardie; il y ajouta en 1203 la Touraine, l'Anjou, le Maine, le Poitou, la Saintonge et la Normandie, confisquĂ©es et conquises sur les Anglais. Saint Louis rĂ©unit en 1229 une partie du Languedoc; le reste fut acquis en 1270 par son fils Philippe III. Par son mariage avec Jeanne de Navarre, Philippe le Bel obtint la Champagne et la Brie en 1285 ; la mĂȘme annĂ©e, il fit l'importante acquisition du Lyonnais. Philippe VI acheta le DauphinĂ© en 1349. Charles VII reprit sur les Anglais le Limousin, la Guyenne et la Gascogne en 1453. Louis XI acquit par hĂ©ritage la Marche, la Bourgogne en 1479, la Provence, le Maine et l'Anjou en 1487. François 1er, Ă  son arrivĂ©e au trĂŽne en 1515, apporta Ă  la couronne son domaine particulier qui comprenait l'Angoumois, le Forez, le Beaujolais; il y ajouta en 1531 le Bourbonnais et le DauphinĂ© d'Auvergne confisquĂ©s sur le connĂ©table de Bourbon, et en 1547 la Bretagne dont il avait Ă©pousĂ© l'hĂ©ritiĂšre. François II conquit en 1552 la Lorraine française dont la possession fut dĂ©finitivement confirmĂ©e Ă  la France aux traitĂ©s de Westphalie en 1648; il enleva Ă©galement le Calaisis aux Anglais. Henri IV apporta Ă  la couronne son patrimoine composĂ© du Bearn, du Bigorre, de la Basse-Navarre, du comtĂ© de Foix et de l'Arma- gnac en 1590; en 1601, il Ă©changea le Marquisat de Saluces avec le duc de Savoie contre la Bresse et le Bugey. Sous Louis XIV, le traitĂ© de Westphalie 1648 donna Ă  la France l'Alsace; le traitĂ© des PyrĂ©nĂ©es 1659 l'Artois et le Roussillon; le traitĂ© d'Aix-la-Chapelle 1668 la Flandre française; le traitĂ© de NimĂšgue 1678 la FrancheComtĂ©. Louis XV rĂ©unit par hĂ©ritage la Lorraine et le Barrois, et acheta l'Ile de Corse aux GĂ©nois. Les conquĂȘtes faites par la RĂ©publique amenĂšrent la rĂ©union au territoire français de la Savoie, du comtĂ© de Nice, de tous les pays de la rive gauche du Rhin, de la RĂ©publique de GenĂšve et du PiĂ©mont. L'Empire y ajouta la RĂ©publique de GĂȘnes, les duchĂ©s de Parme et de Plaisance, la Toscane, les États Romains, le canton suisse du Valais, la Hollande, le cercle de Westphalie et les villes AnsĂ©atiques, qui portĂšrent Ă  cent trente le nombre des dĂ©partements français. Le rĂ©sultat de cette extension gigantesque fut de soulever toute l'Europe contre la France. Aux termes des traitĂ©s de 1814 et de 1815, elle dut renoncer Ă  toutes ses conquĂȘtes depuis 1792, et rentrer dans ses anciennes limites, encore Ă©brĂ©chĂ©es dans leurs points les plus vulnĂ©rables. Cet Ă©tat de choses a subsistĂ© jusqu'en 1861; Ă  cette Ă©poque, le traitĂ© de Turin cĂ©da la Savoie et l'arrondissement de Nice Ă  NapolĂ©on III en Ă©change de la Lombardie conquise sur les Autrichiens par nos armes, et la frontiĂšre naturelle de la France se trouve ainsi entiĂšrement rĂ©tablie du cĂŽtĂ© des Alpes. Population. — D'aprĂšs le recensement quinquennal de 1866, la population des 89 dĂ©partements de la France s'Ă©lĂšve Ă  38 067 094 habitants. Voici quel a Ă©tĂ© le chiffre de cette population depuis un siĂšcle dans les territoires qu'occupe la France actuelle, moins les dĂ©partements de la Savoie. Habitants. En 1700, d'aprĂšs les rapports des Intendants. 19 669 320 En 1772, d'aprĂšs Buffon. 22672000 En 1785, sous le ministĂšre Necker. 24 800000 En 1789, d'aprĂšs de Pomelles. 25065000 En 1790, d'aprĂšs le comitĂ© de l'AssemblĂ©e nationale, chargĂ©e de la rĂ©organisation territoriale. 26 363 000 En 1798, territoire de l'ancienne France avec l'annexion de Vaucluse 28810 694 En 1821. 30461875 En l841. 34 230 178 En 1851. 35783170 En 1861 y compris la Savoie. 37 382 225 En 1866 38 067 094 Vue gĂ©nĂ©rale de Marseille. La France actuelle contenant 543 051 kilomĂštres carrĂ©s et sa population s'Ă©levant en chiffres ronds Ă  38 millions d'habitants, on compte donc environ 69 habitants par kilomĂštre carrĂ©. Les dĂ©partements les plus peuplĂ©s sont la Seine, le RhĂŽne, le Nord, la Seine-InfĂ©rieure, le Bas-Rhin et le Haut-Rhin. Les moins peuplĂ©s sont les Basses-Alpes, les Hautes-Alpes, la LozĂšre, la Corse, les Landes et l'Indre. EnvisagĂ©eau point de vue des sexes, la France renferme Ă  peu prĂšs 19 millions d'individus du sexe masculin et 19 000 000 du sexe fĂ©minin. On compte environ 3 300 000 hommes de 21 Ă  35 ans et 300 000 de 20 Ă  21 ans, c'est-Ă - dire 3 600 000 hommes dans toute la force de l'Ăąge et susceptibles de porter les armes, sans recourir aux jeunes gens de moins de 20 ans ni aux hommes de plus de 35 ans. Pris en chiffre rond de 38 millions d'habitants la population de la France se subdivise ainsi Agriculteurs 20 500 000 Manufacturiers. 2 500 000 Artisans 9 000 000 Professions libĂ©rales, rentiers, fonctionnaires, etc 4000 000 Domestiques. 1000000 Divers 1 000 000 Total. 38000000 Vue gĂ©nĂ©rale de Lyon. Le nombre des propriĂ©taires inscrits sur les rĂŽles de l'impĂŽt dĂ©passe le chiffre de 6 millions. C'est dans les dĂ©partements de la Seine, SeineInfĂ©rieure, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, et gĂ©nĂ©ralement dans le Nord que se trouvent les plus grands propriĂ©taires. Races. — Langues. — Religions. — CaractĂšre. — RACES. — La nation française est formĂ©e principalement d'Ă©lĂ©ments celtiques ou gaulois auxquels ont Ă©tĂ© ajoutĂ©s d'abord des Ă©lĂ©ments romains, ensuite des Ă©lĂ©ments germaniques. On retrouve encore sur quelques points du territoire des dĂ©bris des Ă©lĂ©ments primitifs tels sont les Bas-Bretons d'origine celtique, les Basques d'origine ibĂ©rique, les Allemands de la Lorraine et de l'Alsace, et les Flamands de race germanique. Sur 38 millions d'habitants, on compte en France 1 million de Bretons, 150 000 Basques, 1 300 000 Allemands, 70 000 Juifs, 7000 BohĂ©miens de race hindoue, 200 000 Flamands et 250 000 Italiens de la Corse et de l'arrondissement de Nice. LANGUES. — La langue française est, comme la nation, nĂ©e des idiomes celtique, romain et germanique. PerfectionnĂ©e constamment depuis son origine, et principalement depuis le commencement du dix-septiĂšme siĂšcle, elle est devenue la premiĂšre des langues modernes, celle de la diplomatie et des classes Ă©levĂ©es chez tous les peuples; mais si elle est parlĂ©e partout, jusqu'en Orient, elle est loin d'ĂȘtre d'un usage gĂ©nĂ©ral dans toute la France Six millions de Français parlent environ 30 patois dĂ©rivĂ©s des deux anciennes langues du moyen Ăąge, la langue d'Oc etla langue d'Oil. Le gascon, le bĂ©arnais, le provençal, le languedocien, sont la langue usuelle du peuple au delĂ  de la Loire; le picard, le bourguignon, le champenois ont aussi leur patois particulier, et ce n'est rĂ©ellement que dans l'Ăźle de France, l'OrlĂ©anais, la Touraine et le Blaisois, c'est-Ă -dire l'ancien domaine des ducs de France, oĂč l'on parle le français pur. A ces divers patois, il faut ajouter les langues originales le celtique dans la Basse-Bretagne, l'ancien ibĂ©rique et l'espagnol dans les PyrĂ©nĂ©es, l'allemand dans l'Alsace et la Lorraine allemande, le flamand dans le Nord et l'italien en Corse et Ă  Nice. RELIGION.— Les cultes reconnus en France et salariĂ©s par l'État sont le catholicisme, la religion rĂ©formĂ©e calviniste, la religion de la confession d'Augsbourg luthĂ©rienne et la religion juive. La religion catholique forme la religion de la majoritĂ© des Français; l'exercice du culte est rĂ©glĂ© d'aprĂšs les bases du concordat de 1802, qui sauvegarde les libertĂ©s de l'Église gallicane. On estime Ă  1 million, dont 300000 luthĂ©riens, le nombre total des protestants de France ; les calvinistes habitent principalement les dĂ©partements de la vallĂ©e du RhĂŽne, et la rĂ©gion S. O. entre la Loire et les PyrĂ©nĂ©es; les luthĂ©riens sont gĂ©nĂ©ralement rĂ©pandus dans l'E. Haut et Bas-Rhin, Doubs, Haute-SaĂŽne, et dans le dĂ©partement de la Seine; quant aux israĂ©lites, on les rencontre Ă  peu prĂšs partout, mais principalement Ă  Paris, dans la Lorraine et dans l'Alsace. CARACTÈRE. — Le mĂ©lange des Ă©lĂ©ments romain et germanique avec le fond commun celtique, a produit dans la population de la France deux grandes divisions, celle du Nord, celle du Midi, empreintes des caractĂšres particuliers de chacune des races dont elle dĂ©rive. Ainsi les hommes du Midi, issus du mĂ©lange romain, sont petits, bruns, intelligents, passionnĂ©s, tandis que ceux du Nord, oĂč domine l'Ă©lĂ©ment germanique, diffĂšrent par leur grande taille, la couleur blonde de leurs cheveux, leur teint blanc, une dĂ©marche plus lente et plus grave. On peut regarder les populations de la Normandie, de la Picardie, de la Champagne et de l'ancien comtĂ© de Paris comme les populations fondamentales de la France, celles qui ont constituĂ© le plus efficacement la nationalitĂ© française ; comme il est juste de reconnaĂźtre aussi que les populations plus fines, plus brillantes du Midi, ont donnĂ© Ă  notre pays la plupart de ses hommes d'État. Le Français est le peuple le plus sympa thique et le plus sociable de la terre d'une grande vivacitĂ© d'esprit, d'une imagination prompte, ardente et inventive, il est bon, loyal, honnĂȘte par nature et par instinct ; sa gĂ©nĂ©rositĂ© est toujours prĂȘte Ă  accueillir les infortunes, Ă  protĂ©ger les faibles et Ă  oublier les injures; cultivant les arts et les lettres, d'un courage bouillant qui le rend Ă©minĂ© ment propre Ă  l'attaque, il a conservĂ© ces qualitĂ©s antiques des Gaulois que CĂ©sar re prĂ©sente comme aimant Ă  combattre vaillam- ment et Ă  parler finement. Mais avec ces Ă©rni nentes qualitĂ©s qui font du Français le peuple le plus brillant des temps modernes, il est es sentiellement lĂ©ger, mobile, inconstant, avide de nouveautĂ©s et de plaisirs, crĂ©dule et vani teux. Sacrifiant tout Ă  l'esprit, il se console de tout avec un bon mot, se moque de tout, mĂȘme de lui; contempteur du passĂ©, in soucieux de l'avenir, tour Ă  tour s'indi gnant de la moindre injure et subissant les jougs les plus Ă©tranges, il est enfin, sui vant ses haines ou ses amours du moment, le peuple le plus difficile et le plus facile Ă  gouverner1. » Climat. — Par sa latitude et le peu d'Ă©lĂ©vation de son sol, la France appartient doublement Ă  la zone tempĂ©rĂ©e; cependant les variations de tempĂ©rature y sont encore assez considĂ©rables pour qu'on y distingue cinq rĂ©gions climatoriales bien tranchĂ©es. Le climat vosgien comprend toute la rĂ©gion limitĂ©e par le Rhin, la trouĂ©e de Belfort, la chaĂźne de partage jusqu'Ă  la CĂŽte-d'Or et une ligne tirĂ©e de Clamecy Ă  Givet. C'est un climat excessif, c'est-Ă -dire qu'Ă  latitude Ă©gale les hivers sont plus rudes et les Ă©tĂ©s plus chauds que dans les rĂ©gions occidentales. La tempĂ©rature moyenne est de neuf degrĂ©s six dixiĂšmes. Les Ă©tĂ©s y sont marquĂ©s par de grandes pluies et de frĂ©quents orages. Les vents rĂ©gnants sont ceux du S. O. et du N. 0. Le climat sĂ©quanien s'Ă©tend Ă  la partie N. 0. de la France limitĂ©e au S. par la Loire, le Cher, et une ligne tirĂ©e de Bourges Ă  Clamecy; 1. GĂ©ographie de Malte-Brun et Th. LavallĂ©e, t. I, p. 592 et suiv. ses caractĂšres sont moins prononcĂ©s Ă  cause de l'abaissement du sol et du voisinage de la mer. La tempĂ©rature y est plus uniforme, l'hiver moins froid que dans l'E., l'Ă©tĂ© moins chaud. La tempĂ©rature moyenne est de dix degrĂ©s neuf dixiĂšmes. Il y pleut moins que dans la rĂ©gion prĂ©cĂ©dente, exception faite de la Bretagne et du Cotentin. Le vent dominant est celui du S. O. Le climat girondin ou du S. O., est celui des pays situĂ©s au S. du Cher et de la Loire jusqu'aux PyrĂ©nĂ©es Il est plus excessif que celui du N. O.; sa tempĂ©rature moyenne est de douze degrĂ©s sept dixiĂšmes. Les pluies d'automne et d'hiver y prĂ©dominent, et chaque annĂ©e y voit Ă©clater de frĂ©quents orages. Le climat rhodanien ou du S. E. rĂšgne dans toute la vallĂ©e de la SaĂŽne et du RhĂŽne, jusque vers le confluent de l'ArdĂšche. La tempĂ©rature moyenne y est de onze degrĂ©s; il y pleut moins souvent que dans les autres rĂ©gions, mais la quantitĂ© annuelle des eaux pluviales y est plus grande. Les orages et les tremblements de terre y sont aussi plus vents dominants viennent du S. et du N. Le climat mĂ©diterranĂ©en ou du S. comprend toute la France mĂ©ridionale le long des cĂŽtes de la MĂ©diterranĂ©e; mais ses caractĂšres ne sont bien tranchĂ©s qu'entre Pont-Saint-Esprit, Toulon et Montpellier. Le climat provençal est le plus chaud de la France, et sa tempĂ©rature moyenne est de quatorze degrĂ©s huit dixiĂšmes. Il y pleut rarement en Ă©tĂ©. Le vent dominant est le mistral qui vient du N. O. En rĂ©sumĂ© le climat de la France est tempĂ©rĂ© et agrĂ©able, surtout vers le centre. Au S. E., il participe du climat de l'Italie ; mais il est rigoureux dans les rĂ©gions montagneuses, telles que les Vosges et le Jura et surtout dans les Alpes et les L'air y est sain presque partout, mĂȘme sur le littoral mĂ©diterranĂ©en qui est le plus chaud ; les cĂŽtes sabloneuses des Landes forment la partie la moins salubre du territoire. RĂ©gions agricoles. — Nature des terrains. — Produits. — Animaux. — La France, grĂące Ă  la richesse de son sol et Ă  sa situation gĂ©ographique, qui lui permet d'Ă©couler facilement ses productions, est un pays essentiellement agricole, se prĂȘtant Ă  presque toutes les cultures. Sous ce rapport, on peut la diviser en plusieurs zones suivant les vĂ©gĂ©taux qu'elle produit plus spĂ©cialement, sans que cette division soit cependant d'une exactitude rigoureuse. RÉGIONS AGRICOLES. — La premiĂšre zone, ou zone des oliviers, est limitĂ©e au N. par une ligne qui, partant des sources de la Garonne, passerait par Die et Embrun; elle occupe donc tout le pays compris entre la MĂ©diterranĂ©e, le revers oriental des PyrĂ©nĂ©es, le revers mĂ©ridional des CĂ©vennes infĂ©rieures et des Alpes du DauphinĂ©. La deuxiĂšme zone, ou zone dumaĂŻs, s'Ă©tend au N. de la prĂ©cĂ©dente jusqu'Ă  une ligne partant de l'embouchure de la Gironde, passant au N. de Nevers et se prolongeant jusqu'au confluent de la Lauter avec le Rhin. La troisiĂšme zone au delĂ  de laquelle la vigne cesse d'ĂȘtre cultivĂ©e, est circonscrite au N. par une ligne qui partant de l'embouchure de la Loire passerait au S. des sources de l'Eure, longerait l'Oise, et irait atteindre Je Rhin au N. O., en laissant au S. l'Aisne, Verdun et la Meuse. Au delĂ  de cette ligne rĂšgne une rĂ©gion plus froide que la prĂ©cĂ©dente et que caractĂ©rise la culture du pommier. NATURE DES TERRAINS. — Les 53 millions d'hectares environ qui forment l'Ă©tendue du territoire de la France, comprennent 25 millions d'hectares de terre labourable; 2 135 000 hectares de vignes; 644 000 hectares de vergers et potagers; 5 500 000 hectares de prairies; 465 000 hectares de chĂątaigneraies et oseraies; 8 millions d'hectares de forĂȘts et de bois dont les 5/8 appartiennent aux particuliers ; 8 600 000 hectares de landes, bruyĂšres et rochers; 510000 hectares d'Ă©tangs, marais et canaux d'irrigation ; 206 000 hectares de riviĂšres, lacs et canaux de navigation; 552 000 hectares de cultures diverses; la diffĂ©rence est occupĂ©e par les routes, les rues, les Ă©difices publics et particuliers, et s'Ă©lĂšve Ă  1459 000 hectares. Les quatre cinquiĂšmes du sol sont productifs. Sur ce chiffre , 5 millions d'hectares appartiennent Ă  l'Etat ou aux communes, et 47 millions aux particuliers; ce qui, sur le taux d'une population de 38 millions d'habitants, donne environ par individu 1 hectare 24 centiares. L'ensemble des propriĂ©tĂ©s agricoles reprĂ©sente une valeur d'environ 45 milliards, rĂ©- partie entre 3 millions de propriĂ©taires. Ce. morcellement de la propriĂ©tĂ© dĂ» Ă  la rĂ©volution de 1789 constitue la France en un pays de moyenne et de petite culture. La part de la grande propriĂ©tĂ© est Ă©valuĂ©e Ă  environ 6 millions 1/2 d'hectares, celle de la moyenne Ă  25 millions 1/2, et Ă  10 miilions celle de la petite. Dans ces nombres ne sont pas comprises les forĂȘts. Les cinquante-sept centiĂšmes de la population sont adonnĂ©s Ă l'agriculture, et sur 10 000 agriculteurs, on compte environ 3500 propriĂ©taires. Les valeurs brutes créées par l'industrie produisent un total de 7 milliards 316 millions environ. Les cĂ©rĂ©ales seules produisent 2 milliards 160 millions, les pommes de terre 300 millions, le tabac 80 millions, les prairies 750 millions, les vignes 550 millions, la biĂšre et le cidre 140 millions; les animaux domestiques 2 milliards 280 millions, les forĂȘts 300 millions, etc. PRODUITS. — Les cĂ©rĂ©ales tiennent le premier rang dans les produits agricoles de la France, et cependant l'excĂ©dant des annĂ©es moyennes suffit a peine Ă  alimenter le pays pendant 33 jours. Le froment se rĂ©colte principalement dans le nord et au centre. AprĂšs les cĂ©rĂ©ales, la culture de la vigne est la plus importante; elle occupe le vingt-cinquiĂšme de la superficie du pays et se trouve rĂ©pandue dans 76 dĂ©partements, exceptĂ© dans la zone du Nord. La quantitĂ© de vins rĂ©coltĂ©e subit naturellement des variations, mais la production moyenne paraĂźt ĂȘtre de 50 Ă  55 millions d'hectolitres dont on n'exporte pas plus de 2 millions. Outre le vin, la vigne fournit encore des alcools et des eaux-de-vie; ces derniĂšres s'Ă©lĂšvent Ă  environ 1 300 000 hectolitres, d'une valeur de 75 millions. La culture de la pomme de terre est trĂšs-rĂ©pandue en France, notamment dans l'E. et dans le N. Le dĂ©partement du Bas-Rhin en fournit, Ă  lui seul, plus de 7 millions d'hectolitres. Le lin, le chanvre et les graines olĂ©agineuses sont plus spĂ©cialement cultivĂ©s dans les rĂ©gions du N.; les plantes tinctoriales ne se trouvent que dans les dĂ©partements du Midi; le tabac, dont la fabrication est un monopole rĂ©servĂ© au gouvernement, est cultivĂ© dans huit dĂ©partements. Les forĂȘts occupaient avant la RĂ©volution une surface d'environ 12 millions d'hectares ; un dĂ©frichement imprĂ©voyant en a rĂ©duit l'Ă©tendue Ă  9 millions d'hectares, dont 1 million appartient Ă  l'État, 2 millions aux communes et le reste aux particuliers. Le dĂ©partement le plus boisĂ© est celui de la NiĂšvre. Les prairies naturelles occupent une surface de plus de 4 millions d'hectares, les prairies artificielles couvrent 1 million 500 mille hectares. Quant aux terres vagues, landes, bruyĂšres non susceptibles de culture et qui servent de pĂątis aux troupeaux, elles n'occupent pas moins de 8 millions d'hectares, soit un sixiĂšme de la France, et ne se trouvent qu'au midi et dans les parties montagneuses. ANIMAUX. — Les animaux domestiques constituent encore une des grandes richesses du pays; on y compte prĂšs de 3 millions de chevaux, 413 000 Anes, 10 millions de bĂȘtes Ă  cornes, et 35 millions de bĂȘtes ovines. Les chevaux les plus estimĂ©s sont ceux de race normande pour le luxe; de race percheronne, bretonne et ardennaise pour le trait lĂ©ger; de race limousine, flamande et boulonnaise pour les charrois et l'agriculture; du Bigorre, de la Navarre et de la Lorraine pour la cavalerie lĂ©gĂšre. Le dĂ©partement qui produit le plus de chevaux est celui du FinistĂšre, et le dĂ©partement qui en possĂšde le moins est celui des Hautes-Alpes; la production du pays ne suffit pas Ă  sa consommation. Le gouvernement entretient deux haras au Pin , dans l'Orne, et Ă  Pompadour, dans la CorrĂšze. Parmi les animaux sauvages, on trouve l'ours dans les Alpes et dans les PyrĂ©nĂ©es, le lynx dans les Alpes, le loup, le sanglier et le renard dans les vieilles forĂȘts des montagnes, le putois, la belette, la fouine, le blaireau, le hĂ©risson, le mulot, le rat, le loir, etc.; les liĂšvres et les lapins pullulent partout; les chevreuils et les cerfs sont plus rares. La France possĂšde Ă  peu prĂšs toutes les espĂšces d'oiseaux qui sont en Europe. Mines. — CarriĂšres. — Eaux thermales. — MINES. — Le sol de la France, formĂ© de presque tous les terrains gĂ©ologiques, renferme dans son sein une grande variĂ©tĂ© de minĂ©raux. Le fer, qui tient le premier rang dans les exploitations, se trouve dans 72 dĂ©partements et plus particuliĂšrement dans les Ardennes, le Nivernais, le plateau de Langres, la CĂŽte-d'Or, la Haute-Marne, l'Aveyron, le Jura, la Moselle et les CĂ©vennes. Sa production totale est de 35 millions de quintaux mĂ©triques. Le plomb est extrait dans les dĂ©partements du FinistĂšre, de la LozĂšre, du Puy-de-DĂŽme et de l'IsĂšre ; il donne un produit brut de 160 000 quintaux mĂ©triques. Le cuivre n'est exploitĂ© que dans le dĂ©partement du RhĂŽne, et sa production ne dĂ©passe pas 100 000 kilogrammes. Le manganĂšse se rencontre principalement dans les dĂ©partements de la Loire et de SaĂŽneet-Loire. On trouve, dans les mines de plomb, des filons argentifĂšres, d'une valeur d'environ 500000 francs et des paillettes d'or pour une valeur de 100 000 francs dans les eaux de l'AriĂ©ge, du Gard, du RhĂŽne et du Rhin. La France produit du sel en grande abondance, et sous toutes les formes; il y a des mines de sel gemme dans 8 dĂ©partements de l'E., sur une Ă©tendue de 5 377 000 hectares, qui fournissent par an 280 000 quintaux mĂ©triques. Les marais salants en produisent aussi une quantitĂ© trĂšs-considĂ©rable avec plus d'Ă©conomie. La houille est extraite de 260 mines, dans 46 bassins et 33 dĂ©partements formant 3 groupes celui du N., dans le bassin de l'Escaut vers Anzin et Valenciennes;—celui du centre, entre la Loire et la SaĂŽne, et dans la vallĂ©e du Cher; — celui du Midi, entre la Loire et le RhĂŽne, dans les vallĂ©es de l'Aveyron et du Gard, avec les bassins de Saint-Étienne, Rives-deGier, Alais et la Grand'Combe. Il y a en France environ 600 mines de houille en exploitation, qui produisent 113 millions de quintaux mĂ©triques dont la valeur moyenne est de 1,15 le quintal, 245 mines de fer produisant 11 millions de quintaux, et 333 miniĂšres de diverses substances. L'extraction de ces richesses minĂ©rales emploie plus de 500 000 ouvriers. Le lignite vĂ©gĂ©tal fossile de formation moins ancienne que la houille, est exploitĂ© dans la NiĂšvre, la Haute-Savoie et le bassin du RhĂŽne infĂ©rieur. L'anthracite se rencontre dans le Nord, le Calvados, l'IsĂšre, la Sarthe et la Mayenne; la tourbe dans la Somme, l'Oise et la Loire-InfĂ©rieure. Parmi les substances minĂ©rales non mĂ©tal- liques sont le pĂ©trole dans l'HĂ©rault, le bitume et l'asphalte dans le Haut et le Bas-Rhin, l'Ain, les Landes et le Puy-de-DĂŽme; on les exploite dans 12 mines. CARRIÈRES. — Le granit se trouve dans les Vosges, la Bourgogne, l'Auvergne, la Bretagne et la Normandie; le porphyre abonde dans les Vosges et en Auvergne; les trachytes et les basaltes sont spĂ©ciaux Ă  l'Auvergne. Plus de 40 dĂ©partements fournissent des marbres dont les plus remarquables sont ceux du Languedoc, des PyrĂ©nĂ©es, du DauphinĂ©, de la Champagne et de la Corse. Les pierres calcaires Ă  bĂątir, les pierres meuliĂšres, les argiles, la marne calcaire, la craie et la pierre Ă  chaux sont principalement exploitĂ©es dans les bassins de la Seine, de l'Oise et de la Marne; les pierres lithographiques, dans l'Ain et l'Indre. EAUX THERMALES. — Le nombre des sources minĂ©rales est d'environ 800, dont 150 ont des Ă©tablissements hospitaliers. Les eaux de BagnĂšres de Bigorre, de Bourbonne, de Colombes, de Luxeuil, de Bourbon-Lancy, de ChaudesAigues, etc., sont thermales et salines; celles du Mont-Dore, de Vichy, de Bourbon-l'Archambault, sont gazeuses et acidulĂ©es; celles de BagnĂšres de Luchon, de BarĂ©ges, de Cauterets, de Saint-Sauveur, d'Eaux-Bonnes, d'Aixles-Bains, etc., sont sulfureuses et thermales. Industrie. — Tant que l'industrie nationale se borna Ă  fournir la population française, elle fut considĂ©rĂ©e comme un apanage royal et on pouvait la dĂ©daigner. Mais, lorsqu'en 1792, la France fut menacĂ©e par les armĂ©es de l'Europe, l'industrie, qui venait d'ĂȘtre dĂ©clarĂ©e libre, se montra soudain digne de sa nouvelle destinĂ©e. Elle improvisa dans ses ateliers, Ă©levĂ©s partout comme par enchantement, des moyens de rĂ©sistance qui surpassĂšrent, par la rapiditĂ© de leur exĂ©cution et par leurs quantitĂ©s innombrables, tout ce qu'avaient pu faire jusqu'alors, dans leurs plus grands efforts, les nations les plus Ă©nergiques. La production du fer et sa fabrication en armes de toute espĂšce furent dĂ©cuplĂ©es; les cloches devinrent des canons, le salpĂȘtre sortit de tous les murs, le papier fut changĂ© en or, la tĂ©lĂ©graphie fit franchir l'espace Ă  la pensĂ©e, les aĂ©rostats servirent de machines de guerre, l'artillerie put courir au grand galop sur l'ennemi. Un million de volontaires et le double de gardes nationaux furent habillĂ©s, armĂ©s, Ă©quipĂ©s de la tĂȘte aux pieds, par des manufactures qui n'avaient pas trois mois d'existence 1. » L'industrie Ă©mancipĂ©e venait de conquĂ©rir sa place; elle l'a conservĂ©e, peut-ĂȘtre mĂȘme agrandie dans l'opinion publique aux dĂ©pens de l'agriculture; mais le temps permet de prĂ©voir le moment oĂč l'on donnera Ă  chacun la part qui lui appartient. Quoi qu'il en soit, l'industrie française suit aujourd'hui une marche ascendante; elle occupe sans contredit, en Europe, le premier rang pour tous les produits qui exigent de la grĂące et de l'Ă©lĂ©gance, pour tout ce qui est affaire d'art plutĂŽt que de mĂ©tier. Les articles de Paris, les bronzes, les plaquĂ©s, la bijouterie, l'Ă©bĂ©nisterie, la quincaillerie, les modes, les fleurs artificielles, etc., sont recherchĂ©s du monde entier. La valeur de l'exportation est de prĂšs de 5 millions de francs. La France est sans rivale pour l'industrie de la soie qui remonte au milieu du quinziĂšme siĂšcle, et qu'elle a constamment perfectionnĂ©e ; sa consommation est de 5 Ă  6 millions de soie grĂ©ge, dont prĂšs de 3 millions produits dans le pays; la valeur des tissus s'Ă©lĂšve Ă  1 milliard et demi. L'industrie cotonniĂšre est de crĂ©ation toute moderne. Le coton est la seule matiĂšre premiĂšre que la France doive tirer de l'Ă©tranger, et son importation, qui dĂ©jĂ  en 1688 s'Ă©levait Ă  prĂšs de 220 000 kilogrammes introduits par Marseille, a plus que dĂ©cuplĂ© depuis moins d'un siĂšcle. Telle est actuellement la vitalitĂ© de cette industrie, qu'elle a pu rĂ©sister sans trop de souffrances Ă  la terrible crise de l'AmĂ©rique. La Normandie, la Flandre et l'Alsace en sont les principaux centres ; elle occupe plus d'un million d'ouvriers et donne annuel- 1. Moreau de JonnĂšs, Statistique de l'industrie. lement 650 millions de produits, dont 150 millions exportĂ©s Ă  l'Ă©tranger. La fabrication des toiles, considĂ©rablement accrue depuis l'invention des machines Ă  filer, a pour centres principaux la Flandre, la Normandie et la Bretagne. Les manufactures de laines, draps, chĂąles, tapis, Ă©toffes diverses, etc., consomment plus de 50 millions de produits bruts d'origine française ou algĂ©rienne, et donnent une valeur de 500 millions. Citons encore les cuirs et les peaux, d'un produit de 40 millions; l'industrie du fer dont nous avons parlĂ© Ă  l'article des mines ; la coutellerie, qui se fabrique Ă  Langres, ChĂątellerault et Moulins; la construction des machines, au Creuzot, Ă  Mulhouse, Ă  Lille; la fabrication des armes, Ă  Tulle et Saint-Étienne; la porcelaine Ă  SĂšvres, Chantilly et Limoges; la faĂŻence Ă  Montereau et Ă  Creil; la verrerie Ă  Alais et Folembray; les cristaux Ă  Baccarat et Saint-Louis; les glaces Ă  Saint-Gobain; les produits chimiques; enfin ces papiers qui par l'imprimerie seulement, atteignent une valeur de plus de 30 millions, etc. En rĂ©sumĂ©, l'ensemble de valeurs créées par l'industrie française s'Ă©lĂšve Ă  plus de 5 milliards; le nombre des individus occupĂ©s aux travaux industriels atteint le chiffre de plus de 6 millions ; le nombre des industriels patentĂ©s a doublĂ© depuis l'annĂ©e 1830; l'importation des matiĂšres premiĂšres a triplĂ© , en mĂȘme temps que le nombre des machines mues par la vapeur s'est Ă©levĂ© de 500 Ă  10000. Commerce intĂ©rieur et extĂ©rieur. — PlacĂ©e presque au centre de l'Europe mĂ©ridionale, entre deux mers, sillonnĂ©e de riviĂšres et de canaux, de routes et de chemins de fer, la France possĂšde aujourd'hui les plus grandes facilitĂ©s, soit Ă  la circulation de ses produits dans l'intĂ©rieur, soit Ă  leur Ă©coulement Ă  l'extĂ©rieur. Son commerce intĂ©rieur dĂ©passe de beaucoup l'importance du commerce extĂ©rieur, et l'on peut dire sans exagĂ©ration qu'il atteint une valeur presque dĂ©cuple. Que l'on songe Ă  l'Ă©norme mouvement d'affaires qui a lieu, en effet, chaque annĂ©e, entre les 38 millions d'habitants de la France; que l'on considĂšre qu'il n'est pas pour ainsi dire d'objet qui, avant d'arriver Ă  la consommation, ne passe par trois ou quatre intermĂ©diaires, et ne donne ainsi lieu Ă  plusieurs opĂ©rations commerciales; que l'on ajoute Ă  ces achats, et Ă  ces ventes effectives, les opĂ©rations de banque et les institutions de crĂ©dit, qui sont les auxiliaires du commerce, et l'on reconnaĂźtra qu'il n'y a rien d'excessif Ă  attribuer une valeur approximative de 30 Ă  40 milliards au mouvement du commerce intĂ©rieur 1. » Les Ă©lĂ©ments constitutifs de ce commerce sont trĂšs-difficiles Ă  constater et Ă  rassembler ce sont d'abord les grains, les viandes, les vins et eaux-de-vie, les produits des mines, les produits des fabriques, les denrĂ©es coloniales, etc., dont le transport s'effectue par le roulage sur les routes ordinaires; par les canaux et riviĂšres qui transportent gĂ©nĂ©ralement les matiĂšres encombrantes ; par les chemins de fer; enfin par le cabotage. Le commerce extĂ©rieur comprend tous les mouvements des marchandises Ă©changĂ©es entre la France et les pays Ă©trangers ou les colonies. Sa prospĂ©ritĂ© date de Colbert, en 1664; elle continua Ă  s'accroĂźtre dans le dix-huitiĂšme siĂšcle, comme le prouvent les chiffres suivants 1716. 277511000 livres. 1765. 7836&000 — 1789. 1017564000 — Ce commerce fut ruinĂ© par la RĂ©volution, la guerre, et le dĂ©cret du 1er mars 1793 qui prohiba la plupart des marchandises Ă©trangĂšres; il se releva en 1815, mais il ne put retrouver les marchĂ©s qu'il avait perdus, les Indes orientales, les Échelles du Levant, Saint-Domingue surtout; il dut en chercher de nouveaux, et dix ans aprĂšs, il avait dĂ©jĂ  atteint une importance de 1200 millions. En 1836 il s'Ă©levait Ă  1866 millions. En 1847 — 2614 — En 1853 — 3493 — dont 1632 millions Ă  l'importation et 1661 pour l'exportation. Jusqu'en 1860, les prohibitions Ă  l'importation, quoique vivement attaquĂ©es et combattues depuis leur origine, avaient subsistĂ© avec de lĂ©gĂšres modifications ; le traitĂ© conclu avec l'Angleterre leur a portĂ© le premier coup; toutes les prohibitions existantes ont Ă©tĂ© remplacĂ©es par des droits ad valorem, primitivement de 30 0/0., et aujourd'hui rĂ©duits Ă  25 0/0. Les traitĂ©s conclus avec l'Angleterre et les autres États de l'Europe voisins de la France n'ont fait qu'ajouter au dĂ©veloppement naturel de son commerce, extĂ©rieur ; on estime sa valeur actuelle Ă  environ 4 milliards. L'Angleterre est l'État avec lequel la France entretient les plus importantes relations commerciales ; aprĂšs elle viennent les États Unis, la Belgique, l'Italie, l'Espagne, etc. Le commerce maritime ne date rĂ©ellement 1. Statistique de la France, par Maurice Bluck. que de l'ordonnance de 1681 qui a servi de modĂšle Ă  toutes les nations commerçantes ; avant cette Ă©poque la marine marchande de France ne comprenait que 500 Ă  600 bĂątiments. Ce commerce fut ruinĂ© par les guerres de la RĂ©volution, mais dĂšs 1824, le mouvement de notre navigation occupait dĂ©jĂ  entrĂ©es et sorties 7342 navires français jaugeant 640000 tonnes, et 10 521 navires Ă©trangers jaugeant 853 246 tonneaux, soit 18863 navires et 1 493 000 tonneaux. MalgrĂ© des progrĂšs trĂšs-lents, ce commerce s'est constamment accru, et dans ces derniĂšres annĂ©es, le mouvement de la navigation en France s'est Ă©levĂ© Ă  45 000 navires jaugeant ensemble 7 millions de tonneaux; ce nombre se dĂ©compose ainsi 20 000 navires français jaugeant prĂšs de 3 millions de tonneaux, et 25 000 navires Ă©trangers jaugeant 3 700 000 tonneaux. Sur le chiffre de notre commerce intĂ©rieur, 4 milliards, le commerce par mer absorbe prĂšs de 3 milliards, et la part du pavillon national a Ă©tĂ© de 1300 millions, soit environ 0,30. Routes. — Les voies de terre en France se divisent en routes impĂ©riales, créées et entretenues par l'État ; routes dĂ©partementales, Ă  la charge des dĂ©partements; chemins vicinaux de grande et de petite communication, qui sont au compte des communes. La largeur des routes impĂ©riales est de 12 Ă  13 mĂštres, celle des routes dĂ©partementales de 10 Ă  12 mĂštres, et celle des chemins d'une moyenne de 5 mĂštres. La France possĂšde environ 38 000 kilomĂštres de routes impĂ©riales, 48 000 kilomĂštres de routes dĂ©partementales, 76 000 kilomĂštres de chemins de grande communication, et 500 000 kilomĂštres de chemins de petite vicinalitĂ©. Toutes les routes impĂ©riales partent de Paris, d'un point unique marquĂ© au pilier de la porte principale de l'Ă©glise mĂ©tropolitaine de Notre Dame, et aboutissent Ă  un point de l'extrĂȘme frontiĂšre. Sept rayonnent entre Dunkerque et Metz, sur la frontiĂšre du N. E.; six entre Strasbourg et Lyon., sur la frontiĂšre de l'E. ; trois entre ChambĂ©ry et Antibes, sur la frontiĂšre du S. E.; trois entre Toulon et Montpellier, sur la frontiĂšre de la MĂ©diterranĂ©e; trois entre Perpignan et Bayonne, sur la frontiĂšre des PyrĂ©nĂ©es; quatre entre Bordeaux et Brest, sur la frontiĂšre du golfe de Gascogne; enfin trois entre Cherbourg et Boulogne, sur la frontiĂšre de la Manche et de la mer du Nord. Total 29 routes impĂ©riales. Chemins de fer. — Le premier chemin de fer construit en France est celui de Saint-Étienne Ă  Lyon, créé par l'industrie privĂ©e dĂšs 1823 ; mais ce n'est que depuis la loi du 11 juin 1842 que ces nouvelles communications ont commencĂ© Ă  prendre un sĂ©rieux dĂ©veloppement. D'aprĂšs le dernier exposĂ© de la situation de l'Empire, le rĂ©seau des chemins de fer français comprenait un dĂ©veloppement de 19988 kilomĂštres. Au 31 dĂ©cembre, 13570 kilomĂštres Ă©taient exploitĂ©s et avaient coĂ»tĂ© 5850millions aux compagnies et 984 millions Ă  l'État. Les chemins de fer de la France sont formĂ©s par cinq rĂ©seaux principaux qui rayonnent de Paris Ă  la frontiĂšre, et d'un rĂ©seau mĂ©ridional qui met en communication l'OcĂ©an et la MĂ©diterranĂ©e. Ces rĂ©seaux se composent de lignes principales reliĂ©es entre elles par des embran- chements et des sous-embranchements qui se- ront rigoureusement indiquĂ©s dans la description des dĂ©partements et dont le nombre dĂ©passe 120. Voici la nomenclature des six grands rĂ©seaux avec leurs lignes principales, les chefs-lieux de dĂ©partement qu'ils desservent et toutes les stations d'oĂč part un embranchement 1° CHEMIN, DE FER DU NORD. — Deux lignes principales 1° de Paris Ă  Mouscron frontiĂšre belge, par Saint-Denis, Creil, Longueau, Arras, Douai et Lille ; — 2° de Paris Ă  Erquelines sur Cologne, par Creil, Chauny, Tergnier, Busigny et Maubeuge; 2° CHEMIN DE FER DE L'EST. — Deux lignes principales 1° de Paris Ă  Strasbourg, par Épernay, ChĂąlons-sur-Marne, Blesmes, Bar-le-Duc, Frouard, Nancy, Blainville, LunĂ©ville, Avricourt et Vendenheim ; — 2° de Paris Ă  Mulhouse, par Gretz, Longueville, Flamboin, Troyes, Chaumont, Chalindrey, Port-d'Atelier, Vesoul et Belfort; 3° CHEMIN DE FER DE L'OUEST. — Trois lignes principales et cinq lignes de banlieue 1° de Paris au Havre, par Mantes, Rouen, Malaunay et Beuzeville ; — 2° de Paris Ă  Cherbourg, par Mantes, Evreux, Serquigny, Lisieux, Mezidon, Caen et Lizon ; — 3° de Paris Ă  Brest, par Versailles, Chartres, Le Mans, Laval, Rennes et Saint-Brieuc ; —4° lignes de banlieue de Paris Ă  Saint-Germain, de Paris Ă  Versailles rive droite et rive gauche, de Paris Ă  Auteuil, de Paris Ă  Argenteuil et Ermont sur la ligne du Nord ; 4° CHEMIN DE FER D'ORLÉANS. — Trois lignes principales et une ligne de banlieue 1° de Paris Ă  Bordeaux, par Bretigny, OrlĂ©ans, Blois, Tours, Poitiers, AngoulĂȘme et Coutras ; — 2° de Paris Ă  Saint-Nazaire, par Tours, Angers, Nantes et Savenay; —3° de Paris Ă  Agen, par OrlĂ©ans, Vierzon, ChĂąteauroux, LauriĂšre, Limoges, PĂ©rigueux et Niversac ; — 4° lignes de banlieue de Paris Ă  Sceaux et Ă  Limours. 4 5° CHEMIN DE FER DE LYON. — Deux lignes principales 1° de Paris Ă  Lyon et Marseille, par Melun, Moret, Montereau, La Roche, Nuits, Dijon, Chagny, Maçon, Lyon, La Chasse, Saint-Rambert, Valence, Livron, Avignon, Tarascon et Rognac ; — 2° de Paris Ă  Lyon par le Bourbonnais, par Melun, Moret, Montargis, Nevers, Saincaize, Moulins, SaintGermain-des-FossĂ©s, Roanne, Andrezieux, Saint-Etienne et Givors; 6° CHEMIN DE FER DU MIDI. — Deux lignes principales 1° de Bordeaux Ă  Bayonne, par Lamothe, Morcenx, Dax, Biarritz, Handaye frontiĂšre espagnole; — 2° de Bordeaux Ă  Cette, par Langon, Agen, Sauveterre, Montauban, Toulouse, Castelnaudary, Carcassonne, Narbonne, BĂ©ziers et Agde. Toutes les parties du territoire français se trouvent ainsi rattachĂ©es Par le chemin de fer du Nord, aux chemins de fer de l'Angleterre, de la Belgique, de la Hol- lande et de la Prusse; Par le chemin de fer de l'Est, aux chemins de fer de l'Allemagne et Ă  ceux de la Suisse; Par le chemin de fer de Lyon et de la MĂ©diter- ranĂ©e, aux chemins de fer de la Suisse et de l'Italie , Ă  l'AlgĂ©rie et Ă  tout le Levant par les paquebots de la MĂ©diterranĂ©e; Par le chemin de fer cl'OrlĂ©ans et ses diffĂ©rentes branches, au bassin de la MĂ©diterranĂ©e, aux chemins de fer espagnols, et Ă  l'AmĂ©rique du Sud et aux Antilles par les paquebots transatlantiques de Bordeaux et de Saint-Nazaire; Par la double ligne de l'Ouest, Ă  l'AmĂ©rique du Nord et Ă  l'Angleterre par les paquebots de la Manche. Une loi du 12 juillet 1865 a dĂ©terminĂ© les conditions d'Ă©tablissement et d'exploitation des chemins de fer d'intĂ©rĂȘt local qui viendront se rattacher aux grandes lignes et activer la circulation dans les dĂ©partements de la France. Canaux. — Il existe en France trois systĂšmes de canaux de navigation 1° Ceux qui joignent les deux grands versants de la France ou le bassin du RhĂŽne avec les bassins de laGaronne, de la Loire, de la Seine et du Rhin, et qui traversent par consĂ©quent la grande ligne de partage des eaux. Ce sont le canal du Midi, de Toulouse Ă  Cette, ayant pour complĂ©ments le canal des Étangs et celui de Beaucaire qui le prolonge jusqu'au RhĂŽne ; — le canal du Centre qui va de ChĂąlon sur la SaĂŽne Ă  Digoin sur la Loire ; — le canal de Bourgogne, de Saint-Jean-de-Losne sur la SaĂŽne Ă  la Roche sur l'Yonne ; — le canal du RhĂŽne au Rhin, de Saint-Symphorien sur la SaĂŽne Ă  Strasbourg sur l'Ill. 2° Les canaux qui joignent entre eux les bassins du versant de l'ocĂ©an Atlantique, qui sont le canal du Loing, de Saint-Mamert sur la Seine, Ă  Buges sur le Loing; lĂ  il se bifurque pour former les canaux de Briare et d'OrlĂ©ans, qui viennent aboutir Ă  la Loire; — le canal de Saint-Quentin, de Chauny sur l'Oise Ă  SaintQuentin sur la Somme; la premiĂšre partie se nomme le canal Crozat; — le canal de l'Oise Ă  la Sambre, de la FĂšre sur l'Oise Ă  Landrecies sur la Sambre; —le canal des Ardennes, de NeufchĂątel sur l'Aisne Ă  Dorchery sur la Meuse; — le canal de la Marne au Rhin, de Vitry sur la Marne Ă  Strasbourg, par les bassins de l'Ornain, du Sarron et de la Zorn. 3° Les canaux latĂ©raux aux fleuves qui sont le canal de la Garonne, de Toulouse Ă  Castets; — le canal de la Loire, de Roanne Ă  Briare; — le canal de la Somme, d'Abbeville Ă  SaintValery. Quant aux canaux d'un ordre infĂ©rieur, nous les retrouverons dans la description des dĂ©partements. Les canaux ou riviĂšres assimilĂ©es aux canaux offrent un dĂ©veloppement de 4800 kilomĂštres et reprĂ©sentent une dĂ©pense de 800 millions. Sur cette longueur 1030 kilomĂštres sont l'objet de concussions, en sorte que l'Ă©tendue des lignes administrĂ©es par l'État n'est que de 3770 kilomĂštres. Quelques nouveaux canaux d'une longueur totale de 160 kilomĂštres sont en outre en voie d'exĂ©cution. Ce sont ceux de Vitry Ă  SaintDizier, des houillĂšres de la Sarra, de Roubaix, de la Rochelle-Marans, et de la Haute-Seine, entre Troyes et Bar-sur-Seine. Divisions territoriales anciennes. — Avant la conquĂȘte romaine, la Gaule Ă©tait divisĂ©e en une multitude de petites circonscriptions ou confĂ©dĂ©rations indĂ©pendantes, pagi ou pays, ayant pour capitale des citĂ©s qui prirent sous la domination impĂ©riale le nom mĂȘme de leur territoire ou celui des peuplades qui l'habitaient. La premiĂšre division provinciale, faite par Jules CĂ©sar, fut plusieurs fois modifiĂ©e, notamment sous Auguste, Adrien, DioclĂ©tien, Valen- tinien et Gratien. Aux dĂ©bris de la vieille organisation indĂ©pendante et Ă  l'organisation provinciale romaine, succĂ©dĂšrent avec l'invasion les comtĂ©s francks qui devinrent eux-mĂȘmes, au dixiĂšme siĂšcle, les comtĂ©s fĂ©odaux, et au quatorziĂšme siĂšcle les bailliages royaux. La premiĂšre division politique qui ait Ă©tĂ© faite en dehors des divisions fĂ©odales, est celle de Louis XI qui partagea la France en quatre gouvernements militaires. François 1er porta ce nombre Ă  neuf qui Ă©taient la Picardie, la Normandie, l'Ile-de-France, la Champagne, la Bourgogne, la Guyenne, le Languedoc, le DauphinĂ©, la Provence. A la mort de Henri IV, on en comptait douze, dont trois nouveaux Bretagne, OrlĂ©ans, Lyonnais. A la mort de Louis XIV, il y en avait trente dont huit anciens Picardie, Normandie, Ile-de-France, Champagne et Brie, Bourgogne, Bretagne, Provence, DauphinĂ© ; dix-huit nouveaux formĂ©s d'anciens Nivernais, Berry, Poitou, Aunis et la Rochelle, Anjou, Maine et Perche, Touraine, OrlĂ©anais, Marche, Auvergne, Bourbonnais, Lyonnais et Beaujolais, Navarre et BĂ©arn , Guyenne et Gascogne, Saintonge et Angoumois, Limousin, Foix, Languedoc; quatre nouveaux rĂ©cemment conquis Roussillon, Alsace, Flandre et Hainaut, Franche-ComtĂ©. Enfin en 1789, il y avait quarante gouvernements militaires dont deux nouveaux, ceux de Lorraine et d'Artois, sĂ©parĂ©s de celui de Picardie en 1765; huit gouvernements particuliers de ville Paris, Dunkerque, Boulogne, le Havre, Saumur, Toul, Metz et Verdun, Sedan. Outre ces quarante gouvernements, on comptait alors sept gouvernements gĂ©nĂ©raux de colonies Saint-Dominique, la Martinique, Sainte-Lucie, la Guadeloupe, Tabago, Cayenne et la Guyane Française, le SĂ©nĂ©gal avec GorĂ©e, et treize gouvernements de maisons royales. La marine comprenait six dĂ©partements ; c'Ă©taient sous Louis XIV Dunkerque, le Havre, Brest, Rochefort, Marseille et Toulon. En 1789 Marseille avait Ă©tĂ© remplacĂ© par Bordeaux. Il y avait cinquante amirautĂ©s jugeant les affaires maritimes. Sous le rapport financier, la France Ă©tait divisĂ©e en trente-trois gĂ©nĂ©ralitĂ©s reprĂ©sentant assez exactement les provinces dont elles portaient le nom. Cette division remontait Ă  Charles VI, alors que la France Ă©tait partagĂ©e financiĂšrement entre quatre trĂ©soriers de finance de la langue d'oil, de la langue d'oc, de Normandie et de Champagne. François Ier fixa Ă  seize le nombre des gĂ©nĂ©ralitĂ©s et des trĂ©so- riers; ce nombre fut doublĂ© sous le ministĂšre de Richelieu, en 1635, Ă  l'Ă©poque de l'Ă©tablissement des intendants. Chaque gĂ©nĂ©ralitĂ© se subdivisait en territoires dĂ©signĂ©s sous le nom d'Ă©lections, parce qu'elles avaient chacune un tribunal dont les membres avaient Ă©tĂ© autrefois Ă©lus. La gĂ©nĂ©ralitĂ© Ă©tait administrĂ©e par un intendant qui avait, dans ses attributions outre les finances, la police, le commerce, les routes, les prisons, et gĂ©nĂ©ralement toute l'administration intĂ©rieure; cet intendant, qui jouissait d'une fort grande autoritĂ©, avait dans chaque Ă©lection un subdĂ©lĂ©guĂ©. Certaines gĂ©nĂ©ralitĂ©s dites pays d'Ă©lection Ă©taient rĂ©gies par les intendants, et lĂ , le roi levait directement l'impĂŽt et sans contrĂŽle. D'autres gĂ©nĂ©ralitĂ©s, appelĂ©es pays d'État, possĂ©daient des assemblĂ©es des trois ordres, ou Ă©tats provinciaux qui votaient eux-mĂȘmes les impĂŽts, en rĂ©glaient la perception , et avaient une part dans l'administration du pays. Les grands pays d'États Ă©taient le Languedoc, la Bretagne, la Bourgogne, la Provence, et l'Artois. Les petis pays d'États Ă©taient la Flandre Vallonne, le Cambresis, le comtĂ© de Foix, le BĂ©arn et la basse Navarre, le Nebouzan, les Quatre VallĂ©es, la Soule, le Labourd, et le Marsan. La juridiction financiĂšre s'exerçait par des chambres des comptes et des cours des aides, chacune souveraine dans son ressort, et ayant les mĂȘmes attributions que la Cour des comptes actuelle. En 1789, il y avait neuf chambres des comptes et neuf cours des aides. Sous le rapport judiciaire, la France se subdivisait en treize parlements et quatre conseils. Les parlements Ă©taient ceux de Paris, Toulouse, Grenoble, Bordeaux, Dijon, Rouen, Aix, Ren- nes, Pau, Metz, Douai, Besançon et Nancy. Les conseils Ă©taient ceux d'Artois, d'Alsace, de Roussillon et de Corse, pays nouvellement rĂ©unis et encore en tutelle. Les bailliages ou sĂ©nĂ©chaussĂ©es Ă©taient au nombre de 220 dont 70 portaient le titre de prĂ©sidiaux et formaient des tribunaux d'appel. Il y avait en outre des justices seigneuriales trĂšs-nombreuses, des justices ecclĂ©siastiques et des justices consulaires. Enfin la France Ă©tait partagĂ©e en pays coutumier et pays de droit Ă©crit, selon que ces pays Ă©taient rĂ©gis par des coutumes locales ou par les lois romaines. Sous le rapport religieux, la France Ă©tait partagĂ©e en 18 archevĂȘchĂ©s et 116 Ă©vĂȘchĂ©s, non compris la Corse qui en avait 5. Le revenu de ces 134 prĂ©lats s'Ă©levait Ă  la somme de 8 millions. Le siĂ©ge de Strasbourg donnait un bĂ©nĂ©fice de 500 000 livres. Tous ces diocĂšses renfermaient 35 156 paroisses, 715 abbayes, 713 prieurĂ©s des deux sexes, 511 chapitres et 800 hĂŽpitaux. Le clergĂ© comptait au moins 120 000 individus dont le revenu Ă©tait d'environ 120 millions. Telles Ă©taient les principales divisions de la France sous l'ancienne monarchie. La division mathĂ©matique du territoire opĂ©rĂ©e par l'AssemblĂ©e nationale, la substitution des noms physiques aux anciens noms de provinces, fut sans doute une nĂ©cessitĂ© politique, et l'acte constitutif de l'unitĂ© nationale poursuivie avec tant de persĂ©vĂ©rance depuis Hugues Capet. Mais aujourd'hui que la division dĂ©partementale a produit irrĂ©vocablement les effets qu'on en attendait, il est permis de remarquer avec quelle prĂ©cipitation, quelle ignorance de la constitution gĂ©ologique du pays, quel mĂ©pris des divisions naturelles du sol, des souvenirs historiques, des coutumes et des besoins de ses habitants, s'est opĂ©rĂ©e cette grande et rĂ©volutionnaire transformation. Aussi la vieille division gauloise, nĂ©e du sol et des races, la division par provinces, a-t-elle subsistĂ© Ă  travers le temps et les rĂ©formes; elle est restĂ©e populaire comme la seule vraie, la seule historique, la seule rationnelle. Divisions administratives actuelles. — La France est aujourd'hui divisĂ©e en 89 dĂ©partements y compris la Corse, sans compter l'AlgĂ©rie et les colonies qui ne sont pas complĂ©tement rĂ©gies par les lois de la mĂ©tropole. Les dĂ©partements sont subdivisĂ©s en ar- rondissements, en cantons et en communes; on compte, en 1866, 373 arrondissements, 2938 cantons et 37 510 communes. Le dĂ©partement est administrĂ© par un prĂ©fet nommĂ© par le gouvernement, chargĂ© de faire exĂ©cuter les lois et de la surveillance de toutes les parties de l'administration publique. Chaque arrondissement estadministrĂ© par un sous-prĂ©fet, qui jouit, sous les ordres du prĂ©fet, des mĂȘmes pouvoirs etdes mĂȘmes attributions. Le canton n'est qu'une division nominale au point de vue administratif, et n'a pas d'administration particuliĂšre. La commune est administrĂ©e par un maire assistĂ© d'adjoints. AuprĂšs du prĂ©fet fonctionne un conseil de prĂ©fecture, sorte de tribunal administratif qui juge les rĂ©clamations des citoyens contre l'administration; ses dĂ©cisions peuvent ĂȘtre portĂ©es devant le Conseil d'État. Les autres autoritĂ©s administratives sont 1° Le conseil gĂ©nĂ©ral du dĂ©partement, chargĂ© de larĂ©partition des impĂŽts divers entre les arrondissements, et du budget dĂ©partemental ; il peut Ă©mettre des vƓux sur les besoins locaux, etc 2° Le conseil d'arrondissement, qui a dans la circonscription les mĂȘmes attributions que les conseils gĂ©nĂ©raux; il rĂ©partit l'impĂŽt entre les communes; 3° Le conseil municipal, chargĂ© de discuter et de voter le budget des communes, et de toutes les questions d'intĂ©rĂȘt local ; il rĂ©partit l'impĂŽt entre les habitants. Les ressources affectĂ©es au service dĂ©partemental s'Ă©lĂšvent, pour 1866, Ă  137 830113 francs dont 39 millions sont spĂ©cialement affectĂ©s aux travaux des diverses grandes voies de communication. Les communes possĂšdent des ressources qui s'Ă©lĂšvent Ă  191 millions; elles affectent 32 millions au culte, 65 millions Ă  l'instruction primaire, 15 millions Ă  des Ă©tablissements de bienfaisance, et 77 millions Ă  leurs chemins vicinaux. L'administration gĂ©nĂ©rale du dĂ©partement est du ressort du ministre de l'intĂ©rieur, Justice. — L'organisation judiciaire comprend une cour de cassation pour toute la France et les colonies; 28 cours impĂ©riales ou d'appel; 1 cour d'assises par dĂ©partement; 1 tribunal civil par arrondissement; 1 justice de paix et 1 tribunal de simple police par canton; enfin des tribunaux de commerce et des conseils de prudhommes dans les principales villes commerçantes et industrielles. La Cour de cassation, instituĂ©e pour maintenir l'unitĂ© de jurisprudence dans toute la France, prononce souverainement sur les affaires qui lui sont dĂ©fĂ©rĂ©es, mais jamais au fond, et seulement pour dĂ©faut de forme; le jugement infirmĂ© est renvoyĂ© Ă  un autre tribunal. Elle se subdivise en chambres des requĂȘtes, de cassation civile, et de cassation criminelle. Les cours impĂ©riales reçoivent en appel les dĂ©cisions des tribunaux de commerce et des tribunaux civils; elles comprennent Ă©galement trois chambres 1° des mises en accusation; 2° chambre civile; 3° chambre correctionnelle. Les cours d'assises sont des tribunaux criminels composĂ©s de jurĂ©s tirĂ©s au sort parmi les citoyens; ces jurĂ©s constituent un jury chargĂ© de prononcer sur la culpabilitĂ© des accusĂ©s. Un conseiller de cour d'appel, prĂ©sident, et deux autres juges complĂštent le tri- bunal. Les tribunaux correctionnels ou de premiĂšre instance jugent les dĂ©lits ordinaires; les tribunaux civils, les causes civiles et les appels des juges de paix. Le juge de paix agit comme conciliateur et comme juge dans les diffĂ©rends entre les citoyens; il est aussi revĂȘtu d'attributions civiles. Ses jugements sont sans appel jusqu'Ă  100 fr. ; avec appel, jusqu'Ă  300. Les conseils de prudhommes connaissent de toutes les affaires entre patrons et ouvriers. Organisation ecclĂ©siastique. — Les cultes reconnus et salariĂ©s en France par l'État, sont le catholicisme, la religion rĂ©formĂ©e, la religion luthĂ©rienne et la religion judaĂŻque. La Grand'Place Ă  Lille. Le catholicisme est reconnu comme religion de la majoritĂ© des Français. La France est divisĂ©e en 86 diocĂšses, dirigĂ©s par 17 archevĂȘques et par 69 Ă©vĂȘques. Chaque diocĂšse se subdivise en paroisses que l'on distingue en cures ou succursales, Ă  la tĂȘte desquelles sont des curĂ©s ou des desservants. Un canton forme ordinairement le ressort d'une cure. Chaque diocĂšse renferme un grand et un petit sĂ©minaire. D'aprĂšs le concordat de 1802, le gouvernement nomme directement les archevĂȘques et les Ă©vĂȘques, et le pape leur donne l'investiture canonique ; ceux-ci, sauf approbation du gouvernement, choisissent les vicaires et les cu- rĂ©s de leurs diocĂšses. Le clergĂ© catholique se compose de 17 archevĂȘques, 69 Ă©vĂȘques, 175 vicaires gĂ©nĂ©raux, 600 chanoines, 3000 curĂ©s environ, 28 000 desservants et 6500 vicaires. Le clergĂ© calviniste se compose de pasteurs rĂ©unis en consistoires et en synodes. On compte 106 consistoires calvinistes, rĂ©partis dans 38 dĂ©partements ; ils sont formĂ©s chacun d'un ou plusieurs pasteurs et de notables ou anciens choisis parmi les laĂŻques ; ces consistoires veillent Ă  l'administration de leur Église et des aumĂŽnes, ainsi qu'au maintien de la discipline. Cinq Eglises consistoriales for- ment l'arrondissement d'un synode; les synodes sont composĂ©s d'un pasteur et d'un ancien de chaque consistoire. A la tĂȘte de toute l'administration du culte rĂ©formĂ© est placĂ© le conseil central qui rĂ©side Ă  Paris. On compte envi- ron 600 pasteurs rĂ©tribuĂ©s par l'État; le culte calviniste a une FacultĂ© de thĂ©ologie Ă  Mon- tauban. Les luthĂ©riens ont 44 Églises consistoriales composĂ©es comme celles des calvinistes et chargĂ©es des mĂȘmes fonctions. Ils sont rĂ©partis dans six inspections, dont quatre pour le Bas-Rhin, une pour le Haut-Rhin et une pour le Doubs; chaque inspection se compose d'un pasteur-inspecteur et de deux laĂŻques. Le culte compte environ 250 pasteurs salariĂ©s par l'État; il possĂšde une FacultĂ© de thĂ©ologie et un Gymnase Ă  Strasbourg. Le culte israĂ©lite est dirigĂ© par un consistoire central Ă  Paris, composĂ© d'un grand rabbin et de 7 membres laĂŻques; au-dessous de lui sont 8 synagogues consistoriales composĂ©es d'un grand rabbin et de 4 laĂŻques. Viennent ensuite les simples synagogues ayant chacune un rabbin ou un ministre officiant. Le personnel comprend environ 50 rabbins et 60 ministres; il y a une Ă©cole rabbinique Ă  Metz. Instruction publique. — L'instruction pu- blique est dirigĂ©e par un ministre, un conseil impĂ©rial et des inspecteurs gĂ©nĂ©raux. La France compte 17 acadĂ©mies universitaires gouvernĂ©es chacune par un recteur assistĂ© d'un conseil acadĂ©mique et de plusieurs inspecteurs. Il y a trois degrĂ©s dans l'instruction publique en France 1° l'enseignement supĂ©rieur, qui comprend les FacultĂ©s, l'École normale supĂ©rieure, les Écoles supĂ©rieures de mĂ©decine et de pharmacie, les Ecoles prĂ©paratoires des lettres et des sciences; 2° l'enseignement secondaire, qui comprend les lycĂ©es impĂ©riaux, les collĂ©ges communaux, les petits sĂ©minaires, les institutions et les pensions particuliĂšres ou libres; 3° l'enseignement primaire, qui comprend les Ă©coles normales primaires, et les Ă©coles primaires publiques ou libres de garçons ou de filles. Il y a 5 sortes de FacultĂ©s qui se subdivisent ainsi 11 de droit, 16 de lettres, 16 des sciences, 3 de mĂ©decine et 7 de thĂ©ologie. En dehors de l'UniversitĂ© se trouvent le CollĂ©ge de France, fondĂ© en 1530 par François Ier; le MusĂ©e d'histoire naturelle, oĂč l'on fait 15 cours publics, et qui possĂšde de riches collections; la BibliothĂšque impĂ©riale; l'École des chartes; l'Observatoire de Paris; l'École fran- çaise d'AthĂšnes, etc. L'Institut de France est divisĂ© en cinq Aca- dĂ©mies AcadĂ©mie française; AcadĂ©mie des in- scriptions et belles-lettres; AcadĂ©mie des sciences; AcadĂ©mie des beaux-arts; AcadĂ©mie des sciences morales et politiques. La derniĂšre statistique de l'instruction publique constate que 36 692 communes sont en possession de moyens d'enseignement primaire. Le nombre des Ă©coles publiques de garçons s'Ă©lĂšve Ă  38 386, recevant 2 399 292 Ă©lĂšves. On compte 14 059 Ă©coles publiques de filles, recevant 1 014537 Ă©lĂšves. Il faut ajouter Ă  ce chiffre 3108 Ă©coles libres de garçons et 13208 Ă©coles libres de filles, plus 3308 asiles recevant ensemble 1 915 622 enfants. ArmĂ©e de terre. — L'armĂ©e de terre se recrute, soit par engagement volontaire, soit par le tirage au sort, soit par rĂ©engagements d'anciens militaires, moyennant une prime d'environ 2000 fr., prĂ©levĂ©e sur les versements opĂ©rĂ©s par les jeunes gens exonĂ©rĂ©s du service. Cette partie de l'administration militaire forme ce qu'on appelle la dotation de l'armĂ©e. Le contingent des jeunes soldats appelĂ©s chaque annĂ©e s'Ă©lĂšve gĂ©nĂ©ralement, en temps de paix, Ă  100 000 hommes, dont une moitiĂ© fait un service actif, et l'autre moitiĂ© forme ce qu'on appelle la rĂ©serve. L'effectif de l'armĂ©e est actuellement de 400000 soldats; mais il varie suivant les circonstances politiques, et, en temps de guerre, il peut ĂȘtre portĂ© immĂ©diatement Ă  700000 combattants, Ă  l'aide des 300 000 hommes de la rĂ©serve, sans nĂ©cessiter aucun appel nouveau au pays. L'effectif de l'armĂ©e française, sur le pied de 400 000 hommes, se dĂ©compose de la maniĂšre suivante États-majors marĂ©chaux, officiers, gĂ©nĂ©raux, officiers d'Ă©tat-major, intendance ~0 Garde impĂ©riale 30 144 20337 Infanterie 223 779 53169 Artillerie » 34 818 Équipages militaires. 4722 "- G48 Services administratifs subsistances, habillement, campement, ele 9 137 Corps Ă©trangers. 11 538 Total. 400 000 Et 85 000 chevaux. La France, en y comprenant l'AlgĂ©rie, est partagĂ©e en 7 grands commandements placĂ©s sous les ordres des marĂ©chaux. Les comman- dements se subdivisent en 22 divisions territo- riales, commandĂ©es par des gĂ©nĂ©raux de divi- sion ; ceux-ci ont au-dessous d'eux un certain nombre de gĂ©nĂ©raux de brigade, commandant des subdivisions. Les frontiĂšres de la France sont dĂ©fendues par 140 places fortes divisĂ©es en deux classes, non d'aprĂšs leur importance, mais suivant les servitudes militaires qu'elles imposent aux immeubles qui les avoisinent. Pour l'entretien et la conservation des places, les zones du territoire des frontiĂšres sont partagĂ©es en 21 directions du gĂ©nie; et pour la conservation du matĂ©riel de l'artillerie, en 33 directions d'artillerie. Les Écoles qui doivent pourvoir aux diffĂ©rents services de l'armĂ©e, sont l'École d'ap- plication de l'artillerie et du gĂ©nie, Ă  Metz; l'E- cole d'application du corps d'Ă©tat-major, Ă  Paris; l'École polytechnique, Ă  Paris, d'oĂč sortent les officiers-Ă©lĂšves destinĂ©s Ă  l'artillerie et au gĂ©- nie; l'École spĂ©ciale militaire, Ă  Saint-Cyr, qui fournit des officiers Ă  l'infanterie, Ă  la cavalerie et Ă  l'Ă©tat-major; l'Ecole de cavalerie, Ă  Saumur; le PrytanĂ©e de la FlĂšche; l'École de tir, au camp de ChĂąlons; l'École vĂ©tĂ©rinaire, Ă  Alfort La justice militaire est rendue dans chaque division militaire, par deux conseils de guerre permanents, et pour toutes les divisions par 9 conseils de rĂ©vision. Les hĂŽpitaux militaires, y compris les Ă©tablissements hospitaliers thermaux, sont au nombre de 54; il existe, en outre, Ă  Paris, une École d'application de la mĂ©decine et de la pharmacie militaires, et Ă  Strasbourg, une École du service de santĂ© militaire. Enfin, il y a 17 dĂ©pĂŽts de remonte et 20 succursales. Marine. — Les cĂŽtes de la France sont divisĂ©es en 5 prĂ©fectures ou arrondissements maritimes, administrĂ©s par un officier gĂ©nĂ©ral de la marine, dit prĂ©fet maritime. Chacun de ces arrondissements se divise en sous-arrondissements, administrĂ©s par un officier supĂ©rieur de la marine ; les sous-arrondissements se divisent en quartiers et en syndicats pour l'inscription maritime. L'inscription maritime, organisĂ©e par Colbert, oblige tout homme, exerçant la profes- sion de marin sur les cĂŽtes ou dans l'intĂ©rieur des riviĂšres jusqu'Ă  la limite de la marĂ©e, Ă  rĂ©pondre Ă  l'appel de l'État pour le service de la marine de 18 Ă  50 ans. Le contrĂŽle de l'inscription donne actuellement 140 000 marins, dont 25000 servent sur la flotte en temps de paix, et 70 Ă  80 000 en temps de guerre. Cette institution a Ă©tĂ© complĂštement modifiĂ©e depuis 1863; par suite d'un dĂ©cret impĂ©- rial, les engagements sont dĂ©sormais ouverts pour la marine ; le temps de service Ă  bord a Ă©tĂ© rĂ©duit Ă  peu prĂšs aux limites de celui de l'armĂ©e de terre, et enfin, comme celle-ci, l'armĂ©e de mer a Ă©tĂ© admise au bĂ©nĂ©fice de l'exonĂ©ration. Le personnel de la marine se compose 1° De 2 amiraux, 12 vice-amiraux, 20 contreamiraux, 110 capitaines de vaisseau, 230 capitaines de frĂ©gate, 650 lieutenants de vaisseau, 600 enseignes et 700 aspirants de 1re classe; — 2° des inspecteurs de tous les services maritimes gĂ©nie, travaux, santĂ©, matĂ©riel, infanterie ; — 3° des officiers du gĂ©nie, ingĂ©nieurs et professeurs de la marine; — 4° du commissariat de la marine, des comptables du matĂ©riel et du personnel administratif des travaux des ports; — 5° du service de santĂ©, aumĂŽniers , infirmiers, etc.; — 6° de maĂźtres entretenus des directions des constructions navales, des mouvements des ports, des Ă©tablissements, des chefs de pilotage, etc. Viennent ensuite les Ă©quipages et les troupes les Ă©quipages de ligne, ou troupes de marine Ă  bord des bĂątiments, formant 5 divisions, comprenant 148 compagnies, et rĂ©parties dans les 5 arrondissements maritimes. Les troupes proprement dites se composent 1° de 4 rĂ©giments d'infanterie de marine employĂ©s dans les ports et dans les colonies;—2° d'un rĂ©giment d'artillerie de marine affectĂ© au service des arsenaux; — 3° de 5 compagnies de gendarmerie maritime. La marine possĂšde des arsenaux dans tous les chefs-lieux d'arrondissements et dans ceux des sous-arrondissements; des Ă©tablissements Ă  Indret, sur la Loire, pour la fabrication des machines Ă  vapeur; Ă  la Chaussade NiĂšvre, pour la fabrication des ancres et des chaĂźnes ; Ă  Ruelle, prĂšs d'AngoulĂȘme, et Ă  Saint-Gervain IsĂšre, pour la fabrication des bouches Ă  feu; Ă  Charleville, pour la fonderie des projectiles. L'École navale est Ă  Brest, celle du gĂ©nie Ă  Lorient, celle de pyrotechnie Ă  Toulon. Le matĂ©riel de la nouvelle flotte dĂ©jĂ  transformĂ©e , ou en voie de transformation, se compose en navires cuirassĂ©s, de 10 frĂ©gates, 1 corvette, 1 garde-cĂŽte Ă  Ă©peron; en navires non cuirassĂ©s, de 36 vaisseaux, 24 frĂ©gates, 11 corvettes, 46 avisos, sans compter les canonniĂšres et 39 bĂątiments Ă  divers degrĂ©s de construction. Il faut y ajouter le matĂ©riel de l'ancienne flotte qui comprend 300 bĂątiments de tous rangs. Finances. — La France est, de tous les grands États de l'Europe, celui qui a le bud- get le plus riche, et le plus rĂ©guliĂšrement administrĂ©. En 1789, le budget Ă©tait de 535 millions; en 1814, de 572 millions; en 1818, par suite des charges de l'occupation Ă©trangĂšre et de l'indemnitĂ© accordĂ©e aux Ă©migrĂ©s, il atteignit le chiffre de 1434 millions. Redescendu Ă  906 millions en 1820, il Ă©tait en 1830 de 1095 millions, et suivant dĂšs lors une pĂ©riode toujours ascendante, il Ă©tait en 1848 de 1770 millions. Celui de 1866 s'Ă©lĂšve Ă  2181 millions pour les recettes, et Ă  2179 millions pour les dĂ©penses, en y comprenant les comptes spĂ©ciaux et l'amortissement. En gĂ©nĂ©ral, les dĂ©penses dĂ©passent chaque annĂ©e les recettes; d'oĂč il rĂ©sulte qu'au bout d'un certain temps, l'État se trouve obligĂ© de contracter des emprunts auprĂšs des particuliers pour combler les dĂ©ficits. Lorsque ces emprunts ne sont que temporaires, ils forment ce qu'on appelle la dette flottante jusqu'Ă  leur liquidation dĂ©finitive; si l'emprunt a lieu sans condition de temps pour le remboursement, l'État en acquitte la rente annuelle, tout en se rĂ©servant la facultĂ© de se libĂ©rer quand il lui plaĂźt; ce second mode d'emprunt s'appelle la dette inscrite. L'origine de la dette inscrite date de l'apurement gĂ©nĂ©ral fait en 1793 de toutes les dettes antĂ©rieures et de leur rĂ©union en un seul titre sur le grand livre de la dette publique; la dette rĂ©sultant de cette liquidation, fut de 42 millions de rentes environ ; elle est aujourd'hui de 500 millions, reprĂ©sentant un capital de 10 milliards. Le ministre des finances est chargĂ© de l'administration gĂ©nĂ©rale des revenus publics, perçus par ses soins, de l'administration de la dette inscrite, et de celle des monnaies. Il y a, pour les revenus publics, un receveur gĂ©nĂ©ral des finances par dĂ©partement, qu'une mesure rĂ©cente supprime au fur et Ă  mesure des extinctions de titulaires; un receveur particulier par arrondissement, et un percepteur par canton. L'administration des revenus publics em- brasse les diffĂ©rentes branches de service sui- vantes 1° L'administration des contributions directes, chargĂ©e de l'assiette et du recouvrement de l'impĂŽt direct; 2° L'administration de l'enregistrement et des domaines, chargĂ©e de tous ce qui concerne les droits de timbre et d'enregistrement sur les actes publics ou sous seing privĂ©, les mutations de propriĂ©tĂ©, la conservation des hypothĂšques, l'administration des domaines de l'État, etc. ; 3° L'administration rĂ©unie des douanes, des contributions indirectes et des tabacs, chargĂ©e pour les douanes, de la perception des droits de douanes, de la taxe du sel, des droits de tonnage et autres de navigation; pour les contributions indirectes, de la perception des droits sur les boissons, denrĂ©es, poudres, tabacs, cartes Ă  jouer, etc. ; pour les tabacs, de la culture, de la fabrication et de la vente des tabacs; 4° L'administration des postes, chargĂ©e du transport des dĂ©pĂȘches, des voyageurs dans les malles-poste, ou paquebots-poste, et des envois d'argent; 5° L'administration des eaux et forĂȘts, chargĂ©e de tout ce qui concerne l'entretien, l'exploitation, la vente, etc., des forĂȘts de l'État; 6° L'administration des monnaies, chargĂ©e de la fabrication des monnaies, et de faire exĂ©cuter les lois monĂ©taires en France. Au-dessus de toute l'organisation financiĂšre se trouve la cour des comptes, chargĂ©e d'examiner et de vĂ©rifier les comptes de recettes et dĂ©penses de tous les comptables des deniers publics. Parmi les nombreux Ă©tablissements financiers de la France, nous citerons la banque de France fondĂ©e en 1800, qui a des succursales dans un grand nombre de villes. Elle Ă©met des billets payables Ă  vue et au porteur; les principales opĂ©rations consistent Ă  escompter les effets de commerce Ă  moins de trois mois d'Ă©chĂ©ance et revĂȘtus de trois signatures, et Ă  faire des avances sur les valeurs publiques ou sur des lingots. THÉOPHILE LAVALLÉE. ChĂąteau de Beauregard. — Salle des gardes du chĂąteau de la FlechĂšre. Tombeau dans l'Ă©glise de Brou. — ChĂąteau de la FlechĂšre. AIN. Situation. — Limites. — Aspect gĂ©nĂ©ral. — Le dĂ©partement de l'Ain est situĂ© sur la frontiĂšre orientale de la France et confine Ă  la ConfĂ©dĂ©ration helvĂ©tique. Il est limitĂ© au N., par les dĂ©partements du Jura et de SaĂŽne-et-Loire; Ă  l'O., par ceux de SaĂŽne-et-Loire et du RhĂŽne ; au S., par celui de l'IsĂšre; Ă  l'E., par celui de la Haute-Savoie et la Suisse. De ce dernier cĂŽtĂ©, le dĂ©partement dĂ©passe la limite naturelle de la France, et l'ar- rondissement de Gex se trouve entiĂšrement sur le versant oriental du Jura, de sorte que la limite entre le dĂ©partement et le canton de GenĂšve est une ligne de convention, d'abord parallĂšle au RhĂŽne et circulant de l'O. Ă  l'E. au pied du Jura, puis parallĂšle au lac de GenĂšve et grimpant du N. au S. jusqu'au sommet de cette chaĂźne vers le point oĂč passe la route de Gex Ă  SaintClaude. Le dĂ©partement de l'Ain est un des plus calmes, un des plus modestes, on pourrait dire un des plus obscurs de la France. Il ne se distingue ni par ses richesses, ni par son agriculture, ni par son industrie; il n'a pas de grandes villes et semble, comme ses riviĂšres, ses vallĂ©es, ses habitants, attirĂ© tout entier vers Lyon, la capitale du sud-est; il n'est remarquable que par sa position gĂ©ographique et ses beautĂ©s naturelles. EncadrĂ© entre la SaĂŽne, le RhĂŽne, le Jura, il touche Ă  la Suisse et Ă  la Savoie, dont sa population rappelle les mƓurs simples et agrestes, comme ses montagnes semblent les premiĂšres ondulations, les premiĂšres assises des Alpes. Ce dĂ©partement offre deux aspects et deux parties distinctes la partie orientale ou du Bugey et du pays de Gex, qui forme les arrondissements de Belley, Nantua et Gex, et la partie occidentale ou la Bresse et la Dombes, qui renferme les arrondissements de Bourg et de TrĂ©voux. La premiĂšre, comprise entre l'Ain et le Jura, est toute montagneuse; elle occupe les positions les plus Ă©levĂ©es et les plus Ă©paisses du Jura. Presque tout ce pays est composĂ© de montagnes aux sommets Ăąpres, chauves, infertiles, et de vallĂ©es profondes, rocheuses, parcourues par des torrents. On y trouve les paysages les plus agrestes, les eaux les plus fougueuses, les gorges les plus sauvages. Les vallĂ©es renferment d'excellents pĂąturages; les pentes des collines sont plantĂ©es de vignes; des forĂȘts occupent les flancs des montagnes ; mais la terre n'y suffit pas Ă  la nourriture des habitants. La partie presque plane, situĂ©e entre l'Ain et la SaĂŽne, est formĂ©e de bas plateaux, de landes marĂ©cageuses, de plaines qui, depuis les collines du Revermont, premiĂšres as- sises du Jura, jusqu'Ă  la SaĂŽne, vont continuellement en s'abaissant. Le sol est composĂ© d'une argile dense, froide, rebelle Ă  la culture, qui n'absorbe pas l'eau et semble mĂȘme la retenir Ă  la surface; aussi, dans l'hiver, la plupart des terres restent-elles inondĂ©es, et les villages sont-ils entiĂšrement enveloppĂ©s par les eaux; enfin il se forme de trĂšs-nombreux Ă©tangs qui occupent plus de 20 000 hectares et qu'on travaille aujourd'hui Ă  dessĂ©cher pour les rendre Ă  l'agriculture. Avec ses marĂ©cages, ses plaines immenses, son atmosphĂšre brumeuse et lourde, son sol alternativement inondĂ© ou crevassĂ© par le soleil, ses villages pauvres, ses fermes couvertes de chaume, ce pays Ă©tait autrefois une des parties les plus tristes de la France. Mais aujourd'hui, grĂące aux voies ferrĂ©es, de grands travaux ont Ă©tĂ© entrepris et l'ont en partie transformĂ©. Orographie. — Hydrographie. — Le territoire du dĂ©partement de l'Ain appartient Ă  la partie la plus mĂ©ridionale de la chaĂźne du Jura. Les chaĂźnes ou contre-forts qui s'en dĂ©tachent couvrent presque tout le pays, descendent vers l'ouest en Ă©tages, et tracent ainsi par leurs plissements les vallĂ©es de la Bienne, de la Seille,du Suran, du Furan, de l'Albarine, etc. Au delĂ  du Suran ou de Ceyseriat se dessine le plateau de la Bresse marĂ©cageuse, dont les petits coteaux portent vers la SaĂŽne les eaux de la Reyssouze, de la Veyle et de la Chalaronne. Les points culminants de ces contre-forts sont le CrĂȘt de la Neige 1724 mĂšt., le Reculet de Thoiry 1720 mĂšt., le Mont-Credo 1690 mĂšt., le Colombier de Geix 1689 mĂšt., le Chalet de Retord 1320 mĂšt., le CrĂȘt de Planadjat 1237 mĂšt.. Le dĂ©partement de l'Ain tout entier fait partie du bassin du RhĂŽne. Le RhĂŽne prend naissance en Suisse, entre en France au-dessus de Pougny, et sert d'abord de limite entre le dĂ©partement de l'Ain et celui de la Savoie pendant 60 kilomĂštres; il baigne ainsi sur la rive droite Fort-l'Écluse, Seyssel, Pierre-ChĂątel ; aprĂšs le confluent du Guicy, il sĂ©pare les dĂ©partements de l'Ain et de l'IsĂšre, sans arroser aucun lieu remarquable, et quitte le premier de ces dĂ©partements Ă  3 kilomĂštres en amont de Lyon. Dans la premiĂšre partie de son cours, c'est un torrent qui roule Ă  travers des rochers tellement rapprochĂ©s qu'il disparaissait autrefois pendant environ 60 mĂštres, entre le Mont-Credo et le Mont-Vouache, prĂšs de Bellegarde; on a fait sauter le barrage, mais le fleuve reste tortueux, rapide, tourmentĂ©, et n'est navigable qu'au-dessous de Seyssel. Le RhĂŽne reçoit dans le dĂ©partement de l'Ain, du nord-est au sud-ouest 1° la Valserine, qui prehd sa source sur la frontiĂšre de la Suisse, prĂšs de la vallĂ©e des Dappes, longe un instant le dĂ©partement du Jura, puis entre dans celui de l'Ain, oĂč elle arrose Lelex, Chezery et ChĂątillon de Michaille; elle reçoit alors la Semine, puis s'engouffre dans une profonde fissure, d'oĂč elle sort pour courir Ă  travers les gorges de Bellegarde profondes de 25 mĂštres, et se jette enfin dans le RhĂŽne aprĂšs un cours de 52 kilomĂštres; 2° le SĂ©ran, qui naĂźt dans les hauteurs du Valromey, parcourt une vallĂ©e Ă©troite et trĂšsprofonde, et, arrivĂ© prĂšs d'Yon, dans le canton de Champagne, il forme par une chute de plus de 50 mĂštres la belle cascade de Cerveyrieu; puis, aprĂšs avoir baignĂ© le pied du Grand-Co- lombey et sillonnĂ© la plaine tourbeuse de Lavours, il s'Ă©coule aussi dans le RhĂŽne aprĂšs un cours de 35 kilomĂštres; 3° le Furan, torrent du mĂȘme caractĂšre que le prĂ©cĂ©dent; 4° l'Ain, dont le cours supĂ©rieur appartient au dĂ©partement du Jura, et qui entre dans le dĂ©partement de l'Ain aprĂšs avoir reçu la Bienne; il passe Ă  Pontd'Ain, absorbe le Suran Ă  droite, l'Albarine Ă  gauche, et va se jeter dans le RhĂŽne, aprĂšs 170 kilomĂštres de cours dont la moitiĂ© est navigable pendant les grosses eaux; 5° la SaĂŽne, qui, depuis le confluent de la Seille jusqu'Ă  Neuville, sĂ©pare le dĂ©partement de l'Ain des dĂ©partements de SaĂŽne-et-Loire et du RhĂŽne ; elle a un cours d'une lenteur et d'une indolence extrĂȘmes ; ses bords sont peu Ă©levĂ©s et la navigation y est facile; elle reçoit la Reyssouze qui sort du Revermont, arrose Bourg et compte 55 kilomĂštres de cours, la Veyle qui sort d'un Ă©tang de la Dombes, prĂšs de ChĂątenay, reçoit de nombreux tributaires et se divise en deux bras dans la rĂ©gion basse qui borde la SaĂŽne, oĂč elle se jette en face de MĂącon, aprĂšs un cours de 75 kilomĂštres, la Chalaronne qui naĂźt aussi dans la Dombes et porte Ă  la SaĂŽne les eaux de plusieurs Ă©tangs de cette rĂ©gion marĂ©cageuse. Parmi les innombrables amas d'eau qui couvrent le dĂ©partement de l'Ain, il faut distinguer d'abord le lac de Nantua, situĂ© prĂšs de la ville de ce nom, Ă  425 mĂštres au-dessus du niveau de la mer, et qui occupe une superficie de 268 hectares; puis le lac de Silan, tributaire de la Valserine, qui a 180 hectares de superficie et se trouve dominĂ© de deux cĂŽtĂ©s par des masses rocheuses d'une grande Ă©lĂ©vation. Climat. — PlacĂ© dans la partie la plus Ă©levĂ©e du Jura et dans le voisinage des Alpes, le dĂ©partement de l'Ain a une tempĂ©rature assez rigoureuse et des pluies trĂšs-abondantes. Le climat y est gĂ©nĂ©ralement sain, mais la Dombes a Ă©tĂ©, pendant des siĂšcles, l'un des pays les plus insalubres de la France ; le dessĂ©chement des Ă©tangs, en lui donnant un air plus pur, l'a dĂ©livrĂ©e des fiĂšvres qui y Ă©taient endĂ©miques. Superficie. — Population. — La superficie du dĂ©partement de l'Ain est de 580 660 hectares, et sa population est de 371 643 habitants, ce qui donne environ 64 habitants par kilomĂštre carrĂ©. Il y a eu une augmentation de 72 000 habitants depuis le commencement du siĂšcle. La population de l'Ain, presque entiĂšrement d'origine gauloise, offre deux caractĂšres tranchĂ©s comme le pays lui-mĂȘme. Elle est alerte, active, laborieuse, intelligente, opiniĂątre dans les montagnes; calme, lente et routiniĂšre dans les plaines; partout, d'ailleurs, droite, honnĂȘte et courageuse. Agriculture. — Le dĂ©partement de l'Ain possĂšde, comme domaine agricole, Ă  peu prĂšs 558 000 hectares, dont 241 000 de terres labourables ; 122 000 de bois ; 84 000 de prĂ©s et herbages; 70 000 de landes, bruyĂšres, montagnes; 20 000 d'Ă©tangs; 14 000 de vignes, etc. Ce dĂ©partement est essentiellement agricole. Au N. O., entre la Seille et la Veyle ancienne Bresse, on y cultive avec succĂšs le froment, le maĂŻs et la vigne, et les prairies y prospĂšrent Ă©galement; elles sont trĂšs-fertiles et se dĂ©veloppent en magnifiques Ă©tendues; cette rĂ©union de produits si divers tient Ă  un climat tout Ă  la fois chaud et humide, et au sol d'excellente nature, qui appartient au calcaire jurassique. Sur les bords de la SaĂŽne, la culture est plus particuliĂšrement remarquable; la culture du blĂ© est plus importante que celle de la betterave et du colza. La propriĂ©tĂ© est assez morcelĂ©e dans ce dĂ©partement, car elle se dĂ©compose en 1 722 357 parcelles, qui sont possĂ©dĂ©es par 161 910 propriĂ©taires, la plupart aisĂ©s et trĂšs-entendus en industrie agricole. Au S. de la Veyle, dans l'arrondissement de TrĂ©voux, le sol, composĂ© d'une argile compacte et impĂ©nĂ©trable Ă  l'eau, demandait une culture particuliĂšre, et longtemps on y a vu prospĂ©rer un mode d'exploitation nĂ© des circonstances. Le pays fut couvert de chaussĂ©es qui, contenant les eaux dans des espaces limites, creerent des Ă©tangs riches en poissons; un an sur trois, ces Ă©tangs Ă©taient vidĂ©s dans d'autres bassins tout prĂ©parĂ©s; on pĂȘchait le poisson, et le lit assĂ©chĂ©, riche du limon dĂ©posĂ© par les eaux, devenait un champ excellent pour la culture. Mais une extrĂȘme insalubritĂ© rĂ©sultait de ce mode d'exploitation. Aujourd'hui, les Ă©tangs sont assĂ©chĂ©s et convertis en prĂ©s bien arrosĂ©s. Le drainage et le chaulage ont permis de substituer, sur beaucoup de points, la culture du seigle et du blĂ© Ă  celle de l'avoine et du sarrasin. L'Ă©lĂšve du bĂ©tail et de la volaille y est devenue un Ă©lĂ©ment important de prospĂ©ritĂ© pour la population. Au S. E. du dĂ©partement, entre l'Ain et le RhĂŽne, on trouve des coteaux oĂč, malgrĂ© un morcellement extrĂȘme, la vigne et les cĂ©rĂ©ales donnent d'abondants produits. Mais une exploitation immodĂ©rĂ©e des bois qui garnissaient les derniĂšres assises du Jura a dĂ©nudĂ© ces hauteurs, et aujourd'hui l'Etat est obligĂ© d'imposer aux populations le reboisement au- quel il prĂȘte d'ailleurs son concours par de larges subventions. Riches en pĂąturages, les hauts plateaux du Bugey ont vu se dĂ©velopper l'industrie des fromageries qui rivalisent avec celles de la Franche-ComtĂ© et de la Suisse, et la culture des plantes fourragĂšres, notamment celle de l'esparcette, ne laisse Ă  nu aucune partie de la roche elle-mĂȘme. Le pays de Gex, qui occupe le nord de la rĂ©gion orientale du dĂ©partement, semble appartenir Ă  la Suisse ; il en a l'aspect montagneux, les forĂȘts de sapins et les beaux pĂąturages. C'est lĂ  que s'est formĂ© le beau troupeau de moutons mĂ©rinos de Naz, dans la commune de Chevry prĂšs de Gex, connu depuis le commencement de ce siĂšcle pour la finesse et le soyeux de ses laines. Le dĂ©partement de l'Ain, contigu Ă  des rĂ©gions renommĂ©es pour leurs vins, le beaujolais et le mĂąconnais, en produit lui-mĂȘme en quantitĂ©s notables; quelques-uns de ses crus ont acquis de la rĂ©putation; on peut citer ceux de Machuraz, de Cerveyrieu et Virieule-Grand, dans le Valromey. Une Ă©cole rĂ©gionale d'agriculture Ă©tablie Ă  la Saulsaie, dans l'arrondissement de TrĂ©voux, une ferme-Ă©cole Ă  Pont-de-Veyle, dans l'arrondissement de Bourg, cinq comices agricoles indiquent suffisamment l'accord du gouvernement et des populations pour donner Ă  la culture tout le dĂ©veloppement dĂ©sirable. Mines.— CarriĂšres.— Le sol du dĂ©partement de l'Ain renferme de grandes richesses miniĂšres, mais l'exploitation en est assez restreinte. On exploite le lignite Ă  Soblay, dans l'arrondissement de Bourg, le fer Ă  Villebois, Soudon et SerriĂšres, dans l'arrondissement de Belley, et l'asphalte Ă  Pyrimont, dans la commune de Seyssel. Le gypse pour les constructions et l'amendement des terres est extrait des marnes irisĂ©es Ă  Montanges et Ă  Lagnieu; la chaux hydraulique est exploitĂ©e Ă  Tenay, surtout depuis qu'on l'a appliquĂ©e Ă  l'amĂ©lioration des terres du placeau des Dombes. Lyon et GenĂšve tirent le calcaire nĂ©cessaire Ă  leurs constructions des carriĂšres de Villebois, Argis, Seyssel, Thoiry; celles de Ceyzeriat, Jasseron et Montmerle fournissent leurs produits Ă  Bourg. La tourbe est exploitĂ©e Ă  Ceyzeriat. Lavours, Oyonnax et les environs de Belley fournissent une pierre lithographique aussi estimĂ©e que celle d'Allemagne. Industrie. — Commerce. — L'industrie et le commerce du dĂ©partement sont assez actifs et mĂȘme florissants grĂące aux voies faciles de communication Ă©tablies dans ces derniĂšres annĂ©es. L'arrondissement de Bourg s'enrichit par l'Ă©lĂšve des volailles, dont l'exportation atteint plusieurs centaines de mille francs. L'art du potier est en pleine prospĂ©ritĂ© Ă  Bourg qui fabrique des Ă©maux renommĂ©s. La betterave, cultivĂ©e en grand dans les arrondissements de Bourg et de TrĂ©voux, y alimente les sucreries de CrĂšches et de Tournus, et les distilleries d'alcool de ChĂ©rinal, de Montmou et de Notre-Dame-desChamps. L'Ă©lĂšve des chevaux a pris de l'importance surtout Ă  AmbĂ©rieux, Lent, Montmerle et Pont-de-Vaux. L'arrondissement de Belley produit des vins qui supportent le transport et commencent Ă  ĂȘtre connus au dehors. Le fer et surtout l'asphalte y sont activement exploitĂ©s, ainsi que la chaux de Tenay. L'arrondissement de Nantua a une fabrication importante de peignes, tabatiĂšres et tabletterie; Nantua, Oyonnax et Neyrolles sont les principaux centres de cette industrie. Depuis quinze ans environ, l'industrie de la soie est venue de Lyon chercher dans les arrondissements de Belley et de Nantua une main-d'Ɠuvre moins chĂšre, et plus de cinquante communes de l'arrondissement de Nantua travaillent pour la fabrique lyonnaise. L'arrondissement de Gex a des fromageries rivales de celles du Jura et de la Suisse et des scieries importantes oĂč se dĂ©bite le bois de ses riches forĂȘts. Routes.— Canaux.— Chemins de fer. — Les routes impĂ©riales qui traversent le dĂ©partement sont au nombre de six, et ont un parcours de 448 kilomĂštres; les routes dĂ©partementales, au nombre de 22, ont 593 kilomĂštres de dĂ©veloppement, et l'on y compte 5282 chemins vicinaux. La principale route impĂ©riale est de premiĂšre classe, et conduit de Paris Ă  GenĂšve, par Montrevel, Bourg, CeyzĂ©riat, Nantua, Chatillon de Michaille et SaintGenis. Le dĂ©partement ne possĂšde qu'un seul canal, celui de Pont-de-Vaux, qui n'a que 3 kilomĂštres et demi, et Ă©vite au commerce les lenteurs et les difficultĂ©s qu'offrent les mĂ©andres de la Reyssouze, depuis Pont-de-Vaux jusqu'Ă  son embouchure dans la SaĂŽne. Le dĂ©partement de l'Ain est desservi par la ligne principale du chemin de fer de Paris Ă  Lyon qui touche Ă  TrĂ©voux seulement, et par 5 embranchements ou sous-embranchements qui se rattachent Ă  la ligne principale du rĂ©seau. Ces embranchements sont 1° Celui de Mouchard Ă  Bourg, qui descend du N. au S. avec stations Ă  Coligny, Moulindes-Ponts et Saint-Étienne; 2° celui de Bourg Ă  AmbĂ©rieux, qui prolonge le prĂ©cĂ©dent avec stations Ă  la Valvrette, Pont-d'Ain et Ambronay; 3° celui de MĂącon Ă  Bourg, qui traverse la partie occidentale du dĂ©partement, avec stations Ă  Pont-de-Veyle, Vonnas, Mezeriat et Polliat; 4° celui de Lyon Ă  GenĂšve par Culoz, dont le parcours traverse toute la partie mĂ©ridionale du dĂ©partement et relie entre elles les nombreuses stations de Miribel, Beynost, Montluel, Meximieux, Leyment, Amberieux, Saint-Rambert, Tenay, Rossillon, Virieu-le-Grand, Artemare, Culoz, Seyssel, Pyrimont, Bellegarde et Collonges; 5° celui de Lyon Ă  Bourg, qui entraĂźnera forcĂ©ment la transformation des Dombes, et a des stations Ă  Sathonay, les Échets, Mionnay, SaintAndre de Corcy, Villars, Marlieux, Saint-Paul et Servas. Le dĂ©veloppement total de ces diverses voies ferrĂ©es est de 309 kilomĂštres. Histoire. — Le dĂ©partement a Ă©tĂ© formĂ© des anciennes provinces de Bresse, Bugey, Valromey, du pays de Gex et de la principautĂ© de Dombes, acquis successivement par les Bourbons Ă  la couronne de France. Ces provinces Ă©taient comprises dans la partie de la Gaule que les Romains appelaient Celtique. Les SĂ©gusiens ou SĂ©busiens en formaient la population principale, et Forum Segusianorum occupait, dit-on, l'emplacement oĂč plus tard Bourg s'est Ă©levĂ©. Les Ambarri, autre tribu celtique, ont seuls laissĂ© trace de leur existence, et les noms d'AmbĂ©rieux ou Ambronay rappellent encore aujourd'hui leur souvenir. L'invasion des HelvĂštes amena les Romains dans ces rĂ©gions, et c'est prĂšs de TrĂ©voux que CĂ©sar vainquit les envahisseurs. Le pays des SĂ©busiens et des Ambarres fit successivement partie de la Germanie supĂ©rieure sous Auguste, de la Grande-SĂ©quanaise sous Constantin, et enfin de la Lyonnaise 1re sous Honorius. Le Valromey vallis romana, dans le canton de Champagne, rappelle par son nom mĂȘme cette longue occupation des Romains. Au cinquiĂšme siĂšcle, les Burgondes s'em- parĂšrent de cette partie de la Gaule, mais ils furent bientĂŽt soumis par les Francs, et leur territoire fit partie tantĂŽt du royaume d'OrlĂ©ans et tantĂŽt du royaume de Metz. Lorsque l'empire carlovingien vint Ă  se dissoudre, on vit apparaĂźtre le nom de Bressia, qui s'appliquait alors au territoire situĂ© Ă  tout le bassin de l'Ain et comprenait le pagus Dom- bensis, le pays de Dombes. AprĂšs la mort de Charles le Chauve, ces contrĂ©es firent partie des royaumes de Bourgogne cis-jurane et transju- rane, puis elles furent comprises dans l'empire d'Allemagne. Alors les seigneurs locaux se constituĂšrent indĂ©pendants, et ainsi se formĂšrent les sireries de BaugĂ©, de Coligny, de ThoirĂ©, de Villars. Les sires de BaugĂ© devinrent les vĂ©ritables seigneurs de la Bresse; BaugĂ©, aujourd'hui BagĂ©-le-ChĂątel, Ă©tait leur capitale, et leur suzerainetĂ© s'Ă©tendait depuis la Seille, au N., jusqu'au RhĂŽne, au S. La Dombes appartenait plus particuliĂšrement aux sires de Villars qui possĂ©daient aussi une portion du bas Bugey. Le Revermont et la partie nord du Bugey reconnaissaient l'autoritĂ© des sires de Coligny. Enfin le pays de Gex et le sud-est du Bugey obĂ©issaient aux seigneurs de Mau- rienne, maĂźtres de la Savoie. En 1272, un mariage fit passer les biens des sires de BaugĂ© dans la maison de Savoie, qui ne tarda pas Ă  acquĂ©rir tout le Bugey. C'est alors que Bourg devint la capitale de la Bresse au dĂ©triment de BaugĂ© qui ne cessa de dĂ©croĂźtre. D'autre part, au quatorziĂšme siĂšcle, Humbert VII, sire de Villars et de ThoirĂ©, cĂ©da au duc de Bourbon-Beaujeu les chĂątellenies de TrĂ©voux, d'AmbĂ©rieux et du Chatelar, qui formĂšrent la principautĂ© de Dombes. En 1535, François Ier, roi de France, voulant dĂ©truire cette maison de Savoie, s'empara des pays de Gex, Valromey, Bugey et Bresse, mais il fut forcĂ© de les rendre au traitĂ© de Cambrai. En 1601, Henri IV contraignit le duc de Savoie Ă  conclure le traitĂ© de Lyon, par le- quel celui-ci lui donna la Bresse, le pays de Gex et le Bugey, en Ă©change du marquisat de Saluces. Cette nouvelle frontiĂšre permettait Ă  Henri IV de donner la main Ă  ses alliĂ©s et bons compĂšres » les Suisses. Cette acquisition ne fut pas prĂ©cieuse seulement sous le rapport des territoires ; elle le fut encore, parce qu'elle dota la France d'une population solide, dont le patriotisme ne s'est jamais dĂ©menti. La Dombes, acquise une premiĂšre fois sous François Ier, lors de la confiscation des biens du connĂ©table de Bourbon, fut rendue par Charles IX Ă  la branche de Montpensier. Elle fit partie de la dot de Marie de Bourbon, mariĂ©e au duc d'OrlĂ©ans, frĂšre de Louis XIII. De ce mariage naquit une fille, la grande Mademoi- selle, qui donna la Dombes au duc du Maine, fils naturel de Louis XIV, Le second fils de celui-ci la cĂ©da Ă  Louis XV, en 1761, en Ă©change du duchĂ© de Gisors. Ces diverses portions du territoire firent partie du gouvernement de Bourgogne jusqu'en 1790. A cette Ă©poque, ils devinrent le dĂ©partement actuel qui les comprend presque en entier. Hommes cĂ©lĂšbres. — Le dĂ©partement de l'Ain compte un certain nombre de personnages remarquables, parmi lesquels on peut citer les deux VAUGELAS; Mlle CHOIN, Ă©pouse secrĂšte du grand Dauphin, fils de Louis XIV; CARRA et GOUJON, membres de la Convention; JOUBERT, gĂ©nĂ©ral en chef de l'armĂ©e d'Italie; BRILLAT-SAVARIN, le spirituel auteur de la Physiologie du goĂ»t; l'astronome LALANDE; les mĂ©decins BONNET, RÉCAMIER et RICHERAND; MICHAUD, l'auteur de l'Histoire des Croisades; et parmi les contemporains l'Ă©crivain EDGARD QUINET, et Charles-Philippe ROBIN, membre de l'acadĂ©mie de mĂ©decine Divisions administratives. — Le dĂ©partement de l'Ain forme cinq arrondissements ainsi subdivisĂ©s Arrond. de Bourg. 10 cant. 120 comm. — TrĂ©voux. 7 — 112 — — BeIIey. 9 — 114 — — Nantua. 6 — 73 — — Gex. 3 — 31 — 35 cant. 450 comm. Ce dĂ©partement forme la 4e subdivision de la 8e division militaire, dont le quartier gĂ©nĂ©ral est Ă  Lyon; il possĂšde deux points fortifiĂ©s Pierre-Chatel et Fort-l'Écluse. Dans l'organisation ecclĂ©siastique, le dĂ©partement forme un diocĂšse, suffragant de l'archevĂȘchĂ© de Besançon et dont le siĂ©ge est Ă  Belley. Ce diocĂšse comprend 430 paroisses; il a un grand sĂ©minaire Ă  Brou et deux petits sĂ©minaires Ă  Belley et Ă  Mexi- mieux. Les protestants, peu nombreux, ont des temples Ă  Bourg et Ă  Ferney. La justice est rendue par cinq tribunaux de premiĂšre instance, dont le siĂšge est aux chefslieux d'arrondissement et qui ressortissent Ă  la Cour impĂ©riale de Lyon. Il y a un lycĂ©e et une Ă©cole primaire Ă  Bourg, et un collĂ©ge communal Ă  Nantua. Le dĂ©partement compte, en outre, 676 Ă©coles publiques recevant prĂšs de 54 000 Ă©lĂšves. Description des villes. — Voici les principales villes du dĂ©partement de l'Ain ARRONDISSEMENT DE BOURG. BOURG 13 733 hab., ancienne capitale de la Bresse, aujourd'hui prĂ©fecture et chef-lieu du dĂ©partement, est situĂ© Ă  422 kilomĂštres de Paris, sur la rive gauche de la Reyssouze, dans une vallĂ©e que limitent, Ă  l'est, les hauteurs de Revermont. Cette ville, de construction irrĂ©guliĂšre, a pour principaux monuments l'Ă©glise Notre-Dame et l'hĂŽtel de ville, oĂč se trouve le musĂ©e; la statue de Bichat, Ɠuvre de David d'Angers, et un obĂ©lisque Ă©rigĂ© en l'honneur du gĂ©nĂ©ral Joubert ornent deux des places de la ville. Une inscription dĂ©signe la maison oĂč naquit l'astronome Lalande. PrĂšs de Bourg s'Ă©lĂšve l'Ă©glise de Brou riche en sculptures et en vitraux, et qui est un chef-d'Ɠuvre de l'architecture du seiziĂšme siĂšcle. Bourg, bĂątie sur l'emplacement d'une ancienne ville gauloise, date du treiziĂšme siĂšcle et Ă©tait alors fortifiĂ©e; aujourd'hui, c'est une ville ouverte. Elle essaya de rĂ©sister en 1814 et fut pillĂ©e par les Autrichiens. Treffort 1911 hab., chef-lieu de canton, situĂ© sur l'un des petits affluents de la SaĂŽne, possĂšde des poteries, des tuileries importantes et une pĂ©piniĂšre dĂ©partementale. Pont-de-Vaux 3117 hab., chef-lieu de canton, est situĂ© sur le canal de ce nom. BagĂ©-le-Chatel 756 hab., chef-lieu de canton, Ă©tait autrefois la rĂ©sidence des sires de BaugĂ©. Les autres chefs-lieux de cantons sont Ceyzeriat 1051 hab., Coligny 1668 hab., Montre- vel 1496 hab., Pont-d'Ain 1406 hab., Pont-deVeyle 1389 hab., et Saint-Trivier-de-Courtes 1433 hab.. Les principales communes de l'arrondissement sont Viriat, BagĂ©-la-Ville, Marboz, Foissiat, dont la population dĂ©passe 2000 habitants. ARRONDISSEMENT DE TRÉVOUX. TRÉVOUX 2863 hab., sous-prĂ©fecture et chef-lieu d'arrondissement, Ă  49 kilomĂštres de Bourg, estsituĂ©e sur le penchant d'une colline, prĂšs de la SaĂŽne. Cette ville, fort ancienne, Ă©tait la capitale de la petite principautĂ© de Dombes et le siĂšge d'un parlement. En 1701, une imprimerie dirigĂ©e par les jĂ©suites y commença la publication du Journal scientifique et du Dictionnaire qui portent son nom. ChĂątillon-sur-Chalaronne 3046 hab., cheflieu de canton, est situĂ© sur la Chalaronne. On y trouve d'importantes tanneries. On y voit sur l'une des places la statue de saint Vincent de Paul, qui fut curĂ© de cette ville en 1617. Montluel 2981 hab., chef-lieu de canton, est bĂąti sur un petit affluent du RhĂŽne, dans une rĂ©gion de vignobles et prĂšs de la ligne ferrĂ©e de Lyon Ă  GenĂšve. On y fait une fabrication active de draps et de couvertures de laine. Les autres chefs-lieux de canton sont Chalamont 1866 hab., Meximieux 2559 hab., Thoissey 1748 hab., et Saint-Trivier-sur-Moi- gnans 1866 hab.. Les principales communes de l'arrondissement sont Reyrieux 1529 hab.; Miribel 3360 hab., qui doit sa prospĂ©ritĂ© Ă  sa position sur la ligne ferrĂ©e de Lyon Ă  GenĂšve prĂšs du RhĂŽne; Saint-Didier-sur-Chalaronne 2549 hab.; Sathonay 6565 hab., etc. ARRONDISSEMENT DE BELLEY. BELLEY 4624 hab., sous-prĂ©fecture et cheflieu d'arrondissement, est situĂ© Ă  74 kilomĂštres de Bourg, dans la vallĂ©e fertile du Furan, et Ă  5 kilomĂštres du RhĂŽne. Cette ville fort ancienne possĂšde quelques monuments, entre autres le palais Ă©piscopal et la cathĂ©drale, de construction moderne. Il se tient Ă  Belley des foires importantes pour la vente des bestiaux, des chevaux, de la draperie et de la mercerie. AmbĂ©rieux 3047 hab., chef-lieu de canton, est situĂ© au pied d'une des murailles du Jura, sur l'Albarine. Cette ville trĂšs-ancienne doit Ă  sa situation et Ă  la fertilitĂ© de son territoire sa prospĂ©ritĂ©; on y trouve des fabriques de drap et de toile, des tanneries et des papeteries. Saint-Rambert 2531 hab., chef-lieu de canton, au confluent du Brevon et de l'Albarine, entre deux montagnes Ă  pic, est situĂ© Ă  peu de distance de l'embranchement de Lyon Ă  GenĂšve, fabrique des toiles communes, du linge damassĂ©, et possĂšde des filatures importantes de laine et de soie. On y fait un grand commerce des vins du pays. Seyssel 1234 hab., chef-lieu de canton, est bĂąti sur la rive droite du RhĂŽne, qui y devient navigable. Un pont suspendu rĂ©unit cette commune Ă  celle du mĂȘme nom, qui appartient au dĂ©partement de la Haute-Savoie. Seyssel est renommĂ©e pour ses mines d'asphalte et de bitume qui sont d'une richesse inapprĂ©ciable. Les autres chefs-lieux de canton sont Cham- pagne 558 hab., Hauteville 798 hab., L'huis 1266 hab., Lagnieu 3259 hab., et Virieu-le- Grand 910 hab.. Les principales communes de l'arrondissement sont Villebois 2518 hab., Ambronay 1706 hab., Saint-BenoĂźt 1204 hab., SaintSorlin 1357 hab., Tenay 1498 hab., Contrevoz 817 hab., Virignin 1014 hab., oĂč se trouve la forteresse de Pierre-Chatel, qui commande le passage du RhĂŽne ; Culoz 1453 hab., oĂč s'em- branche la route ferrĂ©e de la Savoie et du Mont-Cenis, etc. ARRONDISSEMENT DE NANTUA. NANTUA 3776 hab., sous-prĂ©fecture et cheflieu d'arrondissement, est situĂ©e Ă  40 kilomĂštres de Bourg, sur un petit torrent tributaire du lac du mĂȘme nom. Cette ville est assez bien bĂątie et possĂšde une Ă©glise remarquable. Charles le Chauve y mourut en 877 et y fut inhumĂ©. On fait Ă  Nantua une importante fabrication de tabatiĂšres et de peignes en corne, et un grand commerce de fromages et de bois de sapin. Izemore 1011 hab., chef-lieu de canton, est situĂ© dans la vallĂ©e de l'Ognon, affluent de l'Ain. Cette petite localitĂ© a acquis, depuis quelques annĂ©es, une certaine cĂ©lĂ©britĂ©, Ă  cause des nombreuses antiquitĂ©s romaines qu'on y a dĂ©couvertes, et qui, en Ă©veillant l'examen sur son passĂ©, ont donnĂ© naissance Ă  l'opinion, un peu hasardĂ©e, que lĂ  s'Ă©levait jadis la cĂ©lĂšbre AlĂ©sia. Oyonnax 3547 hab., chef-lieu de canton, est situĂ© sur l'Ange. Cette petite ville doit sa prospĂ©ritĂ© Ă  sa fabrication d'objets en corne et en buis, et Ă  son grand commerce de bois. Les autres chefs-lieux de canton sont Brenod 960 hab., ChĂątillon-de-Michaille 1262 hab., et Poncin 2187 hab.. Les principales communes de l'arrondissement sont Chamfromier 1053 hab., Dartan 1298 hab., Échallon 1247 hab., Cerdon 1770 hab., Saint-Jean-le-Vieux 1559 hab., Jujurieux 2666 hab.. ARRONDISSEMENT DE GEX. GEX 2642 hab., sous-prĂ©fecture et chef-lieu de l'arrondissement, est situĂ©e Ă  183 kilomĂštres de Bourg, sur le versant oriental du Jura, d'oĂč la vue s'Ă©tendsur le lac LĂ©man et sur les montagnes de la Savoie. Un petit torrent, le Jornand, fait mouvoir des moulins Ă  tanneries et Ă  blĂ©, et des scieries mĂ©caniques. Gex fait un commerce actif avec le canton de Vaud. Ferney ou Fernex 1288 hab., chef-lieu de canton, doit son renom au sĂ©jour de Voltaire, qui y crĂ©a des fabriques d'horlogerie, aujourd'hui fort dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©es. Collonges 1166 hab., chef-lieu de canton, est situĂ© au pied du Mont-Credo. Dans cette commune se trouve Fort de l'Écluse, qui ferme le seul passage par lequel le RhĂŽne sort des montagnes. Les principales communes de l'arrondisse ment sont Divonne 1356 hab., Lancrans 550 hab., Feron 1206 hab , Thoiry 1640 hab., LĂ©az 1013 hab., etc. Eglise de Notre-Dame de Liesse. — Ancienne porte Ă  Laon. — Vue de Laon. Vue de Saint-Quentin. — CathĂ©drale de Laon. AISNE. Situation. — Limites. — Aspect gĂ©nĂ©ral. — Le dĂ©partement de l'Aisne tire son nom de l'un des cours d'eau qui l'arrosent. Il est situĂ© dans la partie septentrionale de la France et a pour limites au N., le dĂ©partement du Nord et la Belgique; au S., celui de Seine-et-Marne; Ă  l'E. les dĂ©partements des Ardennes et de la Marne; Ă  l'O., ceux de l'Oise et de la Somme. Ce dĂ©partement, l'un des plus cĂ©lĂšbres de la France par ses souvenirs historiques, est en mĂȘme temps l'un des plus riches et des plus peuplĂ©s; agricole et manufacturier, il est renommĂ© Ă  la fois par les tissus de Saint-Quentin, les glaces de Saint-Gobain et par les produits abondants de son sol. Le dĂ©partement de l'Aisne dans la plus grande partie de sa superficie est plat ou faiblement ondulĂ©; les sĂ©parations de ses riviĂšres sont Ă  peine marquĂ©es, et ce n'est que dans le N. E qu'on trouve un renflement de terrain plus important par sa cĂ©lĂ©britĂ© que par son Ă©lĂ©vation ce sont les Collines de Picardie qui se rattachent aux Ardennes et qui forment la sĂ©paration des eaux entre la Seine, la Somme et l'Escaut; c'est lĂ  que prennent leurs sources divers cours d'eau avec leurs premiers affluents. Ce plateau, qui n'a nulle part plus de 200 mĂštres d'Ă©lĂ©vation, offre dans sa masse principale une Ă©tendue plane, Ă  peine ondulĂ©e, oĂč cependant se dessinent quelques hauteurs isolĂ©es; il est de construction calcaire; niais dans les vallĂ©es qui ne semblent Ă  l'origine que de brusques fissures, il est de nature argileuse. A ce terrain montueux, il faut ajouter entre la Seine et l'Aisne une sĂ©rie de hauteurs dĂ©tachĂ©es des Ardennes, et dont la Montagne de Laon est la sommitĂ© principale. De magnifiques forĂȘts couvrent une partie du dĂ©partement; au N., se trouvent celles de Nouvion, d'Audigny, de Regnaval, de SaintMichel; au centre, celles de Coucy et de Samoussy; au S., celles de Villers-Cotterets, de La FĂšre et de Ris. Des plants de vignes couronnent les coteaux qui ondulent le long de la Marne et donnent Ă  son cours un aspect pittoresque. Hydrographie.— Le dĂ©partement appartient Ă  4 bassins ceux de la Somme, de l'Escaut et de la Sambre, dont les eaux l'arrosent seulement pendant quelques kilomĂštres, et celui de la Seine, qui occupe tout le reste de son territoire par ses affluents, l'Oise, l'Aisne et la Marne. La Somme prend naissance prĂšs de Fontsomme, Ă  environ 12 kilomĂštres de Saint-Quentin, se croise avec la voie ferrĂ©e de SaintQuentin Ă  Erquelines, passe Ă  Saint-Quentin, d'oĂč part un canal qui la fait communiquer avec l'Escaut, puis Ă  Saint-Simon, oĂč se soude le canal qui conduit Ă  l'Oise; un peu au-dessous, elle entre dans le dĂ©partement de la Somme aprĂšs 35 kilomĂštres de cours, et va se jeter dans la Manche, aprĂšs un parcours total de 245 kilomĂštres. L'Escaut prend sa source au N. O. du dĂ©partement, prĂšs de l'ancienne abbaye de SaintMartin, arrose le CĂątelet, traverse le dĂ©partement du Nord et entre en Belgique aprĂšs un cours de 120 kilomĂštres en France. La Sambre, qui prend sa source prĂšs de Fontenelle, dans la forĂȘt de Nouvion, arrondissement de Vervins, en sort aprĂšs 21 kilomĂštres de cours, L'Oise, affluent direct de la Seine, naĂźt en Belgique prĂšs de la frontiĂšre de France, pĂ©- nĂštre dans le dĂ©partement par la forĂȘt de SaintMichel, se dirige d'abord vers l'O., baigne Hirson, reçoit l'Artois, passe Ă  Etreaupont oĂč elle absorbe le Ton, arrose Orbais, Marly, Guise, Valencourt oĂč elle rejoint le canal de la Sambre, prend alors la direction du S. O., et pendant tout ce parcours elle est longĂ©e par le canal de la Sambre; depuis Valencourt elle baigne Origny, Ribemont, Moy, 'La FĂšre, reçoit la Serre, passe Ă  Chauny, et quitte le dĂ©partement aprĂšs s'ĂȘtre encore accrue de la Lette; elle n'est navigable que depuis Chauny. L'Aisne, affluent de l'Oise, naĂźt au village de Somme-Aisne, dans le dĂ©partement de la Meuse, traverse celui de la Marne oĂč elle reçoit de nombreuses riviĂšres, puis celui des Ardennes, et entre enfin dans le dĂ©partement qui porte son nom; lĂ , elle arrose NeufchĂątel et suit constamment la direction du S. O.; elle reçoit la Suippe Ă  Vailly, passe Ă  BĂ©ry-au-Bac, absorbe la Vesle, baigne Soissons et Vic-surAisne ; parvenue Ă  ce point, elle pĂ©nĂštre dans le dĂ©partement de l'Oise aprĂšs un cours de 100 kilomĂštres, et se jette dans cette riviĂšre un peu au-dessus de CompiĂšgne. La Marne, affluent direct de la Seine, traverse le S. du dĂ©partement, oĂč elle reçoit le Surmelin grossi de la Dhuys, baigne ChĂąteauThierry, Charly, entre successivement dans les dĂ©partements de Seine-et-Marne et de la Seine, et va se jeter dans la Seine Ă  Charentonle-Pont, aprĂšs un cours de 494 kilomĂštres ; son principal affluent est l'Ourcq, qui naĂźt dans le dĂ©partement, prĂšs de la forĂȘt de BiĂšze, arrose FĂšre-en-Tardenois, la FertĂ©-Milon, et passe dans le dĂ©partement de Seine-et-Marne. Climat. — Le climat de ce dĂ©partement est gĂ©nĂ©ralement froid, humide, susceptible de brusques variations. La partie orientale, voisine des Ardennes, a une tempĂ©rature plus Ăąpre que la partie occidentale, dont le climat rappelle celui du dĂ©partement de la Seine. Les vents y sont trĂšs-variables du N. O. au S. O., et ils changent pour ainsi dire avec chaque mois de l'annĂ©e. Superficie. — Population. — La superficie du dĂ©partement de l'Aisne est de 735 200 hectares. Sa population est de 565 025 habitants environ, ce qui donne 76 habitants par kilomĂštre carrĂ©. Depuis 1800, il y a eu une augmentation de 138 600 habitants. La population de ce dĂ©partement a conservĂ© peu de chose des mƓurs provinciales; la facilitĂ© des communications avec Paris lui ĂŽte toute originalitĂ©; cependant, les habitants des parties picardes ont gardĂ© les qualitĂ©s solides qui se retrouvent dans ceux de l'Oise et de la Somme; ils sont grands, forts, laborieux, sensĂ©s, loyaux, honnĂȘtes, modestes; dans les affaires commerciales et industrielles, ils dĂ©ploient une remarquable activitĂ©, une loyautĂ© parfaite. Les agriculteurs et les industriels y sont presque en nombre Ă©gal, 228 000 environ. Quant au nombre des habitants sans profession, il est trĂšs-Ă©levĂ© et dĂ©passe 80 000. C'est une population qui a donnĂ© au caractĂšre national ses plus solides Ă©lĂ©ments et qui a fait les plus constants efforts pour la dĂ©fense du pays. Cet Ă©loge appartient de droit Ă©gale- ment aux parties champenoises et parisiennes du dĂ©partement, qui se sont glorieusement montrĂ©es pendant les funestes Ă©vĂ©nements de 1814. Agriculture. — Sur les 735 200 hectares que comprend la superficie du dĂ©partement, on en compte 507 000 de terres labourables ; 147 000 de bois, forĂȘts, Ă©tangs, terres incultes; 51 000 de prairies naturelles; 11 000 de pĂąturages, landes, bruyĂšres; 9000 de vignes, etc. Le nombre des marais susceptibles de dessĂšchement et par consĂ©quent de culture, est considĂ©rable ; il s'Ă©lĂšve Ă  3355 hectares. Le sol est fertile et l'agriculture perfectionnĂ©e. L'arrondissement de Saint-Quentin ancien Vermandois, considĂ©rĂ© comme l'un des plus productifs de la France, prĂ©sente d'ailleurs toutes les richesses que peut fournir la petite culture; les arrondissements de Laon et de Soissons sont principalement occupĂ©s par la grande culture, et la moyenne des exploitations y dĂ©passe 100 hectares. L'Ă©lĂšve du bĂ©tail, favorisĂ©e par de magnifiques prairies, est trĂšs-importante, et l'on compte 1 million de bĂȘtes Ă  laine, 160 000 bĂȘtes Ă  cornes, prĂšs de 80 000 chevaux, etc. La culture de la betterave, celle des plantes olĂ©agineuses, du lin, du chanvre, a pris un grand dĂ©veloppement; le lin y est cultivĂ© sur une surface de plus de 600 hectares; mais les cĂ©rĂ©ales tiennent toujours le premier rang, et l'on exporte chaque annĂ©e 800 000 hectolitres de blĂ©. Les haricots de Soissons et de Braisne, les artichauts de Laon et de Chauny, sont cultivĂ©s en grand et donnent des produits renommĂ©s. Sur les bords de la Marne, la vigne rĂ©ussit, mais sur l'Aisne et sur l'Oise, elle ne fait que des vins mĂ©diocres. Les pommiers et le houblon fournissent Ă  la population le cidre et la biĂšre, qui forment sa boisson habituelle. En somme, la valeur de la production agricole dĂ©passe chaque annĂ©e 133 millions de francs, et le revenu brut des animaux domes- tiques atteint 79 millions. Mines. — CarriĂšres. — Le dĂ©partement ne possĂšde presque aucune mine, mais son sol de nature essentiellement calcaire renferme d'importantes carriĂšres de pierres Ă  bĂątir et de marbre. L'argile Ă  brique se trouve partout et partout est mise en Ɠuvre. L'ardoise y apparaĂźt en quelques endroits. La tourbe existe principalement dans les arrondissements de Saint-Quentin et de Vervins, et fournit plus de 100 000 quintaux mĂ©triques. Industrie. — Commerce. — Ce dĂ©partement renferme l'un des grands centres industriels de la France , Saint-Quentin. On y fabrique des batistes, des toiles de coton, des tissus laine et soie, du linge de table et deschĂąles, des couvertures de laine, des tapisseries, etc. Les verreries de PrĂ©montrĂ© et de Folembray ont un juste renom, et la manufacture de Saint-Gobain jouit depuis Louis XIV d'une cĂ©lĂ©britĂ© europĂ©enne. Enfin les oseraies, trĂšsnombreuses, fournissent du travail Ă  6000 ouvriers. Le commerce, alimentĂ© par les produits du sol et de l'industrie, est considĂ©rable, et trouve dans les routes de terre, les voies navigables et ferrĂ©es des moyens faciles de s'Ă©tendre. Routes. — Canaux. — Chemins de fer.— Ce dĂ©partement est desservi par 12 routes impĂ©riales, offrant un dĂ©veloppement de 612 kilomĂštres, et dont la principale va de Paris Ă  Bruxelles par Villers-Cotterets, Soissons, Laon, Vervins, La Capelle ; par 30 routes dĂ©partementales d'une longueur de 672 kilomĂštres, et par 2672 chemins vicinaux qui dĂ©passent 5000 kilomĂštres. Le dĂ©partement possĂšde de nombreux canaux 1° le canal de l'Aisne-Ă -la-Marne, qui commence Ă  BĂ©ry-au-Bac, mais passe aussitĂŽt dans le dĂ©partement de la Marne oĂč il aboutit Ă  CondĂ©; 2° le canal de la Sambre-Ă -l'Oise, qui prend naissance dans le dĂ©partement du Nord, Ă  Landrecies, franchit dans celui de l'Aisne la ligne de faĂźte entre Évreux et Oisy, et descend l'Oise jusqu'Ă  La FĂšre, sur une longueur de 53 830 mĂštres; 3° le canal de SaintQuentin, qui commence Ă  Cambrai, dans le dĂ©partement du Nord, entre dans le dĂ©partement de l'Aisne, oĂč il reçoit presque aussitĂŽt le canal des Torrents, dĂ©versoir des eaux pluviales du territoire de Bohain, puis il s'Ă©carte de l'Escaut et par les souterrains de Riqueval et du Tron. quoy, il franchit la ligne de sĂ©paration des bassins de l'Escaut et de la Somme, passe Ă  Saint-Quentin, oĂč il rejoint le canal de la Somme; de lĂ , par la tranchĂ©e de Jussy, il pĂ©nĂštre dans le bassin de la Seine et va se terminer sur l'Oise; 4° le canal de Manicamp, qui n'a que 4851 mĂštres et a Ă©tĂ© creusĂ© pour obvier Ă  l'insuffisance des eaux de l'Oise; une Ă©cluse les Ă©lĂšve Ă  la hauteur du canal de Saint-Quentin et permet ainsi de passer de Chauny Ă  Mani- camp, oĂč commence le canal latĂ©ral ; 5° le canal latĂ©ral Ă  l'Oise qui part de Manicamp, et, longeant la riviĂšre jusqu'Ă  Janville, abrĂ©ge le trajet de 18 kilomĂštres. Le dĂ©partement de l'Aisne est desservi par deux lignes principales des rĂ©seaux de l'Est et du Nord. La ligne de l'Est de Paris Ă  Strasbourg traverse sa partie infĂ©rieure, et n'y possĂšde que 4 stations Nogent-l'Artaud, ChĂąteau-Thierry, Mezy et Varennes. La ligne du Nord de Paris Ă  Erquelines traverse l'angle N. O. du dĂ©partement, et dessert les stations de Chauny, Tergnier, Montescourt, Saint-Quentin, Essigny-le-Petit, Fresnoy-leGrand et Bohain. Puis elle rayonne sur tout le dĂ©partement au moyen de 5 embranchements, qui sont 1° celui de Saint-Denis Ă  Laon, avec stations Ă  Villers-Cotterets, Longpont, Verzy, Berzy, Soissons, Crouy, Margival, Anizy-Pinon, Chailvet-Urceil; 2° le sous-embranchement de Soissons Ă  Reims, avec stations Ă  Siry-Sermoise et Braisne; 3° celui de Laon Ă  Reims, avec stations Ă  Coucy, Saint-Erme et Guignicourt; 4° l'embranchement de Tergnier Ă  Laon, avec stations Ă  la FĂšre et Crepy-Couvron; et 5° celui de Chauny Ă  Saint-Gobain, avec stations Ă  Sinceny, Rond-d'Orle et Barisis. L'ensemble de ces diverses voies ferrĂ©es est de 227 kilomĂštres. Deux nouveaux embranchements complĂ©teront le rĂ©seau dĂ©partemental en reliant Laon Ă  Amiens par Tergnier, et Laon Ă  Chimay par Vervins et Herion. Histoire. — Le dĂ©partement de l'Aisne est cĂ©lĂšbre par ses souvenirs historiques. Ce fut le centre de la Neustrie, le royaume de Soissons des fils de Clovis, ce fut le dernier domaine des successeurs de Charlemagne; c'est lĂ  que fut fondĂ© le royaume des Francs mĂ©rovingiens par la bataille de Soissons; c'est lĂ  que fut fondĂ© le royaume des Francs carlovingiens par la bataille de Testry; dans ce pays Ă©taient les principales communes du moyen Ăąge; comme toutes les citĂ©s picardes, ces villes subirent des siĂ©ges hĂ©roĂŻques au XVIe siĂšcle; placĂ© entre la Belgique et Paris, sur la grande route des invasions, l'Aisne fut l'un des théùtres de la campagne de 1814, el les batailles de ChĂąteau-Thierry, de Craonne, les siĂ©ges de Soissons et de Laon lui donnĂšrent un nouveau renom. Avant la conquĂȘte romaine, les Suessones, les Lauduni, les Viromandui et les Novioduni, dont les noms ont laissĂ© trace dans les appellations modernes de Soissonnais, Laonnais, Vermandois, Noyonnais, habitaient les divers territoires dont on a composĂ© ce dĂ©partement. Rome, aprĂšs les avoir domptĂ©s, sut s'en faire des alliĂ©s dĂ©vouĂ©s, qu'elle enrichit, d'ailleurs, de routes et de monuments utiles. Elles les comprit dans la Belgique IIe. C'est dans cette contrĂ©e, Ă  Soissons, en 486, que le gĂ©nĂ©ral gallo-romain Syagrius tenta le dernier effort contre la conquĂȘte des Francs. Sous les successeurs de Clovis, Soissons devint l'un des centres du nouvel empire, le sĂ©jour de ChilpĂ©ric et de FrĂ©dĂ©gonde. Sous les Carlovingiens, son importance diminua, et Louis d'Outremer s'Ă©tant Ă©tabli Ă  Laon, cette ville devint la rĂ©sidence des rois francs jusqu'en 991. Dans le dĂ©membrement de l'empire carlovingien, le pays se partagea en plusieurs seigneuries dont la principale fut le Vermandois qui fut rĂ©uni Ă  la couronne des CapĂ©tiens par Philippe-Auguste; le Valois, le Laonnais, le Soissonnais restĂšrent Ă  la couronne comme faisant partie du duchĂ© de France ; la Champagne y fut rĂ©unie sous Philippe le Bel. Tous ces pays appartinrent directement aux CapĂ©tiens; ils n'eurent Ă  subir aucune transformation pendant plusieurs siĂšcles, mais ils furent ravagĂ©s successivement par les Anglais, par les Bourguignons, par les Espagnols, et cette derniĂšre invasion donna lieu Ă  la bataille et au siĂ©ge de SaintQuentin. Les habitants s'y montrĂšrent en toute occasion pleins d'un ardent patriotisme. Pendant la RĂ©volution, la population de l'Aisne prit ardemment parti pour les idĂ©es nouvelles, et elle fournit Ă  cette grande Ă©poque quelques-uns de ses plus fougueux personnages. En 1790, lorsque le territoire fut divisĂ© en dĂ©partements, on forma le dĂ©partement de l'Aisne avec une partie de la Picardie mĂ©ri- dionale, une partie du Valois, et on le complĂ©ta avec une portion de la Brie champenoise. Hommes cĂ©lĂšbres. — Le dĂ©partement de l'Aisne compte un grand nombre d'hommes cĂ©lĂšbres, mais il doit mettre au premier rang LA FONTAINE, nĂ© Ă  ChĂąteau-Therry, en 1621, et JEAN RACINE, nĂ© en 1639, Ă  la FertĂ©-Milon. On peut citer, aprĂšs ces grands noms, les rois de France CARIBERT, CHILPÉRIC 1er, CLOTAIRE II, LOTHAIRE Ier; la reine FRÉDÉGONDE; le roi de Navarre ANTOINE DE BOURBON, pĂšre d'Henri IV; LAHIRE, le compagnon de Jeanne d'Arc; le philosophe RAMUS; le DUC DE MAYENNE, chef de la Ligue; les marĂ©chaux d'ARMENTIÈRES, de BÉZOUS, de CHOISEUL, d'ESTRÉES, de PUYSÉGUR; l'avocat OMER TALON; le premier prince de CONDÉ; le duc CÉSAR DE VENDOME; le duc de SAINT-SIMON, l'un des plus grands Ă©crivains de la France; l'architecte François BLONDEL; les poĂ«tes DEMOUSTIER et LUCE DE LANCIVAL; le peintre LATOUR; le philosophe CONDORCET; le conventionnel QUINETTE; BABEUF, CAMILLE-DESMOULINS, RONSIN, qui ont si terriblement marquĂ© pendant l'Ă©poque rĂ©volutionnaire; le marĂ©chal SERRURIER; les gĂ©nĂ©raux CAULINCOURT, SHERER, HEDOUVILLE; le duc de VICENCE, ministre de NapolĂ©on ; et parmi les contemporains les littĂ©rateurs ALEXANDRE DUMAS, ARSÈNE HOUSSAYE, CHAMFLEURY; l'historien HENRI MARTIN. Divisions administratives. — Le dĂ©partement de l'Aisne forme cinq arrondissements ainsi subdivisĂ©s Arrond. de Laon. 11 cant. 288 comm, — Saint-Quentin. 7 - 1'27 — — Vervins. 8 — 132 — — Soissons. 6 — 166 — — ChĂąteau-Thierry.. 5 - 12q — 37 cant. 837 comm Le dĂ©partement de l'Aisne forme la 2e subdivision de la 4e division militaire, dont le siĂšge est Ă  ChĂąlons-sur-Marne. Ce dĂ©partement forme un Ă©vĂȘchĂ©, dont le siĂšge est Ă  Soissons, et qui est suffragant de l'archevĂȘchĂ© de Reims. Ce diocĂšse comprend 38 cures, 519 succursales, un grand sĂ©minaire Ă  Soissons, et deux petits sĂ©minaires Ă  Soissons et Ă  Liesse. Les protestants y ont six temples et une Ă©glise consistoriale. La justice est rendue dans les chefs-lieux d'arrondissement par 5 tribunaux de premiĂšre instance et par 4 tribunaux de commerce siĂ©geant Ă  Saint-Quentin, Vervins, Soissons, Chauny, qui ressortissent Ă  la cour impĂ©riale d'Amiens. Le dĂ©partement a un lycĂ©e Ă  Saint-Quentin et des collĂ©ges communaux Ă  Laon, ChĂąteauThierry et Soissons, une Ă©cole normale primaire Ă  Laon, et 1185 Ă©coles publiques; il dĂ©pend de l'AcadĂ©mie de Douai. Les trois quarts des jeunes conscrits y savent lire et Ă©crire. Description des villes. — Voici les principales localitĂ©s du dĂ©partement de l'Aisne ARRONDISSEMENT DE LAON. LAON 10 268 hab., prĂ©fecture et chef-lieu du dĂ©partement, est situĂ©e Ă  148 kilomĂštres de Paris, au sommet d'une montagne isolĂ©e, au pied de laquelle passe l'embranchement de la ligne du Nord. Cette ville conserve encore des traces de son ancienne enceinte fortifiĂ©e, quelques tours du moyen Ăąge et une de ses portes. On y remarque plusieurs vieux Ă©difices classĂ©s parmi les monuments historiques, tels que la cathĂ©drale de Notre-Dame, ancienne Ă©glise qui date de 1115 et dont le style mĂȘlĂ© de roman et de gothique rappelle celui de Notre-Dame de Paris, l'ancien palais Ă©piscopal, rĂ©cemment restaurĂ©, et qui sert aujourd'hui de palais de justice, et la chapelle des Templiers, bĂątie, dit-on, au XIIe siĂšcle, sur le modĂšle de la chapelle du Saint-SĂ©pulcre. La bibliothĂšque de Laon a d'intĂ©ressantes collections de manuscrits du VIIe au XVIe siĂšcle, et un grand nombre d'autographes des anciens rois de France. Le musĂ©e est riche d'une grande quantitĂ© d'antiquitĂ©s gallo-romaines, telles que peintures murales et fragments de mosaĂŻques. La ville de Laon, par sa position mĂȘme, offre de beaux points de vue sur les fertiles plaines qui l'environnent. Elle est peu remarquable par son industrie, mais c'est un centre actif pour le marchĂ© des produils de Saint-Quentin, de Saint-Gobain et de Folembray. Laon, l'ancienne Bibrax des Gaulois et Lau- danum des Romains, n'est guĂšre citĂ©e d'abord que par deux siĂ©ges soutenus contre les Vandales en 407 et contre Attila en 451. AprĂšs la conquĂȘte des Francs, elle devint le siĂšge d'un Ă©vĂȘchĂ©, la rĂ©sidence des derniers Carlovingiens, le lieu de naissance de Lothaire et de Louis V, ensuite le domaine propre de ses Ă©vĂȘques. Au XIIe siĂšcle, elle se constitua en commune et garda ses privilĂšges jusqu'au XIVe siĂšcle. Alors elle resta directement sous l'autoritĂ© royale et conserva presque sans interruption son heureuse obscuritĂ© jusqu'en 1814. NapolĂ©on livra aux alliĂ©s sous ses murs une bataille de trois jours. En 1815, elle soutint un siĂ©ge de quatorze jours contre les envahisseurs. Chauny 9080 hab., ancienne ville situĂ©e sur l'Oise Ă  l'embranchement du canal de Saint-Quentin, est un chef-lieu de canton commerçant et industriel oĂč se fait Ă  l'aide d'une machine hydraulique le polissage des glaces de Saint-Gobain. Coucy-le-ChĂąteau 846 hab.,chef-lieu de canton, est situĂ© sur une colline escarpĂ©e que dominent les ruines du chĂąteau des fameux sires de Coucy, dĂ©mantelĂ© en 1652 par Mazarin et rĂ©parĂ© rĂ©cemment aux frais de l'État comme monument historique ; le donjon, qui est presque entiĂšrement conservĂ©, est, suivante. Viollet-le-Duc, la plus belle construction militaire du moyen Ăąge. Craonne 826 hab., chef-lieu de canton; est situĂ© au sommet d'une colline oĂč NapolĂ©on vainquit les alliĂ©s le 7 mars 1814. La FĂšre 4984 hab., chef-lieu de canton, est une ville forte au confluent de la Serre et de l'Oise ; elle renferme une garnison-Ă©cole et un arsenal d'artillerie; en 1815 elle fut assiĂ©gĂ©e par les Prussiens. Les autres chefs-lieux de canton sont Anisy- le-ChĂątecm 1116 hab., CrĂ©cy-sur-Serre 1953 hab., Marle-et-Behaine 1956 hab., Rozoy-sur- Serre 1578 hab., Sissonne 1455 hab., et NeufchĂątel 884 hab.. Les principales communes de l'arrondissement sont Folcmbray 1080 hab., cĂ©lĂšbre par sa verrerie qui date de 1705 et occupe 900 ouvriers; PrĂ©montrĂ© 312 hab., oĂč se trouve l'abbaye de Saint-Norbert, fondĂ©e en 1120; Quierzy 703 hab., qui possĂšde des ruines d'un manoir des rois Carlovingiens ; CrĂ©py-enLaonnais 1634 hab., ancienne place forte, cĂ©lĂšbre par le traitĂ© de 1546 signĂ© entre François Ier et Charles-Quint; Saint-Gobain 2190 hab., oĂč est Ă©tablie la fabrique renommĂ©e qui produit 200 000 mĂštres de glaces par an; Sinceny 2062 hab.; Beau-revoir 2036 hab.; Montbrehain 2047 hab. ; etc. ARRONDISSEMENT DE SAINT-QUENTIN. SAINT-QUENTIN 32 690 hab., sous-prĂ©fecture et chef-lieu d'arrondissement, situĂ©e Ă  50 kilomĂštres de Laon, s'Ă©tage sur le versant d'une colline baignĂ©e par la Somme, dont elle occupe aussi l'autre rive. De construction ancienne, et jadis fortifiĂ©e, elle a brisĂ© sa ceinture et rĂ©gularisĂ© ses rues mal bĂąties et mal alignĂ©es; ses monuments les plus remarquables sont l'hĂŽtel de ville et la cathĂ©drale, classĂ©s parmi les monuments historiques. Cette ville, dĂ©jĂ  importante au temps de la domination romaine, Ă©tait alors connue sous le nom de Augusta Veromanduorum; aprĂšs avoir subi tous les dĂ©sastres qui affligĂšrent cette partie du territoire franc pendant les premiers siĂšcles de la monarchie, Soissons devint, au XIIe siĂšcle, l'une des grandes communes de la Picardie; mais par letraitĂ© d'Arras, en 1470, elle passa sous la domination de Charles le TĂ©mĂ©raire. En 1470, ses habitants se rĂ©voltĂšrent contre le duc de Bourgogne, et se placĂšrent sous l'autoritĂ© du roi de France. Pendant le rĂšgne d'Henri If, Saint-Quentin, tant de fois Ă©prouvĂ©e, tomba au pouvoir des Espagnols, aprĂšs la bataille du 10 aoĂ»t 1557, oĂč fut dĂ©fait le duc de Montmorency, et ne fut dĂ©finitivement rendue Ă  la France que par le traitĂ© de Cateau-CambrĂ©sis en 1559. Cette ville, la plus considĂ©rable du dĂ©partement, doit son importance Ă  l'industrie; on estime qu'elle emploie plus de 130 000 ouvriers et que sa production cotonniĂšre atteint une valeur de 80 Ă  90 millions de francs. Ses principaux produits sont les tissus de laine, les tissus de coton, les batistes, les linons, les mousselines, les percales, les calicots, les machines, les produits chimiques, les sucres indigĂšnes. Bohain 5322 hab., chef-lieu de canton, possĂšde des fabriques de chĂąles et d'horloges. Les autres chefs-lieux de canton sont Le Catelet 569 hab., Moy 1417 hab., Ribemont 3126 hab., Saint-Simon 600 hab., et Vermand 1302 hab.. Les principales communes de l'arrondissement sont Fresnoy-le-Grand 4441 hab., oĂč il existe une grande fabrique de gazes et de cachemires; Origny Sainte-BenoĂźte 2646 hab.; PrĂ©mont 1888 hab.; Seboncourt 2580 hab.; Flavy-le-Martel 2324 hab.; etc. ARRONDISSEMENT DE VERVINS. VERVINS 2732 hab., sous-prĂ©fecture et cheflieu d'arrondissement, Ă  40 kilomĂštres de Laon, est bĂąti sur le versant d'un coteau que baigne un ruisseau sous affluent de l'Oise. Cette ville est fort ancienne et sa charte de commune date de 1238; elle eut beaucoup Ă  souffrir pendant les guerres des Bourguignons et des ImpĂ©riaux. Elle fait un grand commerce de toiles de lin et de chanvre, et a des fabriques de tricots de laine. Aubenton 1549 hab., chef-lieu de canton, situĂ© prĂšs de la source de l'Oise, possĂšde une Ă©glise dont le portail est classĂ© parmi les monuments historiques. Hirson 3334 hab., chef-lieu de canton, situĂ© sur la rive droite de l'Oise, est citĂ© pour son Ă©glise de Saint-Michel, dont le chƓur fait Ă©galement partie des monuments historiques. Guise 5289 hab., chef-lieu de canton, est situĂ© sur la rive gauche de l'Oise et traversĂ© par un canal de dĂ©rivation de cette riviĂšre; cette petite ville a des fabriques de chĂąles, des filatures de coton et de laine, des fonderies de fer et de cuivre. Guise, jadis place forte, possĂšde encore un vieux chĂąteau, dont la construction remonte Ă  1649, et qui s'Ă©lĂšve Ă  50 mĂštres au-dessus de la ville. En 1528, le comtĂ© de Guise fut Ă©rigĂ© en duchĂ©-pairie en faveur de Claude de Lorraine et donna son nom Ă  l'illustre famille qui faillit arriver au trĂŽne de France. Les autres chefs-lieux de canton sont La Capelle 1738 hab., Le Nouvion 3261 hab., Sains 2340 hab., et Wassigny 1379 hab.. Les principales communes de l'arrondissement sont Buironfosse 2479 hab. ; SaintMichel 3190 hab.; Mondrepuis 1810 hab.; EsquehĂ©ries 2149 hab. ; Grigny 2655 hab.; Mennevret 2387 hab. ; etc. ARRONDISSEMENT DE SOISSONS. SOISSONS 11 099 hab., sous-prĂ©fecture et chef-lieu d'arrondissement, est situĂ©e Ă  32 kilomĂštres de Laon sur la rive gauche de l'Aisne. Cette ville est bien bĂątie ; elle est le siĂšge de l'Ă©vĂȘchĂ© et renferme plusieurs Ă©difices remarquables la cathĂ©drale, qui date du commencement du XIIIe siĂšcle; deux tours, restes de la cĂ©lĂšbre abbaye de Saint-Jean-des-Vignes, oĂč Thomas Becket se retira de 1161 Ă  1170; la chapelle de l'Institut des sourds-muets, Ă©levĂ©e dans l'enceinte de l'ancienne abbaye de Saint-MĂ©dard, oĂč Louis le DĂ©bonnaire fut enfermĂ© par ses enfants. C'est une place de guerre de premiĂšre classe qui couvre la trouĂ©e de l'Oise et la route de Paris Ă  Mau- beuge. Elle fait un commerce considĂ©rable de grains, de farines, de lin, de chanvre, de haricots et de bois. L'origine de Soissons est trĂšs ancienne; sous les Gaulois, c'Ă©tait dĂ©jĂ  une ville forte nommĂ©e Noviodunum Augusta Suessionum. Clovis, en 486, y gagna une bataille qui fit rentrer la Gaule sous sa domination, et elle devint la capitale d'un des royaumes francs. Elle a Ă©tĂ© souvent pillĂ©e et ravagĂ©e tour Ă  tour par les Armagnacs, les Bourguignons, puis par les Huguenots qui s'en emparĂšrent; mais le duc de Mayenne parvint Ă  les en chasser, et fit Ă  Soissons une ceinture de fortifications. Malheureusement, en 1814, les fortifications Ă©taient en ruines; les Prussiens purent s'y rĂ©fugier dans leur fuite, et ce fut une des causes de la chute de l'Empire. Villers-Cotterets 3396 hab., chef-lieu de canton, est situĂ© au milieu de la forĂȘt qui porte son nom, sur la route de Paris Ă  Soissons et sur le chemin de fer de Paris Ă  Maubeuge. Elle possĂšde un chĂąteau bĂąti par François Ier, qui est aujourd'hui converti en dĂ©pĂŽt de mendicitĂ©. Villers-Cotterets est cĂ©lĂšbre par l'Ă©dit de 1539 qui prescrivit l'emploi de la langue française pour tous les actes publics. Vailly 1748 hab., chef-lieu de canton, situĂ© sur la rive droite de l'Aisne, a conservĂ© une Ă©glise des premiers siĂšcles du gothique et une vieille tour de l'ancien chĂąteau fort de Pontarcy. Braisne 1649 hab., chef-lieu de canton, est situĂ©e sur la Vesle, et possĂšde les restes d'une Ă©glise du XIIe siĂšcle, qui est rangĂ©e parmi les monuments historiques. Cette petite ville a un dĂ©pĂŽt d'Ă©talons et un haras impĂ©rial. On y trouve quelques sources minĂ©rales. Les autres chefs-lieux de canton sont Oul- chy-le-ChĂąteau 701 hab., et Vic-sur-Aisne 908 hab.. Les principales communes de l'arrondissement sont Couy, Cuffies, Bucy-le-Long, Chavignon et Ambleny, dont la population dĂ©passe 1000 habitants. ARRONDISSEMENT DE CHATEAU-THIERRY. CHATEAU-THIERRY 6519 hab., sous-prĂ©fecture et chef-lieu d'arrondissement, est situĂ©e Ă  80 kilomĂštres de Laon sur la rive droite de la Marne; un pont la relie avec la rive gauche oĂč elle possĂšde un faubourg considĂ©rable. Cette ville n'a pas d'Ă©difices remarquables; mais elle possĂšde un souvenir populaire, la maison oĂč la Fontaine prit naissance, et prĂšs de laquelle, sur le pont, est la statue en marbre du fabuliste. On trouve Ă  ChĂąteauThierry des fabriques de toiles, des teintures et des tanneries. Il s'y fait un commerce considĂ©rable de moutons, de cĂ©rĂ©ales et de laines. ChĂąteau-Thierry, doit son origine Ă  un chĂąteau que fit bĂątir Charles-Martel pour servir de rĂ©sidence au jeune roi Thierry IV; c'Ă©tait dĂšs le xe siĂšcle une ville fortifiĂ©e d'une grande importance Ă  cause de sa position Ă  l'entrĂ©e de la Champagne. Elle eut Ă  subir de nombreux dĂ©sastres de la part des Anglais, des Bourguignons et des Espagnols et de la part des Prussiens en 1814. FĂšre-en-Tardenois 2393 hab. est un cheflieu de canton situĂ© dans une large et belle vallĂ©e. Les antiquaires y admirent les restes d'un chĂąteau fort du XIIIe siĂšcle qui est classĂ© parmi les monuments historiques. Neuilly-Saint-Front 1762 hab., chef-lieu de canton, situĂ© sur un plateau Ă©levĂ©, possĂšde plusieurs tanneries assez importantes et des bonneteries. Les autres chefs-lieux de canton sont Charly 1774 hab., et CondĂ©-en-Brie 750 hab.. Les principales communes de l'arrondissement sont Essommes 1781 hab., oĂč se trouve une vieille Ă©glise classĂ©e parmi les monuments historiques et remarquable par ses boiseries sculptĂ©es du XVIe siĂšcle; Nogent-l'Artaud 1353 hab.; Treloup 1494 hab. ; La FertĂ©-Milon 2018 hab., bĂątie sur un joli coteau que baigne l'Ourcq; lĂ  est nĂ© Jean Racine, dont la statue orne la place de l'HĂŽtel-de-Ville. AISNE Vichy Promenade des Grivas. — Vue de la maison Strauss. ALLIER. Situation.— Limites. — Aspect gĂ©nĂ©ral. — Le dĂ©partement de l'Allier se trouve situĂ© dans la rĂ©gion centrale de la France. Il est limitĂ© au N. par les dĂ©partements du Cher et de la NiĂšvre ; Ă  l'E. par ceux de SaĂŽne-et-Loire et de la Loire; au S. par celui du Puy-de-DĂŽme; enfin, Ă  l'O. par ceux de la Creuse et du Cher. L'Allier, comme tous les dĂ©partements du centre, prĂ©sente peu de traits distincts et son caractĂšre est gĂ©nĂ©ralement effacĂ©; son histoire elle-mĂȘme serait presque nulle s'il n'avait eu l'honneur de donner son nom de province Ă  la plus illustre maison rĂ©gnante des temps modernes, la famille des Bourbons; Ă  part cela, pas de cĂ©lĂ©britĂ©s historiques ; son agriculture est mĂ©diocre, et il ne se distingue que par son industrie mĂ©tallurgique, ses produits minĂ©raux et surtout ses eaux thermales, qui sont les plus cĂ©lĂšbres et les plus frĂ©quentĂ©es de la France. SituĂ© sur les pentes N. E. du plateau central de la France, il est fortement inclinĂ© du S. au N. Il se compose de trois vallĂ©es sensiblement parallĂšles celle de la Loire, Ă  l'E., celle de l'Allier, au centre, et celle du Cher, Ă  l'O. La partie orientale doit aux ramifications des Monts-du-Forez un aspect pittoresque et pour ainsi dire alpestre ; lĂ  apparaissent des hauteurs granitiques, oĂč la neige persiste une partie de l'annĂ©e. La partie centrale forme des coteaux boisĂ©s au S., s'aplanit en s'inclinant vers le N. et finit mĂȘme par prĂ©senter quelques parties marĂ©cageuses et de nombreuses forĂȘts. La partie occidentale, Ă  part quelques coteaux, prĂ©sente dans sa masse une rĂ©gion plane, baignĂ©e d'eau, oĂč les prairies naturelles sont nombreuses, oĂč les Ă©tangs abondent. Les cantons montagneux sont d'une culture difficile. Ce sont surtout les plaines et les coteaux, c'est-Ă -dire les basses terres, qui for- ment la partie la plus fertile du pays. On estime que la moitiĂ© du sol Ă  peu prĂšs, surtout dans le haut pays, est sablonneuse et siliceuse avec un fond granitique, tandis que l'autre moitiĂ©, formĂ©e gĂ©nĂ©ralement de dĂ©pĂŽts d'alluvions mĂȘlĂ©s de graviers, repose sur une couche d'argile et constitue surtout les basses terres. C'est au fond des vallĂ©es et sur le bord des riviĂšres que se prĂ©sentent des terres argileuses, trĂšs-fertiles, oĂč le froment rĂ©ussit particuliĂšrement ; entre Gannat et le Donjon, dans ce pays arrosĂ© par la Bouble, la Sioule et la BĂšbre, des terres plus fortes reposent sur cette mĂȘme base d'argile; lĂ  on cultive la vigne que ce sol favorise spĂ©cialement ; mais il ne faut pas aller rechercher la couche d'argile sur les basses collines, car l'action de l'atmosphĂšre l'a dĂ©composĂ©e Ă  la surface. Cette portion, du dĂ©partement de l'Allier est donc riche en produits qui varient suivant la qualitĂ© du sol. Le contraste des plaines couvertes de moissons et des brandes, landes incultes, arides, sauvages, hĂ©rissĂ©es de bruyĂš- res, de genĂȘts et de joncs comme les landes de Bretagne, y produit les plus pittoresques effets. Orographie. — Le dĂ©partement de l'Allier peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un appendice de l'Auvergne, mais il n'est rĂ©ellement montagneux que dans sa partie mĂ©ridionale. Sa charpente orographique se compose au du prolongement des Monts-du-Forez et des Monts-de-la-Madeleine; au d'un prolongement Ă©panoui des Monts-d'Auvergne. Les Monts- du-Forez se bifurquent aux sources de la BĂšbre; ils forment, au entre la BĂšbre et l'Allier, des hauteurs de mĂ©diocre Ă©lĂ©vation ; lĂ  les forĂȘts de hĂȘtres et de sapins croissent sur ces roches primitives, encore toutes convulsionnĂ©es des chocs de l'Ă©poque gĂ©ologique, auxquelles succĂšdent bientĂŽt des terrains tertiaires moyens. Au les Montsde-la-Madeleine prolongent les Monts-du-Forez et s'abaissent graduellement d'une hauteur de douze cents pieds pour mourir au confluent de la BĂšbre. LĂ , le touriste se trouve tout Ă  coup transportĂ© dans une petite Suisse, devant des sites pittoresques et des points de vue dĂ©licieux, empruntĂ©s au panorama des Alpes. Entre les vallĂ©es de la Loire et de l'Allier, le sol prĂ©sente un plateau dont l'altitude moyenne peut ĂȘtre estimĂ©e Ă  300 mĂštres; d'un cĂŽtĂ©, au S., il repose sur un massif de roches primitives; de l'autre, au N., il se dĂ©prime rapidement, forme les bassins houillers de Montcombroux, les marnes irisĂ©es de Liernolle, et finit par s'effacer dans les terrains tertiaires moyens. Vers l'O., les Monts - d'Auvergne viennent s'Ă©panouir et se ramifier par de nombreux contre-forts, oĂč le granit et le porphyre apparaissent çà et lĂ . Le point culminant du dĂ©partement est le Puy-de-Montoncel, dont l'altitude mesure prĂšs de 1300 mĂštres. Aux pieds de ces collines et de ces coteaux s'Ă©tendent d'une part des plaines biĂšn culti- vĂ©es, sillonnĂ©es par un grand nombre de cours d'eau, et de l'autre, des terres vagues, des brandes, oĂč poussent Ă  profusion les joncs et les bruyĂšres. * Hydrographie.—Le dĂ©partement de l'Allier appartient tout entier au bassin de la Loire, dont les deux affluents les plus importants sont l'Allier et le Cher. La Loire forme la frontiĂšre orientale du dĂ©partement, depuis Avrilly, au S., jusqu'au delĂ  de Gannay, au N.; dans cette partie de son cours, qui est environ de 64 kilomĂštres, ce fleuve a peu d'importance en raison des basfonds qui en rendent la navigation dangereuse ; aussi l'on n'y trouve aucune localitĂ© remarquable; un canal latĂ©ral a mĂȘme Ă©tĂ© construit pour remplacer la voie fluviale. Pendant ce parcours, les principaux affluents que la Loire reçoit, dans le dĂ©partement de l'Allier, sont la Vouzancc, qui sort des Monts-de-la-Madeleine, baigne Neuilly-en-Donjon et coule prĂšs de Saint-LĂ©ger-des-BruyĂšres, la Lodde qui passe au Donjon et se bifurque au moment de se jeter dans la Loire, la BĂšbre qui baigne ClĂ©mentde-Montagne, La Palisse, Jaligny et Dompierre ; cette riviĂšre, torrentueuse jusqu'Ă  la Palisse est traversĂ©e par le canal latĂ©ral prĂšs de son embouchure. L'Allier ne pĂ©nĂštre dans le dĂ©partement qu'aprĂšs avoir traversĂ© la Haute-Loire et le Puy-de-DĂŽme ; il arrose Vichy et Moulins ; sa direction gĂ©nĂ©rale est du S. au N. ; dans la derniĂšre partie de son cours, il incline Ă  l'O. et sert alors de limite au dĂ©partement qu'il sĂ©pare de celui de la NiĂšvre. Il est navigable dans toute l'Ă©tendue de ce parcours, qui compte 110 kilomĂštres. L'Allier, de nature torrentueuse jusqu'Ă  Moulins, est sujet Ă  des crues et Ă  des dĂ©bordements dĂ©sastreux ; il reçoit, Ă  droite le Sichon, qui naĂźt au pied d'une montagne de 936 mĂštres, sur la limite mĂ©ridionalĂ© du dĂ©partement, parcourt une vallĂ©e Ă©troite, sauvage et pittoresque, oĂč se trouvent FerriĂšres, Arronnes et Cusset, et qui, aprĂšs avoir reçu le Jolan, se termine prĂšs de Vichy; le Mourgon, qui baigne Saint-Germain-des- FossĂ©s; le Valençon, qui passe Ă  Varennes. L'Allier reçoit Ă  gauche, l'Andelot, qui arrose Gannat, Escurolles, et se jette vis-Ă -vis de Varennes; la Sioule, riviĂšre trĂšs-encaissĂ©e, qui n'entre dans le dĂ©partement qu'aprĂšs un cours torrentueux de 110 kilomĂštres, baigne Ébreuil, Saint-Pourçain, reçoit la Bouble, affluent important qui vient du Puy-du-DĂŽme, et absorbe un grand nombre de ruisseaux ou de torrents. Le Cher arrose la partie occidentale du dĂ©partement et lui sert d'abord de limite au S.; puis il tourne au N., passe Ă  Montluçon et se dirige vers le dĂ©partement du Cher ; ses bords, peu Ă©levĂ©s depuis Montluçon, le laissent facilement dĂ©border ; il n'est point navigable, d'ail- leurs, et ne se grossit Ă  droite que d'un affluent important, l'Aumance, accru lui-mĂȘme de la riviĂšre de l'ƒil, et qui baigne HĂ©risson. Climat. — Le dĂ©partement de l'Allier appartient Ă  la zone tempĂ©rĂ©e ; cependant le climat est gĂ©nĂ©ralement froid. Les vents du y sont redoutĂ©s plus encore que ceux du N., car ils apportent un souffle glacial des Monts-d'Auvergne et des Mont-du-Forez. L'hiver y est long et rigoureux, et si quelquefois l'Ă©tĂ© offre de grandes chaleurs, de brusques variations en rendent le passage dangereux pour la santĂ©. Les orages sont frĂ©quents. Quelques cantons ont Ă  souffrir des miasmes qui se dĂ©gagent des Ă©tangs ou des marĂ©cages. Superficie. — Population. — La superficie du dĂ©partement de l'Allier est de 730 836 hectares. Sa population est de 376 164 habitants, ce qui donne 48 habitants environ par kilomĂštre carrĂ©. C'est un donc des dĂ©partements les moins peuplĂ©s de la France. Il y a cependant eu un accroissement de 107 500 habitants depuis le commencement du siĂšcle. Le caractĂšre de cette population. est trĂšseffacĂ©. Les habitants de l'Allier, dit un Ă©crivain du Bourbonnais, sont lĂ©gers, spirituels, enclins Ă  la plaisanterie, humains, hospitaliers, poussant Ă  l'excĂšs leur empressement envers les Ă©trangers, gĂ©nĂ©reux par caractĂšre, jamais par calcul. Il y a dans leur entretien plus de raison et de gaietĂ© que de culture d'esprit. Les femmes sont jolies et ont une amabilitĂ© remar- quable. Les habitants des campagnes passent pour ĂȘtre tracassiers et pour aimer les procĂšs ; ils sont trĂšs-attachĂ©s au lieu qui les a vus naĂźtre ; jusqu'Ă  prĂ©sent, il a Ă©tĂ© presque impossible de vaincre leur obstination dans certaines pratiques routiniĂšres. En gĂ©nĂ©ral, ils sont doux, honnĂȘtes, Ă©conomes, hospitaliers, et malgrĂ© leur tranquillitĂ© apparente, gais, vifs, adonnĂ©s aux plaisirs. » Agriculture. — Ce dĂ©partement est un des moins avancĂ©s au point de vue agricole, Ă  cause de l'apathie et de l'indolence des habitants que n'ont pu stimuler les facilitĂ©s des communications, cinq chemins de fer, les 30000 visiteurs qu'attirent les eaux thermales; et cependant, grĂące Ă  l'exemple donnĂ© par quelques grands propriĂ©taires, de notables progrĂšs ont Ă©tĂ© accomplis depuis plusieurs annĂ©es. Sur une superficie de 730 837 hectares, le dĂ©partement de l'Allier comprend 481 300 hectares de terre labourable; 143 789 hectares de bois, forĂȘts, Ă©tangs, chemins, etc.; 68438 hectares de prairies naturelles; 19 125 hectares de pĂąturages, landes, bruyĂšres, pĂątis ; 17029 hectares de vignes, etc. L'arrondissement de Moulins, qui s'Ă©tend sur presque toute la partie septentrionale du dĂ©partement, renferme Ă  la fois et les plaines les plus Ă©tendues et les bois les plus considĂ©rables. Les forĂȘts de Bagnollet, de Moladier, de Civrais de Gros-Bois, de Perroque, de Hume, de Leyde, fournissent en grande partie au commerce de bois de charpente et de la marine. Le sol lĂ©ger et de nature sablonneuse y est particuliĂšrement favorable Ă  la culture du mĂ»rier et Ă  la production des lĂ©gumes. Dans l'O., oĂč le sol est plus variĂ© et sillonnĂ© d'un grand nombre de riviĂšres, les vastes plaines offrent tous les genres de cultures ; on y rĂ©colte des pommes de terre, des betteraves, du chanvre, du colza, etc. C'est dans la vallĂ©e du Cher qu'apparaissent les. plus beaux pĂąturages du dĂ©partement, dont la valeur totale atteint sept millions de francs. Les produits agricoles consistent principalement en nombreux troupeaux de moutons qui couvrent les brandes , en bĂȘtes Ă  cornes, dont le nombre dĂ©passe 190 000 tĂȘtes et la valeur 20 millions de francs; 75 000 porcs, 25 000 chĂšvres, Ă©levĂ©s presque sans dĂ©pense, caractĂ©risent tout Ă  la fois l'aspect du pays et les dispositions de la population Ă  la vie pastorale. Les forĂȘts sont largement exploitĂ©es et leur produit atteint plus d'un million et demi de francs. Au total, la valeur annuelle de la production agricole est arrivĂ©e Ă  38 millions, de francs. Mines. — CarriĂšres. — Le dĂ©partement de l'Allier est un des plus riches de la France en mines et en carriĂšres. C'est lĂ  que se fabrique la plus grande quantitĂ© de fonte au charbon de terre. La houille abonde dans le bassin de Commentry ; le fer se trouve Ă  Bourbonl'Archambault, Ă  Ébreuil, le manganĂšse dans la commune de Saligny, et le sulfure d'antimoine Ă  Brenay. Le granit, le porphyre, le grĂšs, la pierre Ă  chaux, le marbre, se rencontrent presque partout. La richesse principale du dĂ©partement consiste dans ses eaux thermales de Vichy, de Cusset, de Bourbon, de NĂ©ris, qui sont connues du monde entier. Industrie.— Commerce. — Une partie du dĂ©partement et principalement l'arrondissement de Montluçon occupe le premier rang par son industrie. Il faut d'abord compter l'exploitation de la houille qui entretient quatorze Ă©tablissements, parmi lesquels Commentry occupe 12 000 ouvriers, puis des forges et hauts-fourneaux au nombre de 50, enfin la fabrication de glaces et les verreries de Montluçon. Moulins Ă©tait autrefois renommĂ© dans toute l'Europe pour sa coutellerie, mais cette industrie a perdu une partie de son importance. Le commerce consiste en produits agricoles, principalement, en moutons, en produits minĂ©raux, surtout en houille et eaĂčx thermales, enfin en produits manufacturĂ©s. Routes. — Canaux. — Chemins de fer. — Ce dĂ©partement compte neuf routes impĂ©riales, dont le parcours comprend 498 kilomĂštres. Moulins est le point central, oĂč les quatre plus importantes se croisent, entre autres celle qui, venant du dĂ©partement de la NiĂšvre, court du N. au S., passe Ă  Moulins, Ă  Varennes, Ă  la Palisse, et pĂ©nĂštre dans le dĂ©partement de la Loire. L'Allier est Ă©galement desservi par 8 routes dĂ©partementales et 6507 chemins, vicinaux dont le dĂ©veloppement est de 13637 kilomĂštres. Ce dĂ©partement compte deux canaux celui de Roanne Ă  Digoin, qui a une Ă©tendue de 17 993 mĂštres et rejoint le canal latĂ©ral Ă  la Loire; le canal latĂ©ral Ă  la Loire, qui reçoit le canal du Centre, et fait suite au prĂ©cĂ©dente longe comme lui la rive gauche de la Loire qu'il supplĂ©e, franchit la Vouzance, la Lodde, le Roudon, la BĂšbre, et quitte le dĂ©partement Ă  la hauteur de Gannay. Le dĂ©partement de l'Allier est desservi 1° par la seconde ligne principale du rĂ©seau, de Paris Ă  Lyon ligne du Bourbonnais, qui le traverse du N. au S., avec stations Ă  Villeneuve, Moulins, Bessay, Hauterive, Varennes, CrĂ©chy, Saint-Germain-des-FossĂ©s, Saint-GĂ©rand-le-Puy, la Palisse et Arfeuilles. De cette ligne se dĂ©tachent deux embranchements 1° celui de Saint-Germain-des-FossĂ©s Ă  Clermont, avec stations Ă  Saint-Remy, Monteignetet Gan- nat; 2° celui de Saint-Germain-des-FossĂšs Ă  Vichy. 2° Par quatre embranchements d'une ligne principale du rĂ©seau d'OrlĂ«ans, de Paris Ă  Agen 1° celui de Bourges Ă  Montluçon, avec stations Ă  Urcay, Vallon, Maquette, les Trillers; 2° celui de Montluçon Ă  Moulins, avec stations Ă  Commentry, Doyet - la - Presle, Villefranche, Chavenon, Tronget, Noyant, Souvigny; 3° ce- lui de Doyet-la-Presle Ă  BĂ©zĂ©net; 4° celui de Montluçon Ă  Sulpice-LauriĂšre, avec stations Ă  Domerat, Huriel, Treignat, Lavaud et Chanon. Ces diverses voies ferrĂ©es prĂ©sentent un dĂ©veloppement de 278 kilomĂštres. Un embranchement sera construit de Moulins Ă  Monceau-les-Mines, qui soudera ainsi la ligne du Bourbonnais Ă  celle de Paris Ă  Lyon. Histoire. — Le territoire qui formait la province du Bourbonnais fut occupĂ© autrefois par les Boiens, peuplades d'origine germanique, qui vinrent au secours des HelvĂ©tiens pendant lĂ  grande invasion dans les Gaules. Les HelvĂ©tiens, vaincus par CĂ©sar, durent se rĂ©fugier dans leurs montagnes, mais le conquĂ©rant, ayant admirĂ© pendant cette guerre le courage de leurs alliĂ©s les Boiens, offrit Ă  ces peuplades de rester dans la Gaule; les Boiens acceptĂšrent, et fondĂšrent une colonie, sous le patronage des Arduens, dont ils devinrent les clients. Ce fut prĂ©cisĂ©ment entre la Loire et l'Allier que les nouveaux colons s'Ă©tablirent, et peu de temps aprĂšs, ils avaient dĂ©jĂ  une capitale connue sous le nom de Gergovia Boiorum. Cette ville fut assiĂ©gĂ©e par Vercingetorix et dĂ©livrĂ©e par CĂ©sar. Pendant la domination romaine, le terri- toire des Boiens fut compris dans la premiĂšre Aquitaine ; au ve siĂšcle, il passa sous la domination des Visigoths et des Bourguignons. La bataille de VouillĂ©, gagnĂ©e par Clovis en 507, eut pour rĂ©sultat de rĂ©unir la partie occidentale de ce territoire au royaume des Francs. Quatre siĂšcles plus tard; aprĂšs le dĂ©membrement de l'empire de Charlemagne, l'ancienne colonie boienne appartenait Ă  des seigneurs particuliers. En 912, c'Ă©tait la sirerie d'Aymar, le premier sire de Bourbon que mentionne l'histoire. Il demeurait au chĂąteau de Bourbon et fonda la ville de Moulins. La dynastie d'Aymar s'Ă©teignit en 1218, dans la personne d'une fille unique qui avait apportĂ© le Bourbonnais en dot Ă  son mari, Guy de Dampierre. Un demi-siĂšcle plus tard, en 1272, le Bourbonnais appartenait par mariage au sixiĂšme fils de saint Louis, et l'hĂ©ritier de ce seigneur, Louis Ier, prenait le titre de duc de Bourbon. Depuis cette Ă©poque, il fut une seigneurie vassale des rois de France, jusqu'au fameux connĂ©table de Bourbon, tuĂ© au siĂ©ge de Rome, en 1527, et dont les biens furent confisquĂ©s et rĂ©unis Ă  la couronne de France. Le Bourbonnais, aprĂšs avoir successivement fait partie du domaine de plusieurs reines de France, fut donnĂ© en apanage au grand CondĂ© par Louis XIV. La maison de CondĂ© en a joui jusqu'Ă  la RĂ©volution. Lors de la formation des dĂ©partements, le Bourbonnais fut compris presque tout entier dans le dĂ©partement de l'Allier, qui reçut, en outre, un petit territoire dĂ©tachĂ© de l'Auvergne, le canton d'Ébreuil. Hommes cĂ©lĂšbres. — Parmi les hommes cĂ©lĂšbres du dĂ©partement de l'Allier, on cite les marĂ©chaux DE VILLARS et DE BERWICK; le marĂ©chal DE LA PALISSE ; le philosophe DE TRACY ; l'abbĂ© CHATEL; et, parmi les contemporains, le mĂ©decin LAUSSEDAT; le jurisconsulte DURANTON; le chanteur FAURE. Divisions administratives. — Le dĂ©partement de l'Allier forme quatre arrondissements ainsi subdivisĂ©s Arrond. de Moulins. 9 cant. 84 comm. — de La Palisse 6 — 75 — —, de Gannat. 5 — 67 — — de Montluçon. 8 - 91 — 28 cant. 317 comm. Le dĂ©partement forme la 3e subdivision de la 19e division militaire, dont le chef-lieu est Ă  Bourges. Il forme un diocĂšse dont le siĂšge est Ă  Moulins, et qui est suffragant de l'archevĂȘchĂ© de Sens. Ce diocĂšse compte 30 cures et 257 succursales, un grand et un petit sĂ©minaires Ă  Moulins. Les protestants y possĂšdent cinq temples. La justice est rendue par quatre tribunaux de premiĂšre instance, siĂ©geant aux chefs-lieux d'arrondissement, et par le tribunal de commercĂ© de Cusset qui ressortissent Ă  la Cour impĂ©riale de Riom. Il y a un lycĂ©e, une Ă©cole normale d'instituteurs et d'institutrices Ă  Moulins, des collĂ©ges communaux Ă  Montluçon et Ă  Cusset, et 315 Ă©coles publiques et libres. Les deux tiers des jeunes gens appelĂ©s au tirage ne savent ni lire ni Ă©crire. Description des villes. — Voici les principales localitĂ©s du dĂ©partement de l'Allier ARRONDISSEMENT DE MOULINS. MOULINS 19 890 hab., prĂ©fecture et chef-lieu de dĂ©partement, petite ville dont l'origine remonte au Xe siĂšcle, est placĂ©e dans une situation agrĂ©able, mais mal bĂątie; elle renferme, pour tous monuments, une cathĂ©drale de styie gothique encore inachevĂ©e, une vieille tour d'un palais ducal dĂ©truit par le feu en 1755, l'ancien couvent de la Visitation, qui sert aujourd'hui de lycĂ©e, et oĂč l'on voit le mausolĂ©e du duc de Montmorency dĂ©capitĂ© sous Louis XIII. Cette ville, divisĂ©e en deux cantons, est situĂ©e Ă  288 kilomĂštres de Paris, sur la rive droite de l'Allier que traverse un beau pont de treize arches. Sa coutellerie est renommĂ©e et l'on y fabrique des tissus, de la bonneterie, etc. Elle fait un grand commerce des produits du pays. Moulins a Ă©tĂ© souvent dĂ©solĂ©e par des dĂ©sastres, pestes, incendies, et surtout par les inondations de l'Allier. Dompierre-sur-BĂšbre 2229 hab., chef-lieu de canton, doit son importance Ă  son port sur la BĂšbre, qui facilite l'expĂ©dition des bois et charbons de cette partie du dĂ©partement. PrĂšs de cette petite ville, on trouve l'ancienne abbaye des Sept-Fonds de l'ordre des CĂźteaux, oĂč des religieux ont fondĂ© et exploitent actuellement un Ă©tablissement agricole. Bourbon-l'Archambault 3466 hab., chef-lieu de canton, situĂ© sur la Burge, est une ville fort ancienne, connue dĂ©jĂ  par les Romains pour ses eaux thermales. Elle figure dans les itinĂ©raires sous les noms de AquĂŠ Bormonis ou Borvonis, et a, sans doute, donnĂ© son nom Ă  la famille des Archambault. Cette petite ville est dominĂ©e par les ruines de l'ancien chĂąteau des sires de Bourbon, qui se dressent sur une plate-forme de rochers creusĂ©s Ă  pic de trois cĂŽtĂ©s par le courant de la Barge. Les eaux thermales de Bourbon-l'Archambault, encore trĂšs-frĂ©quentĂ©es au XVIIe siĂšcle, et dont parle Mme de SĂ©vignĂ© avec une reconnaissante admiration, sont aujourd'hui presque entiĂšrement dĂ©lais- sĂ©es ; l'État y a cependant un hĂŽpital pouvant contenir 250 lits. Bourbon-l'Archambault possĂšde deux Ă©difices, qui comptent parmi les monuments historiques de la France d'abord une Ă©glise du XIIe siĂšcle, puis les tours et l'enceinte d'un vieux chĂąteau fĂ©odal, achevĂ© au xve siĂšcle, par Anne de Beaujeu; lĂ  se voit la cĂ©lĂšbre tour de Quiquengrogne, dont le nom rappelle Ă  la postĂ©ritĂ© la mauvaise humeur des bourgeois de la ville contre leur duchesse. Lurcy-LĂ©vy 3684 hab., chef-lieu de canton, est citĂ© pour sa fabrication de briques rĂ©fraçtaires et sa manufacture de porcelaines, dont les produits s'expĂ©dient principalement sur Lyon. Les autres chefs-lieux de canton sont Chevagnes 1009 hab., Montet-aux-Moines 691 hab., Neuilly-le-RĂ©al 1553 hab., et Souvigny 3017 hab., sur le Quesnon, cĂ©lĂšbre par son abbaye de BĂ©nĂ©dictins, oĂč les sires de Bourbon se faisaient enterrer, et qui est comprise parmi les monuments historiques. Les principales communes de'l'arrondissement sont Yzeure 3585 hab.; Ygrande 1862 hab.; BuxiĂšres-la-Grue 2623 hab.; Tronget 1263 hab.; Couleuvre 2157 hab.. ARRONDISSEMENT DE LA PALISSE. LA PALISSE 2821 hab., sous-prĂ©fecture et chef-lieu d'arrondissement, Ă  54 kilomĂštres de Moulins, est situĂ©e sur la BĂšbre, au pied d'un coteau oĂč s'Ă©lĂšve l'ancien chĂąteau des sires de la Palisse, Ă©difice remarquable par ses façades, sa dĂ©coration intĂ©rieure, et rangĂ© dans la catĂ©gorie des monuments historiques. L'industrie de cette petite ville a peu d'importance, mais elle fait un assez grand commerce de grains et de bestiaux. Le Donjon 2048 hab., chef-lieu de canton, est situĂ© dans un vallon entourĂ© de collines ; il a des tuileries et des fabriques de draps ; on n'y trouve plus de trace du chĂąteau qui a donnĂ© son nom Ă  cette localitĂ©. Jaligny 950 hab., chef-lieu de canton, est situĂ© sur la rive droite de la BĂšbre. Cette commune possĂšde un beau chĂąteau du XVe siĂšcle, qui se reliait Ă  une muraille d'enceinte Ă  peine marquĂ©e aujourd'hui. Cusset 6575 hab., chef-lieu de canton, est situĂ© entre les vallĂ©es ondoyantes du Sichon et du Jolan, qu'enveloppent les plus riantes collines. C'est une vieille ville qui date du IXe siĂšcle et qui Ă©tait, au moyen Ăąge, trĂšs-bien fortifiĂ©e. C'est lĂ  que Louis XI, encore dauphin, demanda merci Ă  son pĂšre Charles VII contre lequel il s'Ă©tait rĂ©voltĂ©. De ses fortifications, il ne reste qu'une grosse tour servant de prison. Son Ă©glise de Saint-Saturnin, dont la façade romane et le clocher datent du XIe siĂšcle, est classĂ©e parmi les monuments historiques. Cusset Ă©tait autrefois une ville assez florissante, dont le voisinage de Vichy a absorbĂ© la vie. Elle est reliĂ©e Ă  cette importante commune par la belle allĂ©e des Dames, longue de 4 kilomĂštres et bordĂ©e de peupliers, et n'est frĂ©quentĂ©e que par le trop plein des visiteurs de Vichy qui vont boire ses eaux minĂ©rales, lesquelles sont absolument de mĂȘme nature. PrĂšs de Cusset, sur le torrent du Sichon est la manufacture des Grivas, cĂ©lĂšbre par les tissus de coton qui portent ce nom. Les autres chefs-lieux de canton sont Le Mayet 1908 hab., Varennes 2496 hab.. La principale commune de l'arrondissement est Vichy 5666 hab., qui n'est pas mĂȘme un chef-lieu de canton. C'est pourtant la localitĂ© la plus connue du dĂ©partement et aussi l'une des plus cĂ©lĂšbres de la France. Elle doit cette renommĂ©e Ă  ses eaux minĂ©rales, dĂ©jĂ  visitĂ©es au temps des Romains, sous le nom d'AquĂŠ calidĂŠ, comme le prouvent les nombreuses antiquitĂ©s trouvĂ©es dans le sol, des figurines, des mĂ©dailles, des statuettes, des bronzes, des poteries, des monnaies, des fragments de frises et de chapiteaux. Ces sources, frĂ©quentĂ©es sur- tout depuis le XVIIe siĂšcle, ont, de nos jours, pris une telle importance qu'elle reçoivent annuellement 20 Ă  25 000 visiteurs, et fournissent Ă  l'exportation plus de deux millions de bouteilles. Vichy est situĂ© dans une belle vallĂ©e, sur la rive droite de l'Allier, prĂšs du confluent du Sichon, Ă  60 kilomĂštres de Moulins, Ă  360 kilomĂštres de Paris, et est reliĂ© par un sous-embranchement au chemin de fer de Paris Ă  Lyon par le Bourbonnais. Cette ville repose sur une nappe d'eaux minĂ©rales dont elle semble le couvercle, et d'oĂč Ă©mergent dix Ă  douze sources essentiellement alcalines ; ces eaux peuvent se diviser en deux groupes elles sont bicarbonatĂ©es sodiques, ou bicarbonatĂ©es sodiques et ferrugineuses; les principales sources sont celles de la Grande-Grille, du Puits-CarrĂ©, du Puits-Chomel, de l'HĂŽpital, des CĂ©lestins, du Puit-Lardy, du Parc, du Puits-Larbaud, de Mesdames. Vichy se divise en deux parties la vieille ville, situĂ©e sur une Ă©minence, et composĂ©e de rues Ă©troites, tortueuses, de maisons noires et mal bĂąties, oĂč l'on distingue seulement le pavillon habitĂ©, en 1676, par Mme de SĂ©vignĂ©; la ville neuve, formĂ©e presque entiĂš- rement de larges rues, de beaux boulevards, de riches hĂŽtels, de maisons Ă  la mode, de villas splendides ; son ancien parc, plantĂ© de belles allĂ©es de platanes, est situĂ© entre le nouveau Casino et l'Établissement thermal; son nou- veau parc, qui forme un jardin anglais sur le bord de l'Allier, est protĂ©gĂ© contre les inondations de cette riviĂšre par une belle levĂ©e de 2 kilomĂštres. Le nouveau Vichy, dans la saison des eaux, animĂ© par une population riche, Ă©lĂ©gante, venue de tous les coins de l'Europe, et moins occupĂ©e de maladies que de plaisirs, ressemble aux plus beaux quartiers de Paris, aux Champs-ÉlysĂ©es et Ă  leurs entours. Le centre de cette nouvelle ville est l'Établissement thermal bĂąti au-dessus des trois principales sources, commencĂ© en 1787 par Mesdames, sƓurs de Louis XVI, et continuĂ© en 1821 par la duchesse d'AngoulĂȘme. Il a Ă©tĂ© agrandi et doublĂ© sous ces derniĂšres annĂ©es. C'est le plus vaste et le mieux appropriĂ© qui soit en Europe; il peut donner trois cents bains par jour. Le complĂ©ment de cet Ă©tablissement est le magnifique Casino, situĂ© entre les deux parcs, et qui renferme un joli théùtre, des salles de bal, de lecture, de jeux. La plupart des embellissements de Vichy sont dus Ă  la sollicitude de NapolĂ©on III, qui vient quelquefois prendre les eaux dans cette ville. Il a fait construire, pour les visiteurs, des chalets trĂšs-modestes dans le nouveau parc, sur les terrains fangeux qu'inondait autrefois l'Allier. On lui doit encore la levĂ©e qui borde cette riviĂšre, l'Ă©glise nouvelle, chefd'Ɠuvre de simplicitĂ© et d'Ă©lĂ©gance, et les agrandissements de l'hĂŽpital militaire, qui peut hospitaliser 150 officiers. Les environs de Vichy sont trĂšs-pittoresques ; la belle vallĂ©e oĂč elle est assise, entre l'Allier et le Sichon, semble un prolongement de la Limagne d'Auvergne; au S. et au se dressent les sommets des Monts-Domes et des Monts-du-Forez ; Ă  l'E. et au N. s'Ă©tagent en amphithéùtre de hauts coteaux richement accidentĂ©s, couverts de vignobles ou de pĂąturages, et plantĂ©s d'arbres fruitiers ; enfin la vallĂ©e du Sichon offre les sites les plus pittoresques, et les plus imprĂ©vus, de jolies positions, des gorges sauvages, des eaux limpides, des cascades fougueuses. Les autres communes importantes de l'arrondissement sont Arfeuilles 3148 hab.; Isserpent 1065 hab. ; FerriĂšres 3233 hab. ; SaintGĂ©rand-le-Puy 1717 hab. ; etc. ARRONDISSEMENT DE GANNAT. GANNAT 5528 hab., sous-prĂ©fecture et cheflieu d'arrondissement, Ă  58 kilomĂštres de Moulins, petite ville assez laide, aux rues mal pavĂ©es et irrĂ©guliĂšres, est situĂ©e dans la vallĂ©e de l'Andelot. Son Ă©glise de Sainte-Croix, dont le chƓur, suivant M. Violet-le-Duc, appartient au pur style auvergnat du XIe siĂšcle, est classĂ©e parmi les monuments historiques. Gannat fait un grand commerce de grains et de vins. Ébreuil 2287 hab., chef-lieu de canton, situĂ© sur la Sioule, est remarquable par son Ă©glise, seste d'une abbaye de BĂ©nĂ©dictins, comprise parmi les monuments historiques de France. Saint-Pourçain 5001 hab., chef-lieu de canton, situĂ© sur la rive gauche de la Sioule, possĂšde une Ă©glise, dont la nef date du XIe siĂšcle; cette ville fait un commerce actif de blĂ©, noix, chanvre et vin. Les autres chefs-lieux de canton sont Chantelle 2073 hab., et Escurolles 1136 hab. Les principales communes de l'arrondissement sont Biozat 1525 hab.; Bellenaves 2528 hab. ; Bransat 1251 hab. ; Vendat 1156 hab.; Saint-Bonnet-de-Rochefort 1250 hab.; etc. ARRONDISSEMENT DE MONTLUÇON. MONTLUÇON 18 675 hab., sous-prĂ©fecture et chef-lieu d'arrondissement, divisĂ© en deux cantons, est situĂ© Ă  78 kilomĂštres de Moulins, prĂšs des rives du Cher et sur un mamelon qui domine la riviĂšre. Elle se divise en deux parties la ville haute ou ville vieille, qui a des rues tortueuses et Ă©troites, et de nombreuses maisons de bois, datant du xve siĂšcle; la ville basse ou ville neuve, oĂč se trouvent les grands Ă©tablissements industriels qui ont fait de Montluçon une localitĂ© importante. L'Ă©glise Notre-Dame, du XIVe siĂšcle, et l'Ă©glise romanobyzantine de Saint-Pierre, sont des Ă©difices curieux Ă  Ă©tudier. On trouve Ă  Montluçon des usines Ă  fer, de trĂšs-belles fabriques de glaces, des verreries, des tanneries, et il s'y fait un commerce considĂ©rable des produits agricoles de l'arrondissement. Commentry 9978 hab., chef-lieu de canton, situĂ© dans une rĂ©gion montagneuse et sur les bords de l'OEil, doit sa prospĂ©ritĂ© Ă  l'exploitation des mines de houille de son territoire une usine mĂ©tallurgique avec des hauts fourneaux y occupe 1200 ouvriers. Les autres chefs-lieux dĂ© canton sont Cerilly 2691 hab., HĂ©risson 1493 hab., Huriel 2988 hab., Marcillat 1810 hab. et Montmarault 1731 hab.. Les principales communes de l'arrondissement sont DomĂ©rat 3438 hab. ; La Celle 1288 hab. ; Ainay-le-ChĂąteau 2203 hab. ; Doyet 2730 hab.; Montvicq 4733 hab.; NĂ©ris 2180 hab., situĂ© Ă  la tĂȘte du canal du Cher qui la divise en ville haute et en ville basse ; la premiĂšre, construite sur une colline, possĂšde une Ă©glise du XIe siĂšcle ; la seconde, bĂątie dans la plaine, renferme des bains qui Ă©taient dĂ©jĂ  cĂ©lĂšbres sous la domination romaine. ALLIER Vue de Digne. — Vue de Sisteron. ALPES-BASSES. Situation — Limites. — Aspect gĂ©nĂ©ral. — Le dĂ©partement des Basses-Alpes tire son nom des montagnes qui couvrent son territoire. Il est situĂ© dans l'angle S. O. de la France, et limitĂ© au N. par le dĂ©partement des HautesAlpes; Ă  l'E. par l'Italie et le dĂ©partement des Alpes-Maritimes ; au S. par les dĂ©partements du Var et des Bouches-du-RhĂŽne ; Ă  l'O. par ceux de Vaucluse et de la DrĂŽme. Ce dĂ©partement est entiĂšrement monta- gneux, et les montagnes croissent Ă  mesure qu'on s'Ă©lĂšve du S. au N. et de l'O. Ă  l'E., des bords du Verdon ou de la Durance vers le sommet des Alpes Maritimes. La chaĂźne prin- cipale des Alpes de Provence, qui court du N. au S. sur la rive gauche du Verdon, sĂ©pare le dĂ©partement en deux parties bien distinctes la rĂ©gion supĂ©rieure comprenant les arrondissements de Barcelonnette et de Castellane, et la rĂ©gion infĂ©rieure avec les arrondissements de Sisteron et de Forcalquier. Entre ces hautes chaĂźnes de montagnes et leurs ramifications s'Ă©tendent de profondes vallĂ©es, tantĂŽt sauvages, tantĂŽt agrestes, gĂ©nĂ©ralement Ă©troites, que parcourent les eaux ravageuses de la Durance et de ses affluents ; dans les parties basses apparaissent des terres arides ou des plaines fertiles; les flancs des vallĂ©es sont couverts de pĂąturages, quelquefois Ă©levĂ©s de 2500 mĂštres, oĂč les troupeaux de la Provence sĂ©journent chaque annĂ©e en nombre considĂ©rable; au delĂ , les sommets des montagnes surgissent tantĂŽt avec leurs rochers nus, tantĂŽt avec des forĂȘts de sapins et de mĂ©lĂšzes, que domine un chaos de pics revĂȘtus de neiges Ă©ternelles. Entre toutes les vallĂ©es des Basses-Alpes, la plus remarquable est celle de l'Ubaye ou de Barcelonnette, fermĂ©e de toutes parts par des montagnes qui ont jusqu'Ă  3000 mĂštres de hauteur. Dans la rĂ©gion mĂ©ridionale, les champs, d'une heureuse fertilitĂ©, sont couverts de mĂ»riers, d'oliviers et de vignes qui contrastent avec les rĂ©gions alpestres du nord. Orographie. — La charpente orographique de ce dĂ©partement est formĂ©e par le versant occidental et par les contre-forts des Alpes-Ma- ritimes, depuis la montagne de Saint-VĂ©ran jusqu'au Mont-Lauzanier, et par l'extrĂ©mitĂ© des Alpes du DauphinĂ©. Les Alpes - Maritimes renferment le MontLongets, haut de 3153 mĂštres, point culminant de toute la chaĂźne, situĂ© aux sources de l'Ubaye , et le Col de l'ArgentiĂšre, qui domine les sources de l'Ubayette, entre Barcelonnette et Demoute Italie. Le premier contre-fort des Alpes se dĂ©tache du Mont-Viso, court entre la Durance et l'Ubaye, ferme au N. la vallĂ©e de Barcelonnette, et sĂ©pare le dĂ©partement de celui des Hautes-Alpes ; on y trouve les sommitĂ©s suivantes le Saint-VĂ©ran 2040 mĂšt., le Vars 2113 mĂšt., le Parpaillon 2722 mĂšt., le Grand-BĂ©rard 3047 mĂšt. et le Joug-de-l'Aigle dans la montagne de Pontis 2900 mĂšt., en face du fort Saint-Vincent. Le deuxiĂšme contre-fort, sous le nom d'Alpes de Provence ou Basses-Alpes, se dĂ©tache vers le Mont- Lauzanier, au S. du Col de l'ArgentiĂšre, se recourbe bientĂŽt directement vers le S. entre le Verdon et le Var, en sĂ©parant le dĂ©partement de celui des Alpes-Maritimes, et pĂ©nĂštre dans le dĂ©partement du Var sous le nom de Mont-Esterets ; sa hauteur moyenne est de 2500 mĂštres; on y remarque le CombiĂšre Ă  l'E. de Colmars et le Valplane aux sources de l'Esteron. De cette chaĂźne se dĂ©tache au Col d'Allos un rameau assez considĂ©rable qui achĂšve de fermer la ceinture mĂ©ridionale de l'Ubaye, et dont l'extrĂ©mitĂ©, sous le nom de Montagnes-Blanches ferme la vallĂ©e de Barcelonnette. Ă  la hauteur du fort Saint-Vincent; ce rameau jette Ă  son tour plusieurs ramifications qui sĂ©parent entre elles les vallĂ©es de la Durance, de la BlĂ©one, de la Sasse et du Yerdon. La partie mĂ©ridionale des Alpes du DauphinĂ© forme Ă  peu prĂšs la limite entre le dĂ©partement des Basses-Alpes et celui de Vaucluse; on l'appelle Montagne-de-Lure ; elle envoie plusieurs ramifications sur la Durance, et a son point culminant, haut de 1825 mĂštres, au S. O. de Sisteron. Les montagnes du dĂ©partement des BassesAlpes couvrent les cinq sixiĂšmes environ de son territoire. Hydrographie. — Le dĂ©partement des BassesAlpes, sauf une petite partie du S. E. traversĂ©e par le Var, appartient au bassin moyen de la Durance. La Durance est la riviĂšre la plus dĂ©sordonnĂ©e de France et la plus fĂ©conde en dĂ©sastre; elle descend du Mont-GenĂšvre dans le dĂ©partement des Hautes-Alpes, sert un instant de limite entre les deux dĂ©partements depuis le confluent du Guil jusqu'Ă  10 kilomĂštres au-dessus de Sisteron, arrose alors cette ville,les MĂ©es, Ma- nosque, Volonne, et quitte le dĂ©partement au confluent du Verdon. La Durance reçoit dans le dĂ©partement des Basses-Alpes, Ă  gauche 1° l'Ubaye, qui descend du lac Longet prĂšs duquel se trouve le col du mĂȘme nom, absorbe le torrent de la Cula et alimente le lac trĂšs-profond de Paroird, Ă©levĂ© de 1000 mĂštres; cette riviĂšre reçoit alors le Mary, traverse la vallĂ©e de BlaichiĂšre, arrose le fort de Tournoux, forme la vallĂ©e de Barcelonnette, reçoit l'Ubayette qui descend du Col de l'ArgentiĂšre, passe Ă  la Condamine, oĂč le Parpaillon mĂȘle ses eaux aux siennes, baigne Jauziers, oĂč se jette le Verdon, arrose Faucon, la petite place de Barcelonnette, absorbe le Bachelard, arrose MĂ©olan, Revel, le Lauzet, passe devant le fort Saint-Vincent bĂąti sur un mamelon de la Croix-de-Colbac, montagne superbe qui avec le Joug-de-l'Aigle situĂ© en face, ferme la vallĂ©e, et enfin elle se jette dans la Durance aprĂšs un cours de 80 kilomĂštres ; 2° la Blanche, torrent sans importance qui passe au fort de Seyne ; 3° la BlĂ©one, qui arrose Digne, finit aux MĂ©es, et se grossit Ă  droite de la Besse et Ă  gauche de l'Edruye ; 4° le Verdon, qui descend du Col d'Allos, arrose la petite place de Colmars, laisse Ă  droite Castellane et va finir Ă  Cadarache, aprĂšs avoir reçu la Sence, l'Isole, le Jabron, la Volonge et le Colostre. La Durance reçoit Ă  droite 1° le Buech, qui descend des Monts-du-DauphinĂ©, traverse les Hautes-Alpes et finit prĂšs de Sisteron, aprĂšs un cours de 15 kilomĂštres dans les Basses-Alpes ; 2° le Caldron, qui descend des Monts-de- Lure et entre presque aussitĂŽt dans le dĂ©partement de Vaucluse. Le Var descend du Mont-Pelouze, entre dans les Basses-Alpes Ă  quelques kilomĂštres audessus d'Entrevaux, baigne cette forteresse, et passe ensuite dans le dĂ©partement des AlpesMaritimes. Parmi les nombreux lacs que renferme ce dĂ©partement, nous citerons le lac d'Allos, aux sources du Verdon, qui se trouve situĂ© Ă  2229 mĂštres de hauteur, et dont la superficie est de 250 hectares ; puis le lac de Lauzet, prĂšs du village du mĂȘme nom, qui a 500 mĂštres de circonfĂ©rence. Climat. — Par sa position mĂ©ridionale et montagneuse, le dĂ©partement des Basses-Alpes rĂ©unit en quelque sorte tous les climats. Il prĂ©sente en mĂȘme temps au levant la vĂ©gĂ©tation du printemps, au midi les fruits de l'automne et au nord les glaces de l'hiver. On rĂ©colte dĂ©jĂ  Ă  Manosque lorsqu'on sĂšme encore Ă  la SestriĂšre. Dans la vallĂ©e de Barcelonnette, on ne connaĂźt que deux saisons, l'hiver qui s'annonce en novembre par la chute des neiges, et l'Ă©tĂ© qui commence Ă  la mi-mai, Ă©poque de la fonte des neiges. Les limites extrĂȘmes de la tempĂ©rature sont renfermĂ©es entre 24 degrĂ©s centigrades au-dessous de zĂ©ro et 20 degrĂ©s au-dessus. L'air est vif, pur et salubre, mais la tempĂ©rature est trĂšs-variable. Superficie. — Population. — Le dĂ©partement des Basses-Alpes a 740 895 hectares de superficie, et compte 143 000 habitants, ce qui ne donne que 21 habitants environ par kilomĂštre carrĂ©; c'est donc le dĂ©partement le moins peuplĂ© de la France; depuis 1801, il n'a augmentĂ© que de 9000 habitants; il est, comme moyenne, prĂšs de neuf fois au-dessous du dĂ©partement du Nord, qui lui est cependant infĂ©rieur en superficie. L'Ă©migration est un fait permanent dans les Basses-Alpes; elle est due principalement Ă  la rigueur de la tempĂ©rature, aux dangers des avalanches et des ouragans qui dĂ©truisent en quelques instants le fruit d'un pĂ©nible labeur, enfin au dĂ©boisement qui a livrĂ© le sol aux dĂ©vastations des torrents et frappĂ© de stĂ©rilitĂ© presque tout le pays. La popu ation qui persiste est naturellement vigoureuse et attachĂ©e aux lieux qui l'ont vue naĂźtre. On y compte peu de personnes sans profession, 3700 au plus, tandis que le nombre des agriculteurs est de prĂšs de 120 000 contre 2 000 industriels ou commerçants. La vie pastorale est gĂ©nĂ©rale dans certaines parties, et le costume y a conservĂ© ses particularitĂ©s. Ainsi, les hommes sont encore vĂȘtus d'une longue casaque, couverts d'un large chapeau et chaussĂ©s de souliers dont l'Ă©paisse semelle, garnie de clous Ă©normes, les aide dans leur marche pĂ©nible. Les femmes sont vĂȘtues d'Ă©toffes de laine Ă©clatantes; leur coiffure est un bonnet garni de dentelles sur lequel elles posent le plus souvent un large chapeau de feutre ou de paille. Les habitants des villes parlent français, mais le langage gĂ©nĂ©ral est le provençal. Agriculture. — Le dĂ©partement des BassesAlpes est essentiellement pasteur et agricole ; c'est l'un des plus pauvres de la France. On estime qu'ilrenferme 160 000 hectaresde terres labourables ; 33 000 de prairies ; 14 000 de vi- gnes, 186 000 de boisements, d'Ă©tangs, de terres incultes; 296 000 de landes, bruyĂšres et pĂątis. Le sol, naturellement ingrat, coupĂ© de rochers et dĂ©vastĂ© par les torrents, ne doit sa fer- tilitĂ© qu'Ă  l'Ă©nergie industrieuse de ses habitants. Dans le N., on cultive surtout le seigle, l'orge et l'avoine; Ă  mesure que l'on descend vers le S., les mĂ»riers, les oliviers, les amandiers, les figuiers, les orangers et les citron- niers se mĂȘlent aux cĂ©rĂ©ales. Les arbres fruitiers, et principalement le prunier, y sont rĂ©pandus sur plusieurs points. Les vignes cultivĂ©es avec soin produisent des vins trĂšs-estimĂ©s, entre autres ceux des MĂ©es qui passent pour les meilleurs. Les forĂȘts renferment de nombreuses essences parmi les- quelles dominent le chĂȘne blanc et vert, le hĂȘtre, le sapin, le pin et le mĂ©lĂšze. Mais la principale ressource de la contrĂ©e consiste dans les pĂąturages naturels des montagnes, dont les herbes odorifĂ©rantes donnent au mouton une qualitĂ© supĂ©rieure en chair qui est fort recherchĂ©e. IndĂ©pendamment de 400 000 bĂȘtes ovines appartenant au dĂ©partement et qui trouvent leur nourriture toute l'annĂ©e dans le libre parcours de ses montagnes, on en voit encore arriver une Ă©gale quantitĂ© des dĂ©partements du Var et des Bouches-du-RhĂŽne, qui, sous le nom de transhumants, viennent, chaque Ă©tĂ©, paĂźtre l'herbe de ses riches prairies. Ces moutons, divisĂ©s par troupeaux de 2000 tĂȘtes, se nourrissent en marchant, font environ 12 Ă  14 kilomĂštres par jour, et ne quittent le pays qu'aux premiĂšres atteintes de b saison d'hiver. Parmi les plus considĂ©rables des montagnes pastorales, on distingue celle de Loux prĂšs d'Allos, celle de Monier Ă  Colmars, et les montagnes de l'Arche et du Lauzanier dans la vallĂ©e de Barcelonnette. Outre les animaux de race ovine, on Ă©lĂšve dans les Basses-Alpes environ 13 000 bĂȘtes bovines, 45 000 porcs qui trouvent une nour- riture succulente dans les forĂȘts, 24 000 chĂšvres, 3500 chevaux, 14 000 mulets et 7000 Ăąnes. Les ruches d'abeilles sont trĂšs-nombreuses dans le dĂ©partement, et donnent un assez beau revenu. Les cultivateurs des Basses-Alpes ont conservĂ© presque partout leurs habitudes routiniĂšres, et c'est dans le but de leur ouvrir la voie des amĂ©liorations par l'exemple, que l'administration a créé une ferme-Ă©cole Ă  Paillerols, canton de MĂ©es, prĂšs de la Durance. Cependant la valeur totale de la production agricole ne dĂ©passe pas annuellement 26 millions de francs. Mines. — CarriĂšres. — Parmi les richesses minĂ©rales du dĂ©partement, qui sont assez importantes, il faut citer le plomb, le baryte, le bismuth, l'alun rĂ©pandus abondamment dans le sol; le soufre, la houille, le jaspe, le cristal de roche ne manquent pas Ă  ces terrains formĂ©s de couches secondaires, tertiaires ou diluviennes. On parle vaguement de filons d'argent anciennement travaillĂ©s, et de mines d'or dans la vallĂ©e de Barcelonnette ; mais jusqu'ici l'alun et le plomb sont seuls en cours d'exploitation productive avec les houilles de Forcalquier. On tire aussi d'assez beaux marbres du lit des torrents, des ardoises et du gypse. Les sources minĂ©rales sont assez nombreuses dans les Basses-Alpes; cependant on n'exploite que celles de Digne et de GrĂ©oulx qui sont assez frĂ©quentĂ©es; on trouve Ă©galement des sources d'eau salĂ©e, notamment dans le vallon du Bouquet, ce qui fait supposer la prĂ©sence d'un banc de sel gemme dans le dĂ©partement. Industrie. — Commerce. — L'industrie longtemps limitĂ©e au filage de la laine et Ă  la fabrication des produits les plus nĂ©cessaires aux besoins des habitants, a pris depuis quelques annĂ©es une vĂ©ritable importance. La fabrication des draps s'est dĂ©veloppĂ©e Ă  Digne, Ă  Castellane, etc., et compte prĂšs de trente Ă©tablissements. La filature de la soie, dont la production dĂ©passe annuellement plus de 4000 kilogrammes, a aussi pĂ©nĂ©trĂ© dans le dĂ©partement; elle a poussĂ© Ă  la culture du mĂ»rier, et Sainte-Tulle, dans l'arrondissement de Forcal- quier, possĂšde actuellement une magnaneriemodĂšle et un cours gratuit de sĂ©riciculture. Les autres produits de l'industrie consistent en peausseries, coutelleries communes, faĂŻenceries, tanneries, poteries, papeteries, huileries et distilleries. On exporte seulement des draps, des toiles, des vins, des bestiaux, des plantes aromatiques, du miel, de la cire et des fruits secs, parmi lesquels des pruneaux dits de Brignolles sont trĂšs-estimĂ©s. Le nombre des mines de houilles exploitĂ©es dans le dĂ©partement est de 28 ; elles s'Ă©tendent sur une superficie de 75 kilomĂštres carrĂ©s, et produisent environ 40 000 quintaux mĂ©triques par annĂ©e. Routes. — Canaux. — Chemins de fer. — Les routes impĂ©riales sont au nombre de 4, et s'Ă©tendent dans le dĂ©partement sur une longueur de 124 kilomĂštres. La plus importante vient de Gap, dans les Hautes-Alpes, passe Ă  Sisteron et Ă  Volonne, se bifurque Ă  Malijay sur la BlĂ©one et se dirige, d'un cĂŽtĂ©, par les MĂ©es sur Forcalquier, et de lĂ  dans le dĂ©partement de Vaucluse; de l'autre, elle remonte la BlĂ©one jusqu'Ă  Digne, descend ensuite vers le sud par BarrĂšme, Senez, Castellane, et entre dans le dĂ©partement du Var. Le Col de l'Ar- gentiĂšre met ce dĂ©partement en communication avec l'Italie; celui d'Entrevaux le relie au dĂ©partement des Alpes-Maritimes. On compte, en outre, 22 routes dĂ©partementales et 1116 chemins vicinaux, d'un dĂ©veloppement de 4681 kilomĂštres. Le dĂ©partement ne renferme aucun canal navigable; on n'y trouve que le canal d'irrigation de la Brillonne dans l'arrondissement de Forcalquier. Quant aux chemins de fer, ils n'existent encore qu'Ă  l'Ă©tat de projet ; une ligne partant de Grenoble descendra le long de la Durance par Sisteron, les MĂ©es, Pertuis, Cavaillon, et se rattachera par Avignon Ă  la ligne principale du rĂ©seau de Lyon. Histoire. — Les Albici, les Reii, les Rodiontici, les Esubiani, les Salinienses d'origine celtique et mĂȘlĂ©s Ă  des Ligures, paraissent avoir Ă©tĂ© les premiers habitants du pays. Ils formaient une confĂ©dĂ©ration qui lutta Ă©nergiquement contre la domination romaine, et dont le territoire fut compris aprĂšs la conquĂȘte dans la Province-Romaine Provincia ulterior. Pendant la grande invasion des barbares, ce territoire fut ravagĂ© successivement par les Ostrogoths, les Lombards, les HĂ©rules, les Vandales et les Francs; rĂ©uni un instant au royaume d'Italie sous ThĂ©odoric, il fut de nouveau envahi au VIIIe siĂšcle par les Sarrasins qui brĂ»lĂšrent Digne, Sisteron et Manosque. AprĂšs le dĂ©membrement de l'empire de Charlemagne, le pays fit successivement partie de la Lotharingie, du royaume d'Arles et du comtĂ© de Pro- vence sous des princes qui relevaient nominalement de l'empire d'Allemagne. Dans le courant du XIIIe siĂšcle, il passa par hĂ©ritage Ă  Charles d'Anjou, frĂšre du roi Louis IX, qui dĂ©truisit les privilĂšges et les libertĂ©s municipales dont jouissaient les grandes villes et soumit tout le pays Ă  un joug tyrannique. Les habitants respirĂšrent sous la deuxiĂšme maison d'Anjou et parvinrent mĂȘme Ă  reconquĂ©rir presque toutes leurs libertĂ©s ; mais aprĂšs la mort du dernier comte RenĂ©, ses États furent rĂ©unis Ă  la couronne en 1486, et depuis lors le pays n'a pas cessĂ© d'appartenir Ă  la France. Au milieu de toutes ces vicissitudes, les ducs de Savoie s'Ă©taient rendus maĂźt es de la vallĂ©e de Barcelonnette; quand les populations de la Durance lurent devenues françaises, elles eurent Ă  souffrir cruellement des dĂ©vastations de leur voisin ; pour y mettre un terme, François Ier s'empara du territoire de Barcelonnette et le rĂ©unit au DauphinĂ©; mais les ducs de Savoie le retrouvĂšrent au traitĂ© de Cateau-CambrĂ©sis. Les guerres de religion amenĂšrent de grands troubles dans le pays, et pendant prĂšs de quinze ans, il sembla entiĂšrement dĂ©tachĂ© de la France; rentrĂ© sous l'autoritĂ© royale, il s'agita encore pendant la Fronde, mais ce fut un dernier effort. La guerre de la succession d'Espagne attira de nouveaux dĂ©sastres sur la vallĂ©e de la Durance, sans cesse exposĂ©e aux invasions des ducs de Savoie ou de leurs alliĂ©s, par la vallĂ©e de l'Ubaye. Pour fermer dĂ©finitivement Ă  l'Ă©tranger cette porte de la France, Louis XIV nĂ©gocia sa cession avec le duc de Savoie, et l'obtint dĂ©finitivement en 1713, au traitĂ© d'Utrecht. A l'Ă©poque de la formation de la France par dĂ©partements, celui des Basses-Alpes fut composĂ© de la rĂ©union des diocĂšses de Senez, de Glandevez, de Digne, de Riez et de Sisteron. Le premier forma l'arrondissement de Barcelonnette et les cantons de Colmars, SaintAndrĂ©, Castellane et Senez ; le second forma la partie de l'arrondissement de Castellane appartenant au bassin du Var ; le troisiĂšme forma le canton de Seyne, de la Javie, de Digne, de BarrĂȘme, et une partie de l'arrondissement de Sisteron ; le diocĂšse de Riez forma les cantons des MĂ©es, de MĂ©zel, de Moustiers, de Riez et de Valensole; celui de Sisteron comprit la partie occidentale de l'arrondissement du mĂȘme nom et l'arrondissement de Forcalquier. Hommes cĂ©lĂšbres. — Les hommes cĂ©lĂšbres du dĂ©partement des Basses-Alpes, sont JEAN DE MATHA, fondateur de l'ordre de la RĂ©demption des Captifs; les frĂšres BLACAS, qui enlevĂšrent Corfou aux Grecs dans le XIIe siĂšcle; GUILLAUME DE PORCELET, troubadour et compagnon d'armes de Richard CƓur de Lion; PIERRE GASSENDI, le mathĂ©maticien; DE RÉAL, l'Ă©conomiste; ALPHONSE RABBE, publiciste; CHAUDON, auteur du Dictionnaire historique; DELEUZE, bibliothĂ©caire du musĂ©e d'histoire naturelle; ITARD, membre de l'AcadĂ©mie de mĂ©decine; BAYLE, mĂ©decin distinguĂ©; les gĂ©nĂ©raux BRUNET, BREISSAND, DESMICHELS, GASSENDI, HERBEZ, LATOUR et MASSOL; les amiraux RICHERY, VILLENEUVE, le vaincu de Trafalgar, et le grand citoyen MANUEL. Divisions administratives. — Le dĂ©partement des Basses-Alpes forme cinq arrondisse- ments subdivisĂ©s ainsi Arrond, de Digne. 9 cant. 84 comm. — Barcelonnette. 4 — 20 — — Castellane. 6 — 48 — — Sisteron 5 — 49 — — Forcalquier.. 6 — 50 — 30 cant. 251 comm. Ce dĂ©partement forme la 3e subdivision de-la 9e division militaire, dont le quartier-gĂ©nĂ©ral est Ă  Marseille. On y compte 6 forteresses Tournoux, Barcelonnette et Saint-Vincent, qui dĂ©fendent la vallĂ©e de l'Ubaye; Sisteron, Seyne et Colmars, qui ferment les dĂ©bouchĂ©s de cette vallĂ©e sur la basse Provence. Le dĂ©partement des Basses-Alpes forme le diocĂšse de l'Ă©vĂȘchĂ© de Digne suffragant de l'archevĂȘchĂ© d'Aix, comprend 35 cures, 312 succursales, et possĂšde Ă  Digne un grand et un petit sĂ©minaire. La justice est rendue par 5 tribunaux de premiĂšre instance et un tribunal de commerce Ă  Manosque, ressortissant Ă  la Cour impĂ©riale d'Aix. L'instruction publique est dirigĂ©e par un inspecteur de l'AcadĂ©mie d'Aix qui rĂ©side Ă  Digne; il y a 4 collĂšges communaux Ă  Digne, Ă  Barcelonnette, Ă  Manosque et Ă  Sisteron, et une Ă©cole normale primaire Ă  Barcelonnette. L'instruction est gĂ©nĂ©ralement rĂ©pandue, et plus des trois quarts des jeunes gens inscrits pour le contingent savent lire et Ă©crire. Description des villes. — Voici les principales localitĂ©s du dĂ©partement des BassesAlpes ARRONDISSEMENT DE DIGNE. DIGNE 7002 hab., prĂ©fecture et chef-lieu du dĂ©partement, Ă  750 kilomĂštres de Paris, est situĂ©e prĂšs de la rive gauche de la BlĂ©one, sur le flanc d'un mamelon dominĂ© de tous cĂŽtĂ©s par des crĂȘtes Ă©levĂ©es. La partie ancienne est gĂ©nĂ©ralement mal bĂątie; les rues y sont Ă©troites, tortueuses et malpropres. Le seul monument de la ville est la cathĂ©drale qui n'offre rien de remarquable et prĂ©sente une confusion choquante de tous les styles, car on vient de la restaurer; son clocher est surmontĂ© d'un dĂŽme en fer. Parmi les constructions modernes, on peut citer une belle fontaine sur la place du marchĂ©, la prĂ©fecture, le palais de justice et le boulevard Gassendi, jolie promenade au pied de la haute ville. Digne est renommĂ©e pour son grand commerce de pruneaux et de pistaches et pour certaines eaux thermales sulfureuses, trĂšs-efficaces contre les blessures. Digne, autrefois Dinia, Ă©tait la capitale des Bodiontici. Cette ville, d'origine gauloise, fut dĂ©truite par les invasions des barbares et rebĂątie par ses habitants sur la hauteur oĂč elle est aujourd'hui. La citĂ© nouvelle s'accrut rapidement et forma deux parties distinctes la ville haute, qui est la citĂ© moderne, et le bourg ou ville basse, aux pieds de la premiĂšre. Digne fut saccagĂ©e pendant les guerres de religion et dĂ©cimĂ©e en 1629 par une peste qui rĂ©duisit sa population de 10000 Ă  1500 habitants. BarrĂȘme 1102 hab., chef-lieu de canton, est situĂ©e au confluent de l'Asse et d'un torrent. On y fabrique des toiles et des Ă©toffes de laine dites Cadis, et il s'y fait un commerce considĂ©rable de prunes. AuprĂšs de cette ville, le hameau de GĂ©yaudan possĂšde une fontaine salĂ©e et des dĂ©pĂŽts de soufre. Les MĂ©es 2116 hab., chef-lieu de canton au confluent de la BiĂ©one et de la Durance, fait un grand commerce de tous les produits du pays, et principalement des vins de son territoire. Aux environs se trouve la ferme-Ă©cole de Paillerols. Moustiers 1193 hab., chef-lieu de canton, est situĂ© sur un affluent du Verdon et au pied d'une chaĂźne Ă©levĂ©e de rochers ; un vallon sĂ©pare cette petite ville en deux parties que relient plusieurs ponts. Moustiers, jadis cĂ©lĂšbre par la fabrication de faĂŻences Ă  dessins, exploite encore cette industrie, mais sans grand succĂšs; cependant ses environs lui fournissent de l'argile excellente pour cette fabrication. Riez 2575 hab., chef-lieu de canton, est bĂątie sur le penchant d'une montagne dont le pied est baignĂ© par un petit torrent. Elle fabrique des prĂźtes et a des tanneries et des corderies importantes; le vin de son territoire a un renom local. Seyne 2511 hab., chef-lieu de canton, est situĂ©e sur le penchant d'une montagne arrondie, entourĂ©e d'une enceinte fortifiĂ©e et que domine une petite citadelle. Cette ville, autrefois capitale des Édenates, servit de place de refuge aux protestants pendant les persĂ©cutions du XVIe siĂšcle. Elle Ă©tait autrefois fortifiĂ©e, et les ruines de ses fortifications sont encore apparentes; sa tour de l'Horloge est classĂ©e parmi les monuments historiques. On fait aujourd'hui Ă  Seyne une fabrication importante de toiles et un commerce assez Ă©tendu de bestiaux, de mulets et de plantes vulnĂ©raires de ses environs. Les autres chefs-lieux de canton sont la Javie 455 hab., MĂ©zel 806 hab., et Valensole 3021 hab. Les principales communes de l'arrondissement sont Oraison 2055 hab.; Puimoisson 1164 hab.; GrĂ©oulx 1400 hab., oĂč existent des sources thermales presque analogues Ă  celles de BarrĂ©ges. ARRONDISSEMENT DE BARCELONNETTE. BARCELONNETTE 2000 hab., sous-prĂ©fecture et chef-lieu d'arrondissement, est situĂ©e Ă  84 kilomĂštres de Digne, sur la rive droite de l'Ubaye, dans une vallĂ©e que dominent de hautes montagnes, et passe pour la plus jolie ville des Alpes françaises; elle ne possĂšde rĂ©ellement qu'une seule rue qui conduit de la riviĂšre Ă  une place carrĂ©e, oĂč l'on a Ă©rigĂ© Ă  la mĂ©moire du dĂ©putĂ© Manuel, mort en 1827, une fontaine monumentale dĂ©corĂ©e de son buste. Cette petite ville a des fabriques de drap, d'Ă©toffes de laine, et fait un grand commerce de bĂ©tail. La vallĂ©e de Barcelonnette est dĂ©fendue par le fort Tournoux, situĂ© sur un promontoire rocheux qui domine le confluent de l'Ubaye et de l'Ubayette. Allos 1205 hab., chef-lieu de canton, est entourĂ© de vieilles fortifications en ruine, que les archĂ©ologues attribuent aux Romains. L'Ă©glise de la Foux est comptĂ©e parmi les monuments historiques, et l'Ă©glise de Notre-Dame-deVal-Vert paraĂźt remonter au XIe siĂšcle. A peu de distance de cette petite ville, et sur une mon- tagne Ă©levĂ©e, se trouve le lac qui porte son nom. Les autres chefs-lieux de canton sont Le Lauzet 904 hab , et Saint-Paul 1482 hab., oĂč l'on admire plusieurs belles Ă©glises de diverses Ă©poques. Les principales communes de l'arrondisse- ment sont Jausiers 1717 hab.; BrĂ©ole 989 hab.; MĂ©olans 980 hab., qui, par suite de sa position au pied du mont Siolane, est privĂ© de la vue du soleil pendant plusieurs mois de l'annĂ©e. ARRONDISSEMENT DE CASTELLANE. CASTELLANE 1842 hab., sous-prĂ©fecture et chef-lieu d'arrondissement, est situĂ© Ă  50 kilomĂštres de Digne, entre des coteaux couverts de vignes, de figuiers et de vergers, sur la rive droite du Verdon, avec un beau pont d'une seule arche jetĂ© hardiment sur le torrent. Une enceinte en ruine rappelle qu'elle fut fortifiĂ©e. C'est une ville bien bĂątie, qui a des rues larges et propres, et une belle place publique plantĂ©e de platanes; elle possĂšde des ossuaires et des cippes d'origine Ă©videmment romaine. Il s'y fait une grande fabrication de chapeaux, de lainages, de poteries, etc., et un commerce assez Ă©tendu de pruneaux et de fruits. Aux environs , on exploite des bancs de gypse trĂšsimportant?. Entrevaux 1461 hab. , chef-lieu de canton et ville forte, est situĂ©e comme son nom l'indique au fond d'une espĂšce de gouffre dominĂ© de toutes parts par de hautes montagnes. Au N. se trouve un fort aujourd'hui dĂ©classĂ© et qui servait jadis Ă  fermer l'un des passages du PiĂ©mont en Provence. Colmars 1002 hab., chef-lieu de canton, est une ancienne petite ville dĂ©fendue par plusieurs forts, au milieu de montagnes, prĂšs de la rive droite du Verdon. Cette place, aujourd'hui dĂ©classĂ©e, couvrait les passages de la vallĂ©e de Barcelonnette dans la haute Provence. Les autres chefs-lieux de canton sont SaintAndrĂ© 892 hab., Annot 1137 hab. , et Senez 750 hab., avec un monument historique, son ancienne cathĂ©drale. Principales communes de l'arrondissement Moriez 571 hab.; Thorame-Haute 667 hab.; MĂ©ailles 607 hab. etc. ARRONDISSEMENT DE SISTERON. SISTERON 4210 hab., sous-prĂ©fecture et cheflieu d'arrondissement, Ă  40 kilomĂštres de Digne, est situĂ©e dans un dĂ©filĂ© creusĂ© par la Durance et Ă  une hauteur de 516 mĂštres. La ville se compose presque entiĂšrement d'une seule rue, et prĂ©sente le mĂȘme aspect que les autres localitĂ©s du dĂ©partement. Sisteron n'a de remarquable que sa citadelle et la masse imposante des dĂ©bris de ses anciennes fortifications. Cependant l'Ă©glise de Notre-Dame, et une grosse tour bĂątie par les comtes de Provence, sont classĂ©es parmi les monuments historiques. Au VIe siĂšcle, la ville Ă©tait le siĂšge d'un Ă©vĂȘque, et elle fut plusieurs fois pillĂ©e parles Vandales et les Huns. Son commerce principal consiste en vins, en bestiaux et en grains; elle possĂšde une filature de cocons et une papeterie assez importante. Volonne 1038 hab., chef-lieu de canton, situĂ© sur la rive gauche de la Durance, au bas d'une colline trĂšs-abrupte, fait un grand commerce de bois de construction, de blĂ©, de vins, d'huile et de fruits. Les autres chefs-lieux de canton sont La Motte 690 hab., Noyers 995 hab., et Turriers 589 hab., oĂč se trouve une source minĂ©rale. Les principales communes de l'arrondissementsont Vaternes662hab.;Bayons 678 hab.; Salignac 619 hab.; etc. ARRONDISSEMENT DE FORCALQUIER. FORCALQUIER 2841 hab., sous-prĂ©fecture et chef lieu d'arrondissement, Ă  54 kilomĂštres de Digne, est bĂątie en amphithéùtre sur le versant d'une colline que dominent les ruines d'un ancien chĂąteau fort et qu'entourent de jolis boulevards plantĂ©s d'arbres. Son Ă©glise l'une des plus belles du dĂ©partement, appartient au style roman et au style ogival, et compte parmi les monuments historiques. Forcalquier fut, au moyen Ăąge, le chef-lieu d'un comtĂ© trĂšs-puissant; prise et reprise pendant les guerres qui dĂ©vastĂšrent longtemps la contrĂ©e, elle eut aussi Ă  souffrir de la peste qui, au XVIIe siĂšcle, lui enleva plus de 2000 habitants. Cette petite ville fait le commerce de vins, eaux-devie, chapeaux, laines, poteries, amandes, miel et cire jaune, graines de trĂšfle et de luzerne; on y trouve plusieurs filatures de soie. Manosque 5919 hab., chef-lieu de canton, est la ville la plus importante du dĂ©partement, et le siĂšge d'un tribunal de commerce. SituĂ©e au pied d'une montagne qui domine la rive droite de la Durance, elle est environnĂ©e de bois d'oliviers et possĂšde des tanneries, des filatures de cocons et des mĂ©gisseries. Elle fait un grand commerce des produits de son sol et de son industrie; aux environs, on exploite des bancs de gypse trĂšs-importants. Manosque appartenait autrefois aux chevaliers de SaintJean-de-JĂ©rusalem, qui y conservaient le tombeau de leur fondateur; elle possĂšde d'assez belles ruines d'Ă©difices historiques. Une partie de la ville fut dĂ©truite, en 1708, par un tremblement de terre. Banon 1172 hab., chef-lieu de canton, a d'importantes fabriques de tissage de laine, et produit des fromages trĂšs-estimĂ©s. Les autres chefs-lieux de canton sont Saint-Etienne 1039 hab., Peyruis, 773 hab., et Reillanne 1435 hab.. Les principales communes de l'arrondissement sont Mane 1528 hab.; Simiane 1327 hab.; Sainte-Tulle 887 hab.; Cereste 1272 hab., dont les deux ponts romains sont classĂ©s parmi les monuments historiques. ALPES-BASSES Vue gĂ©nĂ©rale de Briançon. — La BessĂ©e, route d'Embrun Ă  Briancon- ALPES-HAUTES. Situation. — Limites. — Aspect gĂ©nĂ©ral. — Ce dĂ©partement doit son nom Ă  des montagnes qui forment la partie la plus Ă©levĂ©e des Alpes françaises. Il est bornĂ© au N. par les dĂ©partements de l'IsĂšre et de la Savoie ; Ă  l'E. par le royaume d'Italie; au S. par les BassesAlpes, et Ă  l'O. par le dĂ©partement de la DrĂŽme. Le dĂ©partement des Hautes-Alpes est entiĂšrement couvert de montagnes qui s'Ă©lĂšvent par degrĂ©s du S. au N. et de l'O. Ă  l'E.. jus- qu'Ă  la grande chaĂźne des Alpes. Son aspect pittoresque prĂ©sente les contrastes les plus Ă©tranges Des vallĂ©es que les torrents principaux ont formĂ©es, qu'ils arrosent et qu'ils ravagent; les gorges et les vallons qu'on y voit aboutir en tout sens, en toute direction, et qu'ont creusĂ©s des torrents secondaires, qui vont grossir les premiers ; les montagnes d'oĂč toutes ces eaux vagabondes s'Ă©chappent avec fracas, et qui, s'Ă©levant graduellement en am- phithéùtre, grandissent, pour ainsi dire, depuis l'ancienne Provence jusqu'au Mont-GenĂš- vre; sur leurs pentes, ici des champs ou des vignobles ; lĂ , et surtout au N., quelques forĂȘts et des groupes de bois ; trop souvent, au midi, des terrains arides et des crevasses ravinĂ©es; sur les plateaux, de vastes plaines Ă©maillĂ©es d'une quantitĂ© prodigieuse de fleurs; la chaĂźne des hautes montagnes couronnĂ©e par des glaciers oĂč se sont entassĂ©es Ă  des profondeurs immenses les neiges presque Ă©ter- nelles que dominent des pics, des rocs nus et dĂ©charnĂ©s, s'Ă©lançant comme pour atteindre les cieux; tous les aspects, toutes les expositions, toutes les tempĂ©ratures ; tout ce qu'il y a de plus variĂ© et de plus monotone, de plus curieux et de moins intĂ©ressant, de plus imposant et de plus simple, de plus riche et de plus pauvre, de plus riant et de plus triste, de plus beau et de plus horrible, voilĂ  le dĂ©partement des » C'est dans le bassin supĂ©rieur du Buech, que se trouve la rĂ©gion dĂ©solĂ©e du DĂ©voluy qui s'Ă©tend sur la DrĂŽme, sur l'IsĂšre et principalement sur les Hautes-Alpes. C'est un massif montagneux, complĂštement dĂ©nudĂ© et brisĂ© par la succession brusque des pluies, des froids et des chaleurs. Des sommets entiers se sont Ă©croulĂ©s; d'autres se sont arrĂȘtĂ©s au milieu mĂȘme de leur destruction et restent suspendus comme une menace pour l'homme qui s'aventure dans leur voisinage. La terre vĂ©gĂ©tale, les sources ont disparu, et l'eau des orages s'y prĂ©cipitant sans frein, entraĂźne dans sa course tout ce qui tenterait de s'y fixer. Aussi trois mille habitants ont-ils peine Ă  v-ivre sur une Ă©tendue de pays qui n'est pas moindre de 48 000 hectares ; le pĂąturage forme leur seule ressource ; la Provence leur envoie 50 000 moutons qu'ils gardent pendant la belle saison moyennant une faible redevance, mais ce temps est trĂšs-court, car, dans cette rĂ©gion, l'hiver dure de sept Ă  huit mois. Une vallĂ©e haute parcourue par le Drac est cĂ©lĂšbre sous le nom de Champsaur; cette vallĂ©e, longue de 30 kilomĂštres sur 8 kilomĂštres de largeur, offre un peu l'aspect de la rĂ©gion du DĂ©voluy; les forĂȘts y ont presque entiĂšrement disparu, les ruisseaux sont devenus torrents, et le Drac y court en dĂ©vastateur. LĂ  encore, le dĂ©boisement et le pacage dĂ©sordonnĂ© dans les jeunes pousses y ont produit ces causes permanentes de dĂ©sastres. Vingt communes vĂ©gĂštent dans cette vallĂ©e Ă  des hauteurs moyennes de mille Ă  quinze cents mĂštres. 1. Baron de Ladoucette, ancien prĂ©fet du dĂ©partement. C'est entre Briançon et la limite du dĂ©partement de l'IsĂšre que se trouve la masse la plus considĂ©rable et la plus imposante des Alpes françaises; on y rencontre le Mont-Pelvoux, dont la hauteur atteint prĂšs de 4000 mĂštres, et autour duquel rĂšgne un Ă©pouvantable chaos de pics, de glaciers de neiges et de prĂ©cipices; le Mont-Ollan, haut de 4212 mĂštres, que les plus hautes sommitĂ©s de la Suisse dĂ©passent Ă  peine ; le pic de l'Arsine, d'une altitude de 4105 mĂštres, etc., qui projettent de nombreuses ramifications Ă  l'O. dans le bassin de l'IsĂšre. Orographie. — Le systĂšme des montagnes du dĂ©partement est formĂ© par le versant occidental des Alpes-Cottiennes, depuis le Mont-Thabor jusqu'Ă  la montagne de Saint-VĂ©ran, et par leurs contre-forts. Les Alpes-Cottiennes ont une hauteur d'environ 3000 mĂštres ; en partant du Thabor, elles prĂ©sentent comme points remarquables le Moni-GenĂšvre, haut de 3592 mĂštres, sur le flanc duquel, Ă  1974 mĂštres de hauteur, passe la route de Besançon Ă  Suze dans un col qui appartient par moitiĂ© Ă  la France et Ă  l'Italie et qui fut traversĂ© par Charles VIII ; la montagne de Gondran; le col des Thures, de Queyras Ă  CĂ©zane; celui de Randouril, d'AbriĂšs Ă  FĂ©nestrelle ; le col d'AbriĂšs, de Mont-Dauphin Ă  Pignerol; le Mont-Viso, haut de 3836 mĂštres, sur le plan mĂ©ridional duquel est pratiquĂ© le col d'Agnello, Ă©levĂ© de 3245 mĂštres, allant de Queyras Ă  ChĂąteau-Dauphin; enfin la montagne de Saint-VĂ©ran. Cette chaĂźne prĂ©sente tous les caractĂšres des grandes Alpes neiges perpĂ©tuelles, glaciers, difficultĂ©s et raretĂ© de passages, etc. Ses contre-forts renferment les sommitĂ©s les plus hautes et les plus intĂ©ressantes de la France. Ce sont 1° Les Alpes du DauphinĂ© qui se dĂ©tachent du Mont Thabor en se dirigeant d'abord Ă  l'O. avec les monts de l'Aiguille-Noire, Ă©levĂ©s de 3200 mĂštres, et du Galibier; au col de ce nom, Ă  la hauteur de 2790 mĂštres, elles tournent au S. en sĂ©parant la haute Durance des vallĂ©es de la Romanche et du Drac et contiennent dans cette partie, ainsi qu'on l'a vu prĂ©cĂ©demment, les points culminants de la France, les plus vastes glaciers, les gorges les plus sauvages; lĂ  se trouvent la montagne Lautaret et le col du mĂȘme nom, dont l'altitude est estimĂ©e Ă  2093 mĂštres, de Grenoble Ă  Briançon, la montagne de l'Arsine, le GalĂ©on-de-la-Grave, haut de 3800 mĂštres, le Pelvoux-de-Vallouise et ses vastes glaciers, la montagne de Bonvoisin qui s'Ă©lĂšve Ă  2109 mĂštres et projette au N. O. un vaste massif oĂč culmine le Mont-Ollan. Le versant septentrional dĂ© ces montagnes est couvert, de forĂȘts ; leurs flancs sont dans l'Ă©tĂ© revĂȘtu de beaux pĂąturages, de chĂąlets, de laiteries, occupĂ©s seulement pendant la belle saison et oĂč viennent paĂźtre de nombreux peaux. Au S. de Bonvoisin, les Alpes du DauphinĂ© commencent Ă  diminuer de hauteur, se continuent par le Mont-Chirac, Ă©levĂ© de 2097 mĂš- tres, d'oĂč part, vers Mont-Dauphin le contrefort de la montagne de Rochelaure, et se recourbent Ă  l'O. entre la moyenne Durance et le Drac supĂ©rieur. On y remarque les montagnes de Mourfret et de la DiablĂ©e, puis la crĂȘte des Bartes, le col du Noyer, haut de 1653 mĂštres, entre Gap et Grenoble, le Mont-Aubiou, qui atteint une hauteur de 2912 mĂštres, le Mont-ToussiĂšre; lĂ , elles reprennent leur direction au S., diminuent encore de hauteur, sont traversĂ©es par la route de Gap Ă  Pont-SaintEsprit, et enfin vont s'Ă©panouir sur les limites du dĂ©partement de Vaucluse et des BassesAlpes, dans les montagnes de Lure. 2° Le contre-fort entre la Durance et le Guil, qui se dĂ©tache du col des Thures, court au S. O. avec le Mont-Souliers, au sud duquel se trouvent les deux mauvais cols d'Hizoard et des Hayes, menant dans la vallĂ©e de Queyras, et se termine au N. E. de Mont-Dauphin par la montagne de Furfaride. 3° Le contre-fort entre le Guil et l'Ubaye, qui sert de limite entre les deux dĂ©partements des Hautes-Alpes et des Basses-Alpes, se dĂ©tache du Mont-Viso, se prolonge par la montagne de Saint- Veran, haute de 2040 mĂštres; la montagne de Vars et le col du mĂȘme nom, entre Mont-Dauphin et Saint-Paul; la montagne de Crachet, le Mont-Parpaillon, dont la hauteur atteint 2722 mĂštres, et le Joug-de-l'Ai- gle, dans la montagne de Pontis qui forme son extrĂ©mitĂ©. Les lieux habitĂ©s les plus Ă©levĂ©s du dĂ©partement sont les suivants Fort de l'Infernet, situĂ© Ă  2400 mĂštres; le bourg de GenĂšvre, Ă  2074 mĂštres; ChĂąteau-de-Queyras, Ă  1450 mĂštres; Briançon, Ă  1306 mĂštres; Embrun, Ă  930 mĂštres; Gap, Ă  760 mĂštres. Hydrographie. — Le dĂ©partement des Hautes-Alpes appartient au bassin supĂ©rieur de la Durance et pour une faible partie Ă  celui de l'IsĂšre. La Durance est formĂ©e par la rĂ©union de trois sources la principale ou la Durance sort du Mont-Jouan sur le col du Mont-GenĂšvre; les deux autres, le Clairet et la Guizane qui traverse une petite vallĂ©e trĂšs-pittoresque et arrose le MonĂȘtier, descendent du Mont-Thabor et du Mont-Lautaret ; toutes trois se rĂ©unissent vers Briançon ; la riviĂšre se dirige d'abord au S. par un cours trĂšs-rapide en arrosant Mont-Dauphin, s'inflĂ©chit bientĂŽt au S. O. en passant Ă  Embrun, puis Ă  partir du confluent de l'Ubaye, elle sert de limite entre-les deux dĂ©partements des Hautes-Alpes et des BassesAlpes jusqu'Ă  10 kilomĂštres au N. de Sisteron; dans cette partie de son cours, la Durance n'est ni navigable ni mĂȘme flottable Ă  cause des caprices de ses eaux, de leur peu de profondeur et des rochers qui les embarrassent; depuis Briançon elle est cĂŽtoyĂ©e par des vignobles ; au moment des crues elle occasionne des dĂ©gĂąts tellement considĂ©rables qu'ils ont enlevĂ© Ă  l'agriculture du dĂ©partement prĂšs de 11 000 hectares. Les principaux affuents de la Durance sont 1° le Guil qui descend du col d'AbriĂšs, arrose le Fort- Queyras et finit Ă  Mont-Dauphin; cette petite riviĂšre ouvre la route du col d'AbriĂšs que dĂ©fendent le fort Queyras et Mont-Dauphin ; — 2° la Luye d descend des crĂȘtes des Bartes, arrose Gap, et est longĂ©e en partie par la route de Gap au col du Noyer; — 3° le Buech qui descend du MontObion dans le dĂ©partement de la DrĂŽme, entre dans les Hautes-Alpes au-dessous de Lus et de la Croix-Haute, se grossit de plusieurs torrents et par la jonction du petit Buech, arrose Sers, Laragne et Ribiers, puis sort du dĂ©partement pour aller finir dans la Durance au-dessous de Sisteron. Dans le bassin de l'IsĂšre, on peut citer parmi les cours d'eau 1° la Romanche qui descend des glaciers de l'Arsine, et dont la partie supĂ©rieure seulement appartient au dĂ©partement; elle arrose Villard d'ArĂšne Ă  1526 mĂštres d'altitude et sort du dĂ©partement Ă  l'O. de la Grave; cette riviĂšre traverse la rĂ©gion pittoresque de l'Oisans, que l'on a comparĂ©e aux parties les plus sauvages et les plus curieuses de la Suisse, et dont il sera donnĂ© une description complĂšte dans le dĂ©partement de l'IsĂšre oĂč elle a son Ă©tendue principale; — 2° le Drac qui tombe par diffĂ©rentes sources du massif du Pelvoux; c'est un torrent furieux, bondissant dans un lit profond et encaissĂ© et qui cause des ravages Ă©pouvantables par ses inondations; il arrose OrciĂšres-le-Glaizil, entre dans l'IsĂšre Ă  l'O. d'Aspres-les-Gorps, et va se jeter dans l'IsĂšre Ă  Grenoble, aprĂšs avoir reçu le Drac-deChampolĂ©on, la Rouane, la SĂ©veraiselte, la SĂšve- rette et d'autres affluents nombreux, mais peu importants. Le dĂ©partement des Hautes-Alpes renferma beaucoup de lacs, mais ils ne mĂ©ritent aucune mention particuliĂšre; celui de Pelleautier est plus exactement un marais Ă  la surface duquel se balançait autrefois un Ăźlot flottant de tourbe, appelĂ© la Motte tremblante. L'arrondissement de Briançon est sillonnĂ© de canaux d'irrigation, qui arrosent 7000 hectares, et sont dus en partie aux libĂ©ralitĂ©s des anciens Dauphins du Viennois. .Climat. — Le climat du dĂ©partement des Hautes-Alpes est Ă©galement pur et serein, mais la tempĂ©rature y est trĂšs-variable Ă  cause des diffĂ©rents vents. Ainsi, l'hiver est parfois extrĂȘmement rigoureux et la chaleur de l'Ă©tĂ© excessive dans les vallĂ©es les plus resserrĂ©es; pendant la mauvaise saison, qui dure huit mois, les habitants des hautes vallĂ©es sont privĂ©s de communications avec les autres portions du territoire. Le vent le plus redoutable est le vent d'O. qui dĂ©racine les arbres et enlĂšve les toitures des habitations. Vers la fin de l'annĂ©e, tout le pays est couvert de neige jusqu'au mois de mai oĂč les montagnes se revĂȘtent d'une magnifique verdure; mais les plus hautes Alpes conservent leurs cimes Ă©ternellement blanches. Superficie. — Population. — La superficie du dĂ©partement des Hautes-Alpes est de 558 961 hectares et sa population de 127117 habitants, ce qui donne 22 habitants par kilomĂštre carrĂ©; elle ne s'est accrue que de 12 000 habitants depuis le commencement du siĂšcle. C'est, aprĂšs les Basses-Alpes, le moins peuplĂ© des dĂ©partements. L'oisivetĂ© forcĂ©e des longs hivers de ce pays y produit des Ă©migrations plus considĂ©rables que dans les dĂ©partements voisins. On compte en moyenne une population flottante de 6000 Ă©migrants qui rentrent dans leurs foyers, aprĂšs quelques annĂ©es d'absence, avec un modeste pĂ©cule laborieusement amassĂ©. Les habitants des Hautes-Alpes sont Ă©nergiques, mais rebelles aux progrĂšs. Les vieux usages ont encore toute leur puissance chez eux. Cette observation ne s'applique pas aux habitants des villes, dont les mƓurs et le costume ne diffĂšrent en rien de ceux des autres parties de la France; mais dans un dĂ©partement oĂč la vie pastorale domine, il ne faut pas s'Ă©tonner d'y voir persister l'ignorance. Les costumes anciens sont encore de mise; les hommes portent la culotte recouverte aux genoux par les bas, le long gilet et la veste carrĂ©e et large de grands chapeaux abritent leur chevelure longue et flottante. Les femmes ont un justaucorps et un jupon adaptĂ©s ensemble, et un mouchoir cache habituellement leur bonnet. La misĂšre est extrĂȘme dans certaines parties de ce pays ainsi, les habitants du DĂ©voluy, n'ont pour se nourrir qu'un pain grossier de farine de seigle non blutĂ©e ; lorsque l'annĂ©e a Ă©tĂ© mauvaise, ils n'ont Ă  leur disposition que des herbes, des racines ou des escargots. Leurs demeures sont des masures oĂč la lumiĂšre pĂ©nĂštre Ă  peine Ă  travers un papier huilĂ©. Cependant l'hospitalitĂ© y est pratiquĂ©e avec empressement. La population de cette triste contrĂ©e paraĂźt ĂȘtre plus particuliĂšrement d'origine sarrasine; on y parle un patois bizarre, mĂ©langĂ© de celte, de grec, de latin, d'italien et de français. Agriculture. — Sur une Ă©tendue de 558 961 hectares, le dĂ©partement des Hautes-Alpes ne compte pas moins de 199 121 hectares de bois, forĂȘts, Ă©tangs, chemins, terres incultes, 196 646 de pĂąturages, landes, bruyĂšres et pĂątis, 63999 de prairies naturelles, et seulement 92 108 hectares de terre labourable situĂ©s principalement dans le S., au delĂ  de Gap. PrĂšs de la moitiĂ© du territoire se compose de terres communales. Cette statistique indique suffisamment l'in- fĂ©rioritĂ© agricole de ce dĂ©partement, infĂ©rioritĂ© qui rĂ©sulte surtout du manque d'eau; la seule fortune des habitants consiste en pĂąturages oĂč viennent chaque annĂ©e les moutons de la Provence, quand l'Ă©tĂ© a dessĂ©chĂ© les plaines de son territoire. L'arrondissement de Gap produit quelques cĂ©rĂ©ales; celui de Briançon donne des pommes de terre de bonne qualitĂ©, mais les principales rĂ©coltes consistent en avoines, chĂątaignes, chanvre, etc. Les bĂȘtes Ă  laine sont Ă©valuĂ©es Ă  prĂšs de 300 000 tĂȘtes; on compte 21 000 chĂšvres et 10 000 porcs; les chevaux sont en petit nombre par suite de leur peu d'utilitĂ© dans un pays aussi montagneux; il y en a 5000 au plus; au contraire, le chiffre des Ăąnes et des mulets s'Ă©lĂšve Ă  14 000. Une ferme-Ă©cole a Ă©tĂ© Ă©tablie Ă  Vantavon, dans l'arrondissement de Gap, et on a créé de nombreuses pĂ©piniĂšres sur diffĂ©rents points du dĂ©partement pour faciliter le reboisement des montagnes ; malheureusement les habitants tĂ©moignent peu d'empressement Ă  rĂ©pondre Ă  ces mesures de prĂ©voyance. En somme la valeur totale de la production agricole n'atteint pas 20 millions de francs par annĂ©e. Mines. — CarriĂšres. — Le dĂ©partement des Hautes-Alpes paraĂźt possĂ©der de grandes richesses minĂ©rales, mais peu d'exploitations ont Ă©tĂ© entreprises. On trouve des gisements de cuivre carbonatĂ©, de fer et de plomb sulfurĂ© Ă  Lazer; des mines de houille, de plomb sulfurĂ© et de cuivre Ă  Saint-Firmin; des carriĂšres de plĂątre et d'ardoises, des gisements d'anthracite sur le territoire d'OrciĂšres. On exploite Ă©galement des marbres, des granits, des pierres lithographiques, mais surtout la craie de Briançon et la houille. Les sources minĂ©rales sont assez nombreuses, mais peu recherchĂ©es; la plus importante est Ă  MonĂȘtier; viennent ensuite celles de SaintPierre, de Trescheaux et de Saint-Bonnet. Industrie. — Commerce. — L'industrie manufacturiĂšre ne produit guĂšre que pour les besoins de la consommation locale; elle fournit des draps communs, des Ă©toffes diverses, des outils et des pelleteries; on trouve quelques forges et hauts fourneaux, des scieries le planches, des filatures de laine, de coton, les distilleries d'eau-de-vie, etc. Mais les bras sont peu nombreux, et l'Ă©migration enlĂšve Ă  l'industrie la partie la plus active de la popu- lation. Le commerce consiste en grains, fruits secs, fromages estimĂ©s, vins, plantes tinctoriales et chair de chamois; la quantitĂ© de laine exportĂ©e dans les dĂ©partements voisins est assez considĂ©rable. Routes. — Canaux. — Chemins de fer. — Le dĂ©partement des Hautes-Alpes compte 5 routes impĂ©riales dont le parcours est de 354 kilomĂštres ; deux de ces routes pĂ©nĂštrent dans le dĂ©partement en venant de Grenoble; la premiĂšre par la vallĂ©e de la Romanche, le col du Lautaret et MonĂȘtier, passe Ă  Besançon et Ă  travers le col du Mont-GenĂšvre va aboutir,Ă  Turin ; la deuxiĂšme remonte la vallĂ©e du Drac jusqu'au S. de Saint-Bonnet, se dirige sur Gap par le col du Noyer, et forme la grande route de Lyon. Les trois autres routes impĂ©riales rayonnent de Gap la premiĂšre Ă  l'O. par Serres, va aboutir sur le RhĂŽne Ă  PontSaint-Esprit; c'est la route des PyrĂ©nĂ©es; la deuxiĂšme au S. prolonge la route de Lyon, en descendant la vallĂ©e de la Durance par la Saulce et va Ă  Sisteron dans les Basses-Alpes; c'est la grande route de Marseille et de Toulon ; la troisiĂšme Ă  l'E. remonte la vallĂ©e de la Durance, passe Ă  Chorges, traverse la Durance sur un pont de fil de fer, Ă  la hauteur de Savines, revient Ă  la rive droite, vis-Ă -vis des Crottes, par un mauvais pont de bois, passe Ă  Embrun et Saint-ClĂ©ment, quitte de nouveau la rive droite en traversant la Durance sur un beau pont de pierre, passe ainsi prĂšs de Mont-Dau- phin, franchit une derniĂšre fois la riviĂšre au Pont-Roux ou Pont-Roche, beau Dont d'une seule arche, et arrive Ă  Briançon. La ville de Gap se trouve ainsi Ă  l'intersection de quatre grandes communications route de la MĂ©diterranĂ©e, route des PyrĂ©nĂ©es, route de Lyon, route des Alpes, ce qui en fait un centre stratĂ©gique important dans les opĂ©rations sur la frontiĂšre. Il y a vingt ans, certaines parties de ce dĂ©partement Ă©taient inaccessibles aux voitures, et, comme dans le dĂ©partement des BassesAlpes, c'Ă©tait Ă  dos d'homme que s'effectuait le transport des produits. Aujourd'hui les difficultĂ©s sont vaincues et les diffĂ©rentes localitĂ©s du territoire sont reliĂ©es par 7 routes dĂ©partementales, 27 chemins de grande communication et 1173 chemins vicinaux, prĂ©sen- tant un dĂ©veloppement d'environ 3500 kilomĂštres. Le dĂ©partement ne possĂšde que des canaux d'irrigation. Les principaux sont ceux d'Aubessagne et de Saint-Firmin; mais plusieurs autres sont en cours d'exĂ©cution ou en projet et doivent dĂ©river de la Severaisse, du Drac, du NĂ©allou, etc. Aucun chemin de fer n'existe encore dans les Hautes-Alpes; mais Gap est appelĂ© Ă  devenir le centre de trois embranchements importants l'un venant de Lyon par Grenoble et la vallĂ©e du Drac; le second descendant la Durance et se dirigeant par Sisteron sur Avignon et Marseille; le troisiĂšme remontant sur Brian- çon par la vallĂ©e supĂ©rieure de la Durance. Histoire. — Les territoires qui composent ce dĂ©partement Ă©taient autrefois occupĂ©s par les Caturiges dont CaturigĂŠ Chorges Ă©tait la capitale; par les Brigiani qui avaient Brigon- tium Briançon pour ville principale; par les Tricorii dont la capitale Ă©tait Vapicum Gap. Au moment de la conquĂȘte, toutes ces peuplades reconnaissaient l'autoritĂ© d'un certain roi Cottius, qui conserva son titre et resta le client de Rome; mais aprĂšs sa mort, Auguste, considĂ©rant le pays comme une des clefs de l'Italie, en fit une petite province impĂ©riale distincte de la Narbonnaise. Dans la suite le pays des Caturiges, alors appelĂ© Embrunois, fut successivement conquis pur les Visigoths, par les Francs, et fit partie dĂ» royaume de Bourgogne et d'Arles; il passa alors sous la domination des empereurs d'Alle- magne qui le rĂ©trocĂ©dĂšrent bientĂŽt aux archevĂȘques d'Embrun; enfin la famille des Dauphins du Viennois en devint maĂźtresse par un mariage. Le Briançonnais, tombĂ© aux mains des marquis de Suze, ne fut rĂ©uni que plus tard au DauphinĂ©, et avec la rĂ©serve du maintien des lois et privilĂ©ges particuliers du pays qu'il conserva jusqu'en 1789. Le pays de Gap ne cessa de faire partie de la Provence, et en subit toutes les vicissitudes. C'est de la rĂ©union de ces trois provinces qu'on a formĂ© le dĂ©partement des Hautes-Alpes. En 1815, la population opposa une rĂ©sistance Ă©nergique Ă  l'invasion, et ne livra ses places fortes qu'aprĂšs la signature de la paix. Hommes cĂ©lĂšbres. — Le dĂ©partement des Hautes-Alpes a donnĂ© naissance Ă  quelques personnages distinguĂ©s le connĂ©table DE LESDIGUIÈRES; le savant J. MOREL, l'ami d'Érasme; le cardinal DE TENCIN ; Mme DE TENCIN, sa sƓur, auteur de romans estimĂ©s; le littĂ©rateur RoLAND, de l'AssemblĂ©e constituante; le mĂ©canicien FINÉ; les mathĂ©maticiens COMIEN et BÉRARD; les gĂ©nĂ©raux ALBERT, BOURREY, FANTIN, GUIEUX, etc. Divisions administratives. — Les HautesAlpes forment trois arrondissements, qui se subdivisent de la maniĂšre suivante Arr. de Gap. 14 cant. 126 comm. — d'Embrun. 5 — 36 — - de Briançon. 5 - 27- - — 24 cant. 189 comm. Il forme la 2e subdivision de la 22e division militaire dont le siĂ©ge est Ă  Grenoble, et renferme quatre places fortes Briançon, MontDauphin, Embrun, le Fort-Queyras, destinĂ©es Ă  couvrir les passages des Alpes et l'entrĂ©e de la Durance. Il forme un diocĂšse suffragant de l'archevĂȘchĂ© d'Aix dont le siĂšge est Ă  Gap ; il compte 26 cures, 213 succursales, avec un grand sĂ©minaire Ă  Gap et un petit sĂ©minaire Ă  Embrun. Le culte calviniste y possĂšde 14 temples et une Ă©glise consistoriale Ă  Orpierre, La justice est rendue par trois tribunaux de premiĂšre instance, qui siĂšgent aux chefslieux d'arrondissements, et ressortissent Ă  la Cour impĂ©riale de Grenoble. L'instruction publique comprend trois collĂ©ges communaux Ă  Gap, Briançon et Embrun, une Ă©cole normale d'instituteurs et un cours normal d'institutrices Ă  Gap, et 365 Ă©coles pu- bliques et libres. PrĂšs des quatre cinquiĂšmes des jeunes gens appelĂ©s au sort savent lire et Ă©crire. Description des Villes. — Voici les principales localitĂ©s du dĂ©partement des Hautes- Alpes. ARRONDISSEMENT DE GAP. GAP 8165 hab., est une prĂ©fecture et un chef-lieu du dĂ©partement situĂ© Ă  672 kilo- mĂštres de Paris. Cette petite ville est pittoresquement situĂ©e sur les bords de la Luye, entre les coteaux de Puymaure et de SaintMeins. Gap est d'une origine trĂšs-ancienne, mais assez douteuse; il est possible que cette ville ait Ă©tĂ© bĂątie par les Caturigenses chassĂ©s du Milanais; elle semble avoir Ă©tĂ© celtique, puis gallo-grecque ; mais ce n'est que sous NĂ©ron qu'elle subit la domination romaine et fut comprise dans la Narbonhaise; elle a eu une existence fort agitĂ©e et passa au pouvoir des Lombards, des Burgondes, des Sarrasins, des Francs, des Allemands, avant de revenir aux rois Francs avec le DauphinĂ©; les guerres fĂ©odales et religieuses l'Ă©prouvĂšrent ensuite, et aprĂšs l'Ă©dit de Nantes, il s'y rĂ©unit un synode gĂ©nĂ©ral de protestants. La peste de 1630 et la rĂ©vocation de l'Ă©dit de Nantes faillirent la dĂ©peupler entiĂšrement. Mais elle se releva de ses ruines, et son industrie l'a rendue assez florissante. Sa cathĂ©drale, qui est comprise parmi les monuments historiques du style ogival, est surmontĂ©e d'un beau clocher roman; l'hĂŽtel de la prĂ©fecture renferme le tombeau en marbre noir du duc de LesdiguiĂšres, dĂ» au ciseau du sculpteur Jacob Richier. Les principales industries de la ville comprennent le peignage des laines communes, le tissage de la soie et du coton, la fabrication des instruments de labourage, des tanneries et des brasseries. Elle fait un certain commerce de bestiaux, de cuirs et de laines. Tallard 1094 hab., chef-lieu d'arrondissement, bĂąti sur un roc qui domine la Durance, possĂšde un vieux chlteau dont la chapelle renaissance est classĂ©e parmi les monuments historiques; cette petite ville, au commencement du treiziĂšme siĂšcle, appartenait Ă  la maison d'Orange, qui la donna Ă  l'ordre de Saint-Jean de JĂ©rusalem; puis, aprĂšs avoir passĂ© successivement aux maisons de Sassenages et de Clermont-Tonnerre et aux barons d'Auriac, elle fut Ă©rigĂ©e en duchĂ©-pairie en 1712. Le principal commerce de Tallard consiste en vins estimĂ©s. Saint-Firmin-en- Valgodemar 1230 hab. chef-lieu de canton, est situĂ© prĂšs d'une vallĂ©e oĂč l'on a dĂ©couvert un gisement de minerai de plomb et une source minĂ©rale froide. Orpierre 805 hab., chef-lieu de canton, situĂ© au pied d'une haute montagne, fait des vins estimĂ©s et possĂšde une belle carriĂšre de marbre gris; son commerce porte sur les huiles de noix, les laines, les chanvres, les toiles, les amandes, les prunes dites de Bri- gnoles. Saint-Bonnet 1789 hab., chef-lieu de canton, situĂ© sur le Drac, Ă©tait autrefois un duchĂ©pairie ; il possĂšde encore la maison oĂč naquit le duc de LesdiguiĂšres ; son territoire est l'un des plus fertiles du dĂ©partement. Les autres chefs-lieux de canton sont Aspresles-Veynes 731 hab., la Batie-Neuve 798 hab., Saint- Étienne-en-DĂ©voluy 753 hab. , Ribiers 1206hab.,Rosans 862 hab., Serres 1101 hab., dont le territoire est fertile en grains et en fruits, Laragne 955 hab., Veynes 1662 hab., et Barcilonnette 343 hab.. Les principales communes de l'arrondissement sont la Roche, Ancelle, SaintLaurent, Neffes, dont la population dĂ©passe 1000 habitants. ARRONDISSEMENT D'EMBRUN. EMBRUN 4183 hab., sous-prĂ©fecture et le chef-lieu de l'arrondissement, est situĂ©e Ă  40 kilomĂštres de Gap. Cette ville n'est plus maintenant qu'un petit centre industriel oĂč se manufacturent la toile, la soie et le velours. Elle est bĂątie sur un plateau que domine d'un cĂŽtĂ© le mont Saint-Guillaume et que la Durance dĂ©fend de l'autre; son Ă©difice le plus remarquable est l'Ă©glise de Notre-Dame, de style roman, dont les archĂ©ologues font remonter la construction Ă  Charlemagne; c'est un magnifique Ă©difice, rangĂ© avec raison parmi les plus beaux monuments historiques de la France. Embrun, dont Strabon a parlĂ© le premier, est Ă©videmment d'origne celtique ; sous le rĂšgne de Galba, ce fut la mĂ©tropole des AlpesMaritimes, et les empereurs la fortifiĂšrent, car elle dĂ©fendait les passages des montagnes ; les Vandales, les Huns, les Lombards, les Saxons, les Sarrasins la ravagĂšrent successivement; vers le milieu du IVe siĂšcle, elle devint le siĂšge d'un Ă©vĂȘchĂ©, puis d'un archevĂȘchĂ©, dont le palais fut brĂ»lĂ© douze siĂšcles aprĂšs par les protestants ; enfin, sous Louis XIV, elle fut bombardĂ©e et prise par le duc de Savoie. Charges 1795 hab , chef-lieu de canton, pos- sĂšde une Ă©glise, qui fut, dit la tradition, un temple de Diane. Les autres chefs-lieux de canton sont Guillestre 1509 hab., OrciĂšres 1332 hab., et Savines 1096 hab.. Les principales communes de l'arrondissement sont ChĂąteauroux 1875 hab.; les Crottes 1360 hab. ; Saint-CrĂ©pin 1151 hab.; etc. ARRONDISSEMENT DE BRIANÇON. BRIANÇON 3579 hab., sous-prĂ©fecture et chef-lieu de l'arrondissement, est situĂ© sur la Durance Ă  90 kilomĂštres de Gap, et au centre de quatre vallĂ©es. C'est une place forte de pre- miĂšre classe, entourĂ©e d'une triple enceinte. Sept forts et plusieurs redoutes peuvent croi- ser leurs feux et interceptent toute communication par les routes qui aboutissent Ă  la ville. Briançon est l'arsenal et l'entrepĂŽt des Alpes françaises, et sa position a une extrĂȘme importance. Elle a des carderies considĂ©rables qui occupent 400 ouvriers, et fait une grande exploitation de talc. Cette ville, trĂšs-ancienne, a une origine assez obscure que les historiens discutent encore; suivant Pline, ce sont des Grecs, chassĂ©s des environs du lac de CĂŽme, qui l'ont fondĂ©e ; suivant d'autres, c'est Ă  Brennus qu'il faut attribuer son origine ; quoi qu'il en soit, au temps des Romains, une voie romaine la traversait, et c'Ă©tait une Ă©tape militaire; cette route stratĂ©gique a laissĂ© d'importants vestiges ; Briançon sut conserver son indĂ©pendance pendant l'invasion des Barbares en Gaule, et mĂȘme, aprĂšs la chute de l'empire d'Occident, elle se constitua en rĂ©publique ; elle fut trĂšs-Ă©prouvĂ©e pendant les guerres du XVIe siĂšcle. La Grave 1459 hab., chef-lieu de canton, est situĂ©e sur la Romanche, prĂšs de magnifiques cascades et au pied de glaciers superbes que domine l'aiguille du Midi, haute de 3987 mĂštres; les montagnes voisines passent Ă  juste titre pour les plus belles des Alpes ; leur flore est d'une richesse incomparable, et compte plus de 1500 espĂšces de plantes ou de fleurs. L'ArgentiĂšre 1202 hab., chef-lieu de canton, est situĂ©e dans la vallĂ©e qui porte son nom, dĂ» aux mines de plomb sulfurĂ© argentifĂšre que l'on exploite depuis longtemps sur son territoire; elle possĂšde une chapelle de style ogival, dont l'origine remonte, dit-on, aux templiers. Le MonĂȘtier 2546 hab., chef-lieu de canton, situĂ© dans la vallĂ©e de la Guisanne, a d'importantes usines et filatures; la position de ce bourg est charmante, dans cette vallĂ©e regardĂ©e comme une merveille des Alpes, au milieu de hauteurs couronnĂ©es de sapins et de mĂ©lĂšzes, avec un horizon resplendissant de l'Ă©tincelante blancheur des glaciers. Aiguilles 713 hab., chef-lieu de canton, est bĂąti sur le ruisseau qui porte son nom ; on y montre une belle pierre druidique, nommĂ©e Pierre-Fiche. Les principales communes de l'arrondissement sont Villard-Saint-Pancrace 962 hab.; Saint-Martin 1338 hab.; Vallouise 1177 hab.; Saint-Chaffrey 1285 hab.; la Salle 1377 hab.; Mont-GenĂšvre 401 hab., situĂ©e sur un plateau qui forme le col du Mont-GenĂšvre, ce chemin que tous les conquĂ©rants ont suivi depuis Annibal jusqu'Ă  Charlemagne, et oĂč se trouve un hospice pour les voyageurs. ALPES-HAUTES. HĂŽtel du Golfe, au golfe Jouan. — Maison de Garibaldi Ă  Nice. — Vue gĂ©nĂ©rale de Nice, Iles Sainte-Marguerite. ALPES-MARITIMES. Situation.—Limites. — Aspect gĂ©nĂ©ral. — Ce dĂ©partement occupe l'extrĂ©mitĂ© de la France, et s'appuie sur la mer MĂ©diterranĂ©e oĂč ses cĂŽtes offrent un dĂ©veloppement d'environ 100 kilom. Il a pour limites au N., le dĂ©partement des Basses-Alpes et le royaume d'Italie qui lui confine aussi Ă  l'E.; au S., la MĂ©diterranĂ©e; Ă  l'O., les dĂ©partements du Var et des BassesAlpes. La petite principautĂ© Monaco forme une enclave de son territoire. Ce dĂ©partement estl'un des plus montagneux de la France et se compose presque entiĂšrement du petit bassin du Var. Les montagnes de na- ture calcaire y sont gĂ©nĂ©ralement dĂ©nudĂ©es et dĂ©pouillĂ©es de terre vĂ©gĂ©tale; elles forment assez distinctement trois assises disposĂ©es du S. au N. parallĂšlement Ă  la cĂŽte, dont la pre- miĂšre s'Ă©lĂšve de 200 Ă  800 mĂštres, la seconde de 1400 Ă  2000 mĂštres, et dont la troisiĂšme dĂ©passe 3000 mĂštres. La partie supĂ©rieure des vallĂ©es de l'E. et de l'O., abritĂ©e contre le vent du N., est riche en bois d'oliviers, d'orangers, de citronniers, de caroubiers et de pins d'espĂšces diverses, tandis que les hautes rĂ©gions du N. rappellent par leurs vastes prairies et leurs torrents ravageurs la contrĂ©e des Basses-Alpes. La cĂŽte est escarpĂ©e, trĂšs-dĂ©coupĂ©e, tantĂŽt nue et rocheuse, tantĂŽt bordĂ©e de vignes, d'oliviers, quelquefois mĂȘme d'orangers, et prĂ©sente les sites les plus pittoresques, des criques charmantes, de petits ports, des Ăźles, et partout une mer d'un azur admirable par les beaux jours de soleil. On trouve sur la cĂŽte les golfes de Napoule et de Jouan, la baie de Saint-RaphaĂ«l, les ports de Cannes, d'Antibes, de Nice et de Villefranche; en face de Cannes et Ă  4 kilomĂštres en mer apparaissent les Ăźles verdoyantes de LĂ©rins qui Ă©mergent gracieusement des flots et sont renommĂ©es pour leur parfaite salubritĂ©. Orographie. — L'orographie de ce dĂ©partement est formĂ©e par le versant mĂ©ridional d'une faible partie des Alpes-Maritimes, par leurs contre-forts mĂ©ridionaux, et par les contre-forts orientaux des Alpes de Provence. La partie française des Alpes-Maritimes est comprise entre le Mont-Pelouze et le Colla di Longa au N. du bassin de la TinĂ©a ; au delĂ , ces montagnes se prolongent en Italie jusqu'au col de Cadibone; c'est la partie la plus Ă©levĂ©e des Alpes-Maritimes, et elle dĂ©passe 3000 mĂštres de hauteur. Les contre-forts dans le dĂ©partement se dĂ©tachent du prolongement de cette chaĂźne et ont par consĂ©quent leur origine en Italie. Le premier trĂšs-court, trĂšs-abrupt, se dirige du N. au S., entre la TinĂ©a et la Vesubia, et se termine au confluent de cette derniĂšre dans le Var; le second se dĂ©tache du Mont-Clapier vers les sources de la Roya, court au entre cette riviĂšre, la Ves ubia et le Var, et va finir sur la cĂŽte par diffĂ©rentes ramifications entre Nice et Vintimille. Un de ces rameaux est coupĂ© au Col de Brans, Ă  la hauteur de 978 mĂštres, par la route de Nice au Col de Tende et Ă  Coni. Le premier contre-fort que jettent les Alpes de Provence, s'en dĂ©tache au Mont-Brasseitta, sĂ©pare la. TinĂ©a du Var et finit au confluent des deux riviĂšres; il renferme des cimes assez Ă©levĂ©es et des groupes trĂšs-confus; le second court entre le et l'Esteron sans rien offrir de remarquable; le troisiĂšme se dĂ©tache du Mont- Valplane aux sources de l'Esteron, et longe la rive droite de cette riviĂšre avec les Mont-ThorĂšne et du Cheiron, hauts de 1778 mĂštres. Les derniers contre-forts sont des hauteurs peu considĂ©rables qui forment les premiĂšres assises des Alpes, et accidentent le N. de l'arrondissement de Grasse, en conservant une direction gĂ©nĂ©ralement parallĂšle Ă  la cĂŽte. Hydrographie. — Le dĂ©partement des Alpes-Maritimes ne renferme que des torrents guĂ©ables pendant la plus grande partie de l'annĂ©e et qui vont finir Ă  la mer. Ce sont, en allant de l'E. Ă  l'O. 1° la Roya, qui naĂźt au pied du col de Tende, en Italie, entre en France dans le dĂ©partement par la gorge de Gandarena, baigne Saorgie et Breglio et coupe la frontiĂšre pour achever son cours infĂ©rieur en Italie; son principal affluent, en France, est la Bevera qui arrose Sospelle ; — 2° le Paillon qui se jette dans la mer Ă  Nice, et n'est qu'un petit torrent, dont les dĂ©bordements causent nĂ©anmoins de frĂ©quents dĂ©sastres ; — 3° le Var, qui naĂźt dans les Alpes de Provence, au mont Ca meleone, Ă  2500 mĂštres d'altitude, traverse une Ă©troite vallĂ©e oĂč il baigne Entraune et Saint-Martin-Guillaumes, fait un coude de quelques kilomĂštres Ă  l'O. dans le dĂ©partement des Basses-Alpes, rentre dans les AlpesMaritimes, arrose Puget-ThĂ©niers et se termine au-dessous de Saint-Laurent; son cours est de 104 kilomĂštres et n'est pas navigable; rapide, ravageur et changeant de lit, le Var est guĂ©able presque partout, exceptĂ© dans l'hiver oĂč il devient redoutable par ses inondations, et n'est flottable qu'Ă  partir de Puget-ThĂ©niers; le Var reçoit, dans le dĂ©partement, le Giaus, qui baigne d'admirables gorges, la TinĂ©a qui descend des Alpes de Provence, traverse une vallĂ©e profonde en arrosant San-Stefano, San-Salvator, Clans, et finit en avant de Villars, la Vesubia qui laisse Utello Ă  droite, Levenzo Ă  gauche, et se termine en face de Bonsone, et l'Esteron, qui traverse la magnifique cluse de Briançonnet, arrose Roquesteron, absorbe la Gironde et le Bouyon, et finit prĂšs de la Roquette-Saint-Martin, aprĂšs un cours de 65 kilomĂštres; le littoral du dĂ©partement Ă  partir de l'embouchure du Var, porte le nom de riviĂšre de GĂȘnes, qui s'Ă©tend Ă  toute la cĂŽte jusqu'au delĂ  de GĂȘnes; — 4° la Siagne, petit cours d'eau, qui sert en partie de limite entre le dĂ©partement des Alpes-Maritimes et celui du Var, passe Ă  Saint-CĂ©saire, Ă  Auribeau, et va finir dans le golfe de Napoule, aprĂšs s'ĂȘtre grossie Ă  gauche d'un ruisseau qui coule Ă  Grasse; — 5° le Loup, qui sort des montagnes d'Audibergue, et se jette dans la MĂ©diterranĂ©e au N. d'Antibes; 6° la Cagne, qui prend sa source prĂšs de Coursegoules, arrose Vence, Saint-Paul, Cagne, et se perd dans la MĂ©diterranĂ©e. La rĂ©gion montagneuse du dĂ©partement contient plusieurs lacs sans importance; sur la cĂŽte on trouve l'Ă©tang maritime de la Napoule, et Ă  l'embouchure du Var des marĂ©cages que les travaux de dessĂ©chement feront bientĂŽt disparaĂźtre. Climat. — Le dĂ©partement des Alpes-Maritimes est renommĂ© pour la douceur de sa tempĂ©rature; abritĂ© contre les vents du N. par ses montagnes, il reçoit de la mer des brises qui viennent tempĂ©rer les chaleurs excessives de l'Ă©tĂ©. Cependant, cette rĂ©putation n'est exactement mĂ©ritĂ©e que pour le territoire de Nice mĂȘme, qui se trouve Ă  la fois protĂ©gĂ© contre les vents du N. et de l'E. par les derniĂšres ramifications des Alpes-Maritimes; Ă  mesure que l'on monte vers le N., on ressent l'influence des neiges qui couronnent les pics Ă©levĂ©s, celle des vents qui s'engouffrent dans les vallĂ©es Ă©troites oĂč l'on souffre aussi de sĂ©cheresses d'autant plus Ă  craindre que peu de prĂ©cautions sont prises pour y parer. Le vent le plus impĂ©tueux est celui du ou mistral qui souffle principalement sur l'arrondissement de Grasse. Superficie. — Population. — Le dĂ©partement des Alpes-Maritimes a une superficie de 383 900 hectares. Sa population s'Ă©lĂšve Ă  198 818 habitants environ, ce qui donne 50 habitants par kilomĂštre. Les habitants de ce dĂ©partement ont les mĂȘmes habitudes que ceux des dĂ©partements des Hautes et Basses-Alpes. BornĂ©s dans leurs dĂ©sirs et leurs besoins, ils prĂ©fĂšrent la vie pastorale aux efforts et aux fatigues d'un travail quelconque ; le paysan ne donne au propriĂ©taire que l'excĂ©dant des fruits de la terre ; aussi le propriĂ©taire est-il toujours lĂ©sĂ©. L'annexion a dĂ©jĂ  modifiĂ© cet Ă©tat de choses en commençant Ă  Ă©tablir le loyer fixe; mais c'est une vĂ©ritable rĂ©volution Ă  introduire dans les mƓurs agricoles de la contrĂ©e. Le langage est un patois mi-provençal, mi- italien. L'instruction est peu rĂ©pandue et la superstition encore trĂšs-grande dans les campagnes. Agriculture. — Les documents statistiques manquent sur ce dĂ©partement de crĂ©ation et d'organisation toutes rĂ©centes, et il serait tĂ©mĂ©raire de hasarder des chiffres que l'administration ne possĂšde pas elle-mĂȘme, ou n'a pas encore produits. Mais on peut dire, cependant, que, sauf l'arrondissement de Grasse, ce dĂ©partement doit ĂȘtre rangĂ© parmi les moins riches de notre territoire pour la production des choses nĂ©cessaires Ă  la vie. Les cĂ©rĂ©ales, le gros bĂ©tail manquent Ă  l'alimentation; les moutons et les chĂšvres, au contraire, sont nombreux et produisent dans cette rĂ©gion de montagnes les mĂȘmes dĂ©sastres que dans les Hautes et Basses-Alpes les hauteurs se sont dĂ©pouillĂ©es d'arbres, puis de verdure, puis de terre, et les Ă©rosions des torrents sont assez continues pour que le Var trouve des champs de cailloux, oĂč ses eaux vagabondes se rĂ©pandent sans profit pour la culture. C'est de l'Italie et de Marseille que le dĂ©partement tire les cĂ©rĂ©ales qui lui sont nĂ©cessaires. Les lĂ©gumes, les arbres fruitiers sont cependant cultivĂ©s avec soin, et quelques cantons donnent des produits recherchĂ©s ; mais les cultures vĂ©ritablement prospĂšres sont celles des oliviers, des fleurs pour la parfumerie, des orangers, des citronniers et des figuiers. Mines. — CarriĂšres. — Les mines et les carriĂšres paraissent ĂȘtre nombreuses, mais l'exploitation n'a pas encore indiquĂ© quelle en est la valeur le cuivre semble ĂȘtre au premier rang, et aprĂšs lui le plomb, le fer et le lignite. Il existe aussi des sources minĂ©rales chaudes et froides, prĂšs de Saint-Sauveur, dans l'arrondissement de Puget-ThĂ©niers. Industrie. — Commerce. — Les distilleries de parfums, la fabrication de l'huile d'olive et des savons, la prĂ©paration des fruits secs, telles sont les grandes industries et par suite les Ă©lĂ©ments du commerce de ce dĂ©partement. La pĂȘche y tient aussi une place importante et donne lieu Ă  une exportation considĂ©rable de sardines, d'anchois et de thons. Routes. — Chemins de fer. — Ce dĂ©partement compte cinq routes impĂ©riales, qui s'Ă©tendent sur 333 kilomĂštres; la plus importante suit la cĂŽte en passant par Cannes, Antibes, Cagnes et Nice ; de Nice, elle rencontre au N. la vallĂ©e du Paillon, franchit le col de Tende, et pĂ©nĂštre dans le bassin du PĂŽ. Une autre venant de Castellane dans les Basses-Alpes passe Ă  Grasse et rejoint la prĂ©cĂ©dente Ă  Cagnes. De Nice part une route admirable, cĂ©lĂšbre dans le monde entier sous le nom de route de la Corniche; elle longe le littoral jusqu'Ă  GĂȘnes, en suivant la crĂȘte des rochers qui dominent la mer; elle est belle partout, mais la partie comprise entre Menton et Nice dĂ©fie toute description ; Ă  chaque coude de cette capricieuse voie, les aspects se modifient, les points de vue changent, les sites les plus inattendus appa- raissent brusquement, tantĂŽt des gorges d'une indicible beautĂ© et des montagnes aux sommets grisĂątres, tantĂŽt des villages perchĂ©s comme Ezza sur des rocs inaccessibles, ou de vieilles villes pittoresques comme Monaco, Yintimille, Roquebrune, puis des anses, des golfes, des ports, et cette admirable MĂ©diterranĂ©e, dont l'azur resplendit jusqu'aux lointaines limites de l'horizon. Les communications intĂ©rieures, quoique assez nombreuses , sont incomplĂštes Ă  cause des difficultĂ©s du sol, et Puget-ThĂ©niers n'est pas encore reliĂ© suffisamment au reste du dĂ©partement. Les Alpes-Maritimes ont une voie ferrĂ©e importante qui appartient au rĂ©seau de Lyon, l'embranchement de Marseille Ă  Nice, par Toulon ; il suit presque parallĂšlement la grande route de la cĂŽte, et a des stations Ă  Cannes, au golfe Jouan, Ă  Antibes, Ă  Vence-Cagnes, au Var et Ă  Nice; il sera continuĂ© jusqu'Ă  Ventimille et correspondra avec les chemins de fer italiens. Histoire. — On trouve dans les temps les plus anciens ce pays occupĂ© par un mĂ©lange de Ligures et de Celtes Ă  demi sauvages et partagĂ©s en tribus ennemies. AprĂšs la fondation de Marseille, 600 ans avant J. C., la ville nouvelle domina bientĂŽt sur tout le littoral, chassa les Ligures de la contrĂ©e des Alpes-Maritimes, et pour assurer sa conquĂȘte, Ă©tablit des colonies Ă  Nicca Nice et Ă  Antipolis Antibes. Ce territoire subit la domination romaine en mĂȘme temps que Marseille et fut compris dans la Province; il fut ensuite affreusement ravagĂ© par les Wisigoths et les Ostrogoths, qui s'y succĂ©dĂšrent tour Ă  tour, fit partie de la Lotharingie, aprĂšs le dĂ©membrement de l'empire de Charlemagne, puis de la Bourgogne-Cisjurane, et enfin du royaume d'Arles ou de Provence. Les comtes hĂ©rĂ©ditaires de Provence possĂ©dĂšrent le pays jusqu'Ă  Gilbert dont la fille le porta en dot, en 1090, aux comtes de Barcelone qui l'ont gardĂ© jusqu'en 1245, Ă©poque Ă  laquelle la maison de France en devint maĂźtresse par le mariage de Charles d'Anjou, roi de Naples et frĂšre de saint Louis, avec BĂ©atrix, fille de Raymond BĂ©ranger. AmĂ©dĂ©e de Savoie, profitant des troubles de Naples, l'usurpa sur Jeanne en 1388, et ses successeurs le gardĂšrent malgrĂ© les Ă©vĂ©nements dont il fut le théùtre pendant la lutte de François Ier et de Charles-Quint. Une rectification de frontiĂšres, stipulĂ©e au traitĂ© de Paris, en 1763, fixa le Var comme limite entre la France et le PiĂ©mont. RĂ©unies Ă  la RĂ©publique française par dĂ©cret du 4 fĂ©vrier 1792, les Alpes-Maritimes furent de nouveau rendues Ă  la Sardaigne, en 1815, et annexĂ©es dĂ©finitive ment Ă  la France, le 12 juin 1860. Hommes cĂ©lĂšbres. — Les principaux personnages du dĂ©partement des Alpes-Maritimes sont l'astronome CASSINI, les peintres VANLOO et FRAGONARD; le conventionnel ISNARD; les marĂ©chaux MASSÉNA et REILLE, le gĂ©nĂ©ral de BRÉA, et parmi les contemporains, le gĂ©nĂ©ral GARIBALDI. Divisions administratives. — Le dĂ©partement des Alpes-Maritimes forme trois arrondissements subdivisĂ©s ainsi qu'il suit Arr. de Nice. n cant. 40 comm. — de Grasse , 8 — 59 — de Puget-ThĂ©niers. 6 — 47 — 25 cant. 146 comm. Ce dĂ©partement forme la 5e subdivision de la 9e division militaire, dont le siĂ©ge est Ă  Mar- seille; ses places de dĂ©fense sont Antibes avec le Fort-CarrĂ©; Saint-Laurent du Var et la citadelle de Yillefranche qui dĂ©fendent la route d'Italie ; le fort Sainte-Marguerite, sur les Ăźles de LĂ©rins, qui protĂšge la cĂŽte. Il dĂ©pend Ă©galement du 5e arrondissement maritime dont le prĂ©fet est Ă  Toulon, et forme un sous arrondissement dont Nice est le chef-lieu. Il appartient Ă  deux diocĂšses Ă  celui de Nice, pour les arrondissements de Nice et de Puget-ThĂ©niers; Ă  celui de FrĂ©jus, pour l'arrondissement de Grasse ; ces diocĂšses sont suffragants de l'archevĂȘchĂ© d'Aix, et comptent 33 cures, 178 succursales et 3 petits sĂ©minaires Ă  Nice et Ă  Grasse. Nice et Cannes possĂšdent des temples protestants La justice est rendue par les deux tribunaux de premiĂšre instance de Nice et de Grasse et trois tribunaux de commerce siĂ©geant Ă  Nice, Ă  Grasse et Ă  Antibes, et ressortissant Ă  la Cour impĂ©riale d'Aix. Les Ă©tablissements de l'instruction publique comprennent un lycĂ©e Ă  Nice, 3 collĂ©ges communaux Ă  Antibes, Ă  Grasse et Ă  Menton, une Ă©cole normale primaire Ă  Nice, et 322 Ă©coles publiques ou libres, qui dĂ©pendent de l'AcadĂ©mie d'Aix. Description des Villes. — Voici les principales localitĂ©s du dĂ©partement des Alpes-Maritimes. ARRONDISSEMENT DE NICE. NICE 50 180 hab., chef-lieu de prĂ©fecture et du dĂ©partement, divisĂ© en deux cantons, Ă  870 kilomĂštres de Paris, est assise sur la MĂ©diterranĂ©e, Ă  l'embouchure du Paillon. Sa situation est une des plus heureuses qui soit en Europe ; son climat un des plus doux, son sol un des plus fertiles ; le citronnier et l'oranger y abondent; son ciel semble exempt de toutes les vicissitudes des saisons ; l'hiver y est sans frimas et l'Ă©tĂ© sans orages. Aussi de tous les coins de l'Europe, les malades y viennent sĂ©journer pendant la mauvaise saison, et ses vallĂ©es, ses collines, dans un rayon de plusieurs kilomĂštres, sont couvertes de villas et d'habitations enfouies sous des bosquets d'orangers et de citronniers. Nice peut se diviser en trois parties distinctes 1° le port, qui est creusĂ© au pied de la Colline du ChĂąteau, oĂč viennent mouiller les caboteurs, les bateaux de pĂȘche de la MĂ©diterranĂ©e, des tartanes, des goĂ«lettes, des bricks, des trois-mĂąts et des bateaux Ă  vapeur qui font le service de la cĂŽte; 2° la vieille ville, comprise entre la promenade du Cours et le lit du Paillon ; 3° la ville neuve, bien bĂątie, toute composĂ©e d'hĂŽtels, de splendides villas, de maisons Ă  toits plats qui supportent de larges terrasses. Les principaux monuments de Nice sont l'Ă©glise Sainte-RĂ©parate, du XVIIe siĂšcle, la chapelle de Saint-SĂ©pulcre, la chapelle de la MisĂ©ricorde, l'hĂŽtel de ville, la tour de l'Horloge, l'ancien palais des Lascaris, avec ses plafonds peints par Carlone, les maisons oĂč sont nĂ©s MassĂ©na et Garibaldi ; mais ces Ă©difices sont en gĂ©nĂ©ral peu remarquables. Au contraire, les promenades de la ville sont magnifiques. De la plate-forme du vieux chateau situĂ© sur un roc Ă©levĂ© de 96 mĂštres, la vue s'Ă©tend sur la mer, les vallĂ©es et les montagnes environnantes; on peut y arriver en voiture par des pentes ombragĂ©es de beaux arbres; la Promenade des Anglais est une superbe et large avenue plantĂ©e de palmiers, qui s'Ă©tend pendant 2 kilomĂštres sur les bords de la mer depuis l'embouchure du Paillon jusqu'Ă  celle du Magnan ; le Cours avec ses ormes centenaires permet aux promeneurs d'admirer Ă  l'horizon les gracieuses montagnes de l'Esterelle et les monts des Maures. La ville Ă©tait trĂšs-forte autrefois, et elle est encore entourĂ©e des restes des vieilles murailles que dominent les ruines d'une citadelle dĂ©molie par Louis XIV en 1705. Nice est un mot grec modernisĂ© qui signifie victoire, et, en effet, les PhocĂ©ens fondĂšrent cette ville au IIIe siĂšcle, pour rappeler le souvenir d'une victoire qu'ils venaient de remporter. Sa prospĂ©ritĂ© fut grande, et, d'aprĂšs Strabon, elle prit rang immĂ©diatement aprĂšs Rome parmi les citĂ©s italiennes ; elle demeura indĂ©pendante jusqu'Ă  CĂ©sar, qui la soumit; puis, comme toutes les villes du Midi, elle fut livrĂ©e successivement aux dĂ©prĂ©dations des Goths, des Vandales, des Visigoths, des Bourguignons et des Lombards, si bien qu'elle se vit rĂ©duite Ă  la con- dition de misĂ©rable bourgade. GĂȘnes la protĂ©gea pendant quelque temps contre les pirates sarrasins qui menaçaient les cĂŽtes liguriennes, mais elle ne fut rĂ©ellement tranquille que sous la domination des comtes de Provence et de la maison d'Anjou, qui prit fin au traitĂ© de ChambĂ©ry, en 1419, Ă©poque Ă  laquelle Nice fut cĂ©dĂ©e Ă  la Savoie ; elle revit alors ses jours d'inquiĂ©tudes et de dĂ©sastres pendant les guerres des grandes puissances, car sa position gĂ©ographique en faisait toujours le chemin des vainqueurs et des vaincus. Pour leur compte, les Français l'assiĂ©gĂšrent et la prirent cinq fois en 1542, en 1691, en 1706, en 1744 et en 1792. On peut espĂ©rer qu'elle en a fini maintenant avec les assauts et les guerres, et que son annexion Ă  l'empire français lui donnera une nouvelle Ăšre de prospĂ©ritĂ©. Nice est situĂ©e dans une position trĂšs-agrĂ©able et entourĂ©e d'Ă©lĂ©gantes montagnes qui rendent ses environs riches en promenades et en points de vue ; ce sont le Mont-Gros, le Vinaigrier, le Mont-Boron, qui vient tomber Ă  pic sur la mer, le Mont-Alban, couronnĂ© par une forteresse; la hauteur de ces groupes pittoresques est comprise entre 300 et 366 mĂštres. Les voya- heurs ne manquent pas de visiter et d'admirer des ruines romaines, un aqueduc romain, la fontaine de Mouraille, la source intermittente de la fontaine sainte, le vallon obscur, et, Ă  quelques kilomĂštres seulement, la grotte de Saint-AndrĂ© et le sommet du Mont-Cau, Ă©levĂ© de 354 mĂštres. L'industrie de Nice consiste en soieries, en parfumeries, en distilleries, qui emploient par an 30 000 kilogrammes de violettes et 200 000 kilogrammes de fleurs d'oranger, en savonneries, en tanneries; on pĂȘche dans la mer de Nice beaucoup de thons et d'anchois. Son port, autrefois beaucoup plus actif, exporte les produits de son industrie, et surtout de trĂšsbeaux fruits. L'importation lui fournit presque exclusivement les denrĂ©es essentielles Ă  la vie dont son territoire est dĂ©pourvu. Le port de Nice, continuellement barrĂ© par des sables, est peu sĂ»r dans les temps d'orage ; nĂ©anmoins la voie ferrĂ©e, la route impĂ©riale et deux services rĂ©guliers de paquebots assurent au commerce et Ă  l'industrie des moyens suffisants de communication. Menton 5699 hab., chef-lieu de canton, est situĂ© sur le rivage de la MĂ©diterranĂ©e, Ă  2 kilomĂštres de la frontiĂšre italienne formĂ©e par une admirable gorge creusĂ©e dans les rocs de la cĂŽte. Menton se compose de deux parties l'ancienne ville situĂ©e sur un promontoire et ses escarpements, avec ses maisons pittoresque- ment entassĂ©es les unes sur les autres, ses rues Ă©troites et roides, ses arcades, ses passages sombres, ses escaliers difficiles, ses vieilles murailles; la nouvelle ville, qui se rĂ©duit Ă  peu prĂšs Ă  une grande rue longeant le rivage, et bordĂ©e de charmantes villas, de splendides hĂŽtels, de jardins oĂč les arbres exotiques, les palmiers, les eucalyptus, les plantes grasses, les orangers, les citronniers, poussent en pleine terre. Les principaux Ă©difices de Menton sont des ruines d'un chĂąteau fort du XVIe siĂšcle, la Porte Saint-Julien, reste des fortifications fĂ©odales, l'Ă©glise Saint-Michel avec dĂŽme, campanule et clochetons. Sur la berge de la marine se trouve le Casino, avec salles de bal, de concert, de lecture et théùtre. De la plate-forme du cimetiĂšre situĂ© dans la vieille ville, Ă  40 mĂštres d'Ă©lĂ©vation, la vue s'Ă©tend sur la mer, les montagnes, et, par quelques belles et claires journĂ©es, jusqu'Ă  l'Ăźle de Corse. La culture des citronniers, des orangers, des oliviers, la parfumerie, la distillerie, la fabrication de meubles en bois de caroubier, de citronnier et d'olivier, constituent l'industrie de Menton ; son port est peu sĂ»r et mĂȘme dangereux dans les gros temps. Menton, fondĂ©e par des forbans, tomba aux mains des comtes de Vintimille, aprĂšs l'expulsion des Sarrasins; puis elle passa aux GĂ©nois et partagea la destinĂ©e de toutes les villes du littoral pendant les guerres qui dĂ©solĂšrent l'Italie. AchetĂ©e par les Grimaldi en 1346, elle se constitua en ville libre aprĂšs 1848. Un vote l'a annexĂ©e Ă  la France en 1861. Saint-Martin-de-Lantosque 2037 hab., cheflieu de canton, est situĂ©e au confluent des deux ruisseaux qui par leur rĂ©union forment la VĂ©subia. Il s'y fait un commerce considĂ©rable de bestiaux et de cĂ©rĂ©ales. Cette commune est l'une des plus riches du dĂ©partement, et cependant elle a beaucoup perdu depuis la crĂ©ation de la route du col de Tende ; avant cette Ă©poque, elle servait de marchĂ© aux PiĂ©montais et aux habitants du comtĂ© de Nice. Utelle 1961 hab., chef-lieu de canton, sur une montagne entre la VĂ©subia et la TinĂ©a, forme une agglomĂ©ration de hameaux beaucoup plutĂŽt qu'une ville ; on y fabrique d'excellents fromages; elle Ă©tait l'entrepĂŽt du commerce de Coni et de Nice, quand les voies de communication faciles n'existaient pas encore et que le transport se faisait Ă  dos de mulets. Villefranche 3344 hab., chef-lieu de canton, est placĂ©e sur le petit golfe, connu chez les Romains sous le nom de Portus Herculis. ResserrĂ©e entre les Alpes et la mer, cette ville, dont les rues sont de vĂ©ritables escaliers et dont les maisons sont anciennes, prĂ©sente des aspects pittoresques. Le PiĂ©mont avait voulu y crĂ©er un port militaire, et les Russes y ont Ă©tabli, avec l'autorisation de la France, une vĂ©ritable station maritime pour leur flotte de guerre ; une citadelle et des batteries protĂ©gent la ville et dĂ©fendent la rade. Les autres chefs-lieux de canton sont Breil 2709 hab , L'Escarene 1762 hab., Levens 1795 hab., Sospel 3912 hab., et Contes 1748 hab.. Les principales communes de l'arrondissement sont la TrinitĂ©-Victor 1459 hab.; Saorge 3180 hab.; Apremont 1680 hab.; Tourette 385 hab.; Belvedere 1280 hab.; Lantosque 2232 hab.; Eza 570 hab., situĂ©e comme un nid d'oiseaux de proie au sommet d'un roc inaccessible ; la Turbie 848 hab., village perdu en pleine montagne et placĂ© au-dessus de Mo- naco, Ă  ce point oĂč commence la plus belle partie de l'admirable route de la Corniche, qui descend vers Nice; Roquebrune 844 hab., autrefois l'une des villes principales de la principautĂ© de Monaco. ARRONDISSEMENT DE GRASSE. GRASSE 12 241 hab., sous-prĂ©fecture et chef-lieu d'arrondissement, situĂ©e Ă  36 kilomĂštres de Nice, s'Ă©lĂšve en amphithéùtre sur une colline arrondie, premier Ă©tage d'un mont escarpĂ© de 700 mĂštres. De cette ville la vue embrasse un grand nombre de bourgs, de villages et s'Ă©tend d'un cĂŽtĂ© aux Alpes-Maritimes, et de l'autre jusqu'au littoral. Lorsque le ciel est pur, on peut mĂȘme apercevoir les montagnes de la Corse, distantes de 16 myriamĂš- tres. La partie occidentale de la ville est assez bien bĂątie, mais le reste est composĂ© de ruelles mal pavĂ©es. Grasse n'a point de monuments remarquables; cependant, l'ancienne cathĂ©drale et l'hĂŽpital renferment quelques tableaux dignes d'attention, et les artistes peuvent en outre admirer, dans une vieille maison du conventionnel Isnard, quatre belles toiles de Fragonard. On trouve Ă  Grasse d'importantes fabriques de parfumerie et de savon et de nombreux moulins Ă  huile. On Ă©value Ă  onze millions de francs le produit de son exportation de parfumeries. D'aprĂšs une version gĂ©nĂ©ralement admise, Grasse fut fondĂ©e au sixiĂšme siĂšcle par des Juifs venus de la Sardaigne; ce n'Ă©tait encore qu'un bourg sans importance au XIe siĂšcle; elle fut deux fois dĂ©truite par les corsaires africains, et relevĂ©e au XVIe; elle devint le siĂ©ge d'un Ă©vĂȘchĂ© qui fut occupĂ© par Godeau au temps de Richelieu, et fut pendant quelque temps, en 1794, le chef-lieu du dĂ©partement du Var. Antibes 6064 hab., chef-lieu de canton, jolie ville, admirablement situĂ©e au pied des montagnes qui la protĂšgent du vent du N., occupe l'entrĂ©e de la presqu'Ăźle qui limite Ă  l'O. le golfe Jouan. Son port peu vaste, mais profond et sĂ»r, est fermĂ© par une longue jetĂ©e semicirculaire, et dĂ©fendu par un Ăźlot qui porte le Fort-carrĂ© ou Fort-Championnet, construit par Vauban; Ă  l'extrĂ©mitĂ© du cap de la Garouppe, s'Ă©lĂšve la chapelle de Notre-Dame-de-la-Garde, trĂšs-vĂ©nĂ©rĂ©e des marins et des pĂȘcheurs qui forment la principale population d'Antibes, Cette ville, fondĂ©e par les PhocĂ©ens de Marseille sous le nom d'Antipolis, fut le siĂšge d'un Ă©vĂȘchĂ© au IVe siĂšcle; on dĂ©couvre chaque jour de nouveaux vestiges de vieilles constructions qui rappellent son antique origine. Cannes 9618 hab., chef-lieu de canton, Ă  17 kilomĂštres de Grasse, s'Ă©tale au fond d'une petite anse et au pied d'une colline escarpĂ©e que couronnent les tours du chĂąteau du MontChevalier et de l'Ă©glise Notre-Dame-d'EspĂ©rance. Mais l'intĂ©rieur de la ville ne rĂ©pond pas Ă  cette position pittoresque. La ville haute est mal pavĂ©e, composĂ©e de rues Ă©troites; le quai lui-mĂȘme est sale, et une seule rue, parallĂšle Ă  la partie orientale de la plage, offre des habitations convenables. Le port de Cannes, Ă©clairĂ© par un feu fixe de quatriĂšme ordre, peu profond et d'un abord difficile, tend Ă  s'ensabler. L'industrie et le commerce de cette ville ont pour objet les parfums, les huiles, les savons, le poisson salĂ©, etc. Cannes, capitale celtique, et dĂ©truite par les Romains, aurait Ă©tĂ©, suivant la tradition, rebĂątie par les Marseillais sous le nom de Castrum Marcellinum; aprĂšs avoir Ă©tĂ© dĂ©vastĂ©e deux fois par les Sarrasins au vme et au xe siĂšcle, elle fut repeuplĂ©e par les GĂ©nois. Les environs de Cannes sont dĂ©licieux et offrent les plus belles plages de la Provence. C'est prĂšs de cette ville, au golfe Jouan que dĂ©barqua NapolĂ©on, en 1815, Ă  son retour de l'Ăźle d'Elbe. En face de Cannes, entre les golfes Jouan et de Napoule, se trouve le petit archipel des Ăźles de LĂ©rins; les plus importantes sont Saint-Honorat et Sainte-Marguerite. Sainte-Marguerite, dont la circonfĂ©rence mesure 7 kilomĂštres, est couverte, dans sa partie orientale, d'une magnifique forĂȘt de pins maritimes; sur la cĂŽte N., Ă  la pointe de la Groi- sette, s'Ă©lĂšve le fort construit par Richelieu, qui acheta l'Ăźle en 1637; ce fort, complĂ©tĂ© par les Espagnols et rĂ©parĂ© sur les plans de Vauban, est devenu cĂ©lĂšbre comme prison d'État par la captivitĂ© du mystĂ©rieux personnage, connu sous le nom de l'Homme au masque de fer. Saint-Honorat est cĂ©lĂšbre par le grand monastĂšre, fondĂ© en 410, qui devint la plus fameuse communautĂ© des Gaules, celle d'oĂč sortirent une foule de prĂ©lats, de saints et de savants; elle fut dĂ©vastĂ©e par les Sarrasins qui tuĂšrent tous les religieux. C'est une petite Ăźle sĂ©parĂ©e de la premiĂšre par un canal large de 700 mĂštres; sa circonfĂ©rence n'est que de 3 ki- lomĂštres; son Ă©glise, dont les principaux murs datent du VIIe siĂšcle, les chapelles de la TrinitĂ©, de Saint-Sauveur, de Saint-Porchaire et son chĂąteau fort, un vieux donjon du XIe siĂšcle, Ă  mĂąchicoulis, Ă  chemin de ronde, Ă  citernes, ont Ă©tĂ© classĂ©s parmi les monuments historiques. Vence 2755 hab., chef-lieu de canton, est situĂ©e sur une petite montagne qui domine la rive droite d'un petit affluent de la Cagne; elle Ă©tait autrefois fortifiĂ©e, et prĂ©sente de nombreuses ruines. Elle fait commerce de parfumerie, de savon et de cire; ses figues ont de la rĂ©putation. Les autres chefs-lieux de canton sont Coursegoules 505 hab., Le Bar 1579 hab., SaintAuban 574 hab., et Saint-Vallier539 hab.. Les principales communes de l'arrondissement sont Mougins 1286 hab.; Valbonne 1275 hab.; Cabris 1725 hab.; Cagnes 2435 hab.; La Colle 1267 hab.; Vallauris 3016 hab., jolie petite ville dans les montagnes, et sur le territoire de laquelle se trouve le golfe Jouan, vaste baie abritĂ©e contre tous les vents, exceptĂ© celui du S. O.; des flottes entiĂšres peuvent y manƓuvrer Ă  l'aise ; les rivages de la baie sont couverts d'habitations charmantes, telles que les villas BruyĂšres, Brimborion, etc., dominĂ©es par le magnifique hĂŽtel du Golfe, d'oĂč la vue s'Ă©tend sur la MĂ©diterranĂ©e, depuis les montagnes de l'Esterelle jusqu'au col de Tende; une petite colonie de Parisiens qui s'est fondĂ©e depuis quelques annĂ©es sur les bords du golfe est en pleine voie de prospĂ©ritĂ©. ARRONDISSEMENT DE PUGET-THÉNIERS. PUGET-THÉNIERS 1289 hab., chef-lieu d'arrondissement, est situĂ© sur la rive gauche du Var, au confluent de la Roudoule. Ville ancienne et fortifiĂ©e, elle est petite et laide ; on y trouve quelques vieux monuments, mais peu remarquables. Les autres chefs-lieux de canton sont Guillaumes 1156 hab., Roquesteron 433 hab., Saint-Étienne 2150 hab., Saint-Sauveur 635 hab., et Villars-du-Var 841 hab.. Les principales communes de l'arrondisse- ment sont Lieusole 1145 hab.; Valdeblore 1060 hab., etc. ALPES MARITIMES Vue de LargentiĂšre. — Vue gĂ©nĂ©rale d'Annonay. — Pont d'Arc sur l'ArdĂšche. Vieille Ă©glise romane de Quintenas. ARDÈCHE. Situation. — Limites. — Aspect gĂ©nĂ©ral. — Le dĂ©partement de l'ArdĂšche est situĂ© presque entiĂšrement dans le bassin du RhĂŽne dont il borde la rive droite sur une Ă©tendue de 140 kilomĂštres. Il tire son nom de la riviĂšre qui arrose sa partie mĂ©ridionale, et a pour limites au N., le dĂ©partement de laLoire ; Ă  l'E., ceux de l'IsĂšre, de la DrĂŽme et de Vaucluse; au S., celui du Gard ; Ă  l'O., ceux de la LozĂšre et de la Haute-Loire. Le dĂ©partement de l'ArdĂšche affecte sensiblement la forme d'un triangle montagneux, inclinĂ© de l'O. Ă  l'E. entre les Monts-du-Vivarais et la rive droite du RhĂŽne, sur laquelle viennent s'effacer leurs contre-forts; c'est un pays trĂšs-tourmentĂ©, trĂšs-difficile, semĂ© de dĂ©tritus volcaniques; les riviĂšres, dans leur partie supĂ©rieure surtout, sont de vĂ©ritables torrents qui courent Ă  travers des gorges Ă©troites et sauvages, au milieu de montagnes couvertes de chĂątaigniers, de noyers et de mĂ»riers; leurs eaux infĂ©rieures produisent pĂ©riodiquement des inondations qui ravagent les plus belles vallĂ©es. Dans la partie septentrionale du dĂ©partement s'Ă©talent de beaux champs de blĂ©, ainsi que dans toute la rĂ©gion de l'est, sur la rive droite du RhĂŽne; mais le territoire de l'ouest, particuliĂšrement accidentĂ©, n'offre guĂšre que des plateaux stĂ©riles et rebelles Ă  toute culture. Orographie. — Les CĂ©vennes et leurs contreforts constituent tout le systĂšme montagneux du dĂ©partement sous le nom de Monts-du-Vi- varais. Elles y pĂ©nĂštrent au entre les sources de l'Allier et celles du Chassezac, l'un des affluents de l'ArdĂšche, et forment Ă  l'E., entre le cours supĂ©rieur de l'ArdĂšche et celui du Chassezac, un plateau basaltique Ă©levĂ© de 900 mĂštres appelĂ© Mont-du-Tanargue; puis, se dirigeant au N. E. Ă  travers les dĂ©bris de la forĂȘt de Bauzon sous le nom de Montagnes- de-la-Chavade, elles dessinent la ceinture orientale du cours de la Loire. LĂ , culminent le Gerbier-des-Joncs, montagne trachytique aux flancs escarpĂ©s, qui atteint une hauteur de 1562 mĂštres, le Mont-Mezenc, Ă©levĂ© de 1774 mĂštres, d'oĂč se dĂ©tache au le Mont-des- BoutiĂšres, qui sĂ©pare l'ArdĂšche de l'Erieux, et dont l'altitude est de 1384 mĂštres; ce dernier contre-fort, remarquable par sa nature volcanique et l'effet grandiose de ses colonnes de basalte, forme au S. de Privas sur la rive droite de l'OuvĂšze les Montagnes-de-Coiron et se termine sur le RhĂŽne parles hauteurs abruptes de Rochemaure; ses points culminants sont le Mont-RosĂ©e, dont l'Ă©lĂ©vation est estimĂ©e Ă  1397 mĂštres, et la Roche-de-Gourdon, qui mesure 1069 mĂštres. Les Monts-du-Vivarais se prolongent ensuite au N. en conservant leur caractĂšre Ăąpre et tourmentĂ© jusqu'Ă  l'extrĂ©mitĂ© du dĂ©partement, et se terminent dans le dĂ©partement de la Loire par le Mont-Pila dont la sommitĂ© principale atteint une hauteur de 1433 mĂštres. Hydrographie. — Le dĂ©partement de l'ArdĂšche appartient au bassin de la Loire pour une Ă©troite partie de l'arrondissement de LargentiĂšre au et au bassin du RhĂŽne pour sa masse principale. Son systĂšme hydrographique se compose donc de deux grands fleuves, la Loire et le RhĂŽne, et de leurs affluents. Les grands cours d'eau du bassin de la Loire sont la Loire et l'Allier. La Loire naĂźt dans la ferme de Loire Ă  500 pas environ du Gerbier-desJoncs, coule d'abord du N. au S., puis tourne Ă  l'O., et entre dans la Haute-Loire, aprĂšs s'ĂȘtre grossie de quelques petits affluents, tels que la Vernasson, le Gage, la Veyradeyre; l'Allier prend sa source dans la LozĂšre, sert un instant de limite au dĂ©partement et y reçoit des ruisseaux sans importance. Le principal cours d'eau du second bassin est le RhĂŽne, qui forme toute la limite E. du dĂ©partement entre Limony et Saint-Just, et le sĂ©pare de celui de la DrĂŽme; dans ce parcours, du N. au S., il arrose SerriĂšres, Arras, Tournon, et laisse Ă  droite Saint-Peray, Lavoulte, Rochemaure et Bourg-Saint-AndĂ©ol. Ses principaux affluents sont 1° la Canse qui baigne Vocance, Ville-Vocance et Annonay; 2° l'Ay, qui prend sa source prĂšs de la Louvesc et passe Ă  Satillieu; 3° le Doux, qui coule d'abord du N. au S. jusqu'Ă  Lamastre oĂč une digue protĂšge la campagne contre ses inondations, puis remonte vers le en arrosant Monteil et Boucieuxle-Roi, pour aller finir au N. de Tournon, aprĂšs un cours de 60 kilomĂštres; 4° l'Erieux, qui sort du Mont-Mezenc, passe Ă  Saint-AgrĂšve, au Cheylard, aux OlliĂšres, Ă  Saint-Fortunat, et se jette dans le RhĂŽne en amont de Lavoulte; 5° l'OuvĂšze, qui passe Ă  Privas ; 6° l'Escou- tay, qui prend sa source dans la Montagne-de- Coiron et finit prĂšs de Viviers; 7° l'ArdĂšche qui, formĂ©e sur le revers oriental des CĂ©vennes, dans l'arrondissement de LargentiĂšre, par la rĂ©union d'une foule de ruisseaux et de cascades, coule d'abord Ă  l'E. dans une vallĂ©e profondĂ©ment creusĂ©e, aprĂšs avoir descendu une pente presque verticale, arrose Mayres, Neyrac, Aubenas, laisse LargentiĂšre sur sa droite,Vallon sur la gauche, passe sous le Pont-d'Arc, vaste arcade naturelle de 60 mĂštres d'ouverture, sert un instant de limite au dĂ©partement, entre dans celui du Gard, et va se jeter dans le RhĂŽne aprĂšs un cours de 108 kilomĂštres; ses principaux affluents sont la FontolliĂšre, la Volane, l'Auzon, la Ligne, la Baume qui passe Ă  Joyeuse, et le Chassezac qui naĂźt au village de Belvezet et se grossit de la Dorme. Le seul lac qui mĂ©rite d'ĂȘtre citĂ© dans le dĂ©partement de l'ArdĂšche est le Lac d'IssarlĂšs dans le bassin de la Loire; il mesure 1296 mĂštres de longueur sur 1007 mĂštres de largeur; sa superficie est de 90 hectares et recouvre le cratĂšre d'un volcan Ă©teint. Climat. — Le climat du dĂ©partement de l'ArdĂšche offre de grandes variations ; chaud prĂšs du RhĂŽne, il devient plus froid Ă  mesure que l'on remonte Ă  l'O., oĂč les montagnes conservent leur calotte de neige pendant une partie de l'annĂ©e; aussi les saisons se montrent trĂšsirrĂ©guliĂšres, probablement Ă  cause du dĂ©boisement des montagnes ; les hivers sont gĂ©nĂ©- ralement trĂšs-longs, et les Ă©tĂ©s trĂšs-pluvieux; les vents dominants sont ceux du N., du S., et 'du ou mistral. Quelques parties du dĂ©partement sont livrĂ©es Ă  des cataclysmes locaux d'une grande intensitĂ©; ainsi, au centre du bassin de l'ArdĂšche, les trombes de pluie fondent de temps en temps sur la petite ville de Joyeuse avec une violence sans Ă©gale, et ne laissent aprĂšs elles que ruines et dĂ©vastations. Superficie. — Population. — La superficie du dĂ©partement de l'ArdĂšche est de 552 665 hectares, dont les terres labourables, les pĂąturages et les forĂȘts occupent la presque totalitĂ©. La population est de 387 174 habitants, ce qui donne environ 70 habitants par kilomĂštre carrĂ©. Depuis le commencement du siĂšcle, elle s'est accrue de 122 000 Ăąmes. Les habitants de l'ArdĂšche, isolĂ©s dans leurs montagnes, privĂ©s jusqu'Ă  ce jour des communications rapides qu'engendrent les voies ferrĂ©es, ont conservĂ© leurs mƓurs et leur caractĂšre particulier; intelligents et laborieux, sobres et robustes, ils sont gĂ©nĂ©ralement religieux, attachĂ©s Ă  leur pays, et ils ont toute la rudesse, mais aussi toute l'honnĂȘtetĂ© et l'Ă©nergie des montagnards. Dans les campagnes, le costume se modifie lentement; le grand chapeau et la veste longue sont toujours en usage, mais le pantalon s'est substituĂ© Ă  la culotte courte. La majeure partie de la population ne met de bas et de souliers que pour aller Ă  la ville, et les grands jours de fĂȘte. Le patois languedocien Ă©tait autrefois gĂ©nĂ©ralement parlĂ© dans les villes comme dans les campagnes ; depuis la RĂ©volution, l'usage de la langue française s'est rĂ©pandu dans les villes, mais avec l'accent mĂ©ridional, et les campagnes ont obstinĂ©ment conservĂ© leur ancien patois. Agriculture.—Le dĂ©partement de l'ArdĂšche Ă©tant essentiellement montagneux, n'offre Ă  la culture des cĂ©rĂ©ales que 138 485 hectares,c'estĂ -dire un cinquiĂšme environ de sa superficie; les pĂąturages, les bruyĂšres, les landes couvrent Ă  peu prĂšs 145 000 hectares, et les bois, les forĂȘts plus de 113000. La rĂ©colte des grains y est donc infĂ©rieure aux besoins des habitants, et ce sont les pommes de terre et les chĂątaignes qui fournissent principalement Ă  l'alimentation des populations rurales. En revanche, sur la rive droite du RhĂŽne, les vignobles prospĂšrent et produisent des vins qui valent les crus de la rive gauche. Les 30 000 hectares livrĂ©s Ă  la culture de la vigne rendent 500 000 hectolitres de vins, parmi les- quels les plus estimĂ©s sont ceux de SaintPeray, de Limony, de Mauves et de Cornas. La rĂ©colte des noix s'opĂšre aussi sur une grande Ă©chelle, et on en extrait de l'huile qui forme un des principaux articles d'exportation. Les chĂątaigneraies occupent environ 65 000 hectares et fournissent, annĂ©e commune, 100 000 hectolitres de chĂątaignes; ces fruits, de qualitĂ© supĂ©rieure, sont connus dans le commerce sous le nom de Marrons de Lyon et atteignent annuellement une valeur de 500 000 francs. Mais ce qui fait surtout la richesse d'une partie du Vivarais, c'est la production de la soie; cette prĂ©cieuse industrie s'exerce prin- cipalement dans les arrondissements de LargentiĂšre et de Privas, qui, par la nature de leur sol et leur douce tempĂ©rature, rĂ©unissent les conditions les plus favorables Ă  la vĂ©gĂ©tation du mĂ»rier et Ă  l'Ă©ducation des vers Ă  soie. Pour donner une idĂ©e de la valeur de cette industrie, il suffira de dire que quelques plantations de mĂ»riers valent jusqu'Ă  40 000 francs l'hectare ; la production annuelle du dĂ©partement est d'environ 25 millions de francs; cependant, depuis 1854, elle diminue sensiblement par suite de la mortalitĂ© qui a frappĂ© partout les vers Ă  soie. La sĂ©riciculture est donc attaquĂ©e sĂ©rieusement, et cette situation qui menace de ruiner toute une population industrieuse, a vivement attirĂ© l'attention du gouvernement. Le nombre des chevaux est faible dans le dĂ©partement de l'ArdĂšche; il ne s'Ă©lĂšve qu'Ă  6 ou 7000, et celui des Ăąnes, Ă  10 000. Les moutons, au contraire, y sont nombreux, excellents, et trĂšs-recherchĂ©s sur les marchĂ©s voisins; on en compte 260 000; les montagnes arides ont Ă©tĂ© utilisĂ©es pour l'Ă©lĂšve des chĂšvres, dont le nombre dĂ©passe 60 000, et ce dĂ©partement est celui oĂč il se vend le plus de peaux pour la ganterie. La valeur totale de la production agricole annuelle s'Ă©lĂšve Ă  plus de 35 millions de francs. Mines. — CarriĂšres. — Le dĂ©partement de l'ArdĂšche renferme de grandes richesses minĂ©rales, le fer, la houille, le lignite, le marbre, le basalte, la pierre calcaire, le kaolin, etc. On exploitait autrefois Ă  LargentiĂšre une mine d'argent abandonnĂ©e depuis la dĂ©couverte de l'AmĂ©rique; le RhĂŽne et l'ArdĂšche charrient des paillettes d'or qui attirent encore quelques orpailleurs. Les sources thermales sont trĂšs-nombreuses dans le dĂ©partement; les plus frĂ©quentĂ©es sont celles de Saint-Laurent, de Vals, de Celles, et les sources carbonatĂ©es de Neyrac dont la rĂ©putation est toute rĂ©cente. Industrie. — Commerce. — La principale industrie du dĂ©partement consiste dans la production de la soie, sa fabrication et celle du papier. On a vu que lĂ  premiĂšre s'Ă©levait Ă  25 millions par an ; cette valeur s'augmente de 10 Ă  12 millions par la fabrication des tissus. L'industrie du papier a son centre Ă  Annonay, dans l'arrondissement de Tournon ; elle est trĂšs-considĂ©rable, et ses produits sont recherchĂ©s dans toute l'Europe. Viennent ensuite la fabrication de l'huile de noix, la prĂ©paration des peaux de chevreaux pour la ganterie, l'exploitation des mines de fer qui rendent 200 000 tonnes de minerai, et la production de la fonte qui s'Ă©lĂšve Ă  75 000 tonnes. On estime que la production industrielle peut atteindre annuellement une valeur de 17 millions de francs. Le commerce Ă©coule au dehors les divers produits de l'industrie locale, et trouve dans le RhĂŽne sa principale voie d'expĂ©dition, car les voies ferrĂ©es importantes n'existent encore qu'Ă  l'Ă©tat de projet, et les cours d'eau intĂ©rieurs ne sont pas navigables. Routes. — Canaux — Chemins de fer. — Le dĂ©partement de l'ArdĂšche. est desservi par 8 routes impĂ©riales, 29 routes dĂ©partementales, et 2400 chemins vicinaux de moyenne et de grande communication, qui offrent un dĂ©veloppement de 6219 kilomĂštres. Le chef-lieu du dĂ©partement se relie au N. par Tournon avec Lyon, au S. par Aubenas avec Montpellier et Cette, Ă  l' le Pouzin avec le dĂ©partement de la DrĂŽme, et avec Marseille par le RhĂŽne. Un canal d'irrigation nouvellement concĂ©dĂ© doit dĂ©river les eaux du RhĂŽne, et traverser les cantons de ChomĂ©rac, Rochemaure, Viviers et Bourg-Saint-AndĂ©ol. Le dĂ©partement de l'ArdĂšche ne possĂšde encore qu'un petit embranchement de la ligne principale de Paris Ă  Lyon et Ă  Marseille; cet embranchement part de Livron, traverse un bras du RhĂŽne sur un viaduc de 15 arches, puis le RhĂŽne lui-mĂȘme sur un pont en fonte de 5 arches, passe par Lavoulte, le Pouzin, Saint-Lager-Bressac, ChomĂ©rac, et se termine Ă  Privas, aprĂšs un parcours de 32 kilomĂštres. Un sous-embranchement doit ĂȘtre construit de ChomĂ©rac Ă  Alais, et traversera l'angle S -E. du dĂ©partement. Histoire.— Les Helvii, dont Alba Augusta Aps Ă©tait la capitale, paraissent avoir Ă©tĂ© la princi- pale peuplade du territoire de l'ArdĂšche. Ils s'unirent Ă  CĂ©sar contre VercingĂ©torix et furent compris, aprĂšs la conquĂȘte, dans la Gaule Narbonnaise, mais en conservant leurs lois sous des princes de leur tribu. Pendant l'invasion des barbares, Alba Augusta ayant Ă©tĂ© dĂ©truite par les Vandales, Viviers devint Ă  la fois le centre religieux et la capitale du pays qui prit bientĂŽt le nom de Vivarais. AprĂšs avoir appartenu successivement aux Bourguignons et aux Francs, il fut partagĂ© entre les comtes de Viennois Haut-Vivarais et les comtes de Toulouse Bas-Vivarais. Les Ă©vĂȘques de Viviers profitĂšrent de la guerre des Albigeois pour enlever aux comtes de Toulouse le territoire de LargentiĂšre dont ils exploitĂšrent les mines alors trĂšs-productives; mais ils ne tardĂšrent pas Ă  ĂȘtre menacĂ©s Ă  leur tour par l'ambition des rois de France. Philippe le Hardi, Philippe le Bel et Charles V s'efforcĂšrent de ramener la province sous l'autoritĂ© royale, et en peu de temps ils parvinrent Ă  y Ă©tablir des baillis royau-x, en laissant toutefois subsister les libertĂ©s locales; ainsi les États du Vivarais, composĂ©s de la noblesse et du Tiers-État, prĂ©cĂ©dĂšrent ceux du Languedoc auxquels ils ne tardĂšrent pas Ă  se rĂ©unir. Pendant la guerre de Cent ans, le Vivarais devint la proie des routiers qui dĂ©solĂšrent la France; au XVIe siĂšcle, il fut de nouveau troublĂ© par les guerres religieuses, se rĂ©volta contre l'autoritĂ© royale et finit par se rendre indĂ©pendant. Le duc de Montmorency fut chargĂ© de le rĂ©duire par la force ; Louis XIII en acheva lui- mĂȘme la soumission, et Privas disparut pour quelque temps du nombre des citĂ©s. La rĂ©vocation de l'Ă©dit de Nantes produisit au siĂšcle suivant la terrible insurrection des Camisards dans le Haut-Vivarais; la rĂ©pression fut Ă©pouvantable, mais le pays s'Ă©tait soulevĂ© pour la derniĂšre fois. ÉloignĂ© de tout centre d'in- dustrie, privĂ© de grandes communications pour son commerce, dĂ©pouillĂ© de ses privilĂ©ges, le Vivarais fut presque entiĂšrement ruinĂ© depuis sa rĂ©union au Languedoc, et il comptait Ă  peine 200 000 habitants en 1789 ; aussi la rĂ©volution y fut-elle accueillie avec un grand enthousiasme. A cette Ă©poque, le dĂ©partement de l'ArdĂšche fut formĂ© avec le territoire de l'ancien Vivarais, moins le canton de Pradelles; grĂące aux rĂ©formes de l'administration nouvelle, il reprit une grande activitĂ© et vit sa population se doubler en 70 ans. Hommes cĂ©lĂšbres. — Les hommes cĂ©lĂšbres du dĂ©partement de l'ArdĂšche sont le cardinal de TOURNON, ministre de François Ier et de Henri II, l'agronome OLIVIER DE SERRES, propagateur de la culture du mĂ»rier en France ; le cardinal de BERNIS, poĂ«te et diplomate ; le marquis DE LAFARE, auteur des MĂ©moires sur le rĂšgne de Louis XV; les frĂšres Joseph et Étienne MONT- GOLFIER, inventeurs des aĂ©rostats; BOISSY D'ANGLAS, prĂ©sident de la Convention au Ier prairial; les gĂ©nĂ©raux RAMPON et LASNE; et parmi les contemporains le gĂ©omĂštre A. BRAVAIS ; l'ingĂ©nieur MARC-SÉGUIN; etc. Divisions administratives. — Le dĂ©partement de l'ArdĂšche comprend trois arrondissements ainsi subdivisĂ©s Arrond. de Privas 10 cant. 108 comm. — LargentiĂšre. 10 — 106 — — Tournon. 11 — 125 — 31 cant. 339 comm. Ce dĂ©partement forme la 8e subdivision de la 8e division militaire dont le quartier-gĂ©nĂ©ral est Ă  Lyon. Dans l'organisation ecclĂ©siastique, il comprend un diocĂšse, dont le siĂ©ge est Ă  Viviers, et qui est suffragant de l'archevĂȘchĂ© d'Avignon; ce diocĂšse a un grand sĂ©minaire Ă  Viviers, 2 petits sĂ©minaires Ă  Aubenas et Ă  Vernoux, et compte 37 cures et 326 succursales. Les protestants y possĂšdent 52 temples La justice est rendue par les 3 tribunaux de premiĂšre instance siĂ©geant aux chefs-lieux d'arrondissement et les 2 tribunaux de commerce d'Aubenas et d'Annonay, qui ressortissent Ă  la Cours impĂ©riale de NĂźmes. Les Ă©tablissements de l'instruction comprennent un lycĂ©e Ă  Tournon, une Ă©cole primaire Ă  Privas, et 729 Ă©coles publiques et libres. L'instruction est trĂšs-arriĂ©rĂ©e; prĂšs de la moitiĂ© des jeunes gens qui tirent au sort ne savent ni lire ni Ă©crire. Description des villes. — Voici les principales localitĂ©s du dĂ©partement de l'ArdĂšche ARRONDISSEMENT DE PRIVAS. PRIVAS 7204 hab., chef-lieu de prĂ©fecture et du dĂ©partement, est situĂ© Ă  607 kilomĂštres de Paris sur une colline qui domine la rive gauche de l'OuvĂšze, et qui est dominĂ©e ellemĂȘme Ă  l'O. par le Mont-Toulon, haut de 416 mĂštres. Ses constructions modernes sont rĂ©guliĂšres, mais la ville ancienne n'a que des rues Ă©troites, tortueuses et souvent sales ; ses Ă©difices publics n'offrent rien de remarquable; cependant on peut y Ă©tudier quelques curieuses maisons de style gothique ; les promenades sont belles et ouvrent de charmantes perspectives sur les montagnes voisines; de l'Espla- nade, la vue s'Ă©tend, d'un cĂŽtĂ©, sur la vallĂ©e de Coux, et de l'autre jusqu'aux Montagnes-de- Coiron, dont les flancs pittoresques se nuancent de couleurs variĂ©es. Les principales industries de Privas sont la fabrication de la soie et des Ă©toffes de laine, les distilleries et les tanneries; le commerce exporte ces productions, ainsi que des bestiaux, des chĂątaignes et des truffes qui se rĂ©coltent dans l'arrondissement. Privas, longtemps seigneurie indĂ©pendante, Ă©tait autrefois dĂ©fendue par d'importantes fortifications, mais elle se mĂȘla aux troubles que suscitĂšrent les protestants, et fut prise d'assaut et dĂ©mantelĂ©e par Louis XIII en 1625. Aubenas 7694 hab., chef-lieu de canton, situĂ© sur un coteau verdoyant qui domine la rive droite de l'ArdĂšche en face des Montagnes-deCoiron, est une des villes les plus importantes du dĂ©partement; elle est baignĂ©e par les eaux de l'ArdĂšche et de la Volane ; de nombreux ruisseaux arrosent son territoire et fournissent aux Ă©tablissements industriels des moteurs hydrauliques d'une grande puissance. Son origine, que certains archĂ©ologues font remonter assez haut, est fort contestable et ne repose guĂšre que sur des traditions qui n'offrent aucune garantie historique. Aubenas possĂšde quelques Ă©difices remarquables, l'Ă©glise paroissiale, le collĂ©ge et l'ancien chĂąteau de Montlaur et d'Ornans, forteresse massive qui renferme aujourd'hui presque tous les services publics. On fait Ă  Aubenas un trĂšs-actif commerce de bestiaux, de beurre, de fromages, et les expĂ©ditions mensuelles de marchandises sont Ă©valuĂ©es Ă  un million et demi de francs. ChomĂšrac 2174 hab., chef-lieu de canton, est situĂ© sur une hauteur qui domine la vallĂ©e de la Payre; lĂ  fonctionnent des moulins Ă  soie, et s'exploitent des carriĂšres de marbre. Lavoulte 3160 hab., chef-lieu de canton, est bĂątie en amphithéùtre prĂšs de la rive droite du RhĂŽne sur les flancs d'un rocher que couronne un ancien chĂąteau fort restaurĂ© au XVIe siĂšcle, et que Louis XIII habita, en 1629, pendant la rĂ©volte du Vivarais. C'est le centre d'usines mĂ©tallurgiques qui produisent chaque annĂ©e prĂšs de 50 000 tonnes de fer. LĂ  ont Ă©tĂ© construits un beau pont suspendu qui traverse le RhĂŽne, et un viaduc dont les cinq arches, d'une ouverture de 56 mĂštres, supportent la voie ferrĂ©e qui relie maintenant Privas au chemin de fer de Lyon. Villeneuve-de-Berg 2500 hab., chef-lieu de canton, est situĂ©e prĂšs de l'Ibie, petit affluent de l'ArdĂšche, et bĂąti sur un plateau qui domine le cours de la riviĂšre. Une pyramide, Ă©levĂ©e au milieu de la place publique, rappelle le souvenir d'Olivier de Serres. Viviers 2806 hab., chef-lieu decanton et siĂšge de l'Ă©vĂ©chĂ©, est situĂ© sur un coteau couronnĂ© par les ruines d'un vieux chĂąteau-fort, et prĂšs du confluent de l'Escoutay et du RhĂŽne; une ville nouvelle avec des rues droites et des constructions rĂ©guliĂšres s'est bĂątie le long de la route impĂ©riale; la ville ancienne est triste et dĂ©serte; elle possĂšde une cathĂ©drale de style gothique, dont le clocher roman est classĂ© parmi les monuments historiques, ainsi qu'un Ă©difice appelĂ© la Maison des chevaliers, un beau palais Ă©piscopal, l'hĂŽtel d'Albert de NoĂ©, un monument de la Renaissance, et des restes d'anciennes fortifications. On y franchit le RhĂŽne sur un pont en fil de fer. Viviers devint au ve siĂšcle le siĂšge Ă©piscopal du pays des Helviens, puis plus tard la capitale du Vivarais. Au XVIe siĂšcle, la ville se livra aux mains des protestants, fut reprise, en 1568, par les catholiques qu'elle chassa aprĂšs la Saint-BarthĂ©lemy, et retomba dĂ©finitivement en leur pouvoir en 1577. Antraigues 1413 hab., chef-lieu de canton, dont le nom indique sa situation au milieu des eaux, est situĂ© sur un rocher basaltique que baignent trois ruisseaux limpides et torrentueux, la Bise, le Mas, la Volane, et au milieu de la plus pittoresque rĂ©gion du Vivarais; la vallĂ©e arrosĂ©e par la Volane est remarquable par ses basaltes. Non loin se trouve le cratĂšre Ă©teint du volcan de Crau. Les chĂątaigneraies et les pĂąturages fournissent ses principaux Ă©lĂ©ments au commerce d'Antraigues. Bourg-Saint-AndĂ©ol 4516 hab., chef-lieu de canton, est une ville commerçante et l'une des plus riches du Vivarais; son origine paraĂźt ĂȘtre trĂšs-ancienne; la tradition rapporte que son patron y fut martyrisĂ© au commencement du IIIe siĂšcle sous le rĂšgne de SĂ©vĂšre; 1300 ans plus tard, Bourg-Saint-AndĂ©ol Ă©tait assiĂ©gĂ© et pris par le baron des Adrets pour le compte des protestants que les catholiques en chassĂšrent dĂ©finitivement, deux siĂšcles aprĂšs. BourgSaint-AndĂ©ol possĂšde une magnifique Ă©glise romane, rangĂ©e parmi les monuments historiques et dans laquelle on admire un trĂšs-beau sarcophage gallo-romain. Aux environs se trouvent la curieuse fontaine de Tournes et les restes d'un monument Ă©levĂ© Ă  un dieu ou Ă  un hĂ©ros dont l'Ă©tat civil paraĂźt embarrasser quelque peu les archĂ©ologues. Rochemaure 1220 hab., chef-lieu de canton, est situĂ©e sur un plateau basaltique, non loin de la montagne de Chenavari, dont l'altitude est de 508 mĂštres, et Ă  l'extrĂ©mitĂ© d'une chaĂźne qui, coupant le dĂ©partement dans la direction du vient mourir sur les rives du RhĂŽne. Cette petite ville est bĂątie avec des matĂ©riaux dont les volcans voisins, Ă©teints maintenant, ont fait autrefois tous les frais d'extraction. Elle est dominĂ©e par les ruines imposantes d'un vieux chĂąteau fĂ©odal, dont la plate-forme est riche en points de vue magnifiques et variĂ©s. Rochemaure communique avec le DauphinĂ© par un magnifique ponts uspendu, dont les dĂ©tails architecturaux sont empruntĂ©s au style moresque, et qui traverse hardiment le RhĂŽne. Les vins, les cĂ©rĂ©ales, les muriers forment les principales productions de son territoire, et les moulins Ă  soie sa premiĂšre industrie. Saint-Pierreville 1918 hab., chef-lieu de canton, situĂ© sur la rive droite de la Glueyre, exporte une assez grande quantitĂ© de noix et de chĂątaignes; il s'y tient par an onze foires qui donnent lieu Ă  un commerce important. Les principales communes de l'arrondissement sont Vals, Saint-Marcel, le Pouzin, Gluiras, le Teil, dont la population dĂ©passe 2000 habitants. ARRONDISSEMENT DE LARGENTIÈRE. LARGENTIÈRE 3144 hab., sous-prĂ©fecture et chef-lieu d'arrondissement, est situĂ©e Ă  42 kilomĂštres de Privas, au fond d'une gorge, et sur la riviĂšre de la Ligne ; cette ville doit son nom aux mines de plomb argentifĂšre qu'on y exploita du xe au XVe siĂšcle. Les archĂ©ologues peuvent y Ă©tudier de curieux vestiges d'un an- cien chĂąteau fort bĂąti sur l'emplacement d'un temple dĂ©diĂ© Ă  Jupiter, quelques maisons sculptĂ©es et de date ancienne, une Ă©glise Ă  trois nefs, de style romano-byzantin, qui est classĂ©e parmi les monuments historiques de la France, et des bas-reliefs gothiques d'une grande valeur. Les filatures de soie, les tanne- ries et les teintureries forment les principaux Ă©tablissements industriels de cette ville; mais l'Ă©puisement de ses filons argentifĂšres lui a fait perdre l'unique cause de son ancienne prospĂ©ritĂ©. Montpezat 2564 hab., chef-lieu de canton, situĂ© sur une montagne non loin de la forĂȘt de Bauzon, possĂšde une belle Ă©glise rangĂ©e parmi les monuments historiques, une coutellerie et des moulins Ă  soie. Thueyts 2568 hab., chef-lieu de canton, s'Ă©lĂšve sur un plateau formĂ© de laves, prĂšs de la rive gauche de l'ArdĂšche, et prĂšs d'un torrent que traverse un pont Ă  deux rangĂ©es d'arcades superposĂ©es; ce torrent forme une double chute qui tombe d'une trĂšs-grande hauteur; le commerce de cette petite ville et son industrie portent sur le moulinage de la soie et sur la vente des bestiaux et des chĂą- taignes. Les Vans 2946 hab. forment un chef-lieu de canton, situĂ© sur la rive droite du Chassezac, dont il est sĂ©parĂ© par des coteaux. Cette petite ville est fort ancienne et possĂšde quelques Ă©difices remarquables. Elle fait un commerce assez actif de soie, toiles, vins, huiles, provenant de l'industrie locale. Vallon 2586 hab., chef-lieu de canton, est situĂ© sur la rive gauche de l'ArdĂšche, au confluent de la riviĂšre de l'Ibie et au milieu de plaines verdoyantes. Les ruines du vieux Vallon, communĂ©ment appelĂ©es le ChĂąteau de Chastelaz, flanquent le revers d'une colline et sollicitent le regard par leur aspect pittoresque. Non loin de Vallon, les touristes vont admirer le fameux Pont d'Arc, que la nature elle-mĂȘme a jetĂ© d'une rive Ă  l'autre, Ă  60 mĂštres au-dessus des eaux tumultueuses de l'ArdĂšche. Les autres chefs-lieux de canton sont Burzet 2726 hab., Joyeuse 2576 hab., SaintÉtienne-de-LugdarĂšs 1569 hab., Valgorge 1252 hab., et Cou-couron 1235 hab.. Les principales communes de l'arrondissement sont LablachĂšre 2528 hab. ; Jaugac 2509 hab.; Mayres 2451 hab.; Meyras 1593 hab.; Banne 2046 hab.; etc. ARRONDISSEMENT DE TOURNON. TOURNON 5509 hab., sous-prĂ©fecture et cheflieu d'arrondissement, est situĂ© Ă  50 kilomĂštres de Privas sur la rive gauche du RhĂŽne, et en face de Tain, une commune du dĂ©partement de la DrĂŽme avec laquelle elle communique par deux ponts suspendus. Cette petite ville est dominĂ©e par un ancien chĂąteau transformĂ© aujourd'hui en prison, et dans lequel on peut admirer une belle chapelle de style gothique. L'intĂ©rieur de Tournon ne rĂ©pond pas Ă  son aspect extĂ©rieur; nĂ©anmoins, ses rues et ses places sont animĂ©es, grĂące Ă  son port oĂč se fait un grand commerce de vins fins de Saint-Peray et de bois de construction ; elle possĂšde des moulins Ă  soie et des fabriques d'impressions sur foulard. Son collĂ©ge fut fondĂ© en 1542 par le cardinal de Tournon et compte un certain nombre d'Ă©lĂšves. Tournon Ă©tait autrefois un comtĂ©, le siĂšge d'une justice royale, et sa fondation semble dater du VIIIe siĂšcle. Annonay 18 445 hab., chef-lieu de canton, est agrĂ©ablement bĂąti sur deux collines au conluent de la DéÎme et de la Canse ; cette ville est importante par son industrie ; ses mĂ©gisseries, sa papeterie, ses moulins Ă  soie, ses minoteries produisent annuellement pour plus de 30 millions de francs et occupent un trĂšs-grand nombre d'ouvriers. Annonay fait un actif commerce des bois expĂ©diĂ©s de la Savoie et de la Suisse. C'est une ancienne ville, d'origine gauloise ou romaine car les savants ne sont point d'accord sur ce point archĂ©ologique, que dĂ©solĂšrent les guerres de religion et la peste de 1585, mais que l'industrie a relevĂ©e de ses ruines. Sur une des places de la ville se dresse un obĂ©lisque Ă©levĂ© en l'honneur des frĂšres Montgolfier, qui, indĂ©pendamment de leur cĂ©lĂšbre dĂ©couverte des aĂ©rostats, contribuĂšrent notablement au dĂ©veloppement industriel de leur pays. Saint-AgrĂšve 3278 hab., chef-lieu de canton est bĂąti sur le versant du Mont-Chiniac, dans l'une des plus belles rĂ©gions du Vivarais, et domine un plateau couvert de forĂȘts de pins qui s'Ă©tend entre les vallĂ©es supĂ©rieures du Doubs et de l'Erieux; c'est le marchĂ© des vins, huiles, savons et chĂątaignes des cantons voisins et des dĂ©partements du Midi; le fer, les bois, les grains, les bestiaux y donnent lieu Ă  un commerce trĂšs-suivi. Cette petite ville paraĂźt avoir une origine trĂšs-ancienne, et fut fondĂ©e, dit-on, par Agrippanus, Ă©vĂȘque du Puy. Saint Peray 2710 hab., chef-lieu de canton, est situĂ© Ă  4 kilomĂštres du RhĂŽne, sur un ruisseau qui arrose une dĂ©licieuse vallĂ©e ; lĂ , 172 hectares de vignes sont cultivĂ©es avec profit, et produisent environ quinze cents piĂšces de vins blancs mousseux et non mousseux, qualifiĂ©s vins de Champagne du Midi; prĂšs de cette petite ville, on exploite les pierres de taille et les marbres bleus et roses des carriĂšres de Crussol. Vernoux 3202 hab., chef-lieu de canton, est le centre d'un commerce considĂ©rable de draps, de marrons, de chĂątaignes, de chaux et de pierres detaille. Le Cheylarcl 3422 hab., chef-lieu de canton, bĂąti sur les bords de la Dorne et dans une Ă©troite vallĂ©e, doit Ă  un intelligent industriel, M. Chambon, d'avoir recouvrĂ© son ancienne prospĂ©ritĂ©. On y trouve maintenant des fabriques de soie et de foulards, des filatures de cotons et des tanneries. Les autres chefs-lieux de canton sont Lamastre 3000 hab.; Saint-FĂ©licien 2176 hab.; Saint-Martin-de-Valamas 1852 hab.; SerriĂšres 1636 hab., et Satillieu 2310 hab.. Les principales communes de l'arrondissement sont Desaigne 3941 hab.; Saint-Victor 2204 hab.; BorĂ©e 1363 hab.; Saint-Martial 1889 hab.; Quintenas 1211 hab., oĂč s'Ă©lĂšve une magnifique Ă©glise romane Ă  mĂąchicoulis avec un cloĂźtre dont la fondation est attribuĂ©e Ă  Charlemagne. ARDÊCHE. Vue gĂ©nĂ©rale de Charleville. — Maison oĂč naquit Turenne Ă  Sedan. — Ancienne porte Ă  MĂ©ziĂšres. Ruines du ChĂąteau de Montcornet. ARDENNES. Situation. — Limites. — Aspect gĂ©nĂ©ral.— Le dĂ©partement des Ardennes forme une partie de la frontiĂšre de la France, du cĂŽtĂ© de la Belgique et du grand duchĂ© de Luxembourg. Il a pour limites Ă  l'E., le dĂ©partement de la Meuse; au S., celui de la Marne, et Ă  l'O., celui de l'Aisne. Il doit son nom Ă  l'ancienne forĂȘt dont les restes couvrent encore sa partie septentrionale. La rĂ©gion des Ardennes prĂ©sente presque partout un sol maigre et peu favorable Ă  la vĂ©gĂ©tation; il est jurassique dans la rĂ©gion centrale, calcaire dans les montagnes du et du et crayeux dans la portion Sa partie septentrionale forme l'Ardenne proprement dite; c'est une contrĂ©e hĂ©rissĂ©e de montagnes que couronnent des forĂȘts et tapissent des bruyĂšres, et sur laquelle s'Ă©tendent de nombreux marais. Dans la rĂ©gion du qui confine au dĂ©partement de la Marne, mĂȘme infertilitĂ©, mĂȘme ariditĂ©; mais au lieu de montagnes, ce sont de vastes plaines nues, des landes marĂ©cageuses, que la science agricole transformera peut-ĂȘtre un jour. La portion centrale du dĂ©partement est celle des riches vallĂ©es arrosĂ©es par le cours fertile de l'Aisne; lĂ  apparaissent les champs de blĂ©, les vignobles, les vergers, qui forment la richesse agricole des Ardennes. Entre MĂ©ziĂšres et Sedan, une sorte de rempart naturel abrite les terres contre les vents humides du N. et du et fait comme une petite Provence, oĂč prospĂšrenttoutes sortes de cultures. En somme, le dĂ©partement des Ardennes offre des aspects trĂšs-variĂ©s, et prĂ©sente une inclinaison gĂ©nĂ©rale du N. au S., quoique son principal cours d'eau, la Meuse, coule dans une direction prĂ©cisĂ©ment contraire. De sa configuration gĂ©nĂ©rale rĂ©sulte un contraste frappant entre l'ĂąpretĂ© des flancs des vallĂ©es et les surfaces arrondies des masses ondulĂ©es qui forment son territoire. Orographie. — Le dĂ©partement des Ardennes est traversĂ© du S. au N. par une sĂ©rie de hauteurs qui comprennent une partie de l'Ar- gonne et les Ardennes-Occidentales. L'Argonne, ou la ForĂȘt-de-l'Argonne se compose d'une suite de plateaux boisĂ©s de 300 Ă  400 mĂštres qui commencent dans le dĂ©partement de la Meuse entre Toul et Bar-le-Duc, et se prolongent dans celui des Ardennes jusqu'au ChĂȘne-Populeux, en sĂ©parant les eaux de la Meuse de celles de l'Aisne, c'est-Ă -dire les deux bassins de la Meuse et de la Seine. Cette forĂȘt, dans laquelle se rencontrent mille obstacles contre une invasion venant du Ă©tait autrefois coupĂ©e par plusieurs routes ; c'Ă©taient les seules et trĂšs-difficiles communications du pays, que Dumouriez appelait en 1792 les Thermopyles de la France, et oĂč il arrĂȘta les Prussiens. Depuis cette Ă©poque, des chemins toujours praticables ont Ă©tĂ© ouverts dans les anciens dĂ©filĂ©s, tels que ceux de GrandprĂ©, de la Croixau-bois, du ChĂȘne-Populeux. Le dĂ©filĂ© de GrandprĂ©, situĂ© entre Varennes et Vouziers, longe la rive droite de l'Aisne; le dĂ©filĂ© de la Croixau-bois conduit de Stenay, dans le dĂ©partement de la Meuse, Ă  Vouziers, par Buzancy, et enfin celui du ChĂȘne-Populeux sert de passage Ă  une seconde route de Stenay Ă  Vouziers, par Beaumont, et Ă  la route directe de Sedan Ă  Vouziers. Au delĂ  du ChĂȘne-Populeux, la ligne de partage des eaux entre la Seine et la Meuse se continue jusqu'aux sources de l'Oise par les Ardennes-Occidentales qui traversent les plaines fertiles du Rethelois; c'est une succession de plateaux marĂ©cageux et de landes couvertes de bruyĂšres ou de genets qui se prolonge au N. jusque dans le Luxembourg. Les points culminants des Ardennes sont dans ce dĂ©partement les montagnes de l'arrondissement de Rocroy, Ă©levĂ©es de 500 mĂštres, dont le point culminant est la Bergerie, au de Fumay; puis, ces hauteurs vont en diminuant vers l'O. former des plateaux profondĂ©ment ravinĂ©s que dĂ©coupent les vallĂ©es et le lit des riviĂšres. Hydrographie. — Le dĂ©partement des Ardennes est compris dans deux bassins celui de la Meuse, dont les eaux s'Ă©panchent vers la mer du Nord, et celui de la Seine qui s'ouvre sur la Manche. Le premier se compose du fleuve la Meuse et de ses affluents; le second de la riviĂšre l'Aisne et des cours d'eaux qui s'y jettent. La Meuse naĂźt dans le dĂ©partement de la Haute-Marne, traverse celui de la Meuse, pĂ©nĂštre dans celui des Ardennes Ă  l'E. de Beaumont, court vers le N. dans une vallĂ©e Ă©troite, profonde, sinueuse, aux berges escarpĂ©es et boisĂ©es, en arrosant Mouzon, Sedan, Flise, MĂ©ziĂšres, Charleville, MontharmĂ©; puis, elle franchit une gorge profonde que surplombent les rochers des Dames de Meuse, hauts de 140 Ă  200 mĂštres, passe Ă  Fumay, Ă  Givet, Ă  Charlemont, et quitte le dĂ©partement pour entrer en Belgique, aprĂšs un cours de 262 kilomĂštres en France, dont 178 appartiennent au dĂ©partement des Ardennes. Les principaux affluents de la Meuse dans ce dĂ©partement sont Ă  droite 1° le Chiers, qui prend sa source dans le grandduchĂ© de Luxembourg, arrose Carignan, Douzy, et se jette dans la Meuse Ă  7 kilomĂštres audessus de Sedan; 2° la Semoy, qui sort du Luxembourg-Belge, arrose de ses eaux limpides Hautes-RiviĂšres, HaulmĂ© et Tournavaux, et se jette dans la Meuse vis-Ă -vis de Mon- thermĂ©, aprĂšs un cours de 25 kilomĂštres dans le dĂ©partement. A gauche, la Meuse reçoit 1° le Bar, qui prend naissance dans l'Argonne, non loin de Buzancy, passe Ă  Brieules, Ă  Tannay oĂč il est rejoint par le Canal-des-Ardennes, arrose Malmy, Chevenge, Villers, et se jette dans la Meuse, au-dessous de Donchery; son cours, obstruĂ© de dĂ©bris vĂ©gĂ©taux, est devenu impraticable Ă  la navigation; 2° le Canal-desArdennes, qui rĂ©unit la Meuse Ă  l'Aisne ; 3° la Sormonne, qui prend sa source dans le canton de Rocroy, absorbe l'Audry et le Thin, et se jette dans la Meuse, Ă  Warcq, Ă  3 kilomĂštres au-dessous de MĂ©ziĂšres. L'Aisne descend du plateau de l'Argonne dans le dĂ©partement de la Meuse, coupe l'angle du dĂ©partement de la Marne et entre dans celui des Ardennes au-dessus d'Autry; elle arrose dans un cours de 92 kilomĂštres Autry, Vouziers, Attigny, Rethel, ChĂąteauPorcien, Asfeld-la-Ville, pĂ©nĂštre dans le dĂ©partement auquel elle a donnĂ© son nom, puis dans celui de l'Oise, oĂč elle se jette dans cette derniĂšre riviĂšre. Ses affluents dans les Ardennes sont 1° l'Aire, qui prend sa source dans le dĂ©partement de la Meuse, baigne Grand-PrĂ©, et finit aprĂšs un cours de 125 kilomĂštres; 2° la Vaux, qui sort de la forĂȘt de Ligny, arrose Signy-l'Abbaye, Lalobbe, La Neuville, Wassigny, Hauteville, absorbe le Dommely, le Plumion, et se perd dans l'Aisne, Ă  4 kilomĂštres au-dessus de ChĂąteau-Porcien; 3° la Retourne, qui arrose Bignicourt, Juniville, Saint-Remy, Haldicourt, Brienne, et dont le cours abondant et rĂ©gulier alimente de nombreuses usines. Le dĂ©partement des Ardennes renferme quelques Ă©tangs dans sa partie septentrionale, parmi lesquels on remarque ceux de Secheval et de Rocroy, et celui de Haut-ButtĂ©, dont on exploite la tourbe. Climat. — Le climat du dĂ©partement des Ardennes est gĂ©nĂ©ralement froid; les pluies y sont frĂ©quentes, et les bois entretiennent une humiditĂ© persistante dans l'atmosphĂšre; les Ă©tĂ©s sont trĂšs-chauds pendant le jour, et souvent trĂšs-frais, quand le soleil est descendu sous l'horizon. Les vents du N., qui dominent dans cette contrĂ©e, contribuent Ă  hĂąter l'arrivĂ©e de l'hiver et Ă  en maintenir la durĂ©e. Superficie. — Population. — La superficie du dĂ©partement des Ardennes est Ă©valuĂ©e Ă  523 289 hectares, et sa population Ă  326 864 habitants, ce qui donne environ 62 habitants par kilomĂštre carrĂ©. Depuis le commencement du siĂšcle, cette population s'est accrue de plus d'un quart. Les habitants des Ardennes sont gĂ©nĂ©ralement bons, laborieux, intelligents; il n'est pas rare de voir des cultivateurs et des artisans acquĂ©rir une fortune par l'Ă©conomie et le travail. IndĂ©pendamment du goĂ»t prononcĂ© pour les spĂ©culations de l'industrie et du commerce, les Ardennais ont une aptitude spĂ©ciale pour les sciences exactes; comme toutes les populations de la frontiĂšre du Nord de la France, ils ont constamment montrĂ© un dĂ©vouement hĂ©roĂŻque Ă  leur pays dans ses plus grandes calamitĂ©s. Agriculture. — Le dĂ©partement des Ardennes, qui n'avait autrefois pour ressources que les produits de ses immenses forĂȘts, a pris rang depuis quelques annĂ©es parmi les dĂ©- partements agricoles et manufacturiers de la France. Sur une Ă©tendue de 523 000 hectares, on en compte 300 000 de terres labourables, et 154 000 de bois, forĂȘts, terres incultes, etc. Par une mĂ©thode spĂ©ciale au pays, aprĂšs la coupe d'un taillis, on brĂ»le les branchages, les feuilles, tous les dĂ©bris qui restent sur le sol; on laboure cette cendre sans craindre de blesser les racines d'arbres enfouis en terre; on l'ensemence en cĂ©rĂ©ales, seigle, blĂ© noir ou avoine, et l'on rĂ©colte pendant deux annĂ©es; puis, quand les jeunes pousses viennent Ă  sortir de terre, on abandonne ce terrain qu'un nouveau taillis ne tarde pas Ă  couvrir. Ce systĂšme, dit des Essarts, permet de gagner ainsi deux ans de rĂ©colte sans gĂȘner la pousse des arbres, ni la retarder; les bois du dĂ©partement, d'ailleurs, ne sont, malgrĂ© leur Ă©tendue, que simples taillis exploitĂ©s par coupes trĂšs-rapprochĂ©es. De grands progrĂšs ont Ă©tĂ© accomplis en agriculture dans le dĂ©partement des Ardennes ; l'industriel, devenu propriĂ©taire rural, a employĂ© le drainage Ă  l'amĂ©lioration du sol sur tous les points du territoire. NĂ©anmoins, les populations agricoles sont encore infĂ©rieures de plus d'un quart aux industriels et aux commerçants. L'Ă©lĂšve du bĂ©tail tient une place importante dans le dĂ©partement, qui compte prĂšs de 137 000 bĂȘtes Ă  corne. Cependant, ce chiffre est de beaucoup dĂ©passĂ© par celui des moutons qui s'Ă©lĂšve Ă  600 000 tĂȘtes environ; le mouton des Ardennes est petit, mais supĂ©rieur pour la qualitĂ© de sa viande; on le croise maintenant avec le mĂ©rinos, et sa laine, qui est le meilleur produit d'une exploitation rurale, est fort recherchĂ©e; lĂ  est la grande richesse du dĂ©partement, et, de plus, grĂące Ă  l'engrais que ces animaux apportent, les campagnes incultes finiront par se transformer. Le produit des animaux domestiques s'Ă©lĂšve par an Ă  38 millions de francs, et la valeur totale de la production agricole dĂ©passe 63 millions. Mines, — CarriĂšres. — Le dĂ©partement des Ardennes possĂšde de nombreuses mines de fer et quelques mines de cuivre d'un assez fort rendement ; les principaux Ă©tablissements oĂč s'extrait le minerai de fer sont ceux de Grand-PrĂ©, de Champigneulle, de Raucourt, de BrĂ©villy, de Sedan, de MonthermĂ©, de Flize. Les carriĂšres d'ardoises qui existent sur beaucoup de points du territoire, rivalisent avec celles de Maine-et-Loire. La pierre de taille, les grĂšs, la pierre Ă  chaux, les marnes sulfureuses, se rencontrent presque partout dans ces terrains dont la richesse minĂ©rale est trĂšs-variĂ©e; la tourbe est fort commune dans la rĂ©gion du N., et la houille est exploitĂ©e prĂšs de Sedan. Cette ville possĂšde Ă©galement une source thermale assez estimĂ©e. Industrie. — Commerce. — Les Ardennes doivent aux industrieuses aptitudes de leurs habitants d'occuper une place importante parmi les dĂ©partements producteurs. En premiĂšre ligne ligure l'industrie des laines, dont le centre principal est Ă  Sedan; les manufactures de drap de cette ville occupent le premier rang entre toutes celles de l'Europe; 71 Ă©tablissements, 10000 ouvriers, 67 millions de produits, telle est la part du dĂ©partement des Ardennes dans la fabrication des draps français, sans parler de celle des chĂąles cachemires, des tissus mĂ©rinos, etc. L'industrie mĂ©tallurgique constitue le second Ă©lĂ©ment de richesse des Ardennes; 172 mines sont exploitĂ©es, qui rendent 1 700 000 quintaux mĂ©triques de fer brut et occupent prĂšs de 1000 ouvriers; ce fer, traitĂ© au charbon de bois, est par cela mĂȘme d'un prix Ă©levĂ©, mais de qualitĂ© bien supĂ©rieure au fer prĂ©parĂ© Ă  la houille. Quelques usines produisent Ă©galement du cuivre pour une valeur qui dĂ©passe 5 millions de francs. Des taillanderies, des clouteries emploient une nombreuse population ouvriĂšre et donnent des produits recherchĂ©s. L'exploitation des carriĂšres d'ardoises et de marbre est trĂšs importante dans les Ardennes. Les ardoisiĂšres de Deville et de MonthermĂ© produisent 26 millions d'ardoises, celles de Fumay, 52 millions, celles de Rimagne, 44 millions. Les tourbiĂšres rendent 2540 quintaux mĂ©triques de combustible. Routes. — Canaux. — Chemins de fer. — Le dĂ©partement des Ardennes compte 7 routes impĂ©riales d'une Ă©tendue totale de 382 kilomĂštres, 9 routes dĂ©partementales dont la longueur est de 211 kilomĂštres, et 2852 chemins vicinaux dont le dĂ©veloppement est de 4492 kimĂštres. Du chef-lieu du dĂ©partement rayonnent 5 routes principales qui le mettent en communication directe avec Paris, Strasbourg, Cologne, Dunkerque et Bruxelles. Les cours d'eau du dĂ©partement ont Ă©tĂ© amĂ©liorĂ©s pour la navigation par des canaux de dĂ©rivation. Il existe un canal de grande communication qui rĂ©unit la Seine au Rhin par l'Aisne et Chapelle Chapelle suivi d’un nom de lieu BƓuf-Bouville BƓuf. 45 La Chapelle-de-BƓuf-Saint-Paterne. Cne d’OrlĂ©ans. N° 436, du 12 juillet 1859, permission de chapelle domestique accordĂ©e sous le seing de Monseigneur Ă  Melle Quentin, maĂźtresse de pension, de la paroisse de Saint Paterne A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 26b ; N° 40, du 17 novembre 1865, prorogation au 1erjuillet 1866 de permission de chapelle domestique accordĂ©e sous le seing de M. Desnoyers aux demoiselles Quentin de Saint Paterne A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 37a ; N° 22, du 1er septembre 1866, prorogation au 1er juillet 1867 de permission de chapelle domestique accordĂ©e sous le seing de M. Desbrosses Ă  Melles Quentin et Mlle, maĂźtresses de pension sur la paroisse Saint Paterne A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 40a ; N° 24, du 5 aoĂ»t 1867, prorogation au 1er juillet 1868 de permission de chapelle domestique accordĂ©e sous le seing de M. Bardin Ă  Melle Quentin de la paroisse de Saint Paterne A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 42b ; Mesdemoiselles Quentin, Chapelle, paroisse Saint Paterne, Ă  OrlĂ©ans, 5 aoĂ»t 1880 A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, Ă©tat des chapelles domestiques. Chapelle domestique desservie au 51, rue du BƓuf-Saint-Paterne. Paroisse Saint-Paterne. Boidrie. 37 La Chapelle-de-la-Boidrie. Cne de Pernay. Paroisse de Pernay, Chapelle domestique de la Boiserie, Mme de Thourette, indult pour la Sainte RĂ©serve, 9 septembre 1893, 8 juillet 1891, 8 juillet 1911 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, fol. 55 ; Paroisse de Pernay, Chapelle domestique du ChĂąteau de la Boisdrie, Mme de Thourette, 8 juillet 1912, 8 juillet 1915 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1428, fol. 95 ; Paroisse de Pernay, Chapelle de la Boisdrie, 6 juillet 1916 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1428 ; Paroisse de Pernay, Chapelle domestique du chĂąteau de la Boisderie, Mme Marie Antoinette Briot de la Crochais, usage accordĂ© le 10 dĂ©cembre 1945 pour l’annĂ©e 1946, 1er janvier 1946 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1428, fol. 98. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de la Boisderie. Boigneville. 28 La Chapelle-de-Boigneville. Cne d’Yermenonville. Le 29 d'octobre 1640, furent espousez en la Chapelle de Boingneville Jacques de Dommard, escuier, sieur de Bouville, et damoyselle Antoynette Des Guez d’Yermenonville-GG 1. Chapelle domestique desservie dans le chĂąteau de Boigneville. Bois. 18 La Chapelle-de-Bois-Bouzon. Cne de Farges-en-Septaine. La Chapelle domestique du Chasteau de Bois Bouson, parroisse de Farges, 23 juin 1738 18-1 Mi 23, t. 3, fol. 473 ; Chapelle de Boisbouzon, paroisse de Farges, 1772 PouillĂ© de Bourges, t. 2, fol. 355a ; Paroisse de Farges en Septaine, Chapelle de Boisbouzon, Mme la comtesse de Choulot, Ă©tat parfait, messe de temps en temps, desservie par le curĂ© ou autre prĂȘtre disponible, aoĂ»t 1898 A. du DiocĂšse de Bourges-6 G 3-1 ; Paroisse de Farges en Septaine, Chapelle de Boisboouzon, Mme la comtesse de Choulot, 1905 A. du DiocĂšse de Bourges-6 G 3-1 ; Chapelle du ChĂąteau de Bois Bouzon, paroisse de Farges en Septaine, M. le comte de Choulot, 1915 A. du DiocĂšse de Bourges, 1915 A. du DiocĂšse de Bourges-6 G 3-1. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Bois-Bouzon. 18 La Chapelle-de-Bois-Brioux. Cne de Pigny. La Chapelle domestique du chasteau de Boisbriou, parroisse de Pigny, 28 aoĂ»t 1738 18-1 Mi 23, t. 3, fol. 498 ; Chapelle de Boisbriou, paroisse de Pigny, 1772 PouillĂ© de Bourges, t. 2, fol. 355a ; Paroisse de Pigny, Chapelle de Boisbrioux, M. le marquis de Vergennes, assez bon Ă©tat, messe chaque jeudi confession et communion, desservie par le curĂ© de la paroisse, M. le gĂ©nĂ©ral de VergĂšne Dissan, 10e brigade de cavalerie, accepte par sa lettre du 13 dĂ©cembre 1898, je lui Ă©cris qe nouvelle autorisation va ĂȘtre envoyĂ©e Ă  M. le curĂ©, aoĂ»t 1898 A. du diocĂšse de Bourges-6 G 3-1 ; Paroisse de Pigny, Chapelle du ChĂąteau de Boisbrioux, M. le marquis de Vergennes, 1905 A. du diocĂšse de Bourges-6 G 3-1 ; Chapelle du ChĂąteau de Boisbrioux, paroisse de Pigny, M. le marquis de Vergennes, 1915 A. du diocĂšse de Bourges-6 G 3-1 ; La Chapelle du ChĂąteau de Boisbrioux, 5 novembre 1937 A. du diocĂšse de Bourges-6 G 3-1. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Bois-Brioux. 18 La Chapelle-de-Bois-d’Habert. Cne de Morlac. La Chapelle de Bois Dabert, 1731 18-9 H, abbaye de la PrĂ©e ; La Chapelle domestique de la maison du Boisdabert, appartenante aux religieux bernardins de l’abbaye de la PrĂ©e, lad. chapelle scituĂ©e parroisse de Morlac, 13 juin 1732 18-1 Mi 23, t. 1, fol. 92. Ancienne Ă©glise conventuelle de l’Abbaye de Bois-d’Habert. 18 La Chapelle-de-Bois-de-VĂšves. Cne de Soulangis. Chapelle de Bois de Neux, paroisse de Soulangis, 1772 PouillĂ© de Bourges, t. 2, fol. 355b. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Bois-de-VĂšves. 18 La Chapelle-de-Bois-Gisson. Cne de Preuilly. Chapelle de Boisgisson, paroisse de Preuilly sur Cher, 1772 PouillĂ© de Bourges, t. 2, fol. 355b. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Bois-Gisson. 18 La Chapelle-de-Bois-Martin. Cne d’Osmoy. La Chapelle domestique de la maison de Bois Martin, scize parroisse d’Osmoy, 5 septembre 1738 18-1 Mi 23, t. 3, fol. 522 ; Chapelle de Boismartin, paroisse d’Osmoy, 1772 PouillĂ© de Bourges, t. 2, fol. 355b. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Bois-Martin. 18 La Chapelle-du-Bois-de-Saint-Thibault. Cne de LigniĂšres. La Chapelle du Boys de Sainct Thibault, 1450 18-E, seigneurie de LigniĂšres.Chapelle fondĂ©e desservie au Bois-de-Saint-Thibault. 28 La Chapelle-des-Bois. Cne de La Bazoche-Gouet. La Chapelle des Bois, 1954 Cadastre. 36 La Chapelle-de-Bois-Bertrand. Cne de Montchevrier. Chapelle de Boisbertrand, paroisse de Montchevrier, 1772 PouillĂ© de Bourges, t. 2, fol. 355a. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Bois-Bertrand. 36 La Chapelle-de-Bois-Herpin. Cne de Luçay-le-MĂąle. La Chapelle du Chasteau de Bois Herpin, parroisse de Luçay le Mal, 25 juin 1736 18-1 Mi 23, t. 2, fol. 530 ; Chapelle de Boisherpin, paroisse de Luçay le Mal, 1772 PouillĂ© de Bourges, t. 2, fol. 355b. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Bois-Herpin. 36 La Chapelle-de-Bois-l’AbbĂ©. Cne de Vic-Exemplet. La Chapelle du chasteau de Bois l’AbbĂ©, scituĂ© parroisse de Vic Exemplet, 5 septembre 1734 18-1 Mi 23, t. 2, fol. 135. Chapelle domestique desservie dans le chĂąteau de Bois-l’AbbĂ©. 36 La Chapelle-de-Bois-Remond. Cne de Parnac. Chapelle de Boisremond, paroisse de Parnac, 1772 PouillĂ© de Bourges, t. 2, fol. 355b. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Bois-Remond. 36 La Chapelle-de-Bois-Renault. Cne de Buzançais. Paroisse de Buzançais, Chapelle de Boisrenault, le culte y a cessĂ© depuis plusieurs annĂ©es, octobre 1898 A. du DiocĂšse e Bourges-6 G 3-1. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Bois-Renault. 37 La Chapelle-de-Bois-Denier. Cne de Tours. Paroisse Saint Symphorien de Tours, Chapelle domestique de Bois Denier, M. l’abbĂ© Bruzon, abandonnĂ©e, 18 mars 1893 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, fol. 57. Chapelle domestique desservie dans la maison de Bois-Denier. Commune de Saint-Symphorien. 37 La Chapelle-de-Bois-JĂ©sus. Cne de Fondettes. La Chapelle du Haut Bois JĂ©sus, 13 septembre 1746 acte Gervaize-Tours ; Dans l’angle du levant au Nord de lad. cour du Haut Bois JĂ©sus, une chapelle de 3 toises sur 13 pieds, 16 octobre 1783 et 11 mars 1784 acte Gervaize-Tours ; Le bĂątiment appelĂ© la Chapelle, propriĂ©tĂ© de Bois JĂ©sus, situĂ©e commune de Fondettes, 14 et 25 novembre 1854 acte Devillers-Fondettes. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Bois-JĂ©sus. 37 La Chapelle-de-Bois-le-Roi. Cne de Nouzilly. Nouzilly, au chĂąteau de Bois le Roi, en bon Ă©tat ; accordĂ©, 1775 37-G 14, fol. 16 r° ; Au chĂąteau de Bois le Roi, en bon Ă©tat, 1787 37-G 14, fol. 33 v°. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Bois-le-Roi. 37 La Chapelle-de-Bois-Renault. Cne de Ballan-MirĂ©. A la maison de Boisrenaud appartenant Ă  M. Cartier Saint RenĂ© ; en bon Ă©tat ; fondĂ©e de 12 messes ; expĂ©diĂ©e le 22 avril 1779 pour 2 ans, en 1781, renouvellĂ©e 1783, 1775 37-G 14, fol. 3 r° ; A la maison de Boisrenaud appartenant Ă  M. Cartier de Saint RenĂ© ; en bon Ă©tat ; fondĂ©e ; permission renouvellĂ©e jusqu’au 1er dimanche 1789, 1787 37-G 14, fol. 24 r° ; Paroisse de Ballan, Chapelle domestique de Boisrenault, Mme Gareau, permission du 14 septembre 1810 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1741 ; Ballan. Concession pour 4 ans du droit de chapelle domestique Ă  Mr le comte de Bourek en son chĂąteau de Bois Renault ; reçu 50 f. le surlendemain. Concession renouvelĂ©e n faveur de Mr Dalloz, reçu 75 f. le 1er juin 1871, jusqu’au 4 avril 1875. Prorogation du 4 avril 1875 au 4 avril 1879 ; du 50 f., reçu le 13 mai 1875. DĂ» 20 f. pour permission de conserver le Saint Sacrement, pour 5 ans voir ordonnance du 25 juin 1875. ProrogĂ© jusqu’au 4 avril 1883 ; dĂ» 50 f. Permission de garder le Saint Sacrement pendant 10 ans ordonnance du 5 juin 1880sous condition de 3 messes par semaine ; dĂ» 60 f A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, n° 81 ; Paroisse de Ballan, Chapelle domestique de Bois Renault, M. Dalloz, permission de garder le Saint Sacrement, ordonnance du 5 juin 1880, 4 avril 1879, 4 avril 1883 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, n° 6 ; M. Masquelier, 4 aoĂ»t 1895 ; Comte de Beaumont,30 juillet 1898 ; M. Cornuau, 1er juin 1901, 1er juin 1911 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, fol. 4 ; Paroisse de Ballan, M. Cornuau, 1er juin 1911 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1428, fol. 15 ; Paroisse de Ballan, Chapelle du ChĂąteau de Bois Renault, 1er juin 1912 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1428. Chapelle domestique fondĂ©e, puis domestique, desservie au chĂąteau de Bois-Renault 37 La Chapelle-du-Bois. Cne de Neuvy-le-Roi. La Chapelle du Bois, 14 juin 1735 37-G 900 ; La chapelle du chĂąteau du Bois dud. Neuvy, 13 avril 1791 37-1 Q 40, 13, n° 1. Biens Nationaux ; La Chapelle castrale du Bois, 20 avril 1791 37-L 134. Chapelle fondĂ©e, desservie au chĂąteau du Bois. Fief. 37 La Chapelle-du-Bois-d’Aix. Cne d’Abilly. Paroisse d’Abilly, Mme la baronne Gustave de Ravignan, Oratoire du Bois d’ix, bref en date du 5 aoĂ»t 1913 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1431 ; Paroisse d’Abilly, Chapelle du Bois d’Aix, 15 aoĂ»t 1922 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1428 ; Paroisse d’Abilly, Chapelle ChĂąteau du Bois d’Aix, Mme la baronne Gustave de Ravignan, oratoire privĂ© Ă©rigĂ© en vertu d’un bref Apostolique du 5aoĂ»t 1913, Sainte RĂ©serve accordĂ©e le 18 dĂ©cembre 1913 par indult pour 5 ans, Sainte RĂ©serve en vertu de lindult n° 888/33, du 1er dĂ©cembre 1933 au 1er janvier 1938, Sainte RĂ©serve renouvelĂ©e, indult du 1er janvier 1938 au 1erjanvier 1943, 11 aoĂ»t 1933-1er janvier 1946 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1428, fol. 11. Chapelle domestique desservie au chĂąteau du Bois-d’Aix. 37 La Chapelle-du-Bois-de-Veude. Cne d’AnchĂ©. Jules Armand Mignon, chapelain de la Chapelle du Bois de Veude, desservant le prieurĂ© de RiviĂšre, 12 novembre 1738 d’AnchĂ©-GG 8, fol. 75 v° ; Au chĂąteau du Bois de Veude, appartenant Ă  M. le marquis de Turgot ; dans le plus mauvais Ă©tat, servant Ă  des usages profanes ; en titre de bĂ©nĂ©fice ; bĂ©nĂ©fice ; interdite et s’informer du bĂ©nĂ©ficier ; faire des poursuites par Mr le promoteur, 1775 37-G 14, fol. 8 r° ; Au chĂąteau du Bois de Veude appartenant Ă  M. le marquis de Turgot ; fondĂ©e ; interdite jusqu’à nouvel ordre, 1787 37-G 14, fol. 27 v°. Chapelle fondĂ©e desservie au chĂąteau du Bois-de-Veude. 37 La Chapelle-du-Petit-Bois. Cne de Vouvray. En la Chapelle de sa maison du Petit Bois, 19 aoĂ»t 1712 de Vouvray, GG, 19 aoĂ»t 1712.Chapelle domestique desservie au chĂąteau du Petit Bois. 41 La Chapelle-de-Bois-Guillot. Cne de Mesland. Mme Ackermann, Chapelle domestique du ChĂąteau de Bois Guillot, chapelle de secours ?, commune de Mesland, 10 fĂ©vrier 1886, renouvelĂ© le 30 dĂ©cembre 1908 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; Paroisse de Mesland, Chapelle du ChĂąteau d Bois Guillot, Madame Akermann, dĂ©cĂ©dĂ©e en novembre 1909, bref du 10 fĂ©vrier 1886, 1909 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2, registre 2, n° 37, voir n° 105. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Bois-Guillot. 41 La Chapelle-de-Bois-Rabot. Cne de Pierrefitte-sur-Sauldre. Paroisse de Pierrefitte, Chapelle privĂ©e du ChĂąteau du Bois Rabot, Madame de Goderille, 5 septembre 1930 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; Paroisse de Pierrefite sur Sauldre, Chapelle domestique de Bois Rabot, madame Godeville et Paule Foret, bref du 5 septembre 1930, Sainte RĂ©serve accordĂ©e le 25 juillet 1930., 76 lires, 165 lires, 1931-1952 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2, registre 2, n° 99 ; Chapelle domestique de Bois Rabot, paroisse de Pierrefitte, M. Godeville, renouvelĂ©e le 24 janvier 1934 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; Paroisse de Pierrefitte, Chapelle de Bois Rabot, 14 janvier 1936 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; Paroisse de Pierrefitte, Chapelle de Bois Rabot, 2 janvier 1937 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; Domina Godeville, privatus oratorius Le Bois Rabot, parochia Pierrefitte, dies tituli 5 septembre 1930, dĂ©cembre 1950 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Bois-Rabot. 45 La Chapelle-du-Petit-Bois. Cne d’Olivet. N° 198, du 1er mai 1854, permission de chapelle domestique accordĂ©e sous le seing de Monseigneur Ă  M. Jourdan, doyennĂ© et paroisse d’Olivet A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 14a ; N° 373, du 5 mai 1858, prorogation au 1er juillet 1859 de permission de chapelle domestique accordĂ©e sous le seing de M. Clesse Ă  M. Jourdan de la paroisse d’Olivet A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 23b ; N° 29, du 29 aoĂ»t 1865, prorogation au 1er juillet 1866 de permission de chapelle domestique accordĂ©e sous le seing de M. Clesse Ă  M. Jourdan de la paroisse d’Olivet A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 36a ; N° 31, du 8 dĂ©cembre 1866, prorogation au 1er juillet 1867 de permission de chapelle domestique accordĂ©e sous le seing de M. Clesse Ă  M. Jourdan de la paroisse d’Olivet A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 40b ; M. Dujoncquoy, Chapelle de Petitbois, paroisse d’Olivet, 11 juin 1879, 1880 1874 A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, Ă©tat des chapelles domestiques. Chapelle domestique desservie au chĂąteau du Petit-Bois. Permission supprimĂ©e en 1877. Boisbonnard. 37 La Chapelle-de-Boisbonnard. Cne de Villeperdue. Villeperdue. Au chĂąteau de Bois Bonard, appartenant Ă  Mme Milon, en bon Ă©tat ; expĂ©diĂ©e ; accordĂ©e, 1775 37-G 14, fol. 11 r° ; Au chĂąteau de Boisbonard, appartenant Ă  Mde Milon, en bon Ă©tat, 1787 37-G 14, fol. 29 r° ; Villeperdue. ChĂąteau de Boisbonnard Ă  monsieur le comte d’Espous. Concession du droit et solde le 1er dĂ©cembre 1860. Prorogation 1er dĂ©cembre 1864 et solde 22 mars 1865. Le 20 mars 1869, prorogation pour 4 ans Ă  partir du 1er dĂ©cembre 1868 ; le 19 octobre 1869, reçu 50 f. Droit expirĂ© le 1er dĂ©cembre 1872. Permission verbale et gratuite accordĂ©e jusqu’au 1er dĂ©cembre 1873. ProrogĂ© jusqu’au 13 dĂ©cembre 1877 ; dĂ» 50 f. ProrogĂ© jusqu’au 1er dĂ©cembre 1881 ; dĂ» 50 f. A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, n° 72 ; Paroisse de Villeperdue, Chapelle domestique du chĂąteau de Boisbonnard, M. le comte d’Espous, 1er dĂ©cembre 1877, 8 dĂ©cembre 1894 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, fol. 38 ; Paroisse de Villperdue, Chapelle domestique de Boisbonnard, comtesse d’Espous, 8 dĂ©cembre 1895, 8 dĂ©cembre 1911 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, fol. 38 ; Paroisse de Villeperdue, Chapelle domestique du ChĂąteau de Boisbonnard, M. le comte Étienne d’Espous, indult du 12 mars 1885, 8 dĂ©cembre 1910, 8 dĂ©cembre 1913 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1428, fol. 140 ; Paroisse de Villeperdue, Chapelle du ChĂąteau de Boisbonnard, 15 septembre 1921 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1428 ; Paroisse de Villeperdue, M. le comte d’Espous, Oratoire de Boisbonnard, 21 dĂ©cembre 1932 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1431 ; Paroisse de Villeperdue, Chapelle domestique du ChĂąteau de Boisbonnard, M. le comte Étienne d’Espous, 1er janvier 1933, 1er janvier 1941 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1428, fol. 140. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Boisbonnard. BoisdĂ©. 18 La Chapelle-de-BoisdĂ©. Cne de Vasselay. Chapelle de Bois d’Ay, paroisse de Vasselay, 1772 PouillĂ© de Bourges, t. 2, fol. 355a. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de BoisdĂ©. Boiserard. 37 La Chapelle-de-Boiserard. Cne de Saint-Aubin-le-DĂ©peint. La chapelle de la mĂ©tairie de Boiserard, 11 juin 1791 37-1 Q 304, 55, n° 6. Biens Nationaux. Bien National. Chapelle domestique desservie Ă  Boiserard. Boisfreslon. 41 La Chapelle-de-Boisfreslon. Cne de Ternay. La Chapelle de Boisfreslon, 1613 41-E 101, fol. 38, supplique Ă  l’évĂȘque du Mans. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Boisfreslon. Boisgibault. 45 La Chapelle-de-Boisgibault. Cne d’Ardon. Chapelle bĂ©nie en 1756, desservie au chĂąteau de Boisgibault. Boislinard. 36 La Chapelle-de-Boislinard. Cne de Vatan. Vicairie de Boislinard, chapitre de Vatan, patron chapitre, collateur idem, 1772 PouillĂ© de Bourges, t. 2, fol. 147b-148a. Chapelle fondĂ©e, desservie dans la collĂ©giale Saint-Laurian de Vatan. 18 La Chapelle-de-Boismartin. Cne d’Osmoy. La Chapelle domestique de la maison de Bois Martin, scize parroisse d’Osmoy, 5 septembre 1738 18-1 Mi 23, t. 3, fol. 522 ; Chapelle de Boismartin, paroisse d’Osmoy, 1772 PouillĂ© de Bourges, t. 2, fol. 355b. Chapelle domestique desservie Ă  Bois-Martin. Boisnault. 36 Boisnault. Cne de Vatan. Chapelle de Boisnard, paroisse de Saint Laurent de Vatan, 1772 PouillĂ© de Bourges, t. 2, fol. 355b. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Boisnault. BoisniĂšre. 37 La Chapelle-de-la-BoisniĂšre. Cne de VilledĂŽmer. Villedomer, au chĂąteau de la BoisniĂšre appartenant Ă  M. Mesnard, en bon Ă©tat ; le tableau n’a pas paru assez modeste ; accordĂ© ; expĂ©diĂ© le 3 septembre 1779, le 2 juin 1782, 1775 37-G 14, fol. 16 v°, 34 r° ; Au chĂąteau de la BoisniĂšre appartenant Ă  M. Mesnard, en bon Ă©tat, 1787 37-G 14, fol. 16 v°, 34 r°. Paroisse de VilledĂŽmer, Chapelle domestique de la BoisniĂšre, Mr de Rony, permission du 28 juillet 1804 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1741 ; Paroisse de VilledomĂ©, une chapelle domestique Ă  Mr Mesnard de la BoisniĂšre ; le propriĂ©taire se dispose Ă  la faire approuvĂ©e ; nota, elle paroit l’avoir Ă©tĂ© le 28 juillet 1804, 1809 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1741 ; Paroisse de VilledomĂ©, Chapelle domstique trĂšs dĂ©cente Ă  M. Mes,nard de la BoisniĂšre, qui se dispose Ă  la faire approuver, 1810 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1741, n° 14 ; MĂȘme paroisse de VilledĂŽmer, chĂąteau de la BoisniĂšre Ă  Mr le comte de Forestier. Chapelle desservie par le curĂ© du Boulay. Permission et solde 8 janvier 1859, 9 janvier 1857 et 15 dĂ©cembre 1860. Prorogation le 15 dĂ©cembre 1864 et solde le 26 mai 1865. Nouvelle prorogation le 15 dĂ©cembre 1868, solde le 1er mai 1869. 15 dĂ©cembre 1872, prorogation nouvelle jusqu’au 15 dĂ©cembre 1876 ; solde 1er juin 1873. ProrogĂ© jusqu’au 6 fĂ©vrier 1881 ; dĂ» 50 f., soldĂ© le 2 juillet 1878. Service cessĂ© ; nouveau maĂźtre A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, n° 61, voir n° 91 ; Le Boulay. 1er juin 1873. Concession de chapelle au chĂąteau de la BoiiniĂšre, commune du Boulay, reçu 50 f. Voir d’autre part n° 71 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, n° 90 ; Paroisse de VilledĂŽmer, Chapelle domestique de la BoisniĂšre, M. le comte FĂ©lix de Forestier et sa famille, chapelle desservie par M. le curĂ© de ChĂąteaurenault, 29 avril 1881, 13 juillet 1906 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, fol. 39. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de la BoisniĂšre. Boisrenard. 41 La Chapelle-des-Boisrenard. Cne de commune de Saint-Laurent-Nouan. Mr de Boisrenard, Chapelle de Boisrenad, paroisse de Nouan sur Loire, 29 fructidor an XI, renouvelĂ©e le 7 juillet 1824 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; Paroisse de Nouan sur Loire, Chapelle privĂ©e du ChĂąteau de Boisrenard, comtesse e Montlivault, 20 mai 1894 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; Vicomte et vicomtesse de Montlivault, Chapelle domestique de Boisrenard, commune de Nouan sur Loire, 20 mai 1894, renouvelĂ© le 30 dĂ©cembre 1908 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; Paroisse de Nouan sur Loire, Chapelle domestique du ChĂąteau de Boisrenard, vicmte de Montlivalt, bref du 20 mai 1894, 1909-1913 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2, registre 1, n° 40 ; Paroisse de Nouan sur Loire, Chapelle domestique du ChĂąteau de Boisrenard, vicomte Raymond de Montlivault, bref du 20 mai 1894, 1909-1960 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2, registre 2, n° 43 ; Comitissa de Montlivault, privatus oratorius Boisrenard, paorchia Nouan sur Loire, dies tituli 20 mai 1894, dĂ©cembre 1950 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Boisrenard, bĂątie en 1603. Commune de Nouan-sur-Loire. Boisseleau. 41 La Chapelle-de-Boisseleau. Cne de Rhodon. Chapelle de Boisseleau, vers 1750 de Blois, Ms 123. Chapelle domestique fondĂ©e, desservie au chĂąteau de Boisseleau, prĂ©cĂ©demment de Chevigny. Boissay. Variante Boissy. 41 La Chapelle-de-Boissay. Cne de FougĂšres-sur-BiĂšvre. M. de FougĂšres, Chapelle du ChĂąteau de Boissay, paroisse de FougĂšres, 22 aoĂ»t 1847 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; Chapelle semi publique de l’École MĂ©nagĂšre de Boissay, paroisse de FougĂšres sur BiĂšvre, 13 juillet 1950 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Boissay. Boissy. Variante Boissay. 28 La Chapelle-de-Boissy. Cne de Saint-Laurent-la-GĂątine. Le lundy 21e de juillet 1659, en la chapelle de Boissy, ont estĂ© espouzĂ©s Esme de Salnoe, fils de feu messire Raoul de Salnoe et de dame Élisabeth de Raconis, et damoiselle Loyse Marie de Saint-Paul, fille de feu messire Charles de Saint Paul et de dame Loyse de la Charnaye. SignĂ© Anne de Sallenoe ; Courtois ; L. Bonnet ; Louise Marie de Saint Pol ; Charnaye ; de Cremeur ; Élisabet de Raconis ; E. de Salnoe ; M. de Saint-Pol ; Levavasseur de de Saint-Laurent-la-GĂątine–GG 1 ; Le 26e jour d'aoust 1670, en la chapelle de la maison seigneuriale de Boissy, ont estĂ© espousĂ©s messire [Henry] Charles d’Anfreville, chevallier, seigneur de la Chapelle, fils de dĂ©funct messire Jacques d’'Anfreville, aussy chevalier, seigneur dudit lieu, et de dame Bertranne de Salnoe, et damoiselle Charlotte de Saint Paul, dame de Boissy, fille de feu messire Charles de Saint Paul, chevalier, seigneur dudit lieu, et de dame Louise de la Charnaye. SignĂ© Henri Danfreville ; Charlotte de Saint Pol Boissy ; LĂ©onor de Maillard Champagne la BoissiĂšre ; J. P. de Cheron du Fresnay ; de Compans Dueil ; E. Damfreville ; Marguerite de Compans ; Louise Lecoq ; Marie de la CharriĂ©e ; F. de Maillard Champaigne ; L. Bonnet ; Égasse de de Saint-Laurent-la-GĂątine –GG 1 ; Chapelle du chĂąteau de Boissy, Saint Laurent la GĂątine, M. le comte de Chambrun. La derniĂšre autorisation expirĂ©e au mois de novembre 1825, non renouvellĂ©e ; chapelle supprimĂ©e, 1831 A. DiocĂšse de Chartres-2-IV-II, chapelles domestiques, p. 59. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Boissy. Boisvert. Bois vert. 18 La Chapelle-de-Boisvert. Cne de Saint-Just. A [Saint-Just], Chapelle de Boisvert, 1720 18-J 1199, fol. 80 ; La Chapelle domestique de la maison de Boisvert, scituĂ©e en la susd. parroisse de Saint Just, 23 mai 1732 18-1 Mi 23, t. 1, fol. 27 ; Chapelle de Boisverd, paroisse de Saint Just, 1772 PouillĂ© de Bourges, t. 2, fol. 356a. Chapelle domestique fondĂ©e, desservie au chĂąteau de Boisvert. BoizĂ©. 37 La Chapelle-de-BoizĂ©. Cne de Trogues. La vieille chapelle fondue au levant de lad. maison appellĂ© Trogues Boisai, 1er germinal an 2 37-1 Q 121, 99. Biens Nationaux ; Trogues. Le 14 juin 1865, concession de chapelle domestique Ă  Mr RouviĂšre en son chĂąteau de BoizĂ© et solde. AbandonnĂ©e A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, n° 75. Bien National. Chapelle domestique desservie au ChĂąteau de BoizĂ©. BondĂ©sir. 37 La Chapelle-de-BondĂ©sir. Cne de Montlouis-sur-Loire. Delahoussaye, prĂȘtre ; 1er et ancien chapelain, en la dite Ă©glise [Saint-Florentin], en l’église de Notre Dame de BondĂ©sir, 26 aout 1697 d’Amboise-GG19. Boniville. 28 La Chapelle-de-Boniville. Cne de Francourville. Une chapelle sise Ă  Boniville, paroisse de Francourville, 22 fĂ©vrier 1793 28-1 Q 5, 157 X, n° 1279. Biens Nationaux. Bien National. Chapelle domestique desservie Ă  Boniville. BonneliĂšre. 37 La Chapelle-de-la-BonneliĂšre. Cne de La Roche-Clermault. La Roche Clermault, Ă  la maison de la BonneliĂšre appartenante Ă  M. [Jean Charles François Joseph] Le Breton [de la BonneliĂšre] ; jusqu’en 1794, 1787 37-G 14, fol. 27 v°. Chapelle domestique desservie Ă  la maison de la BonneliĂšre. Bonneval. 28 La Chapelle-Ă -Bonneval. Cne de Bonneval. M. l’abbĂ© Jousse, prĂȘtre habituĂ© Ă  Bonneval, ancien curĂ© dans le diocĂšse de Versailles. AutorisĂ© par Monseigneur [Louis EugĂšne Regnault] Ă  dire la messe dans un oratoire privĂ©. 1re autorisation accordĂ©e le 1er mars 1879-1882 A. DiocĂšse de Chartres-2-IV-II, chapelles domestiques, p. 32. Chapelle domestique desservie Ă  Bonneval. Bonnu. 36 La Chapelle-de-Bonnu. Cne de Cuzion. La Chapelle de l’ermitage de Bonnu en Poitou, XVIIIe s. ; Bonnu, XVIIIe s. Carte de Cassini ; Une chapelle appellĂ©e la Chapelle de Bonnu, situĂ©e Ă  Cusion, 11 juin 1791 36-2 Q 290, 48 n° 206. Biens Nationaux. Bien National. Cassini indique chapelle. Chapelle fondĂ©e desservie Ă  Bonnu.. Bonrepos. 37 La Chapelle-de-Bonrepos. Cne de Ballan-MirĂ©. La Chapelle de Bon Repos, 12 avril 1742 37-H 877, p. 73 v°-74 ; La Chapelle de Bonrepos, 24 novembre 1824 acte Bidault-Tours. Chapelle domestique desservie dans la closerie de Bonrepos. Bord. 36 La Chapelle-de-Bord. Cne de Saint-Plantaire. Chapelle de Bord, paroisse de Saint Plantaire, 1772 PouillĂ© de Bourges, t. 2, fol. 356. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Bord. Borde. 18 La Chapelle-des-Bordes. Cne de La Chapelle-Hugon. La Chapelle des Bordes, appartenant Ă  Marie Thivel-Herpin, indult du 21 fĂ©vrier 1947 A. du diocĂšse de Bourges-6 G 3-1. 36 La Chapelle-de-la-Borde. Cne de Varennes-sur-Fouzon. La Chapelle domestique du chasteau de la Borde, sciz parroisse de Varrenne, 24 mai 1737 18-1 Mi 23, t. 3, fol. 48 ; Chapelle de la Borde, paroisse de Varennes, 1772 PouillĂ© de Bourges, t. 2, fol. 356a ; Paroisse de Varennes, Chapelle de la Borde, Mme Boullet, trĂšs bon Ă©tat, messe, desservie par le curĂ© de la paroisse, aoĂ»t 1898 A. du DiocĂšse de Bourges-6 G 3-1 ; Paroisse de Varennes, Chapelle du ChĂąteau de la Borde, Mme Boullet, 1905 A. du DiocĂšse de Bourges-6 G 3-1 ; Chapelle du ChĂąteau de la Borde, paroisse de Varennes, Mme Boullet, 1915 A. du DiocĂšse de Bourges-6 G 3-1. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de la Borde. 36 La Chapelle-des-Bordes. Cne d’Issoudun. Chapelle des Bordes, paroisse de Saint Denis d’Issoudun, 1772 PouillĂ© de Bourges, t. 2, fol. 356a ; La Chapelle des Bordes, 24 juillet 1817 II Indre 1, plan d’Issoudun. Église paroissiale de la commune des Bordes en 1912. 36 La Chapelle-des-Bordes. Cne de Saint-Plantaire. 37 La Chapelle-de-la-Borde. Cne de Saint-Antoine-du-Rocher. Saint Antoine du Rocher. ChĂąteau de la Borde Ă  madame Hart. Permission en date du 10 aoĂ»t 1856 et solde de la componende ; nouveau payements effectuĂ©s les 20 novembre 1863 et 11 aoĂ»t 1864 ; l 10 aoĂ»t 1868, nouvelle prorogation et solde. 10 aĂ»t 1872, prorogation et solde de 50 f. jusqu’au 10 aoĂ»t 1876. Prorogation jusqu’au 10 aoĂ»t 1880 ; dĂ» 50 f. Prorogation jusqu’au 10 aoĂ»t 1884 ; Ă» 50 f. A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, n° 54 ; Paroisse de Saint Antoine du Rocher, Chapelle domestique du ChĂąteau de la Borde, Mme Hart, 10 aoĂ»t 1880 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, fol. 30 ; Paroisse de Saint Antoine du Rocher, Chapelle domestique du ChĂąteau de la Borde, Mme Orsel, 17 juin 1882, 10 aoĂ»t 1892 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, fol. 30 ; Paroisse de Saint Antoine du Rocher, Chapelle domestique du ChĂąteau de la Borde, M. Aclocque, 16 avril 1893, 14 avril 1908 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, fol. 30 ; Paroisse de Saint Antoine du Rocher, Chapelle domestique du ChĂąteau de la Borde, Mme Aclocque, 14 avril 1909, 14 avril 1912 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1428, fol. 106 ; Paroisse de Saint Antoine du Rocher, Chapelle du ChĂąteau de la Borde, Mr Acloque, 14 avril 1922 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1428. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de la Borde. 37 La Chapelle-des-Bordes. Cne du Grand-Pressigny. Chapelle devenue collĂ©giale, fondĂ©e en 1552, desservie dans l’Église Saint-Gervais et Saint-Protais du Grand-Pressigny. 37 La Chapelle-des-Bordes. Cne du Petit-Pressigny. Petit Pressigny. ChĂąteau des Bordes Ă  Mr Gaulier des Bordes M. le baon de Gaulier des Bordes. Capelle desservie par le curĂ© de La Celle GuĂ©nand. Concession du 1er aoĂ»t 1863 et solde. Prorogation jusqu’au 1er aoĂ»t 1871 et 50 f. versĂ©s le 10 octobre 1867. Ce 4 septembre 1872, prorogation jusqu’au 1er aoĂ»t 1875 et solde de 50 f. La messe n’y ait plus dite 4 octobre 1875. Le 25 septembre 1880, prorogation pour 4 ans jusqu’au 25 septembre 1884, dĂ» 50 f. A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, n° 50 ; Paroisse du Petit Pressigny, Chapelle domestique du ChĂąteau des Bordes, M. le baron Gaulier des Bordes, 25 septembre 1880, 5 janvier 1895 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, fol. 28. Chapelle domstique desservie au chĂąteau des Bordes. 41 La Chapelle-de-la-Borde. Cne de Cour-Cheverny. Comte et comtesse BĂ©gĂ©, Chapelle domestique nouvelle, renouvelĂ© le 30 dĂ©cembre 1908 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; Paroisse de Cour Cheverny, Chapelle domestique du chĂąteau de la Borde, comte BegĂ©, bref du 6 octobre 1908, ad triennium, 29 novembre 1912, ad vitam, Sainte RĂ©serve accordĂ©e le 6 octobre 1908, ad triennium, 1909-1914 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2, registre 1, n° 24 ; Paroisse de Cour Cheverny, Chpelle domestique du ChĂąteau de la Borde, Comte Maurice BĂ©gĂ©, bref du 6 octobre 1908, ad triennium, 29 novembre 1912, ad vitam, Sainte RĂ©seve accordĂ©e le 6 octobre 1908, ad triennium, 1909-1946 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2, registre 2, n° 24 ; Paroisse de Cour Cheverny, Chapelle privĂ©e du ChĂąteau de la Borde, comtesse BĂ©gĂ©, 29 novembre 1912 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; Paroisse de Cour Cheverny, Chapelle de la Borde, comtesse BĂ©gĂ©, 1945 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de la Borde. 41 La Chapelle-de-la-Borde. Cne de Vernou-en-Sologne. Fondation par Pierre Guillaume Jassaud, seigneur de Vernou, de 2 messes par semaine qui doivent ĂȘtre dites en lad. chapelle du chĂąteau de la Borde par les vicaires de la paroisse de Vernou, 11 dĂ©cembre 1714 acte Thesnay-Romorantin. ProcĂšs-verbal de la chapelle du 17 dĂ©cembre 1714 par Guillaume Mestivier, curĂ© de Vernou en Sologne, commis Ă  cet effet par Monseigneur Gaston, Ă©vĂȘque d’OrlĂ©ans. BĂ©nĂ©diction de la chapelle par Guillaume Mestivier, curĂ© de Vernou en Sologne, commis pour ce par l’évĂȘque d’OrlĂ©ans, le 29 dĂ©cembre 1714 de Vernou-en-Sologne-GG, 1714. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de la Borde. 41 La Chapelle-des-Bordes. Cne de Pontlevoy. La Chapelle des Grandes Bordes, 28 octobre 1763 acte Bellin-Amboise ; M. Verval de Belot, Chapelle du ChĂąteau des Bordes, paroisse de Pontlevoy, 26 aoĂ»t 1846 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; Paroisse de Pontlevoy, Chapelle privĂ©e du ChĂąteau du des Bordes, M. de Bodard, 6 juillet 1880 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; M. et Mme de Bodard, Chapelle domestique du ChĂąteau des Bordes, commune de Ponlevoy, 6 juillet 1880, renouvelĂ© le 30 dĂ©cembre 1908 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; Paroisse de Pont Levoy, Chapelle domestique du chĂąteau des Bordes, madame de Bodard, bref du 6 juillet 1880, 1909-1914 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2, registre 1, n° 42 ; Paroisse de Pont Levoy, Chapelle domestique du chĂąteau des Bordes, M. de Bodard , M. J. de Bodard, bref du 6 juillet 1880, 1909-1949 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2, registre 2, n° 46 ; Chapelle domestique des Bordes, paroisse de Pont Levoy, Mme de Bodard, renouvelĂ©e le 2 janvier 1934 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; Paroisse de Pontlevoy, Chapelle des Bordes, 14 janvier 1936 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; Paroisse de Pont Levoy, Chapelle des Bordes, 2 janvier 1937 A. du diocĂšse de Blois-7 E 4. Chapelle domestique desservie au chĂąteau des Bordes. Borne. 18 La Chapelle-de-la-Borne. Cne d’Henrichemont. Chapelle de la Borne, paroisse d’Henrichemont, 1772 PouillĂ© de Bourges, t. 2, fol. 370b. Chapelle domestique desservie au village de la Borne. Boucard. 18 La Chapelle-de-Boucard. Cne du Noyer. La Chapelle domestique du Chasteau de Boucard, parroisse de Jars, 8 mai 1738 18-1 Mi 23, t. 3, fol. 302 ; Chapelle de Boucard, paroisse de Jars, 1772 PouillĂ© de Bourges, t. 2, fol. 356b ; Chapelle domestique Ă  Boucard, paroisse du Noyer, Comte Louis de Bryas, indult du 26 aoĂ»t 1929 A. du DiocĂšse de Bourges-6 G 3-1. Chapelle domestique desservie dans le chĂąteau de Boucard. BouchardiĂšre. 37 La Chapelle-de-la-BouchardiĂšre. Cne de Beaumont-Village. Paroisse de Baumont Village, M. Henri Mesnet et Mme Perrier, son Ă©pouse, Oratoire de la BouchardiĂšre, bref en date du 18 mai 1944 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1431 ; Paroisse de Beaumont Village, Chapelle du ChĂąteau de la BouchardiĂšre, M. Henri Mesnet et Mme Perrier, son Ă©pouse, oratoire Ă©rigĂ© canoniquement par son Excellence Mgr Gaillard, par lettre en date du 5 avril 1945, en vertu des pouvoirs Ă  lui accordĂ©s par bref Apostolique n° 242/1944, en date du 18 mai 1944, bĂ©nĂ©ficiaire Ă  l’indult, hĂŽtes, serviteurs pour satisfaire Ă  la messe, interdits PĂąques, NoĂ«l, Assomption, Sainte RĂ©serve dĂ©cret n° 1969/45, du 31 juillet 1945, accordĂ©e jusqu’au 1er aoĂ»t 1950, ne pas renouveler cet indult, la chapelle n’offrant pas de sĂ©curitĂ© suffisante, 1945, 1960 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1428, fol. 18 ; Paroisse de Beaumont Village, M. et Mme Mesnet, 1950 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de la BouchardiĂšre. Bouchet. 41 La Chapelle-du-Bouchet-Touteville. Cne de Crucheray. Mr de CrĂ©quy, Chapelle du ChĂąteau de Bouchet Toutte Ville, paroisse de Crucheray, 29 fructidor an XI A. du diocĂšse de Blois-7 E 2. Chapelle domestique desservie au chĂąteau du Bouchet-Touteville. 45 La Chapelle-du-Bouchet. Cne de Dry. N° 32, du 28 juin 1850, permission de chapelle domestique dĂ©livrĂ©e sous le seing de Mr Desnoyers, vicaire gĂ©nĂ©ral, Ă  Mr [Jean Baptiste de Laage] de la Rocheterie, Ă  Dry, doyennĂ© de ClĂ©ry A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 4a ; N° 89, du 18 aoĂ»t 1851, prorogation au 1er juillet 1852 de la permission de chapelle domestique, accordĂ©e sous le n° 32 Ă  M. de la Rocheterie Ă  Dry, doyennĂ© de ClĂ©ry, laquelle prorogation sous le seing de M. Valgalier A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 7a ; N° 142, du 1er septembre 1852, prorogation de chapelle domestique au 1er juillet 1853, accordĂ©e sous le n° 32 Ă  M. de la Rocheterie, Ă  Dry, laquelle prorogation sous le seing de M. Valgalier A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 10b ; N° 194, du 10 septembre 1853, prorogation au 1er juillet 1854, de la permission de chapelle domestique accordĂ©e sous le n° 32 Ă  M. de la Rocheterie, de la paroisse de Dry, laquelle prorogation sous le seing de Valgalier A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 13b ; N° 322, du 26 septembre 1856, permission de chapelle domestique accordĂ©e sous le seing de Monseigneur Ă  M. de la Rocheterie, au Bouchet, paroisse de Dry, doyennĂ© de ClĂ©ry A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 20b ; N° 334, du 22 juin 1857, prorogation au 1er juillet 1858 de permission de chapelle domestique accordĂ©e sous le seing d M. Rabotin Ă  M. le comte de la Rocheterie de la paroisse de Dry A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 21b ; N° 418, du 25 juin 1859, prorogation au 1er juillet 1860 de permission de chapelle domestique accordĂ©e sous le seing de M. Clesse Ă  M. de la Rocheterie de la paroisse de Dry A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 25b ; N° 457, du 18 juin 1860, prorogation au 1er juillet 1861 de permission de chapelle domestique accordĂ©e sous le seing de M. Rabotin Ă  M. de la Rocheterie de la paroisse de Dry A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 27b ; N° 499, du 26 juin 1861, prorogation au 1er juillet 1862 de permission de chapelle domestique accordĂ©e sous le seing de Mr Clesse Ă  Mr de la Rocheterie de la paroisse de Dry A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 29b ; N° 537, du 20 juin [1862], prorogation au 1er juillet 1863 de permission de chapelle accordĂ©e sous le seing de M. Clesse Ă  M. de la Rocheterie de la paroisse de Dry A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 31b ; N° 10, du 8 juillet 1865, prorogation au 1er juillet 1865 de permission de chapelle domestique accordĂ©e sous le seing de M. Clesse Ă  M. de la Rocheterie de la paroisse de Dry, doyennĂ© de ClĂ©ry A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 35a ; N° 19, du 31 juillet 1867, prorogation du 1er juillet 1868 de permission de chapelle domestique accordĂ©e sous le seing de M. Clesse Ă  Madame de la Rocheterie de la paroisse de Dry A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 42b ; M. [Jean Baptiste de Laage] de la Rocheterie, Chapelle du Bouchet, paroisse de Dry, 1878, 7 juillet 1880 A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, Ă©tat des chapelles domestiques. Chapelle domestique desservie au chĂąteau du Bouchet. Bouchetault. 41 La Chapelle-de-Bouchetault. Cne de Chaumont-sur-Tharonne. Mr Bignon, fils aĂźnĂ©, Chapelle de Bouchetault, paroisse de Chaumont sur Tharonne, 19 juin 1826 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Bouchetault. BouliniĂšre. 37 La Chapelle-de-La-BouliniĂšre. Cne de Sainte-Maure-de-Touraine. Bourdelin. 18 La Chapelle-des-Bourdelins. Cne d’Ourouer-les-Bourdelins. Un bĂątiment couvert en ardoise, sis aux Bourdelins, ayant une grande piĂšce, avec jardin derriĂšre le bĂątiment, 24 novembre 1895 acte Chanudet-Ourouer les Bourdelins ; La chapelle de secours des Bourdelins, 3 dĂ©cembre 1895 18-209 O 8. Chapelle de secours servant aux offices paroissiaux, bĂątie en 1841, et rebĂątie en 1878. Bourdeilles. 18 La Chapelle-de-Bourdeilles. Cne de Vignoux-sur-Barangeon. La Chapelle domestique de Bourdelles, scituĂ©e parroisse de Vignou sur Barenjon, 18 juin 1737 18-1 Mi 23, t. 3, fol. 141 ; Chapelle de Bourdeille, paroisse de Saint Laurent sur Barenjon, 1772 PouillĂ© de Bourges, t. 2, fol. 357a. Chapelle domestique desservie dans le chĂąteau de Bourdeilles. BourdilliĂšre. 37 La Chapelle-de-la-BourdilliĂšre. Cne de GenillĂ©. La Chapelle de la BourdilliĂšre, 4 mai 1486. Chapelle desservie dans l’église paroissiale, Ă  l’autel de la Sainte-Vierge. Bourg. 18 La Chapelle-du-Bourg-de-Morogues. Cne de Morogues. La Chapelle domestique de la maison du Sieur Gougnon, scize au bourg de Morogues, 26 aoĂ»t 1738 18-1 Mi 23, t. 3, fol. 485.Chapelle domestique desservie au bourg de Morogues 37 La Chapelle-de-Bourg. Cne de Seuilly. Chapelle de Bourg, 1837 Cadastre ; Chapelle de Bourg, 1959 Cadastre. 37 La Chapelle-du-Bourg. Cne de BrĂ©hĂ©mont. BrĂ©hĂ©mont. Monsieur Dupuy, le 11 mi 1860, demande et obtient l’autorisation d’avoir une chapelle en sa maison quoique dans le bourg et prĂšs de l’église. Il verse la componende. Iterum versĂ© 50 f. le 12 dĂ©cembre 1864. Le 9 aoĂ»t 1868, prorogation jusqu’au 1er mai 1872, reçu 50 f. le 21 novembre 1868. Prorogation jusqu’au 1er mai 1876, et solde de 50 f. Prorogation a 30 mai 1880, reçu 50 f. le 30 juin 1876. ProrogĂ© jusqu’au 1er juin 1884, reçu 50 f. le 29 mars 1880 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, n° 12 ; Paroisse de BrĂ©hĂ©mont, Chapelle domestique, Mme Dupuy, abandonnĂ©e, 1er juin 1880, 1er aoĂ»t 1888 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, fol. 8. Chapelle domestique desservie dans le bourg d BrĂ©hĂ©mont. Bourgoin. 28 La Chapelle-de-Bourgoin. Cne de Lanneray. Chapelle du ChĂąteau de Bourgoin, appartenant Ă  M. et Made de Voisines, paroisse de Lanneray. Ouverte en vertu de l’autorisation de Mgr [Claude Hippolyte Clausel de Montals] du 25 octobre 1852, pour 3 ans, jusqu’au 25 octobre 1855. DĂ» 100 francs pour 1er droit ; payĂ© le 12 novembre 1852 ; Aujourd’hui Ă  M. de Franqueville ; Autorisation nouvelle accordĂ©e le 25 aoĂ»t 1864 jsqu’au 25 aoĂ»t 1867 ; payĂ© 40 f. Le chĂąteau de Bourgoin n’a pas Ă©tĂ© habitĂ© depuis plusieurs annĂ©es ; une nouvelle autorisation ayant Ă©tĂ© demandĂ©e pour un court sĂ©jour que devaient y faire les propriĂ©taires, elle a Ă©tĂ© accordĂ©e Ă  partir du 1er juillet 1872, sans la relier avec la prĂ©cĂ©dente. RenouvelĂ© le 1er juillet 1872 jusqu’au 1er juillet 1875, payĂ© 40 f. A. DiocĂšse de Chartres-2-IV-II, chapelles domestiques, p. 24. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Bourgoin. Bournais. 37 La Chapelle-des-Bournais. Cne de Brizay. Brizay. ChĂąteau es Bournais Ă  Monsieur Balleydier de Prim. Concession du 5 fĂ©vrier 1864. SoldĂ© le 28 juillet 1865 ; 15 septembre 1872, prorogaton pour un an. Prorogation pour 4 ans Ă  partr du 15 septembre 1873, dĂ» 50 f. ; jusqu’au 15 septembre 1877. ProrogĂ© jusqu’au 1er octobre 881, dĂ» 50 f. A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, n° 13 ; Paroisse de Brizay, Chapelle domestique des Bournais, M. Bellavier de Prim, abandonnĂ©e, 1er octobre 1877, 1er octobre 1881 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, fol. 8. Chapelle domestique desservie au chĂąteau des Bournais. Bourrain. 18 La Chapelle-de-Bourrain. Cne de La Guerche-sur-l’Aubois. Capella de Bosco Roserani, 1283 18-6 H, abbaye de Fontmorigny.Chapelle fondĂ©e desservie Ă  Bourrain. Bourroux. 37 La Chapelle-de-Bourroux. Cne de VeignĂ©. VeignĂ©. Bourroux Ă  Mr Roze pĂšre. Chapelle desservie par le curĂ© de Montbazon. Permission et solde 18 novembre 1851, 19 dĂ©cembre 1855 et le 25 septembre 1861 payement de 75 f. Ă  cause de l’arriĂ©rĂ©. Le 25 novembre 1865, reçu 50 f. et nouvelle prorogation Ă  partir du 25 septembre 1865. Prorogation et solde du 25 septembre 1869. ProrogĂ©e du 25 septembre 1873 jusqu’au 25 septembre 1877 avec solde de 50 f. ProrogĂ©e jusqu’au 25 septembre 1881, 50 f. reçu A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, n° 68 ; Paroisse de VeignĂ©, Chapelle domestique de Bourroux, M. Roze, 25 septembre 1877, 25 septembre 1881 A. du DiocĂšse de Tours-3 C 1430, fol. 36. Chapelle domestique desservie dans la maison de Bourroux. Bourses. 45 La Chapelle-des-Bourses. Cne de La Selle-en-Hermois. En vertu des facultĂ©s accordĂ©e Ă  l’Ordinaire d’OrlĂ©ans par la SacrĂ©e CongrĂ©gation des Sacrements par rescrit n° 1984/67 du 25 octobre 1967, Monseigneur RiobĂ©, Ă©vĂȘque d’OrlĂ©ans, a prorogĂ© une 3e fois, pour 5 ans, la permission qui a Ă©tĂ© accordĂ©e le 10 mars 1954 n° 226, fol. 277 de conserver la Sainte RĂ©serve dans l’oratoire public dit Chapelle des Bourses, paroisse de La Selle-en-Hermois, OrlĂ©ans, le 3 novembre 1967 A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, Ă©tat des chapelles domestiques. Chapelle publique desservie au lieu des Bourses. Bousseuil. 41 La Chapelle-de-Bousseuil. Cne de Cellettes. Mr Ludovic de Belot, Chapelle du ChĂąteau de Bousseuil, paroisse de Cellettes, 9 janvier 1839 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; Paroisse de Cellettes, Chapelle privĂ©e du ChĂąteau de Bousseuil, M. et Mme J. d’Assy, 4 septembre 1898 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; M. et Me Jacques d’Assy, Chapelle domestique du ChĂąteau de Bousseuil, chapelle de secours, commune de Cellettes, 4 septembre 1898, renouvelĂ© le 30 dĂ©cembre 1908 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; Paroisse de Cellettes, Chapelle domestique du ChĂąteau de Bousseuil, M. Jacques d’Assay, 1919-1914, A. du diocĂšse de Blois-7 E 2, n° 7 ; Paroisse de Cellettes, chapelle domestiqe du ChĂąteau de Bousseuil, M. Jacques d’Assy, bref du 4 septembre 1898, 1909-1938 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2, registre 2, n° 7 ; Chapelle domestique de Bousseuil, paroisse de Cellettes, M. d’Assy, renouvelĂ©e le 23 avril 1934 A. du diocĂšse de Blois-7 E 4 ; Paroisse de Cellettes, Chapelle de Bousseuil, 14 janvier 1936 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2 ; Paroisse de Cellettes, Chapelle de Bousseuil, 2 janvier 1937 A. du diocĂšse de Blois-7 E 2. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Bousseuil. Bout. 37 La Chapelle-du-Bout-du-Pont. Cne de Saint-Avertin. La Chapelle du Bout du Pont, 9 juillet 1759 de Saint-Avertin-GG 23. Chapelle de dĂ©votion. PrĂšs de la riviĂšre du Cher. 37 La Chapelle-du-Bout-du-Pont. Cne de Tours. Chapelle domestique provisoire, desservie Ă  la maison de Mde la marquise de Montaussier, au bout du Pont, paroisse de Saint Symphorien, 1775, 1787 37-G 14, fol. 12 r°, 30 v°.Chapelle domestique desservie au Bout du Pont. BoutardiĂšre. 18 La Chapelle-de-la-BoutardiĂšre. Cne d’Ennordres. Paroisse d’Ennordres, Chapelle de la BoutardiĂšre, M. Henri Quiller, bon Ă©tat chapelle neuve, messe de temps en temps, desservie par M. le curĂ© de la paroisse ? ou par des amis ou parents de la famille, aoĂ»t 1898 A ; du DiocĂšse de Bouges-6 G 3-1 ; Paroisse d’Ennordres, Chapelle du ChĂąteau de la BoutardiĂšre, M. Quiller Henri, 1905 A ; du DiocĂšse de Bouges-6 G 3-1. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de la BoutardiĂšre. Boutonvilliers. 28 La Chapelle-de-Boutonvilliers. Cne de Dangeau. Chapelle du chĂąteau de Boutonvilliers, M. de Possesse, paroisse de Dangeau. 1re autorisation le 13 septembre 1879, Ă  renouveler en 1882 ; Autre renouvellement le 13 septembre 1882 jusqu’au 13 septembre 1885 A. DiocĂšse de Chartres-2-IV-II, chapelles domestiques, p. 34. Chapelle desservie au chĂąteau de Boutonvillers. Bouville. 45 La Chapelle-de-Bouville. Cne d’Estouy. N° 29, du 28 juin 1850, permission de chapelle domestique dĂ©livrĂ©e sous le seing de Mr Desnoyers, Ă  Mr de Bouville, Ă  Estouy, doyennĂ© de Pithiviers A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 3b ; N° 88, du 9 aoĂ»t 1851, prorogation a 1er juillet 1852 de la permission de chapelle domestique, accordĂ©e sous le n° 29 Ă  M. de Bouville, Ă  Estouy, doyennĂ© de Pithiviers, laquelle prorogation sous le seing de M. Pelletier A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 7a ; N° 128, du 15 juillet 1852, prorogation au 1er juillet 1853 de chapelle domestique accordĂ©e sous le n° 29, Ă  M. de Bouville Ă  Estouy, laquelle prorogation sous le seing de M. Valgalier A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 9b ; N° 167, du 28 juin 1853, prorogation au 1er juillet 1854 de permission de chapelle domestique accordĂ©e sous le n° 29 Ă  M. de Bouville, de la paroisse d’Estouy, laquelle prorogation sous le seing de M. Pelletier A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 12a ; N° 227, du 7 aoĂ»t 1854, prorogation au 1er juillet 1855, sous le seing de M. Desbrsses, de permission de chapelle domestique, accordĂ©e sous le n° 29 Ă  M. de Rouville, de la paroisse d’Estouy A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 15b ; N° 175, du 3 aoĂ»t 1855, renouvellement de permission de chapelle domestique accordĂ© sous le seing de M. Desbrosses Ă  M. de Bouville de la paroisse d’Étouy, doyennĂ© de Pithiviers A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 18a ; N° 320, du 26 septembre 1856, prorogation au 1er juillet 1857 accordĂ©e sous le seing de M. Desbrosses Ă  M. de Bouville de la paroisse d’Étouy, doyennĂ© de Pithiviers A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 20b ; N° 450, du 12 novembre 1859, prorogation au 1er juillet 1860 de permission de chapelle domestique accordĂ©e sous le seing de M. Rabotin Ă  M. de Bouville de la paroisse d’Estouy A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, registre des chapelles domestiques, fol. 27a ; M. de Bouville, Chapelle de Bouville, paroisse d’Estouy, 3 octobre 1878, 1880 A. du diocĂšse d’OrlĂ©ans, Ă©tat des chapelles domestiques. Chapelle domestique desservie au chĂąteau de Bouville. Comment est prise en charge la SantĂ© mentale en Chabris 36210 ? La SantĂ© mentale en Chabris 36210 est l’affaire d’établissements spĂ©cialisĂ©s dont le but est d’en traiter les troubles. Qu’ils proviennent de causes Ă©motionnelles comme dans le cas des dĂ©pressions ou de causes psychiques comme pour la schizophrĂ©nie, les troubles de la SantĂ© mentale doivent ĂȘtre traitĂ©s par des Ă©quipes spĂ©cialisĂ©es selon les pathologies. Les Ă©tablissements de SantĂ© mentale en sont Ă©galement appelĂ©s cliniques ou hĂŽpitaux psychiatriques. Fort heureusement ils ont remplacĂ©s les asiles psychiatriques dont le but essentiel n’était pas de traiter les pathologies psychiques mais plutĂŽt l’hĂ©bergement et la neutralisation des patients les plus atteints. Quels sont les diffĂ©rents types d’établissement de SantĂ© mentale en Chabris 36210 ? Les Ă©tablissements qui traitent des diffĂ©rents troubles de SantĂ© mentale en Chabris 36210 varient grandement selon leur taille et leurs spĂ©cialitĂ©s. Certains sont spĂ©cialisĂ©s dans les consultations et les sĂ©jours courts. D’autres sont spĂ©cialisĂ©s dans les soins et les traitements psychiatriques permanents que certains patients requiĂšrent. Les Ă©tablissements de traitement des troubles de la SantĂ© mentale en sont parfois critiquĂ©s pour le fait qu’ils peuvent s’apparenter Ă  des lieux d’enfermement. L’isolement des patients atteints de troubles de la SantĂ© mentale est parfois nĂ©cessaire du fait de leur dangerositĂ© ou pour les nĂ©cessitĂ©s des traitements, mais il les prive d’une vie normale. La santĂ© mentale selon les Ăąges en Chabris 36210 Il est courant de distinguer les Ă©tablissements ou les services de SantĂ© mentale en Chabris 36210 selon la tranche de population qu’ils traitent. Ainsi distingue-t-on les Ă©tablissements traitant des jeunes et adolescents atteints de troubles psychiques, les adultes et enfin les personnes ĂągĂ©es. Il est claire que selon la tranche d’ñge, la prĂ©valence de certains troubles de la SantĂ© mentale en comme dans toute la France, est plus ou moins importante et nĂ©cessite donc des Ă©quipes et des experts de diffĂ©rentes spĂ©cialitĂ©s. Les troubles psychiques d’origine Ă©motionnelle comme la dĂ©pression ou l’anorexie affectent plus les enfants et les adolescents. A l’autre bout de l’échelle d’ñge, les maladies neurodĂ©gĂ©nĂ©ratives affectant la SantĂ© mentale comme la maladie d’Alzheimer, concernent trĂšs majoritairement les sujets ĂągĂ©s.

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